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CO de 2018/CO n° 1204 du 15 septembre 2018/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe Procès de Dambas : réussite de la mobilisation !

Le 11 septembre, une centaine d’ouvriers de la banane et leur famille étaient présents devant le tribunal des Prud’hommes de Basse-Terre. Ils se sont mobilisés en soutien à leurs camarades qui ont attaqué en justice l’exploiteur Tino Dambas. Après un an de renvois, l’audience a finalement eu lieu et le délibéré sera rendu le 11 décembre. Ce rassemblement était aussi l’occasion pour les travailleurs de protester contre les licenciements dans les plantations et les tentatives de répression des planteurs. Un appel a été lancé pour soutenir un ouvrier convoqué le 13 septembre à la gendarmerie suite à une plainte de Dambas.


Banane : magouille aux quotas pour licencier 

Depuis quinze jours, plusieurs planteurs ont annoncé aux ouvriers qu’ils allaient passer sous le régime du chômage partiel ou être licenciés. Normalement, pour toucher la totalité des subventions européennes, les planteurs doivent produire 100 % de leur quota de banane. Suite au passage de l’ouragan Maria en septembre 2017, le préfet avait décidé de permettre aux planteurs d’obtenir ces millions d’euros en ne produisant que 30 % de leur quota durant l’année 2018.

En temps normal, dans les principales plantations, les quotas sont atteints en moins d’un an. Il était donc prévisible que les 30 % seraient produits en quelques mois et que les gros planteurs refuseraient de produire plus. Depuis le mois de juillet, ils font saccager les bananiers par les ouvriers dans les parcelles et aujourd’hui ils tentent de licencier au prétexte d’un manque de travail.

En réalité, l’an passé lors du passage de l’ouragan Maria, les gros planteurs avaient déjà produit leur quota pour l’année 2017. D’ailleurs le mois précédent, ils obligeaient les ouvriers à « cycloner » les bananiers et à préparer les champs pour la récolte 2018. Donc il était possible, après Maria, de poursuivre cette replantation pour maintenir l’intégralité de la production 2018. Pour preuve, une petite exploitation a déjà pu produire 80 % de son quota depuis Maria (France-Antilles du 7 septembre 2018).

Les gros planteurs ont volontairement arrêté la production pour pouvoir licencier des ouvriers. Ces exploiteurs n’ont toujours pas digéré la grève victorieuse de mai – juin 2017 et savent qu’ils ont plus à gagner en versant moins de salaires. Mais aussi ils se vengent des ouvriers, qui depuis se font respecter dans les plantations. Les ouvriers s’organisent pour protester contre ces attaques. Une mobilisation générale des plantations était prévue le 11 septembre à Basse-Terre à l’occasion du procès aux Prud’hom-mes de « l’esclavagiste noir » Tino Dambas.


Les patrons Despointes déclenchent la guerre aux salariés

Depuis l’année dernière, les Despointes, patrons de Milenis, ont dénoncé l’accord de substitution signé le 6 juin 2011. Celui-ci, que les travailleurs avaient arraché au fur et à mesure de leurs luttes, leur permettait d’améliorer leur salaire par des compléments financiers ou en nature.  

Au mois de novembre 2018, le délai de renégociation s’achève. Après avoir constaté qu’il y a des accords supplémentaires qui ne se retrouvent pas dans l’accord de substitution, les Despointes ont aussi dénoncé l’unité économique et sociale formée par les trois entités Promocash, Sofroi, et Sofhyper (Milenis) en juin 2018. Cette unité économique et sociale regroupe près de 160 employés, à Promocash et Milenis essentiellement. Ils bénéficient tous des mêmes accords d’entreprise. C’est à la faveur des attaques incessantes contre l’ensemble des travailleurs, avec « les lois travail », que les patrons de Milenis s’attaquent aux salaires des employés. Il s’agit pour ces gros capitalistes békés de faire encore plus de bénéfices sur le dos des travailleurs. Les primes d’objectif, de vacances, du 13ème mois, d’ancienneté, de transport sont révisées à la baisse ou purement et simplement supprimées. Les tickets restaurant, les jours fériés chômés, les primes de caisse, de froid, la possibilité d’embaucher les enfants du personnel pendant les vacances ou d’obtenir des billets d’avion sont supprimés ou abaissés. L’accord sur la subrogation pour maladie est lui aussi anéanti (La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement, en lieu et place du salarié, les indemnités journalières qui lui sont dues par sa caisse d'Assurance Maladie pour la période de l'arrêt de travail ou du congé puis de lui verser ce qui lui est dû en salaire.) Pour les employés, c’est une régression de plus de 18 ans. Ils se sont regroupés jeudi dernier pour s’informer sous l’impulsion de leurs représentants. Dès le lendemain, la direction a fait le tour des services pour tenter d’endormir les consciences. Les gros possédants békés Despointes ont déclenché la guerre ! La contre-offensive doit se préparer !


France Démission de Hulot : une souris verte quitte le navire

Le 28 août dernier, Nicolas Hulot, le plus connu des écologistes français, devenu ministre de la transition écologique du gouvernement Macron-Philippe, a annoncé sa démission.

Il s’est justifié en disant qu’il a voulu faire bouger les choses, mais qu’après plus d’un an au gouvernement, il s’avoue impuissant. « Je ne veux plus me mentir […] je n’y crois plus » a-t-il déclaré. Il a pointé du doigt la « société marchande » et « les lobbies dans les allées du pouvoir auxquels on se heurte sans cesse ». Hulot pensait-il réellement faire avancer l’écologie en devenant ministre ?

Dans les précédents gouvernements, bon nombre de politiciens dits écologistes ont joué ce même rôle de façade, certains très contents d’ailleurs de pouvoir utiliser cette position pour faire avancer leur propre carrière. La vérité est que l’avenir de la planète ne se joue pas dans les couloirs des ministères. Ce sont les actionnaires des grands groupes industriels et financiers à l’échelle du monde qui donnent le ton : leurs activités épuisent les ressources, polluent les sols à coup de pesticides…

Aux Antilles, le scandale du pesticide chlordécone utilisé dans les plantations de banane par les riches planteurs békés est un bon exemple. Ils ont commis leur méfait avec la complicité des ministres de l’époque, bien au courant des effets néfastes pour l’environnement et la santé.

Pourtant, des procédés plus respectueux de l’environnement existent, mais les capitalistes ne les trouvent pas assez rentables. C’est en se débarrassant des parasites capitalistes que l’humanité entière pourra préserver l’environnement.

Macron et son gouvernement sont les serviteurs de ce gros patronat en France. Hulot ne l’ignorait pas et il a affirmé : « pas une seconde, je n’ai regretté d’être entré au gouvernement ». Simplement, il ne veut pas se mouiller plus longtemps pour ne pas perdre la crédibilité d’écologue qui lui reste afin de poursuivre sa carrière.


Flessel, quand « la guêpe » se fait piquer

Laura Flessel, Antillaise, ancienne championne d’escrime surnommée « la guêpe », a démissionné de son poste de ministre des Sports le 4 septembre. Elle a expliqué que ce sont des « raisons personnelles » qui l’ont poussée à démissionner. Mais, le jour-même, les journaux Le Canard Enchaîné et Médiapart ont révélé qu’elle aurait des ennuis avec le fisc. La société qui gère son image, dirigée par son mari, n’aurait pas déclaré plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cela révèle que Flessel n’est pas différente des autres politiciens, souvent épinglés pour leurs petites (ou grosses) magouilles. Mais il y a encore pire : Flessel n’a jamais remis en cause la politique scélérate de Macron. Au moment de sa démission elle a même multiplié les déclarations d’allégeance. Elle savait pourtant déjà que Macron prévoyait de diminuer par deux le nombre des agents de son ministère. Une ministre comme les autres : serviteur du capital.


Pour contrer la hausse des prix, échelle mobile des salaires !

L’inflation est repartie à la hausse. En un an, les prix ont augmenté de 2,3 %. Mais le gouvernement vient d’annoncer que les allocations familiales, les allocations logement et les pensions de retraite ne seraient plus indexées sur les prix. Elles n’augmenteront que de 0,3 %. Les retraités, déjà frappés par la hausse de la CSG, perdront encore plusieurs centaines d’euros de pouvoir d’achat.

Quant aux salaires, ceux des fonctionnaires sont gelés, et dans les entreprises les patrons n’accordent en général que le strict minimum, c’est-à-dire la hausse obligatoire du Smic qui a été revalorisé de 1,24% le 1er janvier 2018.

On le voit bien, le compte n’y est pas ! Pour que les travailleurs et les classes populaires ne subissent pas de plein fouet la hausse du coût de la vie, il faudrait appliquer l’échelle mobile des salaires c’est-à-dire que tous les salaires, pensions et allocations augmentent autant que les prix.