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CO de 2018/CO n° 1203 du 28 juillet 2018/Première page

Première page

Éditorial: Un gouvernement et des élus locaux aux ordres du grand patronat capitaliste

Le gouvernement s’apprête à supprimer l’abattement fiscal de 30% en outre-mer. Même si beaucoup de pauvres ne payent pas d’impôts sur le revenu, cette mesure contribue à appauvrir davantage la population.  
Car beaucoup d’imposables, même au SMIC, aident des chômeurs et des pauvres dans leur entourage. On nous dit que l’argent ainsi prélevé sera orienté vers la construction d’écoles, de routes et d’infrastructures en outre-mer. On nous prend pour des imbéciles ! La population n’aura, comme d’habitude, aucun contrôle sur ces fonds qui iront encore d’une façon ou d’une autre dans les poches du grand patronat. Macron nous dit que la prime de vie chère de 40% des fonctionnaires et que perçoivent aussi certaines catégories de travailleurs du privé est responsable de la cherté de la vie en outre-mer.

Non seulement c’est une bêtise, mais c’est surtout une manière de commencer à s’attaquer à cette prime pour la supprimer un jour ou l’autre. Une attaque comme beaucoup d’autres qui vont suivre : attaque contre la retraite, baisse des aides sociales, réductions des dotations aux collectivités appauvrissant les services publics et l’ensemble de la population. Par contre, Macron s’est empressé de supprimer l’impôt sur la fortune et de réduire des taxes sur ceux qui vont placer des milliards à l’étranger. En tout, d’une manière ou d’une autre, entre l’évasion fiscale - qu’elle soit illégale et impunie ou tolérée, le crédit d’impôt compétitivité emploi, (CICE), les zones franches, les exemptions fiscales et sociales et près de 6000 dispositions d’aides aux entreprises, dont celles des collectivités, 300 milliards sont accordés chaque année directement ou indirectement au grand patronat. Il y a un vaste détournement de fonds publics au profit des classes riches !

C’est un ancien banquier de la banque Rothschild, l’homme du capital financier, le président des riches, Emmanuel Macron qui est le grand argentier des capitalistes. Hollande et ses amis, Lurel et Cie ont bien préparé le travail en ce sens. Ce sont eux qui ont créé le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) qui rapporte plus de 20 milliards par an aux grands patrons. La fortune de Bernard Arnault l’homme le plus riche de France culmine à 73 milliards cette année. Elle a augmenté de 56% en un an. Et lui, peut en toute légalité, échapper à l’impôt en se domiciliant en Belgique. La fortune totale des milliardaires en France, s’élève à 245 milliards de dollars. Leur fortune a augmenté de 21% ! Les millionnaires békés et de couleur y compris des noirs : Hayot, Despointes, Fabre Domergue, Ho hio Hen, le groupe Loret, le groupe Parfait et  d’autres  peuvent remercier Hollande, Macron et leurs auxiliaires locaux!

Pendant ce temps, gouvernement et classes riches estiment que la population peut continuer à croupir dans les sargasses, mourir à petit feu empoisonnée par le chlordécone, être mal soignée, mourir d’un rien, vivre sans eau courante en Guadeloupe. Et quand il y a de l’eau, en Guadeloupe nous avons droit maintenant à de l’eau « chlordéconée » et « féca-lée ». Il ne nous manque que l’eau « sargassée » quand elle n’est pas « hydrocarburée » Mais ça viendra peut être. Pour l’instant on l’absorbe sous forme de gaz : sulfure d’hydrogène et ammoniaque. Les travailleurs enrichissent les exploiteurs capitalistes par le biais des énormes profits que ces mêmes exploiteurs tirent du travail des salariés !

Alors, aux capitalistes de payer pour l’eau, la santé, l’enlèvement des sargasses, la santé publique  et les services publics nécessaires à l’amélioration de la vie quotidienne de la population. C’est la lutte des travailleurs et de la population laborieuse qui les contraindra à le faire !


Martinique: Mobilisation des salariés de l’ACISE

ZoomL’ACISE-Samu Social (Association Citoyenne pour l’Insertion Solidaire et Économique) est une association qui oeuvre essentiellement pour la prise en charge de la population sans-abri. Elle a pour devise « Solidaire dans l’action ». Elle intervient également pour favoriser l’insertion sociale des populations qu’elle assiste.  

Depuis le 12 mars 2018, l’ACISE fait l’objet d’une procédure de redressement judiciaire. Dans le cadre de cette procédure, l’administrateur judiciaire a décidé de supprimer des emplois. Huit postes sont concernés. Face à cette décision, des salariés, avec le soutien du syndicat CGTM-FSM, ont décidé de se mobiliser pour dénoncer les conditions dans lesquelles ces mesures seraient mises en œuvre. Ils ont fait le tour des différents centres pour informer les autres salariés. Selon un représentant syndical, la procédure serait « opaque ». Il y a quelques mois, la directrice de l’ACISE était intervenue pour signaler la précarité de sa situation financière du fait de retard pris par la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) pour le versement de sa contribution. Mais on peut penser que la CTM n’est pas la seule concernée.

L’ACISE était en effet aussi soutenue financièrement notamment par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), l’État et la Ville de Fort-de-France. Les financeurs de l’ACISE ne soutiennent plus cette association comme prévu. La politique de restrictions du gouvernement n’est évidemment pas étrangère à ces difficultés. À peine installé, le gouvernement Macron-Philippe s’en était pris aux travailleurs précaires employés dans le cadre d’un Contrat à durée déterminée (CDD) appelé contrat aidé. En septembre 2017, une forte mobilisation en Martinique avait provoqué un recul de l’État. Poursuivant néanmoins sa politique de pression et de restrictions des deniers publics, l’État a entrepris de « mettre sous tutelle » les collectivités en leur imposant un contrôle de leurs dépenses.

Il impose des économies aux couches populaires en parlant de « pognon de dingue ». En même temps, il déverse des milliards de dingue dans les caisses des patrons qui licencient ou précarisent à tour de bras. La mobilisation des salariés de l’ACISE met en lumière un aspect de cette politique. Leur réaction pour dénoncer le sort qui leur réservé est légitime. Elle doit avoir le soutien des travailleurs.


Guadeloupe: Hydrogec : les grévistes se sont fait entendre !

Pendant une semaine, les travailleurs ont fait grève contre les contrats précaires qui leurs sont imposés par leur patron et contre les menaces de licenciements. Ces ouvriers travaillent sur le chantier du Centre des Arts de Pointe-à-Pitre. Il y a deux ans, ils avaient déjà fait une journée de grève pour s’opposer à 40 licenciements et avaient obtenu la suppression de ce plan scélérat. Le patron avait annoncé aux travailleurs en CDI qu’ils étaient en réalité précaires. Il s’appuyait sur les ordonnances Macron pour transformer leur contrat en CDI de chantier (qui se termine à la fin de chaque chantier sans l’indemnité donnée aux CDD). Aujourd’hui, grâce à leur grève, les salariés ont obtenu l’embauche en CDI pour plusieurs d’entre eux. Ils ont aussi gagné le paiement des primes prévues par la convention collective, un plan de formation et surtout le paiement de trois jours de grève. Dernière heure : Suite à la grève, le patron a décidé de signer six CDI mais veut mettre fin au contrat de 24 salariés. Le combat n’est pas terminé !


Terrains de golf à Petit-Bourg : un collectif s’y oppose

Deux projets d’aménagement de terrains de golf en montagne sont en cours dans les sections de Pérou, Caféière. Des riverains et militants ont créé le Kolèktif kont golf Tibou pour protester contre ces projets. Les membres de ce collectif expliquent que la construction du golf entrainera la disparition et le morcellement du foncier agricole dont les premières victimes seront les agriculteurs de la zone. De plus, ils estiment que la construction de ces terrains nuira à la biodiversité (espèces animales et végétales) de la région. Combat ouvrier soutient les petits agriculteurs de la zone. Les terres doivent revenir à ceux qui les cultivent !


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