Site

CO de 2018/CO n° 1202 du 14 juillet 2018/Deuxième page

Deuxième page

Martinique  Hôpital : un bilan en trompe-l’oeil

Les trois administrateurs provisoires (IGAS, Inspecteurs Généraux de l’Action Sociale), dépêchés pour faire face aux difficultés du CHU de la Martinique, achèvent leur mission à la fin du mois de juillet.  

Pendant six mois, ces administrateurs ont administré et dirigé. Ils ont reçu médecins, représentants des salariés, etc. Ils ont constaté « l’état lamentable [de certains services] », et convenu qu’ « il n’est pas acceptable qu’on [y] hospitalise des êtres humains ». C’est ce qu’ils déclarent dans une interview dans France-Antilles, le 4 juillet. On y apprend aussi que les IGAS préconisent un plan de réduction du déficit, très progressif. Pas de licenciements, mais des « réajustements d’effectifs » est-il indiqué. Ils prévoient aussi un plan d’actions pour relancer les projets du CHUM (centre hospitalier universitaire de la Martinique), accompagné d’un plan de financement de 10 millions d’euros par an sur cinq ans. Cela, pour les investissements nécessaires au transfert de services du site de Mangot-Vulcain vers celui de Pierre Zobda Quitman et du site de Trinité. Leurs demandes budgétaires sont limitées et pas à la hauteur des besoins exprimés par les professionnels, les syndicats du CHUM et les usagers. Ainsi pour éponger la dette de 100 millions aux fournisseurs habituels, ils préconisent l’ouverture d’une « ligne de trésorerie »  dans une banque, une sorte de prêt-relais.

En décembre 2017, la lettre de mission des administrateurs, signée par les deux ministres de tutelle Annick Girardin (Outre-mer) et Agnès Buzin (Santé), comportait l'affirmation suivante : « Le rééquilibrage des finances du CHUM est une condition préalable à toute relance des investissements ». Six mois plus tard, ces administrateurs font eux-mêmes le bilan suivant : « CHUM : il ne peut pas y avoir d’avenir sans investissements ». Autrement dit, le serpent se mord la queue ! En dehors du financement des travaux pour la sécurité, les moyens financiers nécessaires restent notoirement insuffisants. Et, les plans succèdent aux plans ! Il s’agit d’un bilan en trompe-l’œil face auquel les agents resteront certainement vigilants. Car, en définitive, le gouvernement, aux ordres du patronat et à l’écoute des plus riches, entend avoir toujours le dernier mot et continuer sa politique d’austérité pour la Santé publique. Seul un mouvement de colère déterminé et massif des travailleurs et de la population pourra le contraindre à prendre en compte leurs besoins et à les respecter.  


Martinique CHUM : mobilisation à Mangot-Vulcin

Les agents hospitaliers du court séjour de Mangot-Vulcin au Lamentin, mobilisés contre la fermeture du service depuis le 28 juin, ont décidé d’arrêter leur mouvement le jeudi 5 juillet. Certes, ils n’ont pas obtenu satisfaction sur le maintien des lits de gériatrie sur le site de Mangot-Vulcin. D’après une note de la direction, le transfert des lits vers le site de Pierre Zobda Quitman et celui de Trinité était prévu dans le projet médical. Mais la désinvolture avec laquelle la direction avait annoncé la fermeture du service avait provoqué la colère des agents.

Durant plusieurs jours, ils se sont mobilisés avec le soutien des syndicats, et ils avaient la solidarité des collègues d’autres services. Des barrages filtrants ont été mis en place et un service minimum a été organisé sur le site. Lors de la réunion avec la direction, ils ont pu exprimer leur mécontentement par rapport à la gestion de l’absence de gériatre, à la situation des patients âgés et à la fermeture du service. Ils ont pu obtenir de la direction des engagements sur : les conditions de leur transfert sur d’autres sites, leur affectation sur des postes vacants, leurs congés annuels, le traitement identique des titulaires et des contractuels.

À ce jour, la vigilance demeure pour la sauvegarde des lits du court séjour gériatrique sur les autres sites. Mais les agents ont montré qu’ils ne sont pas prêts à accepter sans réagir les décisions de la direction.


Témoignage d’un membre du comité anti-sargasses de Petit-Bourg

« Juste avant de quitter la Guadeloupe, le ministre Nicolas Hulot a fait des effets d’annonce sur l’engagement des finances de l’État pour le ramassage sous 48 heures et la prise de décision concernant des dispositifs pour éviter l’échouage. Nous sommes sceptiques à propos de cet engagement de l’État à aider les collectivités à payer les frais de l’enlèvement des sargasses. Ce ne serait pas la première fois que l’État ne tient pas ses promesses : concernant la Sécurité sociale, par exemple, de nombreux engagements de l’État à renflouer les caisses n’ont pas été tenus. Les collectifs auront intérêt à contrôler les sommes promises si elles sont versées ».  


Démolition à Petit-Bourg : deux poids deux mesures ?

 La semaine dernière, 200 gendarmes ont démoli le restaurant le Karu’K, situé sur la plage de Viard depuis 1995. Huit personnes se retrouvent sans travail. Plusieurs manifestations ont eu lieu pour protester. Les manifestants dénoncent les autorités qui semblent agir plus facilement contre les propriétaires de couleur que contre les propriétaires blancs. Ce ne serait pas étonnant : sé labitid a yo !


Meeting unitaire à Mare-Gaillard

Le vendredi 29 juin, le rassemblement avait lieu à Mare-Gaillard Gosier. Environ 150 personnes, dont la moitié de riverains, ont participé au meeting. Mare-Gaillard a été choisi car les riverains y ont monté le collectif « Meilleure santé pour tous » contre la présence d'une antenne relais au sommet du château d'eau. Ils expliquent que depuis l’installation de l’antenne relais près de leur maison, ils ont des problèmes de santé.
Le meeting était animé par une riveraine de Mare-Gaillard et les représentants d’une dizaine d’organisations – dont Combat ouvrier – se sont exprimés. À la fin du meeting, le collectif « Meilleure santé pour tous » a offert une petite collation.

Les prochains meetings unitaires :
- Vendredi 13 juillet à 19h, devant la mairie de Petit-Bourg
- Vendredi 20 juillet à 19h, devant la mairie de Gourbeyre
- Vendredi 27 juillet à 19h, devant la mairie de Morne-à-l’Eau


Guadeloupe : Collectivités et serrage de vis

Le 29 juin, quatre collectivités ont dû signer un contrat avec l’État. Il s’agit de la ville de Baie-Mahault, de celle des Abymes, du Département et de la Région.  Avec ce contrat, les quatre collectivités locales qui ont le plus gros budget s’engagent à limiter leurs dépenses de 2018 à 2022. Par rapport à l’année 2017, ces dépenses ne devront pas augmenter de plus de 1,2% par an. Cette hausse minime ne couvre pas la hausse annuelle des prix due à l’inflation, qui est de 2% actuellement. C’est donc en fait d’une baisse déguisée qu’il s’agit. Les collectivités se sont ainsi engagées à réduire les services rendus à leurs administrés. En France, de nombreux élus se sont élevés contre ce contrat imposé par l’État. Mais en Outre-mer, deux collectivités seulement ont refusé de signer, celles de Martinique et de Guyane. En Guadeloupe seule la présidente du Département, Borel-Lincertin, a exprimé « amertume et incompréhension ». Elle a accusé le gouvernement d’avoir voulu se venger contre les élus qui ne se sont pas ralliés à Macron, en ne leur accordant que 1,2% alors que d’autres ont obtenu 1,3%. Mais elle a signé, et elle n’a pas remis en cause le principe même du contrat. Ce nouveau dispositif va aggraver la situation des collectivités locales, qui sont déjà exsangues. Elles auront moins de ressources pour payer du personnel, pour entretenir les routes ou les écoles, pour venir en aide aux plus démunis… Une fois de plus, le gouvernement exige des sacrifices de la population, pour pouvoir mieux distribuer des milliards aux riches.


Action unitaire : nou anrajé !

« Journée de la colère » le samedi 28 juillet 2018, rendez-vous à 9 h devant la mairie de Pointe-à-Pitre  Depuis quelques semaines, plus d’une trentaine d’organisations syndicales et politiques ainsi que des comités constitués au sein de la population se sont rassemblés pour protester contre la dégradation des conditions de vie et de travail en Guadeloupe. Combat ouvrier fait partie de ce rassemblement.

C’est à l’initiative de l’UGTG et du LKP que ces 36 organisations se sont regroupées. Parmi les principales il y a les syndicats UGTG et CGTG. C’est la création et la mobilisation de plusieurs collectifs de riverains contre l’invasion des sargasses (algues brunes qui dégagent un gaz toxique en se décomposant) et contre le scandale du manque d’eau potable qui a fourni l’occasion de ce rassemblement.

À ces protestations s’ajoutent la question de l’empoisonnement des terres au chlordécone, un pesticide interdit en France mais que les planteurs de bananes des Antilles ont continué à répandre avec la complicité de l’État, polluant les sols pour des siècles et menaçant la santé des habitants. Il y a aussi la dégradation des services publics en particulier dans le domaine de la santé qui s’est soldée par l’incendie au Centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre en novembre dernier.

Tous ces problèmes sont liés : les gouvernements successifs mènent une guerre contre les classes laborieuses. Aujourd’hui c’est Macron qui est aux commandes pour prélever dans les caisses publiques et engraisser le gros patronat sans aucune contrepartie. Résultat : les services nécessaires à la population sont dans un état déplorable et c’est encore pire dans les départements d’Outre-mer à cause des séquelles du colonialisme.

Dans les entreprises, les patrons font la guerre aux travailleurs. Ils licencient, gèlent ou baissent les salaires et aggravent les conditions de travail pour assurer leurs profits. Le chômage massif notamment chez les jeunes est une catastrophe sociale. Les contrats précaires deviennent la norme.

Les organisations appellent tous les travailleurs et la population à participer au rassemblement du 28 juillet. Combat ouvrier est partie prenante et invite tous ses adhérents et ses sympathisants à y participer nombreux.  


Les 200 € de 2009 : une belle victoire ouvrière

Dans un meeting unitaire, il a été dit que, cette année, la mobilisation est plus importante que celle de 2009 car aujourd’hui on ne se bat pas « pour les 300 € ». Cet orateur faisait allusion aux 200 € d’augmentation de salaire gagnée grâce à la grève générale en 2009. Parmi les revendications de 2009, c’était pourtant la plus importante. Elle a convaincu bon nombre de travailleurs de rejoindre le combat car c’était la perspective d’améliorer de manière significative leurs conditions de vie. C’est l’accord Bino du 26 février 2009 qui a fixé les 200 € d’augmentation pour tous les bas salaires. C’était une victoire ! Beaucoup de salariés en ont bénéficié.