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CO de 2018/CO n° 1200 du 16 juin 2018/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe Affaire Despointes : victoire du journal L’Humanité

Le journal du Parti communiste français était assigné en justice par Jean et Martin Huyghues-Despointes. Le 22 mai, le Tribunal de Grande Instance de Paris a donné raison à L’Humanité.  

Les deux frères Despointes n’avaient pas apprécié que L’Humanité publie le 22 octobre 2015 un article intitulé « Guadeloupe : quand les patrons se voient en maîtres » et sous-titré « La CGT privée de ses moyens pour avoir dénoncé l’héritage négrier de deux frères békés ». Le journal relatait dans cet article comment les frères Despointes, les patrons de Carrefour Milénis, s’en étaient pris à la CGTG qui les avait empêchés en 2013 de mener à bien un plan de licenciements. Le syndicat avait publié un tract, où il expliquait notamment que « la famille Despointes a bâti toute sa fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salarial ».

En Guadeloupe, les Despointes avaient trouvé des juges pour condamner la CGTG pour ces propos, et pour aggraver la sanction en appel. Plus de 50 000 € avaient été saisis sur les comptes du syndicat et de plusieurs militants. C’est la solidarité ouvrière qui a permis de sauver la CGTG, et de collecter les fonds nécessaires. De nombreux militants du Parti communiste français ont participé à cette campagne, grâce à l’article de L’Humanité. Les frères Despointes voulaient que le journal soit puni pour avoir aidé au sauvetage de la CGTG, et pour avoir lui aussi rappelé le sombre passé des grandes familles exploiteuses de Martinique et de Guadeloupe. Mais ça ne s’est pas passé à Paris de la même manière qu’à Pointe-à-Pitre ! Le procureur, qui représente l’État, a estimé que l’article incriminé n’avait « pas dépassé les limites de la liberté d’expression ». Et dans son jugement, le tribunal a conclu que L’Humanité n’avait fait qu’exprimer « une opinion d’ordre général sur la persistance, entre salariés et patrons, d’un rapport de domination comparable à celui qui existait entre maîtres et esclaves ».  


Les agents de Pôle emploi refusent la remise en cause de leur temps de travail

Une vingtaine d’agents étaient présents au tribunal de Pointe-à-Pitre, le vendredi 8 juin, pour assister à l’audience de référé contre la remise en cause de l’accord sur le temps de travail de Pôle emploi Guadeloupe et Îles du Nord.  

Les agents sont inquiets. Outre les représentants des organisations syndicales, quelques agents étaient présents à l’audience pour entendre les arguments de la direction qui veut imposer la pointeuse pour tous. Alors que la grande majorité des agents effectuent un horaire collectif de 35h10 par semaine depuis des années, le directeur régional, surfant sur la vague de suppression des accords favorables au plus grand nombre et sur la résignation de nombre de travailleurs, a décidé le badge pour tous, ce qui revient à dynamiter l’accord local sur le temps de travail. Le juge, saisi par les représentants du personnel au comité d’établissement, doit déterminer si cette question de l’introduction du badge pour tous relève d’une simple consultation ou doit faire l’objet d’une négociation d’un nouvel accord avec les organisations syndicales représentatives. Dans la presse, le directeur monsieur Jules a fait mine de ne pas comprendre la motivation des organisations syndicales, s’étonnant que ce ne soit qu’en Guadeloupe que le système de pointage n’existe pas. Les agents ont arraché la durée de 35 heures après une grève de trois mois en 2001 ! Obtenu par la grève, l’accord signé a entériné la poursuite d’un horaire collectif, ne nécessitant pas de pointeuse, contrairement à toutes les autres régions où l’horaire individualisé a été imposé avec les repos sur le temps de travail RTT en compensation. L’affaire a été mise en délibéré au 13 juillet 2018.


Martinique: Sous administration judiciaire, le MIM se fait gronder

Le 1er juin le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Fort-de-France a placé l’ensemble du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) sous administration judiciaire. Drôle de cadeau d’anniversaire pour le mouvement dont les quarante ans d’existence tombent en juillet 2018 !  

L’administrateur doit contrôler les comptes et organiser sous quatre mois une Assemblée Générale, la dernière ayant eu lieu en 2011. La décision du TGI répond à une requête de militants de la première heure au sein du MIM, organisés en « groupe de réflexion » dont le porte-parole est Sylvain Bolinois. Ceux-ci dénoncent depuis quelque temps ce qu’ils appellent le comportement d’autocrate d’Alfred Marie-Jeanne, président du MIM. Cette opposition s’est développée parallèlement à celle, distincte, de Jean-Philippe Nilor – député MIM du Sud-Martinique.

Visiblement la bataille pour la succession d’Alfred Marie-Jeanne (81 ans) est ouverte au sein du MIM. Le mouvement détient la majorité à l’Assemblée de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique), depuis la création de cette institution en 2015. Le poste de président du Conseil Exécutif de l’Assemblée est détenu par Alfred Marie-Jeanne. Dans ces conditions, les ambitions poussent à la bousculade aux sommets du MIM. En lieu et place de l’indépendantisme qu’il affichait comme programme, le MIM n’aura réussi, au terme de quarante années d’existence, qu’à placer ses cadres, au travers des institutions de l’État français, aux ordres des gros possédants. Et, accessoirement, à faire mettre sous tutelle sa propre organisation et ses ressources.

Ce bilan était prévisible. Prétendant agir au nom du peuple martiniquais tout entier, le MIM, dès son origine, effaçait volontairement toute distinction d’intérêts entre les exploités et les exploiteurs. Ce qui revenait à se mettre au service de ces derniers et à y rester. Des différentes voix qui s’expriment aujourd’hui au nom du MIM, que ce soit celle de Marie-Jeanne, de Nilor ou du « groupe de réflexion », aucune ne met en cause ces orientations et ce passé. Aucune n’effleure le sujet des conditions de vie et des aspirations des exploités. Ils ne soulèvent même pas la moindre divergence politique, restant au niveau des problèmes de personnes. Alors, si l’enjeu de ces affrontements est peut-être important pour ces politiciens et leur avenir, il est nul du point de vue des intérêts des travailleurs.


International: Au G7 : un chef de mafia impose la loi du plus fort !

La réunion du G7 regroupe sept grandes puissances. Il s’agit des États-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et du Canada. La Russie n’y est plus admise à cause des sanctions qui lui sont imposées après l’annexion de la Crimée et sa politique en Ukraine.  

Après la décision du gouvernement Trump de taxer les importations d’acier et d’autres produits à l’entrée aux USA, les autres puissances ont fermement déclaré leur désaccord. Elles accusent Trump de pourrir l’économie mondiale, comme si elle ne l’était pas déjà. Mais l’insolent Donald est resté sur ses positions. Puis, après avoir donné son accord malgré tout à un communiqué commun final afin que les sept sauvent la face aux yeux du monde, il a brutalement retiré sa signature par un tweet envoyé depuis Air force One qui l’emmenait à Singapour. Et tout cela parce que les propos du premier ministre du Canada n’ont pas eu l’heur de lui plaire. Trump, sans prendre de gants, s’est comporté en maître et seigneur de la planète auprès des pays impérialistes de seconde catégorie. Trump décide, aux autres de suivre comme ils peuvent.

Face à l’attitude du plus puissant d’entre eux les plus petits impérialistes comme Macron qui tentent de gonfler le torse sont vite ridiculisés. Trump les a laissés en plan et est parti un jour plus tôt vers d’autres cieux. Même l’image de leader de l’Europe que Macron veut se donner a bien pâli. Trump l’a ramené, lui et ses amis, au rang de petits satellites qu’ils ont toujours été en fait, face à leur chef.  


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