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CO de 2018/CO n° 1200 du 16 juin 2018/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Grève au Centre hospitalier de Trinité

Les agents du Centre hospitalier de Trinité sont en grève depuis le 30 mai avec leurs syndicats organisés en Intersyndicale.  

Ils exigent la mise en application rapide d’accords précédemment actés. Ces accords concernent des budgets prévus pour la réhabilitation de leur établissement qui dessert le Grand Nord de la Martinique. Ils dénoncent les conditions indignes dans lesquelles les patients sont reçus mais aussi leurs conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. Un médecin revenu exercer dans cet hôpital après 30 ans d’absence a déclaré qu’elle n’y avait trouvé aucune amélioration...

C’est dire ! Les grévistes ont reçu le soutien des médecins de l’hôpital. Ils ont aussi organisé une journée portes ouvertes en direction de la population. Ils ont été reçus par la direction du CHUM (Centre hospitalier universitaire de Martinique) le 4 juin, mais sans obtenir de résultats satisfaisants. Ils restent donc mobilisés.


Guadeloupe Procès Nomertin: mobilisation réussie !

Le 11 juin, plus d’une centaine de personnes étaient devant le tribunal de Basse-Terre pour soutenir notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de Combat ouvrier et secrétaire général de la CGTG.   C’est le patron de la banane, Tino Dambas, surnommé « l’esclavagiste noir », l’un des pires exploiteurs, qui a porté plainte contre lui. Il accuse le camarade Nomertin de l’avoir diffamé après la mort d’un travailleur de la plantation SCA Changy.

De nombreux ouvriers de la banane en grève étaient présents devant le tribunal ainsi que des militants de la CGTG, de Combat ouvrier, du FKNG, du journal Rebelle ! et de l’UGTG. Les travailleurs des plantations de Dambas en ont profité pour dénoncer ses licenciements abusifs et ses pratiques illégales comme le refus de payer les jours fériés. Il a récemment convoqué neuf ouvriers pour avoir refusé de travailler le Premier mai. Jean-Marie Nomertin a été mis en examen le 11 juin. Il est bien décidé à ce que cette affaire débouche sur un procès, durant lequel une dizaine d’ouvriers des plantations de Dambas sont déterminés à témoigner contre « l’esclavagiste noir ».


Grève à Eau d’Excellence

Depuis le jeudi 7 juin 2018, des agents sont en grève pour dénoncer notamment les conditions dans lesquelles les anciens salariés de la Générale des Eaux ont été transférés à Eau d’Excellence.  

Ils réclament aussi que la distribution de l’eau potable sur le territoire de Cap Excellence - comprenant les communes de Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre et les Abymes - se fasse de façon pérenne, que l’eau soit de qualité et que la communication à la population sur les tours d’eau soit plus précise.

En 2017, la Générale des Eaux, filiale de la multinationale Veolia, a quitté la Guadeloupe. Les agents avaient été transférés dans d’autres structures comme le SIAEAG (Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de la Guadeloupe) et les communautés d’agglomérations, mais à des conditions souvent pires qu’auparavant. D’ailleurs, avant et après le départ définitif de la Générale des Eaux, des agents s’étaient mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque de matériel ainsi que leurs conditions de transfert.

Comme quoi, les actionnaires de la Générale des Eaux n’étaient pas plus soucieux du sort des travailleurs que de l’état de vétusté dans lequel ils ont laissé le réseau d’adduction d’eau. Les agents d’Eau d’Excellence font bien de se mobiliser car ils assistent en première ligne et depuis des années à la dégradation de la distribution de l’eau en même temps que de leurs conditions de travail.


Martinique: Grèves et mobilisations populaires pour exiger les moyens nécessaires à la santé publique

Elles se sont déroulé les 11, 12 et 13 juin. Au CHUM (Centre hospitalier universitaire de Martinique), environ 300 agents sont sortis le 11 à 8h du site de l’hôpital PZQ (Pierre Zobda Quitman) et de celui de la MFME (Maison de la Femme, de la Mère et de l’Enfant).  

La mobilisation a lieu à l’initiative du collectif CHUM Douvan Douvan, participant à l’association « Sauvons la Santé en Martinique » et regroupant des médecins, des cadres supérieurs, des agents hospitaliers non médicaux, des représentants d’associations de malades, et des organisations syndicales. Les organisations syndicales CGTM et CDMT ont appelé à une grève intersectorielle reconductible à partir du mardi 12 juin. Le mouvement est également relayé par l’association des maires. Celle-ci appelle les élus, les salariés et la population à rejoindre la manifestation du 12 juin à Fort-de-France. L’intersyndicale des transporteurs de matières dangereuses a elle aussi adressé un communiqué à la presse pour faire part de son soutien au mouvement « pour l’équité des soins avec le reste du territoire national ».

Depuis des mois, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le gouvernement Philippe restent muets face aux difficultés de fonctionnement du CHUM. Ces difficultés sont dues en grande partie au manque chronique de moyens du fait de la politique du gouvernement Macron-Philippe orientée vers les cadeaux aux plus riches.

Suite à la dernière rencontre du 16 mai dernier au ministère de la Santé, les membres du collectif CHUM Douvan Douvan annonçaient que « l’essentiel des revendications n’a pas été satisfait » (déblocage de 50 millions d’euros, pour le paiement des fournisseurs et l’achat de petit matériel, pour une prise en charge correcte des usagers).

De façon extrêmement méprisante, le gouvernement joue la montre et laisse la situation pourrir. Les agents et le corps médical s’épuisent dans des conditions de travail lamentables et les patients ne bénéficient plus de prises en charge correctes.

Le Collectif et les syndicats réclament notamment une aide immédiate pour « assurer la dignité des conditions d’accueil et les investissements indispensables pour la mise en œuvre du projet d’établissement ». Ils réclament aussi depuis des mois la prise en compte des « surcoûts venant de l’éloignement géographi-que » (7 000 km) des laboratoires pharmaceutiques et d’autres fournisseurs. Aujourd’hui, l’heure est à la mobilisation.

Le lundi 11 juin il est prévu que les salariés sortent de leur entreprise à 8h durant un quart d’heure, et un concert de klaxons et de sirènes d’un quart d’heure également à 8h. Le mardi, c’est le jour de la grève intersectorielle. Un rassemblement est prévu devant la Maison des Syndicats suivi d’une manifestation et un sit-in devant la préfecture. Le mercredi 13 juin, les maires ont annoncé une opération « ville morte » dans les communes.

Ces seules journées de grève et mobilisation ne suffiront certainement pas à contraindre ce gouvernement à modifier sa politique, y compris sur les problèmes de santé publique. Pour cela il faudra d’autres manifestations de grande ampleur, et que la force déterminée des travailleurs se déploie. Néanmoins, les travailleurs et la population auront eu l’occasion de montrer qu’ils sont décidés à se faire entendre.

Combat ouvrier a appelé ses militants et sympathisants à participer pleinement aux mobilisations pour exiger des moyens pour les hôpitaux et la santé en général. Il a invité l’ensemble des travailleurs à se saisir de ces mobilisations pour mettre en avant leurs propres revendications dans les entreprises et pour faire de cette grève un succès.


France Aquarius : le silence complice de Macron

Nous partageons entièrement le contenu de cette brève, ci-dessous, de nos camarades de Lutte ouvrière.  

L'Aquarius, avec à son bord 629 migrants recueillis au large des côtes libyennes, illustre l'attitude de cette forteresse Europe refoulant ceux qui fuient la guerre ou la misère. Le nouveau gouvernement italien et son ministre de l'Intérieur, issu de la Ligue, parti d'extrême droite, xénophobe et raciste, refuse l'accès de ses ports à ce bateau humanitaire. Il met au défi de façon propagandiste l'Union européenne. Malte lui a aussitôt emboîté le pas. Seul pour le moment, le gouvernement dirigé par le socialiste espagnol Pedro Sanchez a proposé à l'Aquarius de débarquer à Valence mais la distance à parcourir rend cette option dangereuse. Macron, qui se gargarise avec la solidarité européenne, s'est bien gardé de proposer un port en France. Son silence assourdissant en fait lui aussi un complice du crime qui se perpétue, jour après jour, en Méditerranée.