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CO de 2018/CO n° 1199 du 02 juin 2018/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe Dans les entreprises

Échos des Télécoms
Le Premier mai, nous étions là
Le Premier mai, notre délégation a défilé avec tous les autres camarades des syndicats à Pointe-à-Pitre en partant du CHU. C’était bien que les travailleurs d’Orange soient représentés. Le Premier mai c’est la journée internationale de lutte des travailleurs. Il ne faut pas la rater. C’est une grande tradition des travailleurs.
Le 3 mai, nous avons aussi répondu présents
Le 3 mai, jour de la grève générale, là encore nous avons su nous mobiliser à Orange. C’est une bonne chose pour préparer d‘autres journées encore plus combatives pour l’amélioration de nos salaires et conditions de travail.

Échos de l’aéroport
MSC (chariots) : retard des salaires, nou bon évè sa ! MSC est présent à l’aéroport depuis dix ans, et postule pour remettre ça. Mais un peu trop souvent, nos salaires sont payés avec retard, ce qui cause des problèmes avec la banque. Nous commençons à en avoir assez de ces retards. Alors qu’on pointe du doigt le moindre chariot qui traîne, là, cela ne dérange apparemment personne. Nous devrions commencer à travailler seulement lorsque la paie du mois précédent est réglée, là, c’est sûr, on verrait qu’il y a un problème !

Échos de Jarry
EDF Centrale Jarry : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ! »
Les chefs ne respectent pas leurs propres consignes. Ils ne portent pas les vêtements ou les souliers de sécurité, ni les casques et les autres équipements nécessaires. Peut-être que les chefs considèrent qu’ils sont au-dessus de tout ça ? En tout cas c’est la preuve qu’ils ne croient pas eux-mêmes en leurs propres normes de sécurité.

Pawol à travayè bannann !
SCA Changy et SCA Blondinière : sept heures, pas plus !
Tino Dambas a donné aux anciens grévistes de nouveaux horaires, de 8h à 15h. C’est le seul moyen pour lui de faire tourner les hangars après 13h, car les camarades ont clairement refusé de travailler plus de 7h par jour. Finalement, malgré toutes ses simagrées, Dambas est bien obligé de respecter la loi !
Plantation S.A Bois-Debout : paye à deux vitesses
Le 6 mai, les camarades n’avaient toujours pas touché leur salaire du mois d’avril, alors que les cadres, eux, ont été payés dans les temps. En tout cas, si le salaire arrive au ralenti, ça paraît logique que le travail se fasse aussi au ralenti !


France La fête annuelle de Lutte Ouvrière

Elle s’est déroulée, comme chaque année, au cours du week-end de la Pentecôte. Cette année elle avait lieu samedi 20, dimanche 21 et lundi 22 mai.

C‘est dans la commune de Presles au nord de Paris, et dans un cadre champêtre, qu’a lieu cette fête où plus de 15 000 personnes se retrouvent. Les camarades des groupes communistes révolutionnaires trotskystes de l’UCI (Union Communiste Internationaliste) dont Combat Ouvrier est membre s’y retrouvent. Mais de nombreux autres groupes et organisations d’extrême gauche invités sont aussi présents.

De nombreux forums politiques et débats s’y déroulent dans une ambiance fraternelle et démocratique. Les animations culturelles, les films, les exposés scientifiques, la cité du roman, la cité des arts, la grande librairie de la fête, le village médiéval, l’arboretum, sont autant d’éléments enrichissants. Des jeux pour petits et plus grands, comme l’accrobranche, permettent à tous de se détendre. Les multiples spécialités culinaires ne peuvent que chatouiller papilles et estomacs.

Notre groupe, Combat Ouvrier, et nos camarades venus des Antilles animent deux stands, un politique et un autre qui sert des accras, du colombo, des punchs et des jus, des sucres à coco. Plusieurs parents, amis et camarades émigrés en France s’y retrouvent avec plaisir. Nos camarades d’Haïti de l’OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires) y sont aussi présents tout comme nos camarades de Côte d’Ivoire et d’Afrique noire, des USA, de Belgique, d’Allemagne, de Turquie, d’Italie, de Grande-Bretagne et d’Espagne. Cette année des camarades de Combat Ouvrier ont présenté un exposé sur « la crise des hôpitaux aux Antilles » formé de deux parties, une sur la Guadeloupe et l’autre sur la Martinique. Les deux exposés furent suivis d’un débat. Il y eut aussi un exposé-débat sur les ravages du chlordécone aux Antilles et un film de Combat Ouvrier sur le massacre de Mai 67 en Guadeloupe, réalisé par Frédérique Menant. Il fut aussi suivi d’un débat.

Le dimanche et le lundi, à 15h, Nathalie Arthaud a fait deux déclarations politiques sur le grand podium devant une foule de participants. La presse française en a relevé plusieurs extraits. D’ores et déjà, nous invitons tous ceux qui le veulent et qui le peuvent à se rendre à la fête 2019. L’année prochaine ce sera le samedi 8, dimanche 9 et lundi 10 juin.


Moyen-Orient Israël a assassiné des dizaines de jeunes palestiniens

Depuis le mois de février, à la frontière entre Gaza et Israël, l’armée d’Israël a tué plus de 115 Palestiniens et blessé plus d’un millier. Les Palestiniens, chaque vendredi, ont manifesté pendant plusieurs semaines pour réclamer le droit de retourner sur leurs terres. Terres qui ont été saisies par l’État juif et redonnées aux colons. Ces manifestations ont eu lieu autour du 14 mai, date anniversaire de la création de l’État d’Israël. Le 14 mai 1948 les chars de l’État hébreu ont chassé 720 000 paysans palestiniens de Palestine.

Lors de la guerre des Six Jours en 1967 ils en ont expulsé 300 000 autres. Transformés en mendiants, nourris par l’ONU, ils se sont réfugiés pour partie dans la bande de Gaza. Gaza est un vaste camp de concentration sablonneux coincé entre l’Egypte, la mer et Israël. Les candidats au retour en Palestine sont maintenant au nombre de quatre millions. Bien sûr l’ONU a voté des résolutions reconnaissant le droit des Palestiniens de retourner sur leur terre. Israël, soutenu par les USA et les pays occidentaux, n’a tenu aucun compte de ces résolutions. Bien au contraire il a continué à installer tous les Juifs du monde désireux de retourner en Israël sur ces terres volées. Les paysans palestiniens veulent retourner sur leurs terres, veulent faire respecter leur droit. Ils reçoivent des balles. Les USA et les puissances occidentales soutiennent en fait Israël. Ce pays est leur bras armé dans une région stratégique explosive mais qui renferme la plus grande réserve de pétrole de la planète.


Haïti : les ouvriers de la zone industrielle de nouveau dans la rue

Lundi 21 mai les ouvriers du parc industriel de Port-au-Prince ont manifesté pour l’ajustement du salaire minimum. Le Premier mai, ils avaient manifesté pour l’augmentation du salaire journalier à 1 000 gourdes (15 €). Après ces manifestations, le gouvernement avait décidé une augmentation du prix des carburants.

Cette augmentation entraîne une augmentation parallèle des prix du transport et des prix des marchandises de première nécessité. Suite à cette décision des milliers d’ouvriers ont de nouveau gagné les rues de Port-au-Prince les 21 et 22 mai pour exiger du gouvernement l’application d’un salaire journalier de 1 000 gourdes. Selon la presse locale 10 000 ouvriers ont paralysé la circulation dans toute la zone industrielle. Ils ont d’abord surmonté les obstacles mis en place par les vigiles devant les entreprises à l’intérieur du parc Sonapi.

Les policiers appelés en renfort n’ont pas pu s’interposer. Ils ont été dépassés par le nombre. Puis les ouvriers, en majorité des ouvrières, ont traversé la ville pour arriver devant les locaux du Parlement. Les porte-paroles ont une nouvelle fois rappelé que le salaire actuel de 350 gourdes (5,90 €) ne permet pas de faire face au coût de la vie. Alors que le Conseil Supérieur sur les Salaires, piloté par les patrons et le gouvernement, se donne jusqu’au premier août pour publier un rapport, l’association des industriels d’Haïti attaque les organisations et syndicats qui selon elle « vont effrayer les investisseurs étrangers et haïtiens ».

Les ouvriers ont montré qu’ils ne baissent pas les bras, et se préparent. La bataille pour l’ajustement du salaire minimum à 1 000 gourdes continue.


Sénégal : Malgré la répression, les étudiants ne se laissent pas faire !

Le 24 mai, 3 000 étudiants ont manifesté dans les principales villes du pays pour protester contre l’assassinat d’un des leurs par la police. Fallou Sène a été tué par balle le 15 mai durant l’intervention de la police dans l’université de Saint-Louis.

Les 15 et 16 mai, les étudiants se mobilisaient dans plusieurs campus contre les montants insuffisants des bourses et les retards de versement des bourses. À Saint-Louis, les étudiants avaient décidé de marquer le coup en décrétant des journées de repas gratuits au restaurant universitaire.

C’est pour réprimer cette action que les autorités ont fait appel aux gendarmes. Ces derniers sont intervenus brutalement dans la faculté avec des tirs de grenades lacrymogènes et des tirs à balles réelles. Le ministre de l’intérieur, Ali Ngouye Ndiaye, a justifié cette répression violente par le fait qu’il n’était pas possible que les étudiants mangent gratuitement, « qu’il fallait préserver les investissements faits par les [entreprises] privées dans le restaurant universitaire ». La preuve est encore une fois faite que les dirigeants politiques sont prêts à tout pour défendre les profits et la propriété privée des capitalistes.

Suite aux nombreuses manifestations d’hommage à l’étudiant tué, le président du Sénégal Macky Sall a été contraint de limoger le recteur et le directeur du Crous. Le gouvernement a aussi dû remettre une enveloppe de 10 millions de francs CFA (15 000 €) à la famille du défunt et s’engager à recruter dans la fonction publique la veuve et le frère de l’étudiant disparu.

Tout comme en France, les étudiants sénégalais font les frais des réductions de budget dans les universités, mais dans ce pays pauvre les conséquences en sont bien plus terribles. Ils ont raison de se battre pour défendre leur droit à étudier !


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