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CO de 2018/CO n° 1198 du 05 mai 2018/Deuxième page

Deuxième page

Premier mai en Martinique et en Guadeloupe

Un millier de personnes ont défilé à Fort-de-France avec la quasi totalité des syndicats. Certains partis politiques aussi étaient représentés chacun par un petit groupe de militants : le PPM, le MIM, le PS, Combat ouvrier. Les écologistes-nationalistes de l’ASSAUPAMAR étaient aussi présents. En Guadeloupe, entre 2 000 et 2 500 personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre et des Abymes avec une dizaine de syndicats. Là aussi, de petits groupes de militants représentaient les partis politiques : PCG, UPLG, Combat ouvrier. De plus, comme à son habitude, Combat ouvrier tenait un point fixe sous un petit stand avec son drapeau et sa presse. De même, le CIPPA. C’est dans l’enthousiasme et la détermination que les manifestants se sont rassemblés et ont défilé, en ce Premier mai 2018.


Martinique Les salariés de la CFTU ont battu le fer tant qu’il était chaud !

Le 28 avril un protocole d’accord a été signé entre les syndicats des salariés, la CFTU, (compagnie foyalaise de transports urbains) et le GTAC (groupement des transporteurs associés du centre), nouveau groupement des sous-traitants retenus lors du dernier marché. Les bus du centre ont recommencé à circuler à compter du lundi 30 avril. En effet, depuis le lundi 23 avril, les chauffeurs des bus Mozaïk, mécontents de certaines conditions du transfert de leurs contrats de travail, avaient décidé de se mettre en droit de retrait. Les bus sont donc restés à l’arrêt. Un accord était pourtant intervenu le 22 avril après trois semaines de conciliabules entre la CFTU donneur d’ordre, d’une part, et anciens et nouveaux attributaires du marché de transport dans l’agglomération du centre, d’autre part. Mais ces patrons n’avaient pas pris le temps de régler dans des conditions satisfaisantes plusieurs aspects concernant la situation des salariés des différentes entreprises, notamment, sur le paiement des congés payés ou encore sur la sécurité. Durant le blocage de trois semaines des bus par les transporteurs, on n’avait pas entendu les habituelles récriminations antigrèves des officines patronales sur les médias. Par contre, au cours de la dernière semaine, s’associant à l’expression de la gêne de la population, ces voix ont commencé à se faire entendre sur « la prise en otage » de la population. Mais les chauffeurs avaient décidé « de battre le fer tant qu’il était chaud ». Ils ont exigé des réponses claires de leurs employeurs sur leurs contrats de travail et de vie et ils ont pu les obtenir.


Guadeloupe Appel des syndicats à la grève générale pour le 3 mai

UN PREMIER PAS VERS UNE REPONSE COLLECTIVE Un appel a été lancé pour une grève reconductible de 24 heures par les syndicats dont la CGTG et l’UGTG. C’est l’occasion pour les travailleurs de montrer leur mécontentement et de crier leur colère face à la remise en cause de leurs droits et à la gestion des ressources humaines par la terreur.


France Les cheminots ne faiblissent pas !

Après trois mois de grève, les cheminots restent déterminés à faire reculer le gouvernement. Lors de la journée de manifestations du 19 avril, ils étaient encore plus nombreux que pour celle du 13. Les 23 et 24 avril, on comptait 63,4% de grévistes chez les conducteurs. Leur ténacité concerne tous les travailleurs : si le gouvernement a choisi de s’attaquer de front à cette catégorie réputée combative, c’est avec le projet de poursuivre ses plans destructeurs sur l’ensemble de la classe ouvrière. Son objectif présent est de réduire de 30% les coûts de fonctionnement de la SNCF, puis une fois rentable, elle serait prise en main par des capitaux privés, les commanditaires de Macron ! La SNCF a supprimé environ 3000 emplois par an depuis 30 ans. Les conditions de travail se sont dégradées en conséquence, de même que la sécurité pour les usagers et les travailleurs. Les salaires sont bloqués depuis quatre ans. À présent, c’est le statut de cheminot qui est visé. Sa suppression ouvrirait la porte aux licenciements collectifs facilités par les ordonnances Macron. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence prévue en 2019, les cheminots pourraient être transférés d’autorité au secteur privé. Face à l’agressivité du pouvoir, les directions syndicales recherchent la négociation. La CGT préconise « une autre réforme » et non le rejet pur et simple du plan gouvernemental. La grève « à temps partiel », deux jours tous les cinq jours, du 3 avril au 28 juin, faisait courir le risque de d’éparpiller et de diluer progressivement le mouvement si les cheminots n’avaient pas été aussi déterminés. Face à la gravité des enjeux, à leur incidence sur l’ensemble des travailleurs, une riposte massive et à la hauteur de l’attaque forcerait le gouvernement à un recul total. Elle est toujours possible !


Guadeloupe Sargasses près des écoles : une réponse « par-dessus la jambe »!

La Guadeloupe et la Martinique, comme d’autres côtes de la zone sont régulièrement envahies par des algues, les sargasses, qui dégagent une odeur d’œuf pourri. Cette odeur est celle de l’hydrogène sulfuré H2S. Sous une grande épaisseur de sargasses une fermentation en l’absence d’air se produit. Elle donne lieu à la fabrication d’un gaz toxique, H2S à partir de l’hydrogène H de l’eau et du soufre S contenu dans les sels (sulfates) de l’eau de mer. Ce gaz est lourd et donc plus dangereux au niveau du sol. Cette odeur désagréable est bien celle d’un gaz toxique qui a déjà tué, en particulier parmi les travailleurs qui ramassent les algues en France. Les enseignants de Marie-Galante, inquiets se sont adressés au rectorat. Dans un courrier officiel ils sont rassurés d’un trait de plume : il n’y a rien à faire, la concentration du gaz est trop faible. Sauf que la donnée de 2 ppm ne signifie rien si on ne considère pas la durée de l’exposition au polluant. Ce qui est valable pendant une heure ne l’est plus pendant une journée. Le danger augmente avec la durée. Ce gaz est lourd et pour les jeunes enfants, plus près du sol, le danger augmente. Ce ne serait pas la première fois en Guadeloupe que les consignes de l’ARS suspectent les gens intoxiqués de réagir par psychose collective.


Martinique Le recteur persiste et signe

Poursuivant la mise en œuvre de la politique du gouvernement, le recteur Pascal Jan a confirmé 57 suppressions de postes dans le second degré. Lors d’un Comité technique Académique qui s’est déroulé le 12 avril, Pascal Jan a rejeté du revers de main les arguments des représentants syndicaux condamnant les suppressions de postes. Selon un scénario écrit d’avance, il a justifié ces mesures en laissant entendre que les moyens existants étaient suffisants, mais mal utilisés.

Le recteur, juste après sa prise de fonction, s’est largement répandu dans la presse. À ces différentes occasions, il avait commencé à roder ses « éléments de langage ». Ainsi dans France-Antilles Martinique du 10 mars 2018, il a déclaré : « On entre dans une phase pluriannuelle de baisse des effectifs et il faut dépasser ce traumatisme par une réflexion ». Là, il se faisait psychologue ou psychanalyste. Plus loin, il a poursuivi : « En réalité, quand on regarde l'équivalent en termes d'emplois, par rapport à la baisse des effectifs d'élèves, on devrait être, non pas à moins 57 postes mais au moins à 165 ». Là, c’était le gestionnaire comptable qui s’exprimait. Il laissait ainsi entendre qu’il aurait atténué le choc et défendu « la spécificité de l'académie de Martinique ».

En réalité, le recteur applique méthodiquement la feuille de route de Macron et de son gouvernement : supprimer des postes. Et ses arguments ne sont là que pour meubler et balader ceux et celles qui contestent la politique du gouvernement. Et lorsqu’il annonce : « Si on me démontre qu'à 29 élèves par classe, la pédagogie et la qualité de l'enseignement sont impactées, par rapport à une classe à 27 élèves, je suis prêt à discuter », il faut comprendre : venez et je vais vous expliquer comment faire plus ou autant avec moins.

La rentrée de septembre 2018 sera difficile : postes supprimés, contrats aidés remplacés par PEC, etc. En d’autres termes, élèves et enseignants verront leurs conditions de vie et de travail se dégrader. Raison pour laquelle il faut une réponse ferme des travailleurs


Le plus riche bourgeois antillais passe un savon à ses laquais

Le 18 avril Bernard Hayot, le plus riche béké de Martinique et de la Caraïbe, s’est exprimé sur « la gestion de la Martinique », dans les locaux de l'ex-Conseil Général à Fort-de-France. Il parlait aux élus, cadres territoriaux, représentants de l'État, cadres des institutions financières et des chefs d'entreprises. Avec eux, il était invité par Yan Monplaisir, le 1er vice-président de l'Assemblée de Martinique, à échanger autour du thème : quelle dynamique économique pour la valorisation du patrimoine.

Bernard Hayot est 235ème sur un classement de 500 plus grandes fortunes de France. Sa fortune personnelle est de 350 millions d’euros. Il a déclaré : « Je trouve que la Martinique n'est pas suffisamment bien gérée. Je trouve que la Martinique n'a pas pris conscience que dans la compétition dans laquelle nous sommes, ce sont les meilleurs qui gagnent. (...) L'Outre-mer est beaucoup mieux géré, ailleurs. En Nouvelle Calédonie c'est mieux, à la Réunion c'est mieux, en Guadeloupe c'est mieux, en Guyane c'est mieux (...) Je mets la Martinique à égalité avec la Polynésie… et c'est assez bas ».

Sa remarque était méprisante, mais elle l’était pour les gestionnaires auxquels il s’adressait. Et au-delà d’eux, à tous les chantres du « développement économique de la Martinique » – au profit du patronat –. Il leur a rappelé leur rôle, celui de valets de sa caste békée et de sa classe bourgeoise, celle qui détient le pouvoir économique et qui n’est jamais suffisamment servie à son goût. Les travailleurs, eux, savent que Bernard Hayot verse des larmes de crocodile. Son groupe est florissant. En Martinique où il détient une large part de la grande distribution, mais aussi à la Réunion (GBH est le plus gros groupe de l’Océan Indien), en Algérie, au Maroc, en Côte d'Ivoire, à Saint Domingue etc. S’il pleure, c’est la bouche pleine !