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CO de 2018/CO n° 1197 du 21 avril 2018/Troisième page

Troisième page

France : La victoire des cheminots serait celle de toute la classe ouvrière !

Les cheminots ne lâchent pas prise. Au contraire, face à l'arrogance du gouvernement, ils sont de plus en plus déterminés à se battre. Macron a déclaré la guerre aux travailleurs en s'attaquant aux soi-disant privilèges de certains afin de diviser la classe ouvrière. Il pense avoir trouvé, grâce aux ordonnances, le moyen de baisser le niveau de vie de tous les travailleurs. Il veut, pour le bénéfice des patrons, condamner les ouvriers, les employés à la malbouffe, au logement vétuste et mal insonorisé, aux contrats précaires, enfin à une vie pas du tout enviable.

Les cheminots ont eu raison de se mettre en mouvement, de faire savoir que sans eux, les trains ne circulent pas. Et pour un bon moment. Les tâches qu'ils accomplissent, de jour comme de nuit, pour des salaires très moyens, devraient servir à remplir les poches de margoulins de la finance. Cela, sans aucune garantie que les usagers voyageront mieux. L'exemple des autoroutes contrôlées par des sociétés capitalistes sont la preuve que tout augmente pour les usagers alors même que ceux qui y travaillent sont dans des conditions plus précaires. Les déclarations confuses de la ministre des transports le laisse entendre.

Le gouvernement dit qu'il ne changera que le statut des futurs embauchés, c'est un leurre. Il veut au bout du compte supprimer le statut des cheminots. À la Poste, à France télécom, la privatisation a provoqué la dégradation des conditions de travail de tous avec l'arrivée de chefs « garde-chiourme », les salaires bas, les petits contrats, le sous-effectif, le courrier en retard. Les cheminots peuvent gagner s'ils persévèrent. Ils organisent des actions communes avec des travailleurs de la Poste en lutte, et avec les étudiants en colère. Leur victoire sera celle de tous les travailleurs.  


Les manifestations étudiantes ne faiblissent pas

Depuis fin janvier, des dizaines de milliers d’étudiants et de lycéens sont mobilisés dans leurs établissements. Ils protestent contre le gouvernement qui, pour faire des économies, veut trier les lycéens et limiter les places à l’université : le dispositif Parcoursup a été mis en place pour sélectionner les élèves de terminale alors qu’auparavant tout bachelier pouvait s’inscrire à l’université.

À la mi avril, cinq universités étaient entièrement bloquées (à Toulouse, Montpellier, Rennes 2, Paris-Tolbiac et Nanterre) et une dizaine d’autres sont sérieusement perturbées. Les étudiants occupent les locaux des campus et organisent régulièrement des débats et des assemblées générales pour discuter de leur mouvement, de la politique de Macron et de leur avenir dans cette société qui ne leur convient pas. Le gouvernement et certains présidents d’universités ont pris plusieurs prétextes – dont celui des examens - pour faire intervenir les CRS. Le 12 avril, la Sorbonne a été évacuée par les CRS après que quelque 200 étudiants aient voté l’occupation du site.

Comme à son habitude, Macron s’est montré méprisant. Il a parlé d’« agitateurs professionnels », a déclaré « Les étudiants, s'ils veulent avoir leurs examens en fin d'année, c'est mieux de les réviser, parce qu'il n'y aura pas d'examen en chocolat dans la République. » Justement, le premier résultat que la jeunesse étudiante et lycéenne a obtenu c’est d’avoir rabaissé le caquet du gouvernement qui pensait pouvoir faire passer ses lois scélérates sans aucune contestation.  


Guadeloupe: La grève des élèves du lycée de Providence

Le vendredi 13 avril, les élèves du lycée de Providence, aux Abymes, sont entrés en grève. Les lycéens protestent contre le système Parcoursup imposé par le gouvernement. Avec ce nouveau dispositif, les élèves ne pourront plus entrer librement à la fac après leur bac. Cette sélection a été instaurée pour faire des économies. Au lieu d’augmenter le budget des universités, pour que tous les jeunes puissent faire des études, Macron a décidé de limiter les places et de trier les étudiants. Les lycéens de Providence dénoncent aussi les mauvaises conditions qu’ils subissent. Il y a des rats dans des salles, les sanitaires sont insalubres, les installations sportives sont insuffisantes… Là aussi, c’est à cause des économies dictées par le gouvernement que les locaux sont inadaptés, et qu’ils se dégradent par manque d’entretien. La grève s’est poursuivie le lundi 16 avril, malgré la présence dès 6h du matin de la proviseure, venue pour tenter d’intimider les lycéens. La moitié du lycée est restée dehors. La manœuvre de la proviseure s’est retournée contre elle, car les grévistes en ont profité pour dénoncer les problèmes dont elle est responsable, avant de partir manifester devant le centre commercial Milénis !


DODIN SA licencie sans vergogne

La direction de Dodin SA procède à des licenciements déguisés. Sous prétexte d’augmenter la compétitivité, elle lance une procédure de départs volontaires qui vise certains personnels. En cas de refus de départ c’est le licenciement non déguisé. La direction défend ses arguments en expliquant qu’elle lutte ainsi contre la concurrence. C’est une manœuvre classique des patrons pour diminuer le personnel, en utilisant les ficelles de lois qui sont écrites dans leur intérêt, tout en recevant des subventions. Ils veulent que les travailleurs payent pour la concurrence qu’il se font entre eux. Mais depuis la grève de décembre 2017, les travailleurs sont aux aguets pour ne pas se faire piéger.


Il y a 100 ans: Les Harlem Hellfighters de la boue des tranchées à la vraie guerre

Nous poursuivons notre chronique sur les soldats noirs dans la Première Guerre mondiale.

La ségrégation raciale poursuit les soldats noirs américains en France. Le chef des armées US, le général Pershing, défend les lois racistes Jim Crow : au nom d'une supposée « infériorité de la race noire », il leur interdit de participer aux activités militaires. Les responsables de l'armée française qui manquent de combattants, obtiennent que le 15ème régiment US intègre un bataillon de l'armée française et participe au combat.

Heureux de quitter les tâches subalternes imposées pendant quelques mois, les soldats de Harlem apprécient de pouvoir prouver qu'ils ne sont pas les « sous-hommes » décrits par Pershing. Avec des vêtements et équipements mi-américains, mi-français, ils connaissent les attentes dans les tranchées, les poux, les tirs allemands, les gaz mortels, mais aussi la solidarité avec les soldats français, les poilus. Ces gars de New York dont certains, membres de l'orchestre du bataillon, jouent si bien le jazz, ne sont pas considérés en France avec la même condescendance que le sont les colonisés d'Afrique.

Dans cette guerre, les soldats de Harlem se rendent compte qu’au sein de la population française la ségrégation n’existe pas comme aux USA, ce qui les fait réfléchir à combattre la ségrégation aux USA et ils mettent un point d'honneur à ne pas reculer devant le danger. Certains sont remarqués pour de hauts faits. Les soldats allemands frappés par leur combativité les ont surnommés Hellfighters : combattants de l'enfer. Cela n'empêchera pas Pershing et d'autres autorités racistes américaines de s'en prendre à eux de nouveau.


Martinique: Le livre de Marie-Laure Dufresnes-Castets

Elle est l’avocate de nombreux travailleurs et syndicalistes, spécialiste du droit du travail. Elle présentera son livre Un monde à gagner, la lutte de classe au tribunal lors d’une séance organisée par la CGTM en Martinique le vendredi 27 avril à 18h30, à la Maison des Syndicats de Fort-de-France. Marie Laure Dufresnes-Castets fut l’un des défenseurs de notre camarade Ghislaine Joachim Arnaud il y a quelques années. Un vrai procès colonial avait été intenté contre Ghislaine après une plainte de Jean-François Hayot, de l'association « Respect DOM ». Il était reproché à notre camarade d’avoir signé la phrase suivante sur le livre de souvenirs, à l’issue d’une émission : « An band béké pwofité volé nou ké fouté yo déwo » -« une bande de békés profiteurs et voleurs, on les foutra dehors » (les békés sont les membres des vieilles familles blanches possédantes et issues des esclavagistes). Cette même phrase avait été scandée par des milliers de manifestants lors de la grande grève générale de 2009. Ghislaine Joachim Arnaud fut relaxée en appel. Voici, un extrait de la présentation du livre de l’avocate des opprimés. « La relaxe de Ghislaine : la réhabilitation de la militante internationaliste dans son combat contre l’esclavage capitaliste. Le 20 janvier 2009 débutait une grève générale aux Antilles françaises. Le mouvement d’abord circonscrit à la Guadeloupe, s’étendit à la Martinique à compter du 5 février. La population antillaise s’était mise en « grève contre la vie chère », réclamant, d’une part, une baisse des prix des produits et services de première nécessité pour la vie quotidienne, d’autre part, une revalorisation des bas salaires, exigeant une augmentation immédiate de 200 euros net pour tous. Tous les secteurs d’activité de la région furent paralysés durant quarante-quatre jours à la Guadeloupe et trente-huit à la Martinique, où la grève n’a cessé qu’autour du 5 mars 2009 avec la signature de protocoles d’accord actant des acquis significatifs. Ce conflit social fut exceptionnel par sa généralité et s’est caractérisé par la détermination et l’esprit de solidarité qui régnaient chez les grévistes. » 


Succès du repas de soutien à Combat ouvrier !

Cette année encore, le 8 avril, 120 personnes, des camarades, des travailleurs pour la plupart, se sont retrouvées dans une ambiance fort sympathique. Après le repas et l'allocution de notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud, Hugh Charlec et son groupe de musiciens nous offrirent une belle prestation. Ils furent suivis des facéties bien comiques du groupe Trio Téat, très apprécié également. Puis les artistes laissèrent place à la danse. Les expositions, notamment celle sur la lutte des Noirs américains furent visitées par de nombreux camarades. Merci à tous ceux qui par leur aide et leur présence ont contribué au succès de cette manifestation annuelle.  


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