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CO de 2018/CO n° 1197 du 21 avril 2018/Deuxième page

Deuxième page

Manifestons massivement mardi premier mai !

Cette année, la manifestation du Premier mai se déroulera à Pointe-à-Pitre, avec un départ à 8h30 devant le Centre hospitalier universitaire. En Martinique, la manifestation aura lieu à Fort-de-France, avec un départ à la maison des syndicats. Le Premier mai est la journée internationale de lutte des travailleurs.

Ce jour-là, chaque année, des millions de travailleurs manifestent ensemble dans le monde entier contre l'exploitation capitaliste et le patronat. Dans l'histoire et encore récemment, les manifestants du Premier mai ont souvent dû affronter la répression organisée par l’État. Les manifestations sont parfois interdites. C'est aux États-Unis en 1886 que les travailleurs mobilisés ont décidé pour la première fois de faire du 1er mai un jour de mobilisation pour réclamer la journée de huit heures.

En Europe, lors du premier congrès de la seconde Internationale ouvrière, il fut décidé que les travailleurs de tous les pays manifesteraient ensemble le 1er mai 1890 pour la journée de huit heures. Cette journée de revendication fut reconduite chaque année. Dès son origine, le Premier mai a donc été une journée de lutte et de revendication pour les travailleurs du monde entier.

Le régime pro-nazi du maréchal Pétain a voulu faire de cette journée la « fête du travail ». On entend encore parfois cette absurdité sur certains médias ! Comme si le travail, qui, dans la société capitaliste, est synonyme d'exploitation, devait être fêté ! Le Premier mai de cette année en Guadeloupe sera une occasion supplémentaire de condamner l'incurie des pouvoirs publics dans les scandales de l'eau, du CHU, du chlordécone. Il faut exiger haut et fort les moyens nécessaires pour établir un fonctionnement normal des services indispensables.

Au-delà de ces exigences collectives élémentaires, nous, travailleurs, pourrons mettre en évidence les revendications propres à notre classe : hausse des salaires et des pensions, intégration des primes aux salaires, interdiction des licenciements, embauches massives en particulier pour une politique de grands travaux. Le 1er mai doit être une démonstration de la force des travailleurs. Pour cela, il faut être le plus nombreux possible à manifester.
Premier mai : - En Guadeloupe, tous devant le CHU à 8h30 - En Martinique à 8h30 à la maison des syndicats


Martinique: SECURITEST : une victoire, un exemple pour tous les travailleurs !

La grève des salariés de trois centres de contrôle technique automobile du réseau Securitest (Ducos, Lamentin et Fort-de-France) lancée le 20 mars s’est terminée le 10 avril par une éclatante victoire. Les travailleurs ont obtenu une augmentation du salaire de 150 euros brut, la mise en place d'un 13ème mois de 780 euros, une prime de salissure de 35 euros net par mois, des tickets déjeuner, un rappel de salaire sur trois ans suite à une « erreur d'interprétation de la convention collective », un accord sur l’amélioration des conditions de travail, et le paiement de 27 % des heures de grève. Forts de cet accord, fruit d’une lutte de trois semaines, les salariés ont repris le travail le mercredi 11 avril, la tête haute. Un bel exemple à suivre de détermination couronnée de succès.


Guadeloupe: Procès Nomertin meeting devant le tribunal de Basse-Terre!

Le 6 avril plus de 200 personnes étaient présentes devant le tribunal de Basse-Terre pour soutenir notre camarade Jean-Marie Nomertin attaqué par le planteur Dambas, surnommé l’esclavagiste noir. Près de 130 ouvriers de la banane ont fait grève et sont venus manifester devant le tribunal. En tout, 15 plantations étaient représentées.

Plusieurs organisations syndicales et politiques étaient présentes : CGTG, UGTG, SUD PTT Gwa, Solidaires, FO, FSU, Combat ouvrier, Journal Rebelle !, FKNG et PCG. Plusieurs représentants de ces organisations ont exprimé leur solidarité, dont Élie Domota, secrétaire général de l’UGTG et Max Céleste dirigeant de Combat Ouvrier. Comme à leur habitude pour les procès militants, le juge et le procureur ont interdit l’accès du tribunal aux manifestants. Le camarade Nomertin a protesté et a refusé d’entrer seul dans le tribunal. Le juge a décidé de le reconvoquer prochainement.

Lors de ce meeting très réussi devant le tribunal, les ouvriers de la banane ont témoigné sur les exactions et abus du patron Dambas. Ensuite, ils sont partis en manifestation à la préfecture. Ils ont remis au préfet un courrier exigeant la prise en charge des travailleurs empoisonnés dans les plantations par le chlordécone et d’autres produits toxiques. Les ouvriers ont obtenu une rencontre avec le préfet à ce sujet. La combativité des ouvriers de la banane est un exemple à suivre par l’ensemble des travailleurs.


France: Fonction publique appel à la grève le 22 mai

Deux mois après l’appel du 22 mars, tous les syndicats de la fonction publique appellent l’ensemble des travailleurs des fonctions publiques territoriale, hospitalière et d’État, à faire grève mardi 22 mai.

Le gouvernement de Macron poursuit sa politique anti-ouvrière. Après le blocage des salaires des gouvernements précédents, Macron a mis en place de nouvelles attaques. Il a introduit un jour de carence. Une bonne partie des agents de la fonction publique voient leur salaire baisser du fait de la hausse de la cotisation destinée à financer les retraites et celle de la CSG (Contribution sociale généralisée).

Les augmentations de salaires se feront au « mérite ». Macron prévoit de supprimer 120 000 postes avant la fin de son mandat. L’objectif est de faire le plus d’économies possible sur le dos des agents et des usagers. En réduisant le nombre de salariés ayant le statut de fonctionnaire, c’est la porte ouverte à une plus grande précarité, alors que dans les services publics déjà plus d’un agent sur cinq n’est pas fonctionnaire. Et pourtant, des emplois dans la fonction publique, il en manque cruellement. C’est une nécessité d’embaucher, et d’augmenter les moyens dans les hôpitaux ou l’éducation.

Les agents de la fonction publique ont intérêt à participer massivement à cette journée de grève afin de faire entendre leurs revendications.


Mobilisation contre la réforme de la Justice

Le 11 avril, la journée « Justice morte » a été bien suivie en Guadeloupe et en Martinique. Les audiences ont été perturbées, et des rassemblements ont eu lieu devant les tribunaux de Fort-de-France, Pointe-à-Pitre, Basse-Terre et Saint Martin. Ce sont principalement les avocats qui se sont mobilisés, mais aussi des magistrats et d’autres, comme les greffiers.

La loi de programmation 2018-2022 prévue par le gouvernement est une véritable régression : fermeture des 307 tribunaux d’instance, procédures dématérialisées via internet, obligation renforcée de prendre un avocat… Certains crimes, comme les viols et les actes de torture et de barbarie, ne relèveraient plus de la cour d’assises et seraient jugés de manière simplifiée, c’est-à-dire expéditive.

Comme les autres services publics, la Justice devrait subir une cure d’austérité qui aggraverait les conditions de travail des personnels et qui compliquerait les choses pour la population. Les robes noires ont raison de protester !


Martinique: CFTU usagers oubliés, patrons ménagés

Un appel d’offres lancé par la Compagnie Foyalaise de Transports Urbains (CFTU) a laissé sur le carreau d’anciens transporteurs. Ce sont donc des milliers d’usagers de la zone Cacem (Schœlcher, Lamentin, Fort-de-France, Saint-Joseph) qui restent au bord des routes depuis le 1er avril 2018. Le lundi 16 avril 2018, cela faisait 15 jours que la CFTU/MOZAIK n’assurait plus le transport des usagers de la zone Cacem.

En effet, des transporteurs qui assuraient le service jusque là et qui ont soumissionné à un appel d’offres, n’ont pas été retenus. Depuis, ils ont bloqué le dépôt des bus de la CFTU à la Place des Almadies, estimant que le nouveau marché n’est pas régulier.

Selon Michel-Jean Pognon, président de la Confédération Générale des Entrepreneurs de Transport (CGET), mais également porte-parole des sous-traitants sortants, la direction de la CFTU serait dans l’illégalité. En outre, il dit que ceux qui ont été retenus n’ont pas les moyens d’exécuter la prestation, faute des bus nécessaires, que les sortants refuseraient de mettre à leur disposition. Et pour corser le tout, les sortants affirment ne pas avoir les moyens de verser les indemnités dues aux salariés repris par les entrants. Quant à Alain Alfred, le dirigeant de la CFTU, il campe sur ses positions, arguant que le marché est régulier et qu’il est impossible de l’annuler. Il a obtenu de la justice le droit de faire débloquer l’accès au dépôt, cette décision ne peut pas être mise en œuvre puisque, en réponse, les bloqueurs d'origine ont passé le relais à d'autres. Le préfet, sollicité, semble ménager les patrons bloqueurs. Dans cette affaire, ce sont les usagers qui trinquent.

Lorsque les chauffeurs salariés se défendent par la grève, beaucoup parlent de prises en otage de la population. Mais quand il s’agit d’un blocage provenant des compagnies elles-mêmes, comme par enchantement, il n’y a plus de prise en otage ! Michel Jean Pognon est allé jusqu’à déclarer avec culot : « Nous bloquons pour que la population bénéficie d'un meilleur transport demain ». Les pouvoirs publics disent recourir à l’appel d’offres et la mise en concurrence sur le marché dans l’intérêt des usagers. Aujourd’hui, il faut constater qu'il n'en est rien. La situation actuelle révèle un profond mépris pour la population. Les fonds publics subventionnent énormément les transporteurs (CFTU, sous-traitants et co-traitants). L’État et les défenseurs des profits ont fait le choix de soigner des parasites plutôt que d’organiser un vrai transport public.