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CO de 2018/CO n° 1197 du 21 avril 2018/Première page

Première page

Éditorial: Face aux attaques de Macron et du grand patronat construisons une riposte collective !

ZoomCes derniers jours ont été marqués par des protestations multiples en Martinique et en Guadeloupe. En Martinique, deux manifestations importantes ont déjà eu lieu contre l’empoisonnement de la population par le chlordécone.

Les ouvriers de la banane, qui sont les premières victimes de ce poison se mobilisent aussi sur cette question, de même que ceux de la Guadeloupe. La population de l’agglomération de Fort-de-France est exaspérée par le blocage des bus. Les étudiants ont manifesté leur colère contre le retour sur le campus des professeurs mafieux. Les grévistes de Sécuritest ont remporté une augmentation de salaire importante qui devrait faire école !

Le 11 avril sur les deux îles, même les salariés des tribunaux, magistrats et greffiers ont protesté avec les avocats contre la réduction des moyens programmée par le gouvernement. En Guadeloupe, les agents municipaux de Basse-Terre et de Saint-Louis de Marie Galante sont en grève.

Le 6 avril, les ouvriers de la banane étaient en grève dans 15 plantations. Le collectif de défense du CHU reste mobilisé pour exiger les moyens nécessaires à la réhabilitation rapide de l’hôpital. Les parents d’élèves ont bloqué le collège de Vieux-Habitants pour dénoncer le délabrement des locaux. Les lycéens de Providence aux Abymes ont fait grève contre leurs mauvaises conditions d’études et contre la sélection à l’entrée à université imposée par Macron.

Les coupures d’eau exaspèrent la population. L’UGTG et le LKP ont appelé à une mobilisation le samedi 28 avril sur la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre et à la grève le 3 mai avec possible reconduction. Ces appels sont pleinement justifiés. Mais il faut que les travailleurs s’y préparent dans les entreprises. Que les plus déterminés incitent leurs camarades à organiser des réunions de discussion et de préparation de ces grèves sur les lieux de travail. En France, les cheminots en grève sont en première ligne de la contestation contre le gouvernement. À Air France, la grève se poursuit et la direction a dû faire de premières concessions.

Une quinzaine d’universités sont mobilisées ainsi que des dizaines de lycées. À Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement se heurte à la résistance farouche des occupants. Macron a été contraint d’aller se justifier sur les médias, le 12 et le 15 avril. Le commis des riches n’a eu que son arrogance pour tenter de garder la face. Il s’est trouvé en difficulté à plusieurs reprises, en particulier lorsqu’il a dû défendre ses cadeaux fiscaux aux plus riches et les revenus mirobolants des gros patrons.

En France comme aux Antilles il y a de nombreux travailleurs qui refusent de se faire attaquer sans réagir. L’enjeu est de construire un mouvement d’ensemble pour riposter collectivement aux mauvais coups du patronat et du gouvernement.

Les travailleurs sont les mieux placés pour entrainer derrière eux tous les mécontents. Ils le feront d’autant mieux qu’ils affirmeront leurs propres revendications : un smic à 1800 euros net, l’augmentation générale et uniforme des salaires, l’interdiction des licenciements, des embauches massives avec un plan de répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire. Sur BFM-TV, Macron a voulu se rassurer en disant qu’il n’y avait pas « coagulation » des luttes. Mais c’est en fait une crainte qu’il a lâchée. Voilà bien ce qu’ils craignent tous, patronat et gouvernement et donc voilà bien ce qu’il faudrait faire. Oui, « coaguler » les luttes, les généraliser, se battre tous ensemble ! La manifestation du 1er mai, à Pointe-à-Pitre et à Fort-de-France, permettra aux travailleurs combatifs de se rassembler et pourrait s’inscrire dans une lutte d’ensemble !


Martinique: Deuxième manifestation du collectif zéro chlordécone

ZoomSamedi 14 avril plus de 400 personnes ont manifesté dans les rues de Fort-de-France à l’appel d’une vingtaine d’organisations réunies dans le « Collectif zéro chlordécone ». C’est la deuxième manifestation de ce genre. Leur objectif était de protester contre l’empoisonnement de la population par le chlordécone et dénoncer la responsabilité de l’État, complice de cette catastrophe.
La manifestation populaire et dynamique démarra après la présentation d’une liste de 50 revendications sélectionnées lors de plusieurs ateliers. On pouvait noter la présence de responsables et militants de l’Assaupamar, du GRS, de l’UFM, de la CDMT, de la CGTM, du Syndicat indépendant des marins-pêcheurs, de petits planteurs. Des militants de Combat Ouvrier étaient également présents. Des slogans étaient repris par les manifestants comme : « État pollueur égal État payeur. La Martinique ce n’est pas une poubelle. Oui au zéro chlordécone ». Ou encore : « Nou pa lé chlordécone, pa mèm an ti cuiyè » - pas de chlordécone, pas même une petite cuillère -. La population et des touristes debout sur les trottoirs ont apporté leur soutien aux manifestants.

La manifestation s’est terminée devant la préfecture. Une délégation a été reçue, en l’absence du préfet, par le secrétaire général de la préfecture. Elle lui a remis la plate-forme du collectif : les cinquante mesures pour combattre les effets du chlordécone et l’empoisonnement de la population. .


Un label zéro chlordécone ?

Le mercredi 11 avril, à l’issue d’une réunion entre Louis Boutrin, président du Parc naturel de Martinique, et le préfet Franck Robine, ce dernier a déclaré que : « L’objectif zéro chlordécone est un objectif qu’il faut atteindre ».

Il ajoutait : « l’État soutiendra cette démarche ». Le chlordécone est cet insecticide anti-charançons, interdit aux États-Unis depuis 1976, et utilisé jusqu’en 1993 par les gros planteurs de banane aux Antilles. Pendant près de vingt ans les capitalistes de la banane ont fait déverser sur les terres des centaines de tonnes de produits reconnus toxiques. Ils l’ont fait en toute légalité, c’est-à-dire sous la protection de ce même État français ! Le projet de mise en place d’un label « zéro chlordécone », est le résultat d’un travail entamé depuis plusieurs années par plusieurs organismes pour identifier les sols contaminés ou pas par les pesticides. Selon Louis Boutrin : « la psychose qui s’est créée autour du scandale du chlordécone a entraîné une perte de confiance dans les productions agricoles martiniquaises ».

Vouloir éviter que des produits pollués soient mis sur le marché local et rassurer le consommateur en assurant la traçabilité de certains des produits est une chose. Contrôler effectivement les multinationales capitalistes qui alimentent les grandes ou moyennes surfaces, ou bien contrôler les gros producteurs, en est une autre. Cela dit, on ne peut que souhaiter que CTM et préfecture parviennent au bout de ce projet. Et ce n’est pas impossible si la population y exerce en plus sa vigilance et son contrôle


Guadeloupe: Des millions pour le CHU !

Après des mois de tergiversations, les autorités de santé ont décidé d’évacuer le CHU en grande partie. Depuis l’incendie de novembre dernier, il y a des émanations de gaz toxiques dans les locaux qui mettent la santé et la vie des patients et du personnel en danger. Il a fallu que des médecins tombent malades et qu’un collectif de soignants avec une partie de la population se mettent en lutte pour que les responsables se décident à prendre des décisions. Jusqu’à maintenant, l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction du CHU ont justifié leur inaction en prétextant qu’ils attendaient l’avis des experts. Mais aujourd’hui l’avis est unanime : il faut nettoyer entièrement le CHU. En fait, pour que le problème du CHU se résolve rapidement, il faudrait que l’État débourse les millions d’euros nécessaires à la réhabilitation des locaux. Surtout que le nouvel hôpital ne sera pas livré avant 2022 et que les autres établissements de soins ne peuvent remplacer un centre hospitalier. D’ailleurs la direction s’apprête à faire une réorganisation au rabais (moins de lits, moins de matériel) pour débourser le moins possible. Actuellement la médecine est capable de soigner beaucoup de maladies. Mais la plus grosse maladie à laquelle la société est confrontée est le système capitaliste dans lequel l’argent prime sur la vie humaine.


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