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CO de 2018/CO n° 1196 du 7 avril 2018/Quatrième page

Quatrième page

Dans les entreprises

Chantiers en lutte
Des profits gagnés sur le dos des ouvriers

Les salariés de Biométal ont appris ces jours-ci que leur patron a réalisé pour l’année 2017 des bénéfices, plus exactement des profits de plus d’un million d’euros. Ce qui se dit à juste titre : « ce sont des bénéfices gagnés sur notre dos, en créant une nouvelle entreprise la SIA (Société Industrielle d’Armatures), en diminuant les effectifs, en augmentant les cadences et les charges de travail».

L’écho de Pôle emploi
Le coup de pied de l’âne !

L’ensemble des collègues de Pointe-à-Pitre soutiennent une collègue injustement accusée d’avoir diffusé une information sur le recrutement à l’hôtel Arawak. S’en prendre à l’une d’entre nous parce qu’une organisation syndicale dénonce publiquement l’attitude d’un patron ! On reconnait bien là la marque de Pôle emploi !

Martinique L’écho des hôpitaux
Notre participation à la mobilisation du 22 mars

Jeudi, à l’appel des syndicats, un bon nombre d’agents du CHUM ont participé à la grève de la Fonction publique contre l’augmentation de la CSG, le jour de carence, le non-remplacement des départs à la retraite et la suppression annoncée de 120 000 postes, mais aussi pour des effectifs et des moyens pour l’hôpital ! Certains d’entre nous étions derrière les banderoles syndicales. D’autres avaient rejoint celle du Collectif CHUM Douvan Douvan. L’important était d’être parmi les manifestants et de montrer notre détermination.     


Bande de Gaza : l’armée israélienne massacre des Palestiniens

Vendredi 30 mars plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza, avec des femmes, des enfants, ont choisi de manifester pour le retour de ceux d’entre eux que l’État d’Israël a chassés par la violence au cours des années. C’était le premier jour de la pacifique « marche du retour » prévue pour durer jusqu’au 14 mai. La décision de Trump de déplacer l’ambassade des USA à Jérusalem qu’ils vivent comme une provocation, a mis l’huile sur le feu. Bilan de cette journée : 16 morts et plus de 1400 blessés par balles et gaz lacrymogène lancé par des drones israéliens. Pour le gouvernement réactionnaire de Netanyahou, ces manifestants se seraient approchés trop près de la frontière d’Israël. Il s’agit d’un mur qui réduit chaque jour davantage le territoire de Gaza où vivotent deux millions de Palestiniens, soumis au blocus d’Israël et de l’Égypte. Les soldats israéliens étaient sur des collines à la frontière à tirer sur la foule dans la plaine. Les pierres lancées par des jeunes révoltés n’atteignaient pas ces soldats.  .


Caraïbe: Législatives à Grenade : le NNP remporte tous les sièges

Avec son leader Keith Claudius Mitchell, le NNP, New National Party, a obtenu les 15 sièges aux élections du 13 mars et ce pour la troisième fois. Sept femmes et huit hommes du NNP étaient candidats pour Grenade et les petites îles Cariacou et Petite Martinique (au total 100 000 habitants). Près de 74 % des inscrits ont voté. Le NNP a obtenu 58,91 % des voix contre 40,53 % pour le National Democratic Congress qui se qualifie de centre gauche. Le NNP est un parti bourgeois conservateur qui met en avant ses « vertus religieuses » et n’a pas hésité à distribuer des pots de vin et des matériaux de construction avant le vote. C’est ce parti qui est venu au pouvoir lors des élections de 1984 après l’invasion de Grenade par les États-Unis. Depuis, les syndicats sont très affaiblis. Les gouvernants gèrent le business– pas très vertueux – qui permet la fraude fiscale de richissimes capitalistes étrangers : Grenade est sur la liste 2018 des paradis fiscaux à coté de Barbade, Montserrat et Antigua-et-Barbuda. Une petite minorité de Grenadiens s’enrichit de la corruption, la vente de passeports diplomatiques, le tourisme et bientôt le gaz et le pétrole récemment découverts. La population, elle, souffre du chômage et de la crainte des cyclones, comme tous les pauvres de la Caraïbe.    


Les élections à Antigua-Barbuda 

Le 21 mars les élections législatives se sont déroulées sur l’île d’Antigua, les habitants de l’île de Barbuda ont dû se déplacer pour voter. Le cyclone Irma a quasiment détruit Barbuda. En décembre dernier, ses 1800 résidents pensaient aller réparer leurs logements et donc quitter Antigua où ils s’étaient réfugiés. Tous n’ont pu le faire : le Premier ministre Gaston Browne de Antigua et Barbuda a modifié le mode de propriété « collective » de Barbuda et annoncé la « liberté de vendre et d’acheter la terre ». Cette forme de propriété commune, confirmée lors de l’indépendance en 1981 et par une loi en 2007, remonte à l’abolition de l’esclavage. Ceux de Barbuda jugent que leur mode de vie simple, sans hôtels, bars ou casinos, est en danger. Le premier ministre ne les a pas consultés et veut tout simplement les chasser de Barbuda au profit de riches capitalistes étrangers. Le 21 mars, le parti majoritaire de Gaston Browne a gagné 15 sièges sur 17. Ce parti « travailliste » au pouvoir depuis 40 ans, bien que créé par un syndicaliste combatif, est comparé à celui de Duvalier (lointain dictateur d’Haïti) et dénoncé pour sa corruption. Ceux de Barbuda ont obtenu que le seul élu de leur île soit de leur côté mais ils savent que cela ne suffira pas et qu’ils devront se battre face au gouvernement de Gaston Browne.


États-Unis : encore un frère noir assassiné par la police !

Encore une fois, un Noir est assassiné par la police, aux USA. Le 18 mars Stephon Clark, 22 ans et père de deux enfants, a été assassiné par la police de Sacramento dans le jardin de sa grand-mère. Les deux policiers meurtriers avaient été appelés dans le quartier parce que des vitres de voiture avaient été cassées. Ils ont tiré 20 fois. Ils affirment qu’ils se sont sentis menacés parce que Stephon avait à la main son téléphone portable ! La famille a fait analyser son corps par un expert indépendant : toutes les balles ont touché Stephon de dos, ce qui veut dire qu’il ne faisait pas face aux policiers quand ils l’ont abattu. Depuis la mort de Stephon Clark, de nombreux manifestants protestent dans les rues des villes américaines contre ce nouveau crime raciste de la police.


Haïti : patrons et syndicats en
vacances au Costa Rica

Les patrons haïtiens ont invité les syndicats à une rencontre au Costa Rica sous l’égide du Bureau international du Travail pour leur vanter les bienfaits du dialogue social. Les patrons leur ont fait comprendre les bénéfices à en tirer pour les deux camps. Les camarades haïtiens de l’OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires) en font l’analyse dans leur journal La Voix des Travailleurs du 30 mars. Nous en publions un extrait. Les intérêts des travailleurs sacrifiés sur l’autel de l’union sacrée du patronat, des syndicats et du gouvernement Le secteur des affaires et le gouvernement ont trouvé des potiches qui leur permettent de se présenter sous un visage humain alors que leurs mains sont maculées du sang des travailleurs qu’ils continuent d’égorger dans leurs entreprises. Les patrons n’ont que faire du dialogue social prôné dans leur texte. Dans leurs usines, ce sont des bourreaux qui font office d’autorité. Tout puissants, ignares, ce sont eux qui font exécuter les désidératas des patrons. Et quand ces derniers sont dépassés à l’occasion d’un pic de colère des travailleurs, c’est tout l’appareil répressif et judiciaire de l’État qui est sollicité pour mater la mobilisation des travailleurs. À l’image d’un patron comme Charles Henry Backer ou d’un Apaid qui, de ses bureaux étant, peut mobiliser toute l’institution policière et judiciaire ou à défaut des malfrats contre les ouvriers. L’un des considérants du texte parle de « la justice sociale » comme un des éléments fondamentaux pour arriver à la paix sociale en Haïti. Dans la tête bien-pensante du secteur patronal, la justice sociale pour les travailleurs, c’est se faire exploiter dans les usines et mourir prématurément de la malnutrition, de l’hypertension, du diabète ou des infections comme des chiens et ne jamais oser élever la voix. C’est cette stabilité, cette paix sociale indispensable à la croissance de leurs richesses qu’ils cherchent. « Une entente entre les syndicats et les employeurs constitue un élément de stabilité pour faciliter cette croissance et ce progrès », lit-on, dans le texte. De tout temps, les patrons ont toujours cherché, dans leur quête de dompter la classe ouvrière, à flatter les égos de quelques individus voire de quelques travailleurs en leur jetant quelques miettes. Ces derniers ont le sale boulot de semer les illusions, de faire circuler la perfidie des patrons de façon à détourner la classe ouvrière de la véritable lutte de classe qui l’oppose aux classes riches. Espérons que la classe ouvrière haïtienne trouvera les ressources nécessaires pour s’en affranchir.  


Guyane : Il y a un an, l’explosion
de colère de la population

À partir du lundi 27 mars 2017, la Guyane était bloquée par la grève, les mobilisations et les barrages qui se prolongèrent durant cinq semaines. Le mouvement a commencé par la grève des travailleurs de la société Endel, une dizaine de jours avant que la grève illimitée n’éclate. Ceux d’EDF s’étaient mobilisés en même temps. Les premiers barrages furent donc à l’initiative des travailleurs, soutenus par le principal syndicat : l’Union des travailleurs Guyanais (UTG). Puis la quasi-totalité de la population laissa éclater sa colère contre l’insécurité, les services publics lamentables, notamment l’éducation et la santé, l’abandon et le mépris qu’elle ressentait de la part de l’État français. De nombreuses catégories professionnelles se sont organisées en collectifs : commerçants, agriculteurs, transporteurs, avocats, collectifs de villes ou de quartiers, et bien d’autres, avec leurs revendications. Les revendications propres des travailleurs, salaires, emploi, ont été peu évoquées, car bien qu’ayant démarré le mouvement, ils ne l’ont pas dirigé. Les différents collectifs estimaient que pour parer à l’urgence, trois milliards seraient nécessaires. Après avoir dépêché sur place le ministre de l’intérieur et celui de l’Outre-mer, le gouvernement promit de débloquer un milliard. Face à une détermination qui ne faiblissait pas, il a envisagé la possibilité d’une rallonge de 2,1 milliards. C’était une première victoire. Mais cet accord signé par le gouvernement Hollande reste encore en grande partie lettre morte. Macron, qui s’est rendu en Guyane six mois après la grève, a été reçu dans un climat tendu. Lui aussi a fait des promesses. Les catégories sociales privilégiées ont eu satisfaction : c’est le cas du patronat, qui a obtenu sans difficulté la création d’une zone franche qui lui permet de mieux exploiter les salariés et de réaliser plus de profits. Par contre, pour que les travailleurs obtiennent la réalisation de leurs revendications propres, il faudra d’autres combats, et qu’ils en prennent la tête. Après l’arrêt de la grève générale, les travailleurs de l’hôpital et ceux de l’EDF ont poursuivi la leur.  


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