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CO de 2018/CO n° 1196 du 7 avril 2018/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe! Le 6 avril, la mobilisation pour soutenir notre camarade Jean-Marie Nomertin !

C’est Tino Dambas, surnommé « l’esclavagiste noir », l’un des pires exploiteurs, qui a porté plainte contre lui. Il accuse le camarade Nomertin de l’avoir diffamé après la mort d’un travailleur de la plantation. En réalité, Dambas tente de sauver la face après avoir refusé d’appliquer l’accord de la dernière grève. Il est aussi poursuivi par les camarades devant les Prud’hommes. Tous devant le tribunal de Basse-Terre, pour soutenir notre camarade et dénoncer les méfaits patronaux, le vendredi 6 avril, à 9h !


Communiqué de soutien à Jean-Marie Nomertin, secrétaire Général de la CGTG

Après le Secrétaire Général de l’UGTG le 15 mars dernier, c’est au tour de Jean-Marie Nomertin, Secrétaire Général de la CGTG d’être convoqué devant le tribunal de Basse-Terre. Il est poursuivi à la demande d’un patron de la banane, Tino Dambas, qui l’accuse de diffamation.

Cette convocation s’interprète comme une nouvelle tentative d’intimidation des militants syndicalistes afin de terroriser les travailleurs. Car, depuis plusieurs mois, les travailleurs de la banane luttent sans relâche pour le respect de leurs droits malgré les sanctions, les menaces et les licenciements. C’est cette combativité, cet engagement que le patronat véreux et esclavagiste de la banane veut exterminer à travers le procès intenté à Jean-Marie Nomertin.

Les organisations FAEN-SNCL - FO - FSU - SOLIDAIRES GUADELOUPE - SPEG - SUD PTT GWA - UGTG - UNSA - UIR CFDT - URS CFTC - Apportent leur soutien total au camarade Nomertin, à son syndicat la CGTG, à l’ensemble des travailleurs du secteur de la banane ; - Exigent l’arrêt immédiat des poursuites à l’encontre des militants syndicaux. Pointe-à-Pitre le 02 avril 2018


Martinique! Manifestation contre le chlordécone

Le samedi 24 mars, plusieurs centaines de personnes ont répondu à la « Marche contre l’empoisonnement » qui s’est déroulée dans les rues du Lamentin à l’appel d’associations, d’organisations syndicales et aussi d’organisations politiques.   Cette première marche avait pour objectif de réclamer le « zéro chlordécone » et de dénoncer les pesticides. Les manifestants ont tenu aussi à dénoncer les responsables de cette situation. Ainsi, ils reprenaient en cœur des slogans comme : « Chlordécone nou pa lé-w. L’État assassin». Parmi les manifestants on pouvait noter la présence d’ouvriers agricoles, ceux qui, de par leur activité professionnelle, sont en première ligne de cet empoisonnement. Marie-Hélène Marthe dite Surelly, secrétaire de la CGTM des ouvriers agricoles, et ses camarades, ont tenu à montrer leur présence ce jour-là en déclarant à la presse : « Nous les ouvriers agricoles nous sommes les premiers concernés par ces problèmes. On nous fait répandre des produits sans protection. Les ouvriers agricoles meurent les uns après les autres, sont malades. Il y a le chlordécone, mais aussi tous les autres produits…. ». Concernant les liens entre l’augmentation de différentes maladies et l’utilisation du produit toxique, le préfet Franck Robine déclarait d’ailleurs dans une interview accordée à France-Antilles le 27 janvier dernier: « quand vous êtes exposé au Chlordécone, vous avez plus de chances de développer un cancer de la prostate »... Plus grave, des statistiques ont démontré que la Martinique est la première région au monde pour le nombre de cancers de la prostate. Tout ceci confirme que depuis bien longtemps tous les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, connaissaient bien le danger. Mais comme ils ne voulaient pas aller contre les intérêts des capitalistes de la banane, tout ce petit monde est resté discret. Avec la pollution des sols et des eaux, l’évaluation des dégâts en termes économiques mais surtout en termes de santé, n’a pas été faite, ou rendue publique. Les mesures concrètes permettant d’assurer le suivi des personnes exposées et notamment les ouvriers agricoles n’ont toujours pas été prises. Voilà la réalité. Cette manifestation en appelle donc d’autres et notamment pour la recherche scientifique contre les effets du chlordécone, l’indemnisation des malades par l’État et les capitalistes de la banane et afin que ces responsables paient pour leurs crimes.  


Martinique: Céregmia, une contestation qui peut s'élargir

Toute la semaine jusqu'au jeudi 29 mars, l'agitation s'est poursuivie à l'Université des Antilles à Scho lcher. Des barrages ont été tenus à l'entrée des locaux par des enseignants, des administratifs et des étudiants. Ces derniers s’opposent au retour à leur poste des trois enseignants mis en cause dans le scandale du Céregmia (Centre d'étude et de recherche en économie, gestion, modélisation et informatique appliquée), un laboratoire de l'université. Dès 2013 avaient été dévoilées au sein du Céregmia des irrégularités financières, portant sur des sommes supérieures à 10 millions d'euros. Cette découverte et les conséquences sur la gestion de l’université avaient été relevées par la présidente de l'époque, Corine Mencé-Caster. Trois responsables du Céregmia, dont son directeur Fred Célimène et son directeur adjoint ont alors été mis en examen. Les chefs d’accusation étaient « détournements de fonds publics en bande organisée au détriment de l'Union européenne », « délit de favoritisme », « faux et usage de faux », etc. Parallèlement, F. Célimène était révoqué de son poste et les deux autres suspendus sans salaire. Ces sanctions du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) ont été cassées pour vice de forme par le Conseil d'État. L'affaire doit repasser le 9 avril prochain devant le CNESER. À la suite de la décision du Conseil d'État, le contrôle judiciaire des trois prévenus a été partiellement levé, le 13 mars 2018. Dans cette nouvelle ambiance, le nouveau président de l’université, Eustase Janky, a communiqué sur sa « volonté d'apaisement ». En clair sa volonté est de réintégrer dans leur poste les trois présumés délinquants. Cette perspective est refusée par les protestataires.  Pour la suite du mouvement de protestation, un rendez-vous est donné le 9 avril, jour de la rentrée universitaire. Les étudiants n’ont pas dit leur dernier mot.


Guadeloupe: CHU : Les responsables font trainer la situation

Plus de quatre mois après l’incendie de novembre dernier, la nouvelle directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) a annoncé un énième plan pour réorganiser les services de santé. La tour nord du CHU devrait être nettoyée mais l’ARS attend de nouvelles conclusions des experts pour « préciser l’état réel du bâtiment ». Mais de qui se moquent-ils ? L’incendie a créé une situation catastrophique pour le système de santé dans toute l’île. Et même si les autorités essayent de le nier, des personnes sont mortes et d’autres meurent encore à cause de cette situation. La directrice de L’ARS dément les chiffres de décès supplémentaires constatés par le personnel entre l’année dernière et aujourd’hui, mais elle admet ensuite qu’il y a une « perte de chance » de survie pour les patients. Elle a même été jusqu’à accuser le personnel d’être responsable de cette surmortalité alors que cela fait plus de quarante ans que les syndicats dénoncent la vétusté du CHU. En réalité, ce que ces responsables tentent de faire, c’est gagner du temps pour ne pas avoir à sortir les millions d’euros qu’il faudrait pour régler l’urgence. Il en va de la vie de la population et de la santé du personnel soignant et technique mais la seule préoccupation des représentants de l’État est de réfléchir à la manière de dépenser le moins possible. Cette attitude est clairement criminelle.


Les sargasses : ce n’est pas une fatalité !

Depuis deux semaines les élus et la préfecture multiplient les réunions de crise pour se « mobiliser » face aux importantes quantités de sargasses sur les côtes de l’île. Le 28 mars, le sous-préfet a annoncé que l’État comptait débloquer un million pour le ramassage des algues. Les élus et l’État jouent les surpris face à la nouvelle ampleur de l’invasion des sargasses. Pourtant depuis le début de l’année, l’entreprise Nova Blue chargée de la surveillance et de la prévision d’arrivée de sargasses sur l’arc Antillais annonçait ces échouages massifs. En effet, la télédétection satellite et des modèles révélaient que « la situation en décembre 2017 était similaire à celle de janvier 2015 qui avait conduit à une année chargée en événements sargasses.» Ils ont été avertis et ils n’ont rien fait ! La présence de ces algues gêne les pêcheurs, les baigneurs et elles sont nocives pour la santé. Leur arrivée est prévisible et des solutions existent pour les ramasser en mer avant qu’elles n’échouent. Plusieurs expériences de « bateaux aspirateurs » ont déjà été menées avec succès contre les algues vertes qui polluent la Vendée. Mais ça a un coût et les autorités ne veulent pas faire cet effort. Comme pour tout le reste, il faudra que la population se mobilise massivement pour forcer l’État et les élus à agir. Les sargasses sont des algues brunes de l’océan Atlantique. Elles se forment surtout au large du Brésil. Depuis 2011 elles prolifèrent, probablement à cause de la déforestation et de l’agriculture intensive qui se développent dans cette région. Les sargasses sont ensuite transportées par les courants océaniques sur les côtes du Mexique et des îles de la Caraïbe. Les échouages massifs bloquent les ports et salissent les plages. En se décomposant, les sargasses dégagent un gaz, le sulfure d’hydrogène, qui dégrade les métaux et qui est nocif pour l’homme.