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CO de 2018/CO n° 1196 du 7 avril 2018/Première page

Première page

Éditorial: Pour un mouvement d’ensemble des travailleurs en France et aux Antilles

ZoomEn Martinique et en Guadeloupe, les travailleurs et la population pauvre protestent contre les attaques de Macron et contre la dégradation de leurs conditions de vie. En Martinique, la grave situation du CHUM (Centre hospitalier universitaire de la Martinique) entraine des manifestations et des protestations multiples. À Fort-de-France, 1 500 travailleurs de différents secteurs ont manifesté le 22 mars. En Guadeloupe, diverses mobilisations ont eu lieu contre la situation critique du CHU, et plusieurs syndicats appellent à une grève générale début mai.

En France, les mobilisations des travailleurs sont nombreuses, avec en tête les cheminots en grève. Le 22 mars, il y a eu 400 000 manifestants en France, principalement des salariés de la fonction publique. À Air France, quatre jours de grève ont eu lieu depuis le 22 février. Chez Carrefour, le 31 mars, près de la moitié des 60 000 travailleurs ont fait grève. Dans les universités, le mécontentement se propage. Quant aux cheminots, ils ont réussi leur premier jour de grève en paralysant une bonne partie des transports ferroviaires le 3 avril. Les salariés d’Air France exigent une augmentation des salaires, bloqués depuis des années. Chez Carrefour, les salariés refusent les milliers de licenciements programmés.

La lutte des cheminots en France, surtout, concerne l’ensemble des travailleurs. Les gouvernements successifs ont entrepris de démolir tous les droits gagnés par les salariés dans le passé. Les gouvernements ont marqué des points, mais ils n’ont jamais réussi à faire plier les travailleurs de la SNCF. Les cheminots sont donc un rempart pour tous les travailleurs. Si Macron gagne ce bras-de-fer, les autres catégories subiront des attaques encore plus violentes. Inversement, si la grève des cheminots en France se renforce, si elle est soutenue par les autres travailleurs, cela pourrait être le premier revers du gouvernement Macron et réconforter tous les travailleurs pour aller vers une mobilisation, d’ensemble, plus large.

Mais les dirigeants des syndicats de l’hexagone marchent dans les luttes à reculons. Ils ne veulent pas de grève générale offensive. Certains mènent une politique qui aboutit à un émiettement des luttes, non à leur unification. Ils invitent les salariés des différents secteurs à se mobiliser à des dates différentes, et sur des revendications catégorielles. Les syndicats d’Air France, par exemple, ont expliqué que si leur grève du 3 avril tombait le même jour que celle de la SNCF ce n’était pas voulu. Le leader de la CGT, lui, s’est félicité de la mobilisation massive des cheminots, tout en déclarant : « On ne veut pas d’un conflit dur ». Il revient donc aux travailleurs eux-mêmes dans les entreprises de préparer une véritable offensive groupée, générale. C’est pour cela qu’une grève générale ne se décrète pas par en haut, elle se construit aussi par en bas. Dans chaque entreprise, il faudrait que les travailleurs se réunissent pour en discuter. Les plus déterminés pourraient inciter leurs camarades à constituer des comités pour débattre ensemble et envisager ce qu’il est possible de faire, en mettant l’accent sur la nécessité d’une lutte d’ensemble. Car c’est un grand mouvement unitaire et offensif des travailleurs qui aura plus de chance d’imposer la satisfaction des revendications des travailleurs.

Oui, c’est bien cette voie là qu’il faudra prendre pour que l’État et le patronat augmentent les salaires de manière substantielle, pour qu’il leur soit interdit de licencier, pour les obliger à embaucher massivement et à prendre sur les immenses profits des capitalistes et que cet argent soit mis au service des besoins de la population.  


Martinique: Contrôle technique auto : les salariés réclament leur dû

Depuis le 20 mars, les salariés de trois centres de contrôle technique automobile du réseau Securitest sont en grève.

Ces centres sont gérés par Patrick Rhinan et situés à Fort-de-France, Ducos et Lamentin. Les revendications des grévistes sont : octroi de chaussures de sécurité et de chèques déjeuner, application de la convention collective de l'automobile du 15 janvier 1981, de meilleures conditions de travail (vestiaires, réorganisation du planning horaire, etc.), revalorisation des salaires. En réponse, le gérant a sollicité l’appui des forces de l’ordre qui sont passées pour tenter d’intimider les travailleurs en lutte.

Le gérant affirme qu’il applique la convention collective. Et pour justifier son style de « management », il ajoute : « Ils m'ont fait des demandes d'augmentations de salaire, mais je leur ai refusé avec des arguments motivés. À savoir que parmi les huit salariés nous en avons qui cassent des éléments de véhicules et des éléments du matériel de contrôle (pont élévateur...) » (France-Antilles du 31 mars 2018).

Il avoue donc lui-même ses méthodes, dignes d'un vrai géreur d’habitation, comme il a été qualifié par les grévistes. Soutenus par la CGTM, ces derniers n’entendent plus être victimes de ce patron et veulent mettre un terme à cette situation.


Guadeloupe: Air France en Guadeloupe comme en France, la mobilisation continue

Les travailleurs d’Air France en Guadeloupe sont mobilisés depuis plusieurs semaines sur leurs propres revendications, tout en soutenant celles de l’ensemble des salariés de la compagnie.

Au niveau national, dix syndicats sur treize demandent une augmentation de salaires de 6%, alors que la direction propose seulement 1%. Ils ont donc effectué plusieurs jours de grève : les 22 février, 23 et 30 mars, ainsi que le 3 et le 7 avril. Ce mouvement est bien suivi, de nombreux vols ont été annulés, y compris aux Antilles. Même si la direction a recours à des avions charters, l’impact est réel, mais n’a pas suffi pour l’instant à faire plier la direction.

Celle-ci refuse d’augmenter des salaires bloqués depuis 2011, alors que les profits sont très importants cette année. Les travailleurs, qui par leurs sacrifices ont permis de tels profits, n’entendent pas tout laisser aux actionnaires. En Guadeloupe, la principale revendication est l’embauche en CDI au niveau local.

En effet, les effectifs ont subi de plein fouet les différents plans de suppressions de postes appliqués par Air France depuis plusieurs années. Le personnel est en nombre insuffisant et ne peut faire face à toutes les tâches, alors que la direction ne donne comme seule solution que d’augmenter la productivité. Compte tenu du nombre de chômeurs en Guadeloupe, la revendication d’embauches au plan local est plus que légitime.


Aéroport Pôle Caraîbes : grève à SAMSIC

Conditions de travail infectes, bas salaires, précarité, harcèlement, c’est ce qu’ont dénoncé les grévistes de SAMSIC qui a presque tout le marché à l’aéroport. La DRH a proposé une augmentation aux seules deux déléguées des grévistes, elles lui ont fait savoir qu’elles n’étaient pas à vendre. Quasiment tous les travailleurs de l’aéroport souffrent des mêmes maux, une bonne grève tous ensemble pourra obliger ces suceurs de sang à respecter les salariés.


Mobilisation des agents communaux de Basse-Terre

Les agents de la Mairie étaient en grève afin de faire valoir sept points de revendications. La plus importante est celle du stationnement. Ils réclament des places de parking. Les grévistes ont suspendu la grève et demandent l’ouverture des négociations. Mais, pour l’instant, la maire de la commune, Marie-Luce Penchard fait la sourde d’oreille. Face à cette indifférence, les travailleurs n’en resteront surement pas là.  


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