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CO de 2018/CO n° 1195 du 24 mars 2018/Quatrième page

Quatrième page

 Martinique: Les retraités ne sont pas des privilégiés, les capitalistes oui !

Le jeudi 15 mars, plusieurs dizaines de retraités se sont retrouvés à la Maison des syndicats à l’appel d’une intersyndicale pour dénoncer la hausse de la CSG, les augmentations d’impôts et autres ponctions qu’effectue le gouvernement Macron-Philippe sur leurs pensions. Après les interventions des représentants de la CGTM, la CGTM-FSM et de la Fédération Générale des Retraités de la Fonction Publique, la parole a été donnée à la salle. Par exemple, une retraitée s’est expliquée en disant : « Je touche 270 euros de retraite par mois. Je dois payer un loyer de 400 euros, il me faut manger et m’habiller. Je suis interdit bancaire et à cause de ma faible retraite, je ne peux pas obtenir de prêt par la banque. Voilà ma situation, je suis d’accord pour manifester contre la politique de Macron ». Un autre retraité : « Monsieur Macron, c’est un scélérat, pendant que les riches roulent sur l’or, il veut nous presser comme du citron. Je touche une retraite de 400 euros par mois. Je n’ai pas travaillé toute ma vie pour voir nourrir les riches ». D’autres retraités se sont aussi exprimés. Plusieurs militants ont aussi pris la parole pour : « Condamner la politique du gouvernement en faveur du patronat ». Et aussi pour dire qu’« il ne faut pas attendre sur les élus locaux quelle que soit leur étiquette politique pour nous défendre, ce sont avant tout des gestionnaires de ce système actuel, même s’il leur arrive des fois de dénoncer la misère qui existe en Martinique. C’est seulement par notre lutte avec un rapport de force en notre faveur qu’on fera fléchir le gouvernement ». D’autres ont dit que : « Les profits des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 24 % par rapport à 2016, soit 94,3 milliards d’euros de profits. Et Macron a le toupet de dire que les retraités qui touchent plus de 1200 € de pension sont privilégiés ». Par applaudissements, l’assemblée s’est prononcée pour être nombreux avec les travailleurs le 22 mars dans les rues de Fort-de-France, à l’appel des organisations syndicales.  


Dans les entreprises

Échos de l’aéroport (Guadeloupe)
Air France : mobilisation pour exiger des embauches
Le 12 mars, une mobilisation a eu lieu à Pôle Caraïbes pour exiger des embauches. Les différents plans de « redressement » de la compagnie ont eu de lourdes conséquences en Guadeloupe, et maintenant, le personnel au sol n’en peut plus. Alors que le bilan de la compagnie est désormais plus que positif, il est tout-à-fait normal d’exiger l’embauche de personnel pour faire face au surcroît de travail. La direction voudrait qu’on compense en travaillant encore plus. Mais trop, c’est trop ! Grève du 23 mars : nous devons percevoir notre part ! Une nouvelle grève est prévue le 23 mars, à la suite de celle du 22 février. Les syndicats continuent de réclamer une hausse de 6% des salaires, après un blocage depuis 2011 et de nombreuses suppressions d’emplois. Alors que les bénéfices sont largement en hausse, c’est bien un minimum que nous, salariés, qui faisons tourner la compagnie, en percevions une part, alors que les actionnaires se gavent en se tournant les pouces.

Chantiers en lutte (Martinique)
Non à l’insécurité et au manque d’hygiène
Sur le chantier de l’entreprise BGC à l’Etang z’abricot, à l’intérieur du vestiaire, il y un seul bac de douche pour plus de 20 ouvriers, et un coin WC. Et ce qui est révoltant c’est que c’est dans ce vestiaire que les ouvriers mangent le midi, sans table ni chaise. Il y a juste un banc bricolé par eux avec une planche de coffrage. Pour la direction, les mesures d’hygiène et de sécurité du personnel sont les cadets de ses soucis. Nous aurions intérêt à nous organiser pour exiger de vrais locaux.


Mayotte : poursuite de la grève générale

Depuis plus d’un mois, l’île de Mayotte est paralysée par des grèves et des barrages. Si l’insécurité déclenche la colère, elle n’est pas la seule préoccupation de la population. Les établissements scolaires sont nettement insuffisants. Il manque du personnel enseignant, il n’y a pas assez de médecins, de sages-femmes, d’aides soignants. Le matériel médical est nettement insuffisant. Sur le plan scolaire les cours sont dispensés à mi temps. La population réclame des cours à temps complet. Le chômage de masse atteint près de 26% et touche particulièrement les jeunes. Quelques aides sociales ont été attribuées mais l’écart demeure avec la France. Annick Girardin, ministre des Outre-mer, est venue négocier avec les dirigeants du mouvement, mais la population n’a pas accepté les accords signés. La ministre a prévu d’envoyer quelques escadrons de gendarmes pour soi-disant régler le problème de la sécurité. Mais les travailleurs, les manifestants et une bonne partie de la population ont refusé de lever les barrages et la grève se poursuit. Vive la lutte de la population de Mayotte !    


Répression contre les migrants Haïtiens

Du 9 au 16 mars, l’armée dominicaine a renvoyé 2 793 Haïtiens vers Haïti. Selon le ministre de la défense, ils étaient sans papiers, et ce renvoi s’inscrit dans le cadre d’une opération sécuritaire de la frontière.

Depuis le lundi 12 mars, dans la province de Pedernales, suite à l’assassinat d’un couple de Dominicains, plusieurs Haïtiens auraient été assassinés et blessés, lors de représailles de la part de Dominicains. De nouvelles représailles contre les Haïtiens sont annoncées par des groupes paramilitaires. Le mercredi 14 mars les garde-côtes américains ont intercepté 201 Haïtiens au large des Bahamas, sur des embarcations de fortune, ils ont été rapatriés sur Haïti le lendemain. Dans le système capitaliste, pas de pitié pour les pauvres, en Caraïbe comme en Méditerranée.


Martinique : Céregmia, le retour des présumés prédateurs dénoncé !

Le samedi 10 mars avait lieu dans les rues de Fort-de-France, une manifestation des opposants au retour sur le campus universitaire de Schœlcher de Fred Célimène, Kinvi Loghossa et Éric Carpin, trois professeurs du Céregmia (Centre d'étude et de recherche en économie, gestion, modélisation et informatique appliquée), laboratoire de recherche de l’Université des Antilles.
Depuis 2016 ces trois hommes, dirigeants du laboratoire, sont mis en examen pour des détournements de fonds européens s’élevant à 10 millions d’euros et pour malversations et escroquerie en bande organisée.
Environ 300 enseignants, salariés de l’université, mais aussi des étudiants, jeunes, syndiqués ou simples citoyens, se sont regroupés, brandissant de nombreuses pancartes, pour dénoncer ce retour annoncé, qui est apparu comme une provocation. Leurs slogans dénonçaient les pratiques mafieuses de détournement de fonds, leur impact sur le budget de l’université et aussi sur la jeunesse.
Comme diverses déclarations le laissaient prévoir, la Cour d’appel a levé, le 13 mars, le contrôle judiciaire prononcé à l’encontre de ces professeurs. Cette décision permet juridiquement aux trois mis en examen de retrouver leurs postes, comme si de rien n’était, en attendant la décision de justice sur le fond de l’affaire. Cette possibilité de retour à leur poste de ces professeurs d’université impliqués dans des malversations parait bien choquante à de nombreux étudiants, professeurs et dans la population.  


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