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CO de 2018/CO n° 1195 du 24 mars 2018/Troisième page

Troisième page

 Chlordécone : les ouvriers de la Banane de Martinique et de Guadeloupe font front !

Les ouvriers de la banane, qui sont les premières victimes de l’utilisation du chlordécone et de bien d’autres poisons à épandre dans les plantations, ont décidé de se faire entendre.

Ils ont organisé deux conférences de presse : une en Guadeloupe et une en Martinique avec la CGTM et la CGTG. Ils ont dénoncé la responsabilité des planteurs dans leur empoisonnement qui a pour conséquence de nombreux cas de cancer et de parkinson. Les ouvriers agricoles touchent à peine le Smic mensuel et pour la plupart ne cotisent pas à une caisse de retraite complémentaire. Il est difficile avec si peu de moyens de soigner ces maladies. Bien souvent, malgré la fatigue, la maladie et l’âge, ils sont contraints de continuer à travailler sur les plantations jusqu’à épuisement. Une pétition a été lancée sur les deux îles pour exiger une prise en charge des soins des ouvriers malades. Les travailleurs de Martinique et de Guadeloupe vont poursuivre leur mobilisation commune.

Ils ont raison : les planteurs empoisonneurs sont sur les deux îles, le combat doit se mener ensemble !


Martinique: « Oui chef ! » nouvelle devise à la CTM ?

Le mouvement revendicatif de salariés de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) a été suspendu samedi 17 mars dans l’attente du retour de l’hexagone d’Alfred Marie-Jeanne, président de l’exécutif de la Collectivité.

Plusieurs sites avaient été bloqués le 16 mars. Les syndicats, dont FO, UGTM, UNSA, CDMT... avaient, dès le 12 mars, appelé à la grève et à une manifestation vers l’hôtel de la CTM à Plateau-Roy (Fort-de-France). Ils dénonçaient « les nombreuses illégalités, les atteintes aux droits humains, les dysfonctionnements de la collectivité, les souffrances conduisant à des hospitalisations, des burn-out, voire des décès ». Ce qui est notamment mis en cause : des surcroîts de travail d’un côté et des « mises au placard » de l’autre, donc un flou récurrent de l’organigramme, dont le retrait est demandé. Une fois de plus les dirigeants de la CTM sont montrés du doigt pour leur mépris envers les salariés. Ces dirigeants indépendantistes sont « indépendants » surtout des intérêts des travailleurs. Alfred Marie-Jeanne s’est envolé pour Paris vendredi 16 sans avoir accepté de rencontrer les grévistes. Cette habitude semble devenir chez lui une seconde nature. De son côté, « Justice », l’hebdomadaire du PCM, qui se mue de plus en plus en « Journal Officiel de Marie-Jeanne », relaie (N° du 15 mars 2018. P 5) l’affirmation que « la procédure de nomination des chefs de service est une prérogative du Président de l’Exécutif qui ne peut être partagée ».

Les travailleurs, eux, ont raison de considérer qu’il est tout-à-fait dans leurs prérogatives de faire le nécessaire pour se faire respecter.


Il y a 50 ans : L’assassinat de Martin Luther King

Le 4 avril 1968, Martin Luther King était assassiné par un Blanc dans la ville de Memphis. Il y était venu pour soutenir une grève des éboueurs.

Depuis plus de dix ans, il était le chef de file du mouvement pour les droits civiques dont les Noirs étaient privés. En 1964, après des années de lutte, les Noirs avaient imposé au gouvernement la promulgation du Civil rights act, par lequel il était officiellement mis fin à la ségrégation. Mais en dépit de la loi, le racisme et les inégalités criantes subsistaient. La mobilisation des Noirs ne faiblissait pas. Le gouvernement fut contraint d’adopter le Voting right act, qui mettait fin à cette discrimination.

Le FBI (Federal bureau of investigation), le principal service de police judiciaire et de renseignement intérieur, dirigé à l’époque par Edgar Hoover, considérait Martin Luther King comme « le nègre le plus dangereux pour l’avenir de cette nation en ce qui concerne le communisme, le nègre et la sécurité nationale ». Il est probable, comme le pensait la famille de Martin Luther King, que son assassinat ait été commandité par ce même FBI.

Des émeutes de la population noire éclataient déjà contre la pauvreté, les humiliations, les violences policières. Après l’assassinat, elles se sont élargies et gagnèrent de nombreuses villes des États-Unis.


Il y a 100 ans : Les Noirs américains dans la Grande Guerre, des conscrits indésirables

Nous poursuivons notre chronique sur les soldats Noirs dans la première guerre mondiale.

C’est en avril 1917 que les États-Unis vont intervenir militairement en Europe. Jusqu’alors, ayant peu de soldats et peu d’armes, ils soutenaient les alliés financièrement.

Il y a déjà des millions de morts. Après la révolution russe, une paix séparée est signée par la Russie avec l’Allemagne. Les troupes allemandes sont alors déplacées vers l’Ouest et les gouvernements français et anglais font appel à des troupes américaines. Les États-Unis vont devoir recruter et former rapidement des soldats. Or c’est la ségrégation aux USA. Après l’abolition de l’esclavage en 1865, les Noirs ont connu une amélioration de leurs conditions de vie pendant une courte période. Dans le Sud où ils vivent, les riches propriétaires, inquiets des bonnes relations entre pauvres noirs et blancs, vont imposer la ségrégation, par les lois racistes dites de Jim Crow et la violence du Ku Klux Klan.

En 1917, dans l’armée américaine, il n’y a pas de Noirs - qui sont 9,6 % de la population. Une loi décrète l’incorporation des jeunes de 21 à 30 ans quelle que soit leur couleur. Le président Woodrow Wilson, élu aussi par des propriétaires sudistes, craint l’incorporation de Noirs dans l’armée : il décide qu’ils ne combattront pas, « ce serait leur faire trop d’honneur ». Ils s’occuperont de l’approvisionnement des troupes et de toutes les tâches considérées comme subalternes. Sur les 370 000 Noirs incorporés seuls 10 % iront en Europe où ils combattront.


Dans le monde : Le jeu de bras de fer des grandes puissances

L’affaire de l’empoisonnement chimique d’un espion (un agent double parait-il) et de sa fille à Londres refroidit à nouveau les relations entre la Grande Bretagne et l’Occident d’une part et la Russie de l’autre.

La Grande Bretagne accuse directement Moscou de ce crime. Son ministre des affaires étrangères accuse même directement Poutine le président russe. Les États-Unis et la France ont pris fait et cause pour la Grande Bretagne. Le gouvernement britannique a promis des sanctions à l’égard de la Russie. La première, l’expulsion de 23 diplomates russes. Poutine a immédiatement déclaré qu’il expulserait 23 diplomates britanniques et fermerait une officine britannique.

Les sanctions britanniques s’ajoutent à d’autres sanctions occidentales prises contre la Russie il y a quelques années après l’annexion de la Crimée par la Russie et son ingérence politico-militaire en Ukraine. Les grandes puissances réactivent donc périodiquement une sorte de guerre froide larvée. Car Poutine de son côté fait régulièrement des déclarations martiales et des démonstrations militaires pour montrer ses muscles.

Ce petit jeu des grandes puissances est pour l’instant surtout à usage interne en direction de l’opinion publique de chaque puissance. Histoire, pour chacun, de montrer à l’autre ses muscles et donc de donner une image de pays fort à leur l’opinion publique. Ce faisant, les grandes puissances exacerbent la tension politique internationale, rajoutant à ce qu’elles font toutes sur le terrain en Syrie, avec leurs bombardements, pour y soutenir leurs alliés respectifs. Là, ce sont les peuples qui paient le plus cher cette guerre atroce.


Italie : La droite et l’extrême-droite gagnent les élections générales…

À l’issue des élections générales italiennes, le « Mouvement cinq étoiles » (M5S) arrive en tête avec 32 % des voix, suivi du Parti démocrate (PD, plus ou moins équivalent au PS français) avec 19 % et de la Ligue (ex-Ligue du Nord) d’extrême-droite avec 17 %. Il y a un glissement général de l’électorat vers la droite, et vers les idées réactionnaires et racistes. La Ligue fait partie d’une coalition de droite avec le parti plus classique de Berlusconi, Forza Italia (14 %), qu’elle a devancé pour la première fois. Au total cette coalition est la mieux placée pour former un gouvernement (37 % des voix), si elle parvient à s’entendre avec d’autres formations. Dans ce cas, la Ligue peut revendiquer la part du lion, ce que l’ambitieux Berlusconi n’est pas prêt à admettre. L’évolution des intentions de vote depuis cinq ans suggère que le M5S a siphonné une bonne part des voix du PD social-démocrate. On peut penser que sa façade « sympathique » et « moderne », pour la « démocratie par Internet » et « l’écologie et la qualité de vie », permet aussi à toute une petite-bourgeoisie, même celle qui se voudrait encore « de gauche », d’affirmer des idées réactionnaires (contre les immigrés, pour le libéralisme économique). Quel que soit le résultat des tractations à venir, c’est bien évidemment le programme du patronat et de la bourgeoisie italienne qui sera appliqué, en s’appuyant sur une démagogie encore plus ouvertement raciste qu’avant.


Burkina Faso : L'impérialisme français et son allié, ciblés

Le vendredi 2 mars, deux groupes armés d’une quinzaine d’hommes ont attaqué l’ambassade de France à Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso, et l’État-major de l’armée burkinabée. Le bilan serait de vingt morts – dont huit assaillants. Le « Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans », organisation djihadiste basée au Mali revendique l’attaque. Renforcés par l'armée de l’ancien colonisateur français, les dirigeants des États africains aident celui-ci depuis des dizaines d'années à piller la région.

Ils maintiennent leur population dans une pauvreté abjecte et ont par endroit continué à maltraiter certaines ethnies, terreau sur lequel peut pousser la barbarie djihadiste. Une poignée de terroristes aux actions toujours aussi barbares est en mesure d’imposer une guerre à la France et à plusieurs États en même temps. Cela témoigne aussi de la façon dont le pillage de l’Afrique par l'impérialisme français maintient les populations à peine au bord de la survie.


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