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CO de 2018/CO n° 1194 du 10 mars 2018/Quatrième page

Quatrième page

Syrie : Bachar-Al-Assad massacre, les grandes puissances complices

Bachar-Al-Assad a décidé d’écraser l’opposition de la dernière zone rebelle, la Ghouta orientale. Depuis début février l’armée syrienne la pilonne, massacrant des centaines de civils et des enfants. Il a fallu plusieurs jours pour qu'un début de trêve humanitaire soit respecté. Cette région proche de la capitale a été bombardée quotidiennement depuis 2013 par l’armée syrienne. Plusieurs groupes rebelles y combattent militairement le régime. Le pouvoir syrien est soutenu par l’Iran et par la Russie qui intervient militairement et par des miliciens qui luttent aux côtés de l’armée régulière.

Les puissances impérialistes, les USA, la France font mine de s’indigner de ces massacres. Mais les États les plus riches du monde se moquent bien des populations massacrées. Ils analysent froidement la situation et ne peuvent faire que d’hypocrites protestations. À cette heure, les divisions entre les groupes rebelles et certaines erreurs de ces groupes peu démocratiques font qu’ils sont moins acceptés par les populations. Mais ces dernières ne veulent pas non plus du pouvoir en place qui les opprime. Gouvernements US et français estiment que la guerre en Syrie sera bientôt gagnée par Bachar-Al-Assad avec le soutien de la Russie. Ils ne veulent pas se débarrasser de ce dictateur comme ils l’ont fait avec Kadhafi en Lybie. Ils annoncent que ce dirigeant pourra maintenir « un équilibre de la zone ». Un équilibre qui leur permettra demain de revenir faire des affaires en Syrie. Ils sont en effet au service du patronat. Ces puissances elles-mêmes ont des graves responsabilités dans les conflits de tout le Moyen-Orient où elles se sont toujours opposées pour une part d’influence.  


Saint-Eustache : Le gouvernement révoqué, une hypocrisie des Pays-Bas

Le gouvernement de cette île hollandaise des Antilles a été démis de ses fonctions par le gouvernement de l’État colonial des Pays-Bas notamment pour corruption.  

Cette île de 3 877 habitants, grande comme la Désirade (21km²), est située au sud de Saint-Barth. Saint-Eustache fait partie des confettis de l’ancien empire colonial hollandais.
Comme Sint Marteen, elle a un gouvernement local indépendant mais est rattachée aux Pays-Bas. Aujourd’hui, les Pays-Bas font mine de découvrir que les dirigeants de l’île sont corrompus mais si ces derniers ont pu agir ainsi pendant des années c’est qu’ils ont fermé les yeux. Maintenant que cela commence à leur coûter cher, ils se la jouent « justicier ». Si les Pays-Bas, tout comme la France et l’Angleterre, n’ont pas lâché complètement leurs petites possessions des Antilles depuis l’esclavage c’est parce que leur localisation offre à ces États européens une présence et une zone d’influence en Amérique. Cependant, le développement de ces îles est le cadet de leurs soucis : une bonne partie de la population vit avec le minimum. D’ailleurs, les derniers cyclones ont révélé la misère qui y règne.


Trinidad et Tobago : La pauvreté, terreau du terrorisme

Récemment le gouvernement a déclaré qu’un attentat prévu pendant le carnaval avait été déjoué. Des membres du groupe terroriste Daech qui avaient planifié de poser des bombes ont été arrêtés. Plusieurs enquêtes avaient déjà révélé l’existence de groupes d’extrémistes à Trinidad. En 1990, l’organisation Jamaat al Muslimeen (« le Parti des Musulmans ») tentait de prendre le pouvoir avec un coup d’État. Cette organisation était principalement composée de Noirs des quartiers pauvres.

Depuis, des centaines de Trinidadiens sont partis faire le djihad. À la fin de l’année 2016, 182 personnes étaient soupçonnées d’activités terroristes sur l’île. Trinidad et Tobago se classe en tête des pays de la Caraïbe en terme de richesse produite par habitant grâce à ses gisements de pétrole et de gaz. Mais 20% de la population continue de vivre sous le seuil de pauvreté. C’est sur le désespoir et la misère de la jeunesse trinidadienne que ces groupes de barbares se développent.  


Haïti : Manifestations des lycéens

Depuis le début du mois de mars, des élèves de divers lycées en Haïti ont pris la rue pour demander le retour des enseignants dans les classes. Les enseignants de divers lycées publics sont entrés en grève pour réclamer du ministère de l’Éducation nationale le versement de salaires qu’ils attendent depuis des mois, depuis l’année scolaire précédente. Ils demandent des salles de classes et du matériel pour enseigner dans des conditions acceptables. À plusieurs centaines, les lycéens ont manifesté dans les villes du Cap-Haïtien (Nord), de Port-de-Paix et Jean-Rabel (Nord-Ouest), de Gonaïves (l’Artibonie), de Petit-Goâve (Ouest) et de Port-au-Prince. Ils ont bloqué les rues ou les abords des antennes du ministère de l’éducation. Plusieurs lycéens ont été blessés à Petit Goave et à Cité Soleil le 28 février quand la police nationale les a chargés à coup de grenades lacrymogènes. Dans les manifestations ils demandent que les bâtiments provisoires mis en place depuis le séisme soient remplacés par des constructions solides. Ils demandent que le prix de « l’écolage » (les frais scolaires) soit baissé et que du matériel d’enseignement, entre autres, soit fourni. La petite bourgeoisie, elle, place ses enfants dans les instituts privés et les plus riches les envoient faire leurs études aux USA ou au Canada. La mobilisation se poursuit.


Grève générale à Mayotte

Elle est heureusement forte. Elle paralyse l’île de Mayotte depuis le 20 février. La population manifeste contre l’insécurité et les agressions, notamment en milieu scolaire. Les manifestants réclament de l’État des moyens accrus de répression. Certes quand certains s’en prennent aux immigrés, Africains ou Comoriens, ils se trompent de cible. Mais la combativité traduit aussi la colère de la population contre la misère qu’elle subit. En 2016 les manifestants exigeaient de l’État des prestations sociales identiques à celles existant en France. Mayotte est devenue en 2011 le 101ième département français. Le niveau de vie y est dramatiquement bas : 84 % de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Le revenu moyen des ménages était de 384 € par mois en 2011. Les ménages les plus modestes déclarent vivre avec 87 € par mois. La seule réponse de la ministre des outremers a été la promesse d’envoi des forces de répression supplémentaires. Mais ce n’est certainement pas ce qui réglera les problèmes de la misère et de la délinquance qui en découlent.


Prochaines manifestations de Combat Ouvrier

EN GUADELOUPE

Mercredi 14 mars 2018 à 17h45 salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre Projection du film Le jeune Karl Marx, du réalisateur haïtien Raoul Peck.
Projection privée et gratuite, tous ceux qui le veulent pourront entrer. Le film durant deux heures, nous demandons à tous d’être là à 17h45. (il y aura un débat et la salle doit être rendue à 21h !).

Vendredi 23 mars 2018 à 18h30 salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre Réunion publique Thème : Macron, serviteur en chef du capital financier et les autres serviteurs politiques de la bourgeoisie en France et aux Antilles.  

EN MARTINIQUE

Repas annuel de Combat ouvrier en Martinique Dimanche 8 avril 2018 COPES, route de la Moutte à Fort-de-France


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