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CO de 2018/CO n° 1194 du 10 mars 2018/Troisième page

Troisième page

Martinique Le budget de la CTM : ce sera ceinture !

Les orientations budgétaires de la Collectivité Territoriale de Martinique étaient présentées aux élus lors de l’assemblée plénière du 1er mars 2018. La veille, Alfred Marie-Jeanne, président de l’exécutif de la Collectivité, avait donné le ton lors d’une conférence de presse : « Situation budgétaire désastreuse, insoutenable », « la CTM est dans l’impasse ».
Il a pointé du doigt les « nouvelles contraintes budgétaires » imposées par le gouvernement Macron. Le préfet pourrait se substituer à la collectivité pour élaborer le budget si les critères définis avec l’État n’étaient pas respectés.
Il y a eu aussi l’évocation de la diminution de 13 à 9 années de la capacité d’endettement de la collectivité. Mais, une fois de plus, ce qui suscita de vives réactions c’est la mise en cause de la gestion jusqu’à fin 2015 par l’équipe précédente, celle de Serge Letchimy. Elle est jugée hasardeuse voire aventurière par Marie-Jeanne et ses conseillers financiers.

Les nouveaux locataires de la CTM parlent de « cavalerie budgétaire » et affirment que la CTM continue et continuera « pendant 10 ans » de payer des « dépenses oubliées » par les précédents. Ce à quoi Jean-Claude Duverger, dirigeant du PPM et porte-parole de « Ensemble pour une Martinique nouvelle», a répondu que « les comptes de la CTM, tels que présentés maintenant, étaient « non-sincères » et qu’ils étaient « faux » ! D’ailleurs, l’élu du PPM dit avoir saisi Darmanin, le ministre des comptes publics, au sujet de la non-sincérité des comptes présentés par la CTM… Le ministre était de passage quelques heures en Martinique ! Et Marie-Jeanne a aussi échangé avec lui, sur la situation générale.
À la demande de mieux prendre en compte la spécificité locale, sur les contrats aidés par exemple, le ministre a répondu que s’il donne de l’argent, ce sera pour « soutenir les filières », comprenons les patrons, tels les patrons du BTP, pour, dit-il, qu’ils créent des emplois !

Comme quoi, le ministre des comptes publics n’a pas eu vraiment l’air de s’intéresser aux comptes de la CTM et encore moins aux chamailleries entre Marie-Jeanne et Letchimy… Darmanin s’est montré plutôt méprisant face aux réalités locales : hausse des prix, situation des jeunes et des retraités, salaires bloqués et chômage endémique. Il veut appliquer sans état d’âme la politique pro-patronale de Macron !
Les notables locaux, ceux du MIM et alliés ou ceux du PPM et annexes, restent, eux, accrochés à leur cinéma, essayant de faire prendre des vessies pour des lanternes à la population laborieuse!


Ils ont parlé des tares dont ils sont les rouages

Le troisième conseil des ministres de l’éducation de l’OECS (Organisation des États de la Caraïbe orientale (dont la Martinique et la Guadeloupe font partie depuis peu) s'est déroulé pendant deux jours en Martinique. Des collaborations ont été décidées sur des sujets concernant l’école qui sont communs à différentes îles. En particulier la résistance des bâtiments scolaires aux cyclones et aux tremblements de terre. Sur ce même sujet, les récents cyclones ont amené à prévoir des formations permettant aux élèves de résister psychologiquement à de telles catastrophes.

Dans certaines îles le pourcentage d’enfants n’ayant pas accès à l’école reste important. Les déficiences de l’école dans la région ont été mises en évidence et reliées aux tares de la société. Mais c'est pourtant cette même société que soutiennent ministres des pays de l'OECS et notables de Guadeloupe ainsi que ceux de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).


Sint-Maarten : Encore des élections, mais rien ne change

De nouvelles élections générales ont eu lieu le 26 février. Le parti des Démocrates unis, (United Democrats ou UD) mené par Theo Heyliger et Sarah Wescot Williams a remporté les élections.

Ce parti a obtenu sept sièges sur 15. Le parti d’Alliance nationale ((NA, National Alliance) a obtenu cinq sièges. Le parti du peuple uni de Sint Maarten (ou US) de Frans Richardson a obtenu deux sièges. Le parti vainqueur n’ayant pas la majorité absolue, c’est-à-dire huit sièges, il devra former un gouvernement de coalition. Depuis octobre 2010, Sint-Maarten est devenu un PTOM (Pays et territoires d’outre-mer). Il a un statut autonome, mais, il est toujours sous la tutelle coloniale de la Hollande. En sept ans, il y a eu sept gouvernements de coalition.

William Marlin, le premier ministre avait démissionné en novembre dernier. Il a perdu un vote de confiance, après avoir refusé d’accepter les conditions du gouvernement des Pays-bas. La Hollande offrait une aide de 550 millions d’euros pour reconstruire l’île à condition que les autorités locales mettent en place des mesures contre la corruption et des contrôles à la frontière.

Après sa démission, un autre gouvernement a assuré l’intérim jusqu’aux nouvelles élections. Cette énième élection ne va rien changer pour la population pauvre. Surtout qu’après le passage du cyclone Irma, de nombreuses familles restent encore sinistrées, plus d’une centaine de maisons n’ont toujours pas de toit. Le gouvernement a été incapable de répondre aux besoins de la population pauvre. Ce sont les mêmes qui reviennent au pouvoir. Ces notables pensent d’abord à leur carrière politique. Le chef du troisième plus grand parti, le US Party, Frans Richardson, a été arrêté pour corruption et fraude fiscale, au mois de janvier dernier. Libéré, il a repris son siège au Parlement. La population laborieuse ne pourra pas compter sur ces élus. Pour améliorer son sort, elle ne pourra compter que sur sa force de lutte collective.  


Il y a 50 ans : « Le mouvement du 22 mars »

En 1968 des étudiants de l’université de Nanterre, près de Paris, se réunissent en assemblée générale. Ils créent le « Mouvement du 22 mars ».

L’assemblée générale demande la libération d’étudiants qui ont été arrêtés deux jours avant lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam. Dans la nuit, les étudiants occupent les locaux de la direction de l’université.

La colère étudiante a bien des raisons. Jusqu’en 1966, par exemple, les jeunes filles n’étaient pas autorisées à porter un pantalon à l’école ! La jeunesse est aussi révoltée par les crimes de l’impérialisme américain au Vietnam, et galvanisée par la lutte des Noirs aux États-Unis. Parmi ces étudiants, il y a celui qui fut Daniel Cohn-Bendit (aujourd’hui soutien de Macron), de la mouvance anarchiste, qui devint l’un des leaders de « mai 68 ». Cette mouvance contestait les brimades et le climat répressif, mais contrairement aux organisations communistes révolutionnaires comme ceux qui fondèrent Combat ouvrier et Lutte ouvrière avec Arlette Laguiller, elle ne remettait pas en cause la direction capitaliste de la société ni ne voulait son renversement par la révolution sociale des travailleurs. Le 2 mai, le doyen de Nanterre ferme l’université et les étudiants mobilisés s’installent alors à la Sorbonne, au cœur de Paris. Ce sera le début de la contestation sociale généralisée de mai 68.


Le 8 mars : Journée internationale de luttes pour les droits des femmes

C’est en août 1910, lors de la seconde conférence internationale des femmes socialistes que Clara Zetkin, militante du parti social démocrate allemand, proposa d’organiser chaque année une journée pour les droits des femmes. La journée internationale des luttes des femmes fut le prélude de la révolution russe le 8 mars 2017. Et c’est depuis cette date qui que la journée internationale de luttes des femmes est commémorée chaque année. Il a fallu récemment qu’éclate le scandale Weinstein, du nom de ce producteur américain qui imposait le droit de cuissage aux actrices d’Hollywood, pour que le scandale éclate au grand jour sur le harcèlement sexuel. Les femmes sont restées longtemps sans se défendre comme c’est le cas pour les viols et les crimes. En France une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Un viol a lieu toutes les sept minutes et plus de 20% des femmes sont victimes de harcèlement au travail. Mais l’émancipation des femmes ne sera une réalité que lorsque disparaîtra la société capitaliste fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est la lutte des communistes révolutionnaires.


Italie : La droite et l’extrême-droite gagnent les élections générales…

À l’issue des élections générales italiennes, le « Mouvement cinq étoiles » (M5S) arrive en tête avec 32 % des voix, suivi du Parti démocrate (PD, plus ou moins équivalent au PS français) avec 19 % et de la Ligue (ex-Ligue du Nord) d’extrême-droite avec 17 %. Il y a un glissement général de l’électorat vers la droite, et vers les idées réactionnaires et racistes. La Ligue fait partie d’une coalition de droite avec le parti plus classique de Berlusconi, Forza Italia (14 %), qu’elle a devancé pour la première fois. Au total cette coalition est la mieux placée pour former un gouvernement (37 % des voix), si elle parvient à s’entendre avec d’autres formations. Dans ce cas, la Ligue peut revendiquer la part du lion, ce que l’ambitieux Berlusconi n’est pas prêt à admettre. L’évolution des intentions de vote depuis cinq ans suggère que le M5S a siphonné une bonne part des voix du PD social-démocrate. On peut penser que sa façade « sympathique » et « moderne », pour la « démocratie par Internet » et « l’écologie et la qualité de vie », permet aussi à toute une petite-bourgeoisie, même celle qui se voudrait encore « de gauche », d’affirmer des idées réactionnaires (contre les immigrés, pour le libéralisme économique). Quel que soit le résultat des tractations à venir, c’est bien évidemment le programme du patronat et de la bourgeoisie italienne qui sera appliqué, en s’appuyant sur une démagogie encore plus ouvertement raciste qu’avant.


Burkina Faso : L'impérialisme français et son allié, ciblés

Le vendredi 2 mars, deux groupes armés d’une quinzaine d’hommes ont attaqué l’ambassade de France à Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso, et l’État-major de l’armée burkinabée. Le bilan serait de vingt morts – dont huit assaillants. Le « Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans », organisation djihadiste basée au Mali revendique l’attaque. Renforcés par l'armée de l’ancien colonisateur français, les dirigeants des États africains aident celui-ci depuis des dizaines d'années à piller la région.

Ils maintiennent leur population dans une pauvreté abjecte et ont par endroit continué à maltraiter certaines ethnies, terreau sur lequel peut pousser la barbarie djihadiste. Une poignée de terroristes aux actions toujours aussi barbares est en mesure d’imposer une guerre à la France et à plusieurs États en même temps. Cela témoigne aussi de la façon dont le pillage de l’Afrique par l'impérialisme français maintient les populations à peine au bord de la survie.


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