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CO de 2018/CO n° 1194 du 10 mars 2018/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : À bas la répression judiciaire contre Élie Domota !

Elie Domota est convoqué à nouveau devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre le 15 mars 2018. Il est accusé de violences, d’agression contre le patron de BMW et représentant du MEDEF en Guadeloupe, Bruno Blandin, lors des grèves et mobilisations qui se sont déroulées à Jarry en 2016. Blandin aurait subi des violences, ce qui lui a valu... une incapacité d’un jour ! Le 15 mars 2018, la mobilisation s’organise de nouveau. Combat ouvrier apporte son total soutien à Elie Domota et condamne la criminalisation de l'action syndicale qui a tendance à s'élargir tous azimuts.


À bas la répression judiciaire contre Jean-Marie Nomertin !

Notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de Combat ouvrier, secrétaire général de la CGTG, est appelé à comparaître le vendredi 6 avril au tribunal de Basse-Terre. C’est le patron de la banane, Tino Dambas, surnommé « l’esclavagiste noir », l’un des pires exploiteurs, qui a porté plainte contre lui. Il accuse le camarade Nomertin de l’avoir diffamé après la mort d’un travailleur sur la plantation. En réalité, Dambas tente de sauver la face après avoir refusé d’appliquer l’accord de la dernière grève. Il est aussi poursuivi par les travailleurs devant les Prud’hommes, et honni d’eux tous !

Tous devant le tribunal de Basse-Terre, pour soutenir notre camarade et dénoncer les méfaits patronaux vendredi 6 avril, à 9h !


Les étudiants de STAPS mobilisés

Sur le campus de Fouillole, les étudiants en Sciences et techniques des activités physiques et sportives sont entrés en grève. L’administration leur avait annoncé que les examens de fin mars seraient annulés, faute de moyens. Le 2 mars ils ont bloqué l’entrée de l’université.

Depuis des années ces étudiants dénoncent leurs mauvaises conditions d’études : salles et amphis trop petits, donc tous les étudiants ne peuvent pas assister aux cours ; quasiment pas d’installations sportives sur le campus, obligation de se rendre sur des sites éloignés, par leurs propres moyens. L’État ne donne pas les financements nécessaires à l’université et ce sont les étudiants, surtout ceux de familles modestes, qui en font les frais. Seulement 8% des étudiants réussissent leur première année, c’est encore moins qu’en fac de médecine. Des professeurs notent très sévèrement les étudiants pour qu’ils se découragent et beaucoup finissent par abandonner.

La grève sera peut être reconduite pour un troisième jour. La direction de l’université refuse de mettre des moyens pour améliorer les choses. Elle essaye de convaincre les étudiants en STAPS que leurs problèmes sont dus aux autres filières qui seraient privilégiées, voire même de rejeter la faute sur le pôle Martinique de l’université. La meilleure réponse, ce serait un mouvement de l’ensemble des étudiants, pour de bonnes conditions d’études pour tous !


Martinique : Les agents territoriaux contractuels en grève

Le jeudi 1er mars, les agents territoriaux contractuels en charge de l’entretien des lycées de la cité Pointe des Nègres (Joseph Gaillard, Dumas Jean-Joseph, Bellevue, Schœlcher) ont manifesté leur colère. Les grilles de la cité scolaire ont été cadenassées par les grévistes et donc les cours suspendus. Les agents se sont mobilisés pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail, mais aussi contre « l’attitude méprisante » de certains chefs d’établissement et gestionnaires. Ils dénoncent « leur mépris pour les agents » ou encore qu’ils « utilisent les agents comme des serpillères et leur demandent de faire tout et n’importe quoi ». Nombre d’entre eux ne sont pas titularisés. Les grévistes ont dénoncé le fait que ces contractuels : « ont des contrats de dix mois et non de douze mois comme à la CTM ». Ils sont soutenus par le syndicat UNSA-territoriaux (Union Nationale des Syndicats Autonomes). Ils ont déclaré que s’ils ne sont pas reçus par la CTM, ils passeront à la vitesse supérieure. !


Des enseignants protestent contre les suppressions de postes

Dans plusieurs établissements, les enseignants ont manifesté les jeudi 1er et vendredi 2 mars contre la suppression, décidée par le gouvernement Macron-Philippe, pour la rentrée de septembre prochain, de 57 postes dans l’académie de Martinique. Cette mesure va entraîner la fermeture de trois classes au collège Jeanne et Emile Adenet (La Jetée) au François, d’une classe de 5ème et d’une classe de 3ème au collège Perrinon à Fort-de-France, de deux classes au collège Rose-Saint-Just à Trinité et de deux classes de terminale au lycée Schœlcher.

Le mouvement est initié à l’appel du Snes (Syndicat National des Enseignants du Second degré), des assemblées générales se sont tenues dès jeudi dans les établissements scolaires. Les enseignants mobilisés dénoncent la situation, interpellent le recteur Pascal Jan, lui demandant d’« aller chercher des moyens à Paris ». Ils ne comptent pas en rester là. Ils ont été rejoints par les associations de parents d’élèves, l’UPEM et la FCPE, et comptent donner une suite à leur mobilisation dès le lundi 5 mars. La protestation pourrait s’étendre à d’autres établissements qui sont eux aussi concernés par des fermetures de sections. Cette situation qui sévit dans l’éducation nationale est celle de pratiquement tous les salariés. Partout on aggrave les conditions de travail, on réduit les effectifs. Alors, si le gouvernement cherche la colère, il finira par la trouver.       !  


Martinique: Quand la population ne se laisse pas faire

En Martinique, depuis de début de l’année, en quelques endroits, la population a eu l’occasion de manifester collectivement son ras-le-bol devant l’inertie et le mépris des autorités à son égard. À Grand-Rivière, depuis la mi-janvier, la distribution de l’eau est presque complètement arrêtée.
En cause, l’unité d’épuration intervenant en aval du captage dans la rivière. L’eau étant très trouble en ce moment du fait des mauvaises conditions météo, les filtres de la station sont devenus inopérants et l’eau a du être coupée. Tous les responsables ont été au début assez attentistes, jusqu’à ce qu’une manifestation de la population ferme la route d’accès, barrant d’une grosse chaîne un pont métallique.
C’était le 21 février à 5h du matin, l’action de 50 personnes en colère. L’action a fait bouger les choses. Le sous-préfet est venu sur place, puis des responsables de la société distributrice SMDS et ceux de Cap Nord (la communauté d’agglomérations). L’eau est bien sûr toujours boueuse mais des palliatifs ont été mis en place. Il a été négocié avec la distillerie JM la rotation, trois fois par jour, d’un camion citerne qui remplit les réserves de la commune.
Cela ne suffit pas, la pression est faible, souvent inexistante, surtout dans les parties hautes de la commune. Le 4 mars on a pu encore voir au journal télévisé du soir, la distribution, en plusieurs endroits, de centaines de packs d’eau. Au moins les langues se sont déliées, les habitants de Grand-Rivière ont pu apprendre que la station d’épuration datait de cinquante ans. La SMDS a promis le changement et la montée en puissance des filtres.
Au Prêcheur, les pluies abondantes ont provoqué des effondrements de terrains volcaniques sur les flancs de la montagne Pelée (le volcan) proche. Des coulées de boues et de roches envahissent fréquemment le lit de la rivière qui traverse la commune. Des quartiers en bordure sont menacés et doivent être évacués au son de la sirène, de jour comme de nuit, et parfois plusieurs fois par nuit. L’accumulation progressive des débris, pesant jusqu’à plusieurs tonnes, aggrave le danger potentiel. C’est dire que le curage en permanence de la rivière ne souffre pas de délai et dépasse de toute façon les moyens de la commune. Il a lieu à minima. Collectivité territoriale et préfecture se renvoient la balle.

Le vendredi 2 mars un collectif lié à la municipalité a organisé une opération ville morte, avec rassemblement devant la mairie et opération molokoy (escargot) jusqu’au siège de la CTM. Une délégation y a été reçue et a pu se faire entendre en séance plénière. Une augmentation des moyens mis en œuvre a été promise. Dans ces deux cas, à Grand-Rivière et au Prêcheur, la population concernée, lasse des beaux discours, s’est fait entendre et a pu débloquer quelque peu les choses. C’est la voie à suivre !


Guéguerre à la direction du MIM

Après les accusations de complot et autres déclarations de désamour de la part de Marie-Jeanne, président du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais) des militants dits historiques du MIM ont tiré quelques salves en réponse. Le 28 février, en conférence de presse, ils ont déclaré s’être constitués en « Groupe de réflexion des patriotes » au sein du MIM. Ils réclament la tenue d’une assemblée générale du mouvement et mettent en cause l’autocratisme et les « prises de position farfelues » de Marie-Jeanne. Un porte-parole de la fronde, Sylvain Bolinois, a déclaré avec emphase : « Nous ne sommes pas en Serbie, chez Khadhafi, en Russie ou au Venezuela… Nous n’acceptons pas la dictature… » Le « groupe » fait remonter ses divergences au 9 décembre 2016. C’était le jour de l’investiture, de Fabrice Dunon pour les élections législatives dans la circonscription Centre-Atlantique. Or Dunon nétait pas membre du MIM et investi par Marie-Jeanne contre la volonté des militants locaux. Les raisons données pour le déclenchement ouvert des hostilités sont donc surtout des considérations d’appareil, internes au MIM, étrangères aux intérêts de la population.

Le « groupe » annonce qu’il est suivi de nombreux « comités patriotes », structures de base du MIM. Quelle suite donnera-t-il à sa réflexion ? On verra bien. Mais ayant toujours suivi aveuglement leur grand chef, cette base de Marie -Jeanne ne peut aujourd’hui s’en prendre qu’à elle-même. Lorsqu’ils méprisent les intérêts fondamentaux des travailleurs et de la population pauvre au bénéfice des classes riches, fussent- elles « martini-quaises » il ne reste à ces notables et à leur « grand timonier » que cette petite fronde partisane.


Guadeloupe: Commémoration de la mort de Jacques Bino

Dimanche 18 février, un groupe de militants de la CGTG, autour de son secrétaire général Jean-Marie Nomertin, s’est rendu comme chaque année sur la tombe de leur camarade Jacques Bino. Jacques, qui travaillait aux impôts, a été assassiné le 18 février 2009 en pleine grève générale. Il revenait d’un meeting à la mutualité et se dirigeait en voiture vers le local de la CGTG. Le ou les responsables de sa mort n’ont jusqu’ici pas été identifiés. Son nom a été donné à l’annexe de l’accord du 5 mars 2009 qui prévoyait une augmentation de 200 euros revendiquée par les manifestants pour les plus bas salaires : l'accord Bino.


Molinié et la compassion de ses pairs

Louis Molinié a été condamné à deux ans de prison pour diverses malversations financières dans la commune dont il était maire, Terre-de-Haut aux Saintes. La présidente du Conseil départemental, Josette Borel-Lincertin, a tenu à apporter son soutien à Molinié. Quant au président du Conseil régional, Chalus, il s’est dit étonné de la sévérité de cette condamnation. Il n’est pas surprenant que les politiciens se serrent les coudes lorsque l’un d’entre eux est pris la main dans le sac. Borel-Lincertin a même expliqué, sans rire, qu’en tant qu’élu on peut facilement se retrouver au tribunal. Mais aucun d’entre eux ne s'émeut, s'il ne s’en félicite pas, qu’un militant syndical soit traîné en justice comme cela arrive trop souvent !