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CO de 2018/CO n° 1194 du 10 mars 2018/Première page

Première page

Éditorial: Chlordécone les ouvriers agricoles sont les premières victimes !

Depuis quelques semaines, l’ampleur de l’empoisonnement au chlordécone des sols de la Martinique et de la Guadeloupe refait la une de l’actualité : les animaux et les hommes sont gravement contaminés. Mais personne ne parle de ceux qui ont dû épandre et travailler au milieu des pesticides et désherbants, en particulier le chlordécone pendant des années : les ouvriers agricoles.  

Le samedi 3 mars, les ouvriers de la banane et les syndicats CGT Guadeloupe et CGT Martinique ont tenu à faire entendre leur protestation. Ils ont organisé une conférence de presse commune à Pointe-à-Pitre pour parler aussi de la plainte qu’ils entendent déposer afin que les planteurs de banane ayant vendu du chlordécone soient condamnés. Ils exigent que les ouvriers agricoles - vivants ou morts et leurs descendants - soient indemnisés pour avoir été empoisonnés en travaillant avec ces produits dangereux. Marie-Hellen Marthe dite Surelly, secrétaire générale de la CGT Martinique-ouvriers agricoles, et ses camarades, Luciana Vincent Sully et Marie-Sainte, Albert Cocoyer, secrétaire général du syndicat de la CGT-Guadeloupe banane, Jean-Marie Nomertin ex ouvrier agricole de la banane et secrétaire général de la CGTG, ont tenu la conférence. Jean-Marie Nomertin est aussi connu pour être le porte parole de notre groupe politique Combat ouvrier en Guadeloupe.

Les ouvriers de la banane présents ont rempli la salle. Ils ont raconté leurs expériences. Le chlordécone a été utilisé sous plusieurs noms : Képone, Curlone… Les pesticides étaient répandus à la main au sol et sous forme d’épandage aérien. Les ouvriers qui répandaient étaient directement en contact avec les produits dangereux. Ces produits sont tellement toxiques que certains ouvriers étaient brûlés, leur peau et leur chair rongées. D’autres sont morts empoisonnés dans les heures qui ont suivi l’épandage terrestre du produit. Même les ouvriers qui ne semaient pas directement en subissaient les effets puisqu’ils travaillaient au milieu de la plantation polluée.

Pour que les ouvriers acceptent de s’exposer à ces poisons, les patrons des plantations leur présentaient l’épandage terrestre comme un privilège : les ouvriers semeurs finissaient leur journée de travail beaucoup plus tôt. Ceux qui hésitaient ou refusaient d’être en contact avec les produits étaient tout simplement licenciés. En conséquence, bon nombre d’ouvriers sont morts de cancers (notamment de la prostate), de la maladie de Parkinson et même de paraplégie bien avant l’âge de la retraite. L’empoisonnement a aussi atteint leurs enfants puisque certains sont nés avec ou ont développé des handicaps.

Dès les années 1970, les ouvriers agricoles de la banane dénonçaient la dangerosité de ces produits. Lors d’une manifestation en février 1974 en Martinique, des ouvriers brandissaient une pancarte « Non au némacure ! ». L’amiante est un autre exemple qui a tué aussi beaucoup de travailleurs. Aujourd’hui, les ouvriers agricoles de Martinique et de Guadeloupe attaquent les responsables directs : d’un côté les patrons de la banane en majorité les békés, notamment Hayot, De Lucy, De Lagarigue, Lemetayer, Duflo, Lignières, Chaulet - pour avoir commercialisé des poisons avérés et de l’autre l’État pour avoir fourni des dérogations aux planteurs même après l’interdiction du chlordécone en France en 1990. Ils exigent l’indemnisation y compris de leurs camarades Haïtiens, Dominiquais et Saint-Luciens- ainsi que leurs proches.

Les ouvriers des deux îles sont unis pour mener ce combat car ils ont les mêmes exploiteurs et empoisonneurs : les grandes familles békées et l’État français. Ces derniers sont des assassins !


Martinique Les agents de La Poste en colère

ZoomLes mercredi 28 février et jeudi 1er mars 2018, les grève pour protester contre leurs mauvaises conditionagents des bureaux de poste, à Cluny et à Schœlcher, ont fait s de travail.

Depuis des années les agents sont, comme ils le disent eux-mêmes, « …stressés au travail à cause des augmentations de leur charge de travail. Des agents qui ne sont pas remplacés en cas de départ à la retraite. Mais en plus, nous subissons en permanence des pressions de la part de notre direction. À tel point que certains d’entre nous sont obligés de prendre des arrêts de travail. Nous en avons marre de ne pas être entendus par notre direction lorsque nos représentants CGTM demandent à être reçus. Alors, nous avons voulu taper du poing sur la table, et décidé d’observer un arrêt de travail pour nous faire entendre ».

De son côté, la direction a indiqué que «les motifs d’insatisfaction n’ont pas été présentés dans le cadre des dispositifs de dialogue social prévus : demande d’audience aux managers des bureaux concernés, ou inscription dans une plateforme de revendications faisant l’objet d’un préavis de grève en amont». On est habitué à ce genre de langage de la part des directions d’entreprise. Il aura fallu cette mobilisation pour que la direction de la Poste commence à réagir. Elle risque d’être payante.


Guadeloupe Trois-Rivières : la grève des communaux a pays

Après une semaine de grève, les travailleurs de la commune ont obtenu satisfaction sur l’un des points importants de leurs revendications : le paiement de toutes les primes et indemnités auxquelles ils ont droit, et qu’ils n’ont pas touchées depuis 2011. La grève lancée le vendredi 23 février, a mobilisé l’ensemble des services municipaux. La forte détermination des grévistes a permis d’obtenir un accord sur les taux, et sur l’étalement des sommes dues. Cependant, ils restent vigilants, et veillent à ce que cet accord soit bien appliqué.


La crise du CHU

Tous les jours on apprend que de nouveaux personnels du CHU sont gravement intoxiqués par des émanations dangereuses, y compris plusieurs médecins. La ministre des Outre-mer a décidé d’annuler la délocalisation en interne voulue par la direction du CHU. Elle n’a pas hésité à désavouer la direction du CHU en disant que la crise post-incendie du CHU a été mal gérée. Déjà le directeur de l’ARS a été viré avec une promotion pour donner le change. Ci-dessous dans le bulletin de nos camarades du CHU les échos sont éloquents. Nous publions ci-dessous, des extraits du bulletin L’Écho des hôpitaux.  

Mobilisation pour le CHU
Un appel à mobilisation est lancé aux travailleurs du CHU et à la population pour obtenir le droit d’être convenablement soigné en cas de besoin. C’est une demande légitime, et cela passe par un CHU rendu opérationnel le plus vite possible. C’est une question de vie ou de mort.

Départ du directeur de l’ARS

Le directeur de l’agence régionale de santé dit partir très satisfait du travail effectué durant sa présence en Guadeloupe. Ce n’est certainement pas l’avis des travailleurs du CHU abandonnés après l’incendie, des infirmiers libéraux qui manifestaient en novembre 2016, des travailleurs de la psychiatrie qui ne connaissent toujours pas les conditions de la fusion de tous les secteurs… Mais il est vrai que ce directeur ne travaillait pas pour eux. Ceux pour lesquels il travaillait sont eux aussi très satisfaits. C’est pourquoi le directeur est récompensé par une belle promotion au ministère de la santé !

La ministre des Outre-mer en Guadeloupe
On penserait qu’elle se pencherait sur le cas d’un parmi les rares pays à ne pas avoir d’hôpital. Que nenni ! La présence du ministre de la santé après l’incendie à largement suffi. On passe à autre chose ? C’est une ministre d’outre tombe que nous avons là !

CHU : Trop de blocs tue le bloc

Ce qui fait le propre d’un CHU, son bloc opératoire, n’est plus. Alors il a été éclaté entre les Eaux Claires, la Polyclinique, le CHBT, la Martinique… sans grande efficacité. Voilà maintenant qu’on parle de Marie Galante, Capesterre… ou de blocs mobiles arrivés à grands renforts de pub télé, sauf qu’ils sont sans aucune utilité, car complètement vides ! Arrêtez de nous enfumer !

La psychologie, méthode CHU
Quand un soignant souffre des symptômes d’intoxication, il va aux urgences où un médecin le déclare en accident de travail. Arrivé à la DRH, la déclaration est refusée ! Pour la direction des ressources humaines vous n’êtes pas intoxiqué sur le lieu de travail... sauf si vous êtes médecin.

La psychologie, méthode CHU 2

Vous êtes intoxiqué ? Alors vous souffrez de psychose et pour vous soigner, venez tous, le mardi, à une séance de sophrologie et massage. Ce n’est pas une blague, c’est la dernière proposition de la direction pour garder son personnel. Un massage en respirant de la suie ? Si au moins c’était du soufre comme à Sofaïa


Quatre ministres... pour pas grand-chose !

Girardin, Lecornu, Darmanin, Denormandie, en visite. La ministre des Outre-mer a avoué que la crise de l’incendie du CHU avait été mal gérée. Elle a stoppé le plan de « délocalisation interne » lancé par le directeur qui était dénoncé par le personnel et annoncé l’arrivée prochaine d’experts.

Au sujet de l’eau, le gouvernement a noyé le poisson en annonçant aussi l’arrivée prochaine d’experts. Il s’est engagé sur un ridicule financement de 7,7 millions d’euros, ce qui représente 10% du plan de travaux d’urgence de 71 millions et à peine 1% des 900 millions nécessaires pour refaire entièrement le réseau. Quant aux 400 millions promis soi-disant par Macron à Chalus, posant à l’Élysée… Mystère !


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