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Journal/Sommaire du journal CO n° 1224 du 20 juillet 2019/Quatrième page

Quatrième page

Commonwealth : scories monarchiques

Excusez du peu, les problèmes des jeunes du Commonwealth avaient été confiés il y a un an au duc de Sussex, le petit-fils de la reine d’Angleterre, qui a présenté son bilan et ses projets lors d’une table ronde à Londres.  

Près de nous, font partie du Commonwealth 12 îles anglophones de la Caraïbe et le Guyana. L’Afrique du Sud, le Rwanda, la Sierra Leone... en Afrique, mais aussi en Asie l’Inde et le Pakistan, entre autres, sont dans le Commonwealth. Ce sont pour la plupart d’anciennes colonies où la formation reçue par les jeunes ne leur offre pas un avenir radieux et où les jeunes travailleurs sont très mal payés.

Le Canada ou l’Australie, moins touchés par ces handicaps, sont aussi membres du Commonwealth. Dans cette association volontaire, 53 États sont regroupés autour de la Grande-Bretagne. Soit deux milliards d’habitants où les jeunes de moins de 30 ans sont la majorité, plus de 60 % ! Lors de cette table ronde, des ministres et des personnalités de pays du Commonwealth ont débattu de la formation des jeunes et de solutions aux difficultés des jeunes travailleurs.

Mais toute cette mise en scène royale n’est que du cinéma ! C’est le mythe de la royauté, du bon prince avec tous ses sujets dociles autour, Noirs, Indiens, ex-esclaves et autres, qui est entretenu. Des mythes d’un autre temps, celui de la royauté absolue que la bourgeoisie entretient pour asseoir son pouvoir.

Mais les pauvres ont mené des guerres terribles contre la royauté britannique et ont été les premiers à faire couper la tête d’un roi près d’un siècle avant la Révolution française ! Aujourd’hui, la tâche historique est d’éliminer la bourgeoisie qui draine derrière elle des restes puants d’ancien régime pour mieux tromper les peuples !


Accidents du travail, une hécatombe !

Il y a eu en Martinique en 2016 plus de 2 500 accidents du travail. La moyenne annuelle se situerait autour de 2 000. En Guadeloupe il y a 1 300 accidents du travail déclarés en moyenne par an. Ce nombre est impressionnant.  

Les accidents les plus courants ont lieu dans le secteur du bâtiment et celui du service à la personne. Le travail dans le BTP est risqué et les patrons ne veulent pas mettre les moyens pour une sécurité maximum des travailleurs. Leur priorité n’est pas là : pour eux un accident du travail est bien moins grave qu’une perte de profit. L’État organise de soi-disant « opérations de contrôle » sur les chantiers pour faire semblant de vérifier que les règles de sécurité sont respectées. Mais à part arrêter un chantier, l’État se refuse à attaquer les entreprises. De toute manière l’État lui-même est un très mauvais exemple en la matière. En Guadeloupe les services à la personne sont les plus touchés par les accidents et surtout chez les travailleuses. Les emplois précaires, le manque de personnel et de moyens dans ces services contraignent les travailleurs à prendre des risques constamment. Les travailleurs étrangers venant de pays pauvres comme Haïti sont les plus touchés par les accidents. Les patrons profitent des situations les plus précaires pour faire leurs économies au mépris total de la vie des travailleurs.


Dans les entreprises

Échos des hôpitaux (Martinique)

Prévision de diminution de lits et des effectifs
Alors que la situation est souvent ingérable pour nous dans les services, le COPERMO (Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins) et l’ARS prévoient un train de diminution du nombre de lits et aussi des effectifs pour le CHUM. Pas de surprise. Ces agences gouvernementales servent à mettre en musique la politique d’austérité et de démantèlement des services publics de Macron.
Et un marchandage… douteux !
Pour l’instant, le DG s’est dit contre l’importance des diminutions de lits et effectifs prévues par le COPERMO. Étant « sur le terrain », c’est bien le moins ! Mais annoncer un gros chiffre et au final imposer ce qu’ils prévoient, c’est souvent la tactique employée dans les ministères. Alors marchandage ou pas, la pilule Macron-Buzyn reste amère !

Chantiers en lutte (Martinique)
Métallurgie : de l’argent il y en a
Ces jours-ci, à ArcelorMittal à la Pointe des Grives, les activités ont bien repris. Les ventes de tôles et autres dérivés ont augmenté. Des milliers d’euros vont venir remplir les coffres de la direction. Les actionnaires savent déjà quelle part leur reviendra sur le dos des salariés. Mais quand est-ce que les salaires des employés verront la couleur des centimes de ces bénéfices ? Faudrait-il que les salariés, eux, attendent jusqu’aux NAO pour exiger des augmentations uniformes des salaires ?
Les profits réalisés sont le fruit de notre travail
Dans les entreprises de la métallurgie, du bâtiment ou ailleurs, les ouvriers et les employés ne savent jamais le montant des profits réalisés par leur patron chaque année sur leur dos. Exiger un contrôle par les travailleurs sur les bénéfices réalisés par les capitalistes. Voilà une revendication légitime que devront exiger les travailleurs organisés.

Pawòl a travayè bannann
Travail gratuit pour Poumaroux !
Le planteur a réuni les camarades pour leur demander d’augmenter le nombre de régimes à transporter qui atteint déjà 110 par jour. Il souhaite aussi qu’ils rattrapent les 30 minutes de pause de repas. Et puis quoi encore ?
Des négriers modernes au service des nouveaux maîtres ?
Depuis la vague de licenciements dans les plus importantes plantations, des personnages organisent le trafic d’ouvriers embauchés au noir. Les gros planteurs se font ainsi livrer chaque jour des travailleurs corvéables à merci. Le « négrier » paye la journée à 40 euros au lieu de 70 pour un travailleur déclaré. Ces petits « malins » qui s’enrichissent sur la misère de nos ouvriers frères d’Haïti devraient se méfier, les gros planteurs n’hésiteront pas à les abandonner quand les problèmes arriveront !

Échos de Pôle emploi
Caruel, à peine ouvert, déjà de graves problèmes
Deux cambriolages coup sur coup ont eu lieu à l’agence de Caruel qui a ouvert il y a tout juste un mois. Dans un premier temps, la consigne de la direction aux collègues de cette agence est qu’il fallait surtout que personne, ni dans les autres agences, ni à l’extérieur, ne sache ce qui s’était passé.    


Haïti : les inondations, la vie chère, et une colère sourde

Dans les entreprises de la zone industrielle, dans les quartiers populaires, les travailleurs et les pauvres subissent la pression de la dévaluation de la gourde qui entraîne la hausse du coût de la vie.  

La monnaie locale continue sa dégringolade – entre 93 et 100 gourdes pour un dollar – avec son cortège de conséquences néfastes pour les classes pauvres. L’inflation atteint 18 %, son plus haut niveau depuis des lustres. Les prix des produits de consommation courante flambent de façon exponentielle. Le pouvoir d’achat chute, les salaires réels baissent. Même les employés faisant partie de la petite bourgeoisie qui perçoivent un salaire décent se plaignent du renchérissement du coût de la vie. Que dire des bas salaires des travailleurs qui ont la chance de trouver un emploi précaire sur la zone industrielle ou ailleurs ? Que dire de l’écrasante majorité des travailleurs sans emploi, sans salaire, sans budget, qui vivent de la solidarité des proches d’ici ou d’ailleurs, de la débrouillardise au quotidien ? Le boire et le manger deviennent chaque jour davantage un véritable défi pour les classes pauvres auxquelles tout est refusé : l’électricité, l’eau potable, le logement, sans compter l’éducation et l’accès à l’emploi, etc.

Et voilà qu’une pluie torrentielle s’est abattue le 2 juillet sur Port-au-Prince et la zone métropolitaine. Les canaux de drainage débordaient, les fatras déboulaient dans les rues, les branches d’arbres jonchaient la chaussée. Les maisonnettes, les cahutes construites sur le flanc des ravines ont été traversées par les torrents de boue et une douzaine d’entre elles ont été emportées. Le bilan officiel est de cinq morts, des disparus et des dizaines de blessés. Deux semaines plus tard, le bas de la ville est encore encombré par les branches, la boue et les fatras qui ont fini leur course là.

Les politiciens du gouvernement ne se donnent pas les moyens de pallier les intempéries et d’assurer un minimum de service public. Leur préoccupation est de continuer à siphonner les caisses publiques avec des scandales financiers qui éclaboussent le gouvernement. Les différentes factions luttent à travers leurs hommes de main ou des bandes armées, donnant lieu à des affrontements comme en novembre 2018 dans le quartier populaire de la Saline. Trois jours d’affrontements, l’incendie du marché et des maisons ont provoqué plus de 70 morts. Alors que le banditisme, l’insécurité rongent les quartiers, la colère est sourde ! Les habitants des quartiers populaires à bout de souffle rejoignent les rangs des manifestants lors des défilés réclamant le départ du président. De nombreux ingrédients sont là pour une explosion des pauvres.    


Algérie : La population reste mobilisée

Cinq mois après le début des manifestations, la population algérienne reste mobilisée pour exiger la démission du premier ministre, du président par intérim et du chef de l’armée.  

Le 12 juillet était le 21ème vendredi de manifestations. Comme tous les vendredis, la population est descendue en masse et a scandé des slogans tels que « Dégagez tous ! ». Gaïd Salah, le chef de l’armée, veut museler la colère de la population. Sous ses ordres, la police multiplie les arrestations. Ces dernières semaines, une trentaine de manifestants ont été arrêtés pour avoir brandi le drapeau berbère qui a été interdit par Gaïd Salah dans les manifestations. Interdire le drapeau berbère (kabyle) est une manœuvre pour opposer les Algériens berbérophones et arabophones et ainsi diviser le mouvement populaire. Ces arrestations n’ont pas fait reculer la colère de la population. Au contraire, elle s’est amplifiée. Les manifestants réclament la libération de tous les détenus.

Ces derniers mois, Gaïd Salah a ordonné les arrestations de quelques riches hommes d’affaires et d’hommes autrefois au pouvoir. Il prétend ainsi répondre aux aspirations du mouvement populaire. Mais c’est de la gestuelle hypocrite. Ces arrestations ne changeront rien au sort des classes populaires. Derrière les décisions du chef de l’armée, se cachent les véritables ennemis des classes populaires : les riches, la bourgeoisie d’Algérie. L’armée n’est que leur exécutant.

Pour améliorer leurs conditions de vie, les travailleurs et les classes populaires ne peuvent compter que sur leur propre mobilisation contre la bourgeoisie.  


Parution du journal : avis aux lecteurs et abonnés de combat ouvrier

Le présent numéro sera vendu dans les rues, dans les quartiers et les communes. Mais la parution de notre journal sera suspendue pendant la période des vacances. Le prochain numéro paraitra le samedi 7 septembre.


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