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Journal/Sommaire du journal CO n° 1220 du 11 mai 2019/Quatrième page

Quatrième page

Martinique : Dlo two chè : le scandale de l’eau !

Le vendredi 3 mai, le comité citoyen du Sud animé par Roger Lanoix organisait une réunion à la mairie de Sainte-Luce. Cette réunion avait pour objet la cherté de l’eau en Martinique.  

Le comité avait invité Jean-Luc Touly, ex cadre de Véolia, société multinationale concurrente de Suez et géant français du service des eaux. Il est aussi président de l’Association pour le contrat mondial de l’eau, engagé dans la lutte contre la corruption. Le « lanceur d’alerte » ne s’est pas gêné pour lancer un pavé dans la « mare des magouilles » autour de la gestion de l’eau en Martinique. Il a repris ces explications sur les médias. En premier lieu il a dénoncé le prix exorbitant de 5,44 euros le mètre-cube payé en moyenne par les usagers. Cela fait 60 à 70% de plus que dans l’« hexagone » et même qu’en Guadeloupe. Jean-Luc Touly a aussi dénoncé la responsabilité de la SME, Société martiniquaise des eaux, filiale de la multinationale Lyonnaise des Eaux (devenue Suez) qui fait des profits colossaux sur le dos de la population, profitant de l’ignorance ou d’une certaine complaisance de responsables locaux.

Les membres du comité, eux, ont rappelé leur priorité, à savoir « faire baisser le prix de l'eau ». Ils réclament également un alignement à 4,78 euros sur l'ensemble de l’île et la mise en place d'une entité unique de gestion de l’eau en Martinique. Lors de cette réunion, de nombreuses personnes ont donné des exemples sur les abus qu’elles subissent au niveau de la facturation de l’eau mais aussi sur celle des compteurs. Tous étaient convaincus qu’il sera nécessaire d’amplifier la mobilisation pour faire stopper ces abus scandaleux des grosses sociétés capitalistes et des corrompus qui les soutirent.

En réalité, il faut imposer la transparence sur les décisions et les comptabilités de ces grosses entreprises capitalistes et bannir le secret des affaires. Ce ne sont que les travailleurs eux-mêmes qui, collectivement et consciemment, pourront mettre un terme à ces abus. En attendant, la mobilisation la plus large peut au moins mettre leurs pratiques au grand jour et aussi les freiner.


France : Les annonces de Macron, une hypocrisie

Jeudi 25 avril, le président de la république a tenu une conférence de presse pour annoncer ses mesures suite au grand débat national qu’il avait organisé en pleine crise des gilets jaunes. Il en a profité pour se faire de la publicité et tenter de ripoliner son image.  

Avec ces mesurettes, il fait semblant de s’intéresser au pouvoir d’achat des classes populaires. Il a annoncé que les pensions de retraites en-dessous de 2 000 € seront indexées sur la hausse des prix. Les petites retraites passeront à 1 000 € minimum pour les nouveaux retraités. Par contre, pour partir à la retraite avec une pension complète, il faudra travailler plus longtemps ! L’âge légal de départ à la retraite, 62 ans, ne bouge pas mais le temps travaillé augmente. De ce fait, les salariés ayant démarré une carrière tard ou ayant eu une vie salariale avec des périodes de chômage et de temps partiels partiront à la retraite encore plus tard s’ils veulent toucher une retraite à taux plein.

Lors de cette conférence, Macron a également annoncé l’allègement de l’impôt sur le revenu, soit une baisse de cinq milliards d’euros. Certes, cela soulagera un peu des porte-monnaie mais, là encore, le gouvernement donne d’une main ce qu’il reprend d’une autre. Il avait laissé entendre que ces cinq milliards d’euros seraient compensés par une diminution des exonérations d’impôts sur les entreprises. Sauf que peu de temps après, lors d’une rencontre avec le Medef (le syndicat patronal), le ministre de l’économie Bruno Le Maire a tenu à rassurer le grand patronat : il ne sera fait aucun mal aux réductions d’impôts et autres avantages de messieurs les gros patrons.

Aucune augmentation du Smic n’est prévue. Parallèlement Macron promet de réduire les dépenses publiques. Cela veut dire des licenciements dans la fonction publique. C’est aussi moins d’argent pour les écoles, pour la santé, pour les hôpitaux. Cela signifie davantage de difficultés pour les pauvres, pour les plus âgés, lors de leurs démarches dans les administrations avec moins d’agents pour les aider. Malgré les effets d’annonce autour de ces mesures censées soulager la population, la nature de ces réformes est claire : faire les poches des pauvres, appauvrir la classe ouvrière pour garantir les immenses revenus des très riches.


France : Procès des chefs criminels de France Télécom

Le 6 mai s’est ouvert à Paris le procès de Didier Lombard, ancien PDG de France Télécom / Orange, et de deux autres hauts dirigeants de l’entreprise, accusés de « harcèlement moral ». Car entre 2008 et 2009, 35 employés se sont suicidés, et pratiquement tous pour des raisons liées au travail. Le management par la terreur, le mépris, les déplacements forcés, les notations injustes, la culpabilisation des salariés qui engendrait la perte de l'estime de soi, tout cela a pris la vie des travailleurs. Didier Lombard déclarait lui-même « les départs, je les ferai par la porte ou par la fenêtre ». Ces dirigeants sont des criminels.


Venezuela : Guaido mis en échec

À la veille du Premier mai le président autoproclamé Guaido a tenté une action forte pour renverser le régime Maduro et s’installer au pouvoir : « l’opération Liberté ».  

Elle était basée sur le passage d’une partie importante de l’armée de son côté. Elle a échoué. Seuls quelques soldats lui ont fait allégeance. La défection des généraux annoncée par Guaido n’a pas eu lieu. Certains militaires vénézuéliens se sont d’ailleurs indignés que le camp Guaido ait tenté de les acheter.

Dans le camp même de Guaido et de la grande bourgeoisie, et même parmi les 50 chefs d’État qui ont parié sur lui, le doute semble s’installer. Ils n’observent pas une adhésion massive de la population à leur plan. Ils ont besoin d’une partie de l’armée vénézuélienne qui ne vient pas. Dans le pays les supporters de Guaido attendaient une intervention des États-Unis mais c’est aussi le risque d’un bain de sang. Ils parlent de plus en plus de « changement politique pacifique ». L’échec de l’opération très attendue par les partisans de Guaido a finalement favorisé le camp de Maduro. Ce camp semble résister avec également le soutien de la Russie, de Cuba et d’une partie de la population, malgré les souffrances imposées par la crise. Par ailleurs les menaces de Trump d’une intervention militaire américaine ont finalement ressoudé les liens autour de Maduro. De nombreux manifestants sont descendus le Premier mai dans la rue pour soutenir le successeur de Chavez.

Mais la population pauvre, les travailleurs, n’ont aucun contrôle propre de la situation. Tant que ce ne seront pas eux mais l’armée qui demeure le véritable arbitre de la situation actuelle, ils ne trouveront pas d’issue. Le fait que les exploités ne sont pas organisés en tant que classe pour défendre leurs propres intérêts est un frein pour une solution de la crise qui soit en leur faveur et qui mette fin à leurs souffrances.  


Algérie : la colère ne faiblit pas

Depuis presque trois mois, les Algériens manifestent par milliers chaque jour et par millions chaque vendredi, contre le pouvoir. Vendredi 4 mai c’était encore le cas. La colère a commencé à s’exprimer le 16 février, lorsqu’Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu’il se représentait aux élections présidentielles pour un cinquième mandat.  

La population a exigé et obtenu la démission du président Bouteflika et d’autres dirigeants proches du pouvoir. Ces démissions n’ont pas calmé la colère. Le départ de tous les dirigeants du pouvoir est maintenant réclamé. Parmi les personnes proches du pouvoir on trouve Sidi-Saïd, le dirigeant du syndicat unique, l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens). Il est à la tête du syndicat depuis 22 ans. Durant les mois de mars et d’avril, des travailleurs du public et du privé ont, à plusieurs reprises, fait grève pour exiger son départ. Grâce aux mobilisations des travailleurs, Sidi-Saïd a annoncé qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections pour élire le secrétaire général de l’UGTA. C’est une victoire pour les travailleurs sur ce chef syndical, relais du pouvoir et de la bourgeoisie algérienne parmi les travailleurs. Dimanche 5 mai, Saïd Bouteflika, le frère de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, et deux anciens chefs des services de renseignement du pays ont été placés en détention provisoire. Ils sont accusés de complot contre l’autorité de l’État.

Saïd Bouteflika était le conseiller de son frère depuis son accident cérébral en 2013. Il était même considéré comme le numéro un du pouvoir. Son arrestation et celle des deux anciens chefs des services secrets sont une manière spectaculaire de faire croire au changement. Mais ce n’est rien que de la mousse.

La colère ne faiblit pas car la population en a assez de la « mal-vie ». Les Algériens n’en peuvent plus des prix élevés, des salaires trop bas, du chômage de masse et de la précarité. Les dirigeants que la population veut voir tomber n’obéissent qu’aux lois de la finance et du profit, dictées par les capitalistes algériens et par ceux d’autres pays, comme la France par exemple. L’argent n’a pas de patrie. Les travailleurs sont le moteur des profits des capitalistes. La seule lutte capable d’améliorer à long terme le sort des classes populaires est celle des travailleurs.  


Guadeloupe : prochaines réunions publiques de Combat ouvrier

- Vendredi 10 mai 18h30 : Projection du meeting de Lutte ouvrière à Paris avec Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier. Maison des jeunes et de la culture du Gosier

- Vendredi 17 mai, 18h30 : Réunion publique de Combat ouvrier.
Thème : « Le samedi 25 mai, Votez pour la liste Lutte ouvrière - contre le grand capital, le camp des travailleurs » avec Jean-Marie Nomertin, candidat sur la liste. Salle du centre de ressources des Abymes. (En face de la maison des jeunes des Abymes, pas loin du stade)

- Vendredi 24 mai, 19h : Réunion publique à Capesterre-Belle-Eau. Dernier meeting de campagne. Thème : Votez pour la liste de Lutte ouvrière « Contre le grand capital, le camp des travailleurs » conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier avec Ghislaine Joachim-Arnaud et Jean-Marie Nomertin !


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