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Journal/Sommaire du journal CO n° 1233 du 11 janvier 2020/Pages 7 et 8

Pages 7 et 8

Dans les entreprises

Écho des télécoms
Les assassins s’en tirent bien

France Télécom et trois de ses ex-dirigeants ont été condamnés pour « harcèlement moral ». De 2007 à 2010, pour doper la rentabilité de l’entreprise, ils avaient tout fait pour obtenir 22 000 démissions. Il fallait faire craquer les salariés pour qu’ils partent : 19 d’entre eux s’étaient suicidés. L’entreprise et ces ex-dirigeants ont pris le maximum prévu par la loi : 75 000 euros pour France Télécom ; douze mois de prison dont huit avec sursis et 15 000 euros d’amende pour ses dirigeants. Oui, la loi protège les capitalistes assassins.

Pawòl a travayè bannann
Plantation Montebello : les ouvriers obtiennent 100 € de plus sur la prime, un exemple à suivre !

Les camarades avaient réclamé une augmentation de la prime de fin d’année par rapport à la hausse du coût de la vie ; ils ont obtenu 100 euros supplémentaires. Comme quoi ils ont bien fait de réclamer cette augmentation !

Prime de fin d’année : les camarades ont raison de se battre pour son augmentation !
Les ouvriers de la banane ont obtenu une prime de fin d’année suite à une grève victorieuse en 1998. À l’époque cette prime de 4 000 francs représentait 80 % du salaire mensuel. Aujourd’hui les 610 euros de prime ne représentent que 40 % du salaire !

SA Bois-Debout : une parodie de NAO
Le directeur Block voulait que les camarades signent son papier de « désaccord » pour justifier la tenue des NAO. Ils ont refusé. Dépité, Block a refusé d’organiser la fête de fin d’année. Ce qui n’a nullement attristé les camarades !

SA Bois-Debout : le budget café va diminuer en 2020 ?
En décembre, les camarades ont appris le départ de la directrice financière qui n'est autre que la fille de Louis Dormoy dite Man Billot. Elle touchait une paye mirobolante pour une tâche « stratégique et complexe » : préparer et boire le maximum de cafés dans son bureau. Mais pendant toutes ces années, les mobilisations des camarades ont su lui rendre son café amer !

SA Bois-Debout : quand Man Billot quitte la maison blanche…
Man Billot a quitté la villa qu’elle occupait sur la plantation. Chaque jour elle n’avait que quelques pas à faire pour aller à son bureau et à sa machine à expresso.

Tino Dambas, qui ne donnait rien, a lâché une petite prime
Avant la grève de 2017, T. Dambas qui refusait de verser la prime de fin d’année de 610 €, se vantait d’offrir des séjours en croisière à certains ouvriers, ou quelques euros. Pour se venger de la grève de 2017, Dambas ne donnait plus rien même aux non-grévistes. Cette année tous les ouvriers ont touché une prime avec des montants très variables, et même les anciens grévistes ont touché 200 € de plus sur leur salaire. Aurait-il peur ?

Plantation Bellevue : Lignières perd à son propre jeu
Le planteur Lignières avait décidé de discriminer une camarade en lui versant seulement la moitié de la prime de fin d’année, 300 €. Elle a retiré l’argent et s’est rendue sur la plantation en expliquant qu’elle voulait remettre un courrier de démission. Lignières était tout content… jusqu’à ce qu’il ouvre l’enveloppe et découvre les 300 € à la place de la lettre. Vexé, il s’est dépêché de revirer ces 300 € sur le compte de la camarade.


Plantation Haut-de-Cambrefort : Poumaroux voulait acheter les camarades avec un pot ?
Le planteur Poumaroux a voulu faire le malin en refusant de payer intégralement la prime de fin d’année aux camarades. Ils ont refusé de prendre son chèque. Il a prévu d’organiser « un pot de convivialité » le 2 janvier 2020. Mais les ouvriers ont appris que le même jour il voulait leur faire signer l’augmentation de la tâche et le prélèvement du temps de pause sur la journée. Les camarades se tiennent sur leurs gardes.

T. Dambas veut instaurer « l’heure d’hiver » avec plus d’un mois de retard
Durant une réunion qui a eu lieu fin décembre, sa représentante a expliqué aux camarades « qu’il fait noir le matin à 6h », et qu’il faudrait commencer à travailler à 6h30. Depuis quand T. Dambas se soucie-t-il des ouvriers qui travaillent dans le noir ?

T. Dambas semble bien coincé sans travailleurs !
Après avoir licencié une trentaine d’ouvriers parce qu’ils avaient fait grève en 2017, Dambas a du mal à faire tourner ses plantations sans travailleurs. Il harcèle désespérément Pôle emploi et l’organisme de travail saisonnier du groupement, sans succès. Récemment il a une nouvelle fois fait appel à une entreprise sous-traitante. Ce qui reste insuffisant pour produire 100 % du quota en 2020… T. Dambas n’a qu’à s’en prendre à lui-même !

L’écho des hôpitaux Guadeloupe
CHU : le cadeau de Noël
Le 25 décembre, aux Urgences, nous avons eu la visite de l’ARS. Madame Denux est venue dans le service faisant mine de s’intéresser à nos conditions de travail. Quand nous avons dit que rien n’avait changé depuis la grève, que nos conditions de travail et les conditions d’accueil des patients étaient de plus en plus catastrophiques, elle nous à fait miroiter une hypothétique prime, mais en ce qui concerne les conditions de travail et de soins, la hotte de la Mère Noël était vide. 


Inde : manifestation contre la politique du gouvernement

Le parlement indien a voté une loi qui a déclenché la colère d’une part, des musulmans, directement touchés, mais aussi de la plupart des Indiens. La répression a fait des dizaines de morts.  

Cette loi, le Citizenship Amendment Act (CAA), fait des Indiens musulmans (201 millions sur 1,3 milliards d’habitants) des citoyens de seconde classe. Elle modifie en effet la citoyenneté, supprimant la laïcité de la constitution. Elle permet en particulier à des migrants de toutes religions, sauf musulmane, d’obtenir la nationalité indienne.

C’est la politique du parti nationaliste hindou, le BJP, au pouvoir depuis 2014. Le BJP et le premier ministre Narendra Modi mènent une politique de division qui pourrait entrainer les Indiens de religion hindoue à le soutenir dans ses réformes anti-ouvrières.

La population, toutes religions confondues, a choisi de descendre dans la rue contre cette loi. Il faut dire qu’elle en a assez de la corruption du gouvernement, et du chômage qui n’a cessé de croitre depuis 2014. En Inde plus de 800 000 personnes vivent avec moins de 2,50 € par jour.  


États-Unis, Iran, Irak : l’escalade !

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, à Bagdad, en Irak, un bombardement de l’armée américaine a tué une dizaine de personnes dont le commandant en chef des troupes iraniennes intervenant à l'étranger, le général Qassem Soleimani. Cette attaque est un nouvel épisode dans la rivalité entre les États-Unis et l’Iran et cette fois, c’est sur le territoire de l’Irak, le pays voisin de l’Iran, que se déroulent les hostilités.  

La tension était montée d’un cran le 27 décembre, lorsqu’un tir de roquette a tué un Américain sur une base militaire américaine à Kirkouk, dans le nord de l'Irak. Les États-Unis ont attribué cette attaque à une milice, le Hezbollah irakien, soutien de l’Iran. Le 29 décembre, en guise de « punition », les États-Unis ont bombardé des bases du Hezbollah irakien. Au moins 25 personnes ont été tuées. Deux jours plus tard, le 31 décembre, des milliers de manifestants irakiens ont attaqué l'ambassade des États-Unis à Bagdad pour protester contre ces meurtres.

C’est pour se venger de l’attaque de l’ambassade que Donald Trump, le président américain, a ordonné l’exécution de Soleimani, cet important personnage pour l’Iran. Pour les États-Unis, l’enjeu est de maintenir sa position impérialiste au Moyen-Orient pour le contrôle des ressources pétrolières et minières de la région. L’Iran leur tient tête pour défendre sa propre zone d’influence régionale. L’Iran s’oppose aussi à une autre puissance de la région, Israël, qui est le protégé des États-Unis. Pendant des décennies, pour sanctionner l’Iran, les États-Unis et ses alliés impérialistes lui avaient imposé un embargo économique et commercial. Les relations s’étaient apaisées sous la présidence d’Obama lorsqu’en 2015, l’Iran s’était engagé à ne pas se doter de l’arme nucléaire. En 2018, Trump a remis en cause cet accord et a de nouveau pris l’Iran pour cible.

L’un des dirigeants de l’Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, promet qu’« une vengeance implacable attend les criminels » de Soleimani. Trump de son côté menace sur Twitter de frapper 52 sites stratégiques en Iran. Actuellement, personne ne peut dire si cette hostilité ouverte entre impérialistes américains et puissances régionales ne précipitera pas tout le Moyen-Orient, voire la planète, dans un nouveau chaos. Mais ce qui est sûr c’est que l’impérialisme US fait constamment planer cette menace.

Les dirigeants de l’État et une partie de la population d’Irak soutiennent l’Iran contre les États-Unis. Le sentiment anti-américain d’une partie des Irakiens vient de la guerre impérialiste menée par les États-Unis contre l’Irak en 1990-1991 et qui a laissé le pays dans le chaos. Aujourd’hui encore, les États-Unis maintiennent des milliers de soldats en Irak. Depuis le 1er octobre 2019, la population irakienne s’est soulevée à travers tout le pays pour protester contre le chômage massif, les pénuries et pour dénoncer la corruption du régime. Les dirigeants irakiens cherchent à détourner la colère de la population et à la diriger contre les États-Unis.


Hongkong : un nouvel an contestataire

Le 1er janvier, près d’un million de personnes ont participé à une nouvelle manifestation. Environ 400 manifestants ont été arrêtés durant des affrontements avec la police. Les manifestants continuent de mettre la pression sur le pouvoir local pour obtenir satisfaction à leurs revendications. Ils veulent une enquête indépendante sur les violences policières, des élections au suffrage universel, la libération des personnes arrêtées depuis le début du mouvement. Mais surtout ils ne veulent pas que Hongkong passe sous la tutelle de Pékin. C’est en continuant avec des mobilisations fortes que les manifestants pourront avoir satisfaction. Mais pour que de réelles perspectives s’ouvrent aux exploités de Chine et de Hong Kong, il faudrait que la contestation puisse gagner les travailleurs chinois. Ces derniers, durement exploités, sont une force potentielle immense. Il faudrait encore que la contestation ne se limite pas à remettre en cause la tutelle de Pékin et des capitalistes chinois mais aussi celle du capitalisme occidental.


Guadeloupe - Martinique : le chômage fait fuir les jeunes

La Guadeloupe et la Martinique sont les deux régions « françaises » qui perdent le plus d’habitants.  

Entre 2012 et 2017, elles ont perdu respectivement 13 000 et 15 700 habitants. La cause de ce dépeuplement est le départ massif de jeunes vers l’hexagone pour étudier ou pour trouver du travail. Bien souvent, ces jeunes ne reviennent pas parce qu’ici ne les attendent que le chômage et la précarité. En Guadeloupe et en Martinique, la moitié des jeunes sont au chômage. Pourtant, il y en a du travail. Dans les hôpitaux, par exemple, il manque cruellement de monde. Ou encore, pour la reconstruction du réseau d’adduction de l’eau en Guadeloupe.

Contre le chômage et la précarité, il faudrait exiger des embauches et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire dans les entreprises et les services publics.  


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