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Journal/Sommaire du journal CO n° 1236 du 22 février 2020/Pages 7 et 8

Pages 7 et 8

Guadeloupe : Procès Jean-Marie Nomertin Tino Dambas dwèt ka dédou

L’audience concernant la nouvelle plainte de Tino Dambas, gros patron exploiteur de la banane, contre Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG et porte-parole de Combat ouvrier, a été reportée au 27 mars prochain. Tino Dambas attaque une nouvelle fois en justice notre camarade qui soi-disant l’aurait traité « d’esclavagiste noir ».

Alors que les avocats, en grève contre la réforme des retraites, font ajourner les audiences depuis plusieurs semaines, le planteur exploiteur Tino Dambas a insisté pour que le procès ait lieu le 14 février. Il a échoué, le juge a renvoyé l’affaire au 27 mars. Ce fut une grande surprise de voir Tino Dambas dans la salle du tribunal. Depuis toutes ses attaques judiciaires, c’est la première fois qu’il vient au tribunal. Pas si surprenant, l’exploiteur avait appris qu’il n’y aurait pas de mobilisation des ouvriers en raison de la grève des avocats.

Tino Dambas qui a peur de la foule et des travailleurs a voulu faire le fanfaron le 14 février. C’était sans compter sur la détermination des avocats mobilisés. L’avocat « parisien » de Dambas pensait « débarquer en pays conquis » et soumettre les avocats de Guadeloupe. Ils se sont rebellés ! C’est avec le manque total de correction qui le caractérise que Tino Dambas a déclaré à une avocate qu’il « a plus de neurones qu’elle ». Cela a déclenché l’irritation de l’ensemble des avocats présents, Dambas a dû reculer. Tous lui ont fait comprendre qu’il n’était pas sur ses plantations ! Depuis des années, les ouvriers de la banane dénoncent les pratiques de ce patron revanchard. Le 14 février, les avocats et le personnel du tribunal ont pu voir le vrai visage de Dambas.

Le 27 mars à 7h, tous devant le tribunal de Basse-Terre pour faire le procès de celui que tout le monde surnomme « l’esclavagiste noir ». Tino Dambas doit perdre la boule


Guadeloupe : Commémoration de la mort de Jacques Bino

Mardi 18 février dernier, comme chaque année depuis sa disparition, un hommage lui a été rendu dans sa ville natale de Petit-Canal. Jacques Bino était un militant de la CGTG et du mouvement culturel Akiyo. Il a été tué par balles dans la nuit du 17 au 18 février 2009, lors de la grève générale. L’accord arraché le 26 février 2009, qui a permis une hausse de 200 € des bas salaires, porte son nom. Les circonstances de sa mort n’ont jamais été élucidées. Plus de dix ans après, ses proches et ses camarades de la CGTG continuent de demander justice.


Guadeloupe : Baisse du chômage ou hausse des trucages ?

Extrait du bulletin Pôle emploi. C’est à heure de grande écoute que Pelvoizin, le directeur de Pôle emploi-Guadeloupe, a été interrogé sur la baisse des chiffres du chômage en Guadeloupe pour l’année 2019. C’est un mensonge tellement énorme que le directeur régionale s’est senti obligé de préciser que cette baisse de 8% ne résout absolument pas le problème du chômage de masse subi depuis des lustres par les travailleurs en Guadeloupe.

Baisse du chômage, mon œil ! 8% en moins c’est le résultat de tripatouillages réguliers sur le comptage des chômeurs, du découragement d’une flopée d’entre eux qui renoncent à s’inscrire car ils ne bénéficient plus d’aucune aide du service public de l’emploi, du départ forcé de plusieurs générations de travailleurs vers des cieux pas forcément plus cléments et de la précarité galopante en Guadeloupe comme ailleurs.

Pelvoizin commence par donner l’exemple Ces annonces sont d’autant plus scandaleuses que le service public de l’emploi use et abuse de jeunes ou moins jeunes sous contrats précaires. La multiplication des petits boulots payés au lance pierre, c’est le cache sexe de la misère !


Dans les entreprises

Sucrerie en lutte (Gardel)
L’attente et la vigilance
La réunion dans la cour de l’usine donnera-t-elle une impulsion à la finalisation des NAO et au démarrage de la campagne ? Un bras de fer chaque année où les travailleurs de la canne sont sur leurs gardes face aux capitalistes sucriers qui bénéficient des subventions de l’État.

Pawòl a travayè bannann
Plantation Cambrefort : Poumaroux a voulu toucher aux congés, ils ont refusé !
La semaine dernière, le planteur a expliqué aux ouvriers qu’il n’y avait pas de travail pour vendredi, qu’il ne fallait pas venir. Il voulait prélever un jour de congé pour cette journée « sans travail ». Les camarades ont protesté. Quand il a compris qu’il devrait payer aux camarades cette journée non travaillée, il leur a finalement trouvé du travail. Journées non travaillées payées : une victoire de la grève de 2017 ! Avant, la plupart des planteurs pouvaient renvoyer les camarades chez eux en prétextant qu’il n’y a pas de travail. Ces journées étaient prélevées sur le salaire des ouvriers.
Depuis la grève de 2017, le message est bien passé parmi tous les ouvriers : ces journées non travaillées doivent être payées par les planteurs !


Haïti : réactions populaires contre les gangs

Alors que la gourde se déprécie et atteint la barre de un dollar pour 100 gourdes, les prix des denrées de base s’envolent, le salaire des ouvriers ne leur permet pas de faire face aux dépenses quotidiennes. Dans les quartiers populaires, les habitants sont à la merci des gangs armés. Les travailleurs, les djobeurs, les marchandes, ou les écoliers et étudiants courent le risque d’être dépouillés en sortant de chez eux ou en cherchant à gagner leur vie. Ils peuvent être abattus ou victimes d’un kidnapping. Les quartiers ont été bloqués pendant des semaines par des gangs au service de Jovenel, le président, des politiciens de l’opposition, ou de bourgeois qui roulent pour leur compte. Les quartiers ont été transformés en prisons sous la coupe des gangs rançonnant la population et toujours au service des possédants.

Mais dans les quartiers du sud de Port-au-Prince, à Martissant et Fontamara certains ont décidé de réagir ce mercredi 12 février. Plus d’un millier de personnes ont manifesté, en défilant dans la rue, pour dénoncer la montée de l’insécurité en scandant «  trop de gens meurent ! Assez de kidnapping ! », et ils appelaient les policiers à protéger les quartiers. 

Des dizaines d’étudiants et d’autres militants manifestaient en même temps dans les rues de la capitale pour dénoncer l’insécurité. À midi dans plusieurs quartiers du centre-ville et autour des universités, la population s’est fait entendre, sonnant l’alarme de la mobilisation contre l’insécurité. Cette opération « bat ténèb » où selon la consigne, on frappe sur des ustensiles, on klaxonne, ou à coup de sifflet, a pour but de rameuter le quartier pour faire face à des agresseurs. Ces initiatives montrent qu’il y a une partie de la population qui n’accepte pas le joug que tentent d’imposer les gangs armés à la solde des possédants, et qui cherche les moyens d’unir leurs forces pour relever la tête et faire face. Une opération qui si elle est prise en main par les travailleurs peut-être un espoir pour la population entière.


Guadeloupe : Station ESSO La Jaille une grève de 12 jours

Les salariés de la station sont en grève depuis le 6 février 2020. Ils demandent que le gérant respecte le code du travail. Ce gérant, qui a décidé d’appliquer sa propre loi dans la station, ne respecte pas le décompte des congés payés. Lorsqu’un salarié pose des jours de congé à la suite de ses deux jours de repos hebdomadaires, le gérant compte les jours de repos comme deux jours de congé. C’est du vol ! Les salariés se sont aussi rendus compte que leur planning avec heures modulables n’était pas légal puisqu’aucune convention n’a été signée à propos de cela. En vérité ils ont droit à un planning conventionnel à 35 h par semaine et c’est ce qu’ils réclament. Jusqu’ici le gérant continue de mentir en prétendant qu’il est dans son droit, les salariés qui demandent également le paiement des jours de grève restent déterminés.

DH : La grève est terminée. Un accord aurait été signé entre les grévistes et le gérant.


Guadeloupe : Grève des infirmiers libéraux

Le 11 février, les infirmiers libéraux étaient plusieurs dizaines mobilisés devant l’Agence Régionale de Santé à Gourbeyre. Ils dénoncent la réforme des retraites du gouvernement et leurs conditions de travail. Leur mobilisation a commencé le 20 janvier, avec une manifestation devant le siège de la Sécurité sociale, aux Abymes, puis en bloquant le rond-point de Perrin. Les infirmiers libéraux se déplacent beaucoup à domicile pour pouvoir soigner leurs patients. Ils sont censés bénéficier d’une indemnité selon les kilomètres parcourus, mais cela fait cinq ans qu’ils ne perçoivent pas cette indemnité.


Annonce: Réunion publique

Réunion publique de Combat ouvrier vendredi 28 février à 19h

Salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre Des listes « Combat ouvrier - Faire entendre le camp des travailleurs » conduites par :
- Jean-Marie Nomertin à Capesterre-Belle-Eau,
- Danielle Diakok aux Abymes et
- Marie Hellen Marthe dite Surelly à Fort-de-France.

Présentation de la politique exprimée par des communistes révolutionnaires dans cette campagne.


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