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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1198 du 05 mai 2018/Quatrième page

Quatrième page

Sommet des Amériques : des États sous contrôle des USA

Le 8ème sommet des Amériques s’est tenu à Lima au Pérou les 13 et 14 avril. Trente-trois pays de l’Amérique du Nord, de la Caraïbe et de l’Amérique latine y ont participé. Le Président du Venezuela Nicolas Maduro n’a pas été invité.

Ce sommet a lieu tous les trois ans depuis 1994, le thème de cette année était « la gouvernance démocratique face à la corruption » : tristement comique pour ces pays de dictatures et de corruptions ! C’est surtout l’occasion pour les USA d’intervenir dans la politique intérieure de ces États d’Amérique.

Ce sommet permet au gouvernement américain de continuer d’asseoir son hégémonie sur ce continent. Une hégémonie du capital financier, qui existe depuis la seconde guerre mondiale. Les USA ont investi dans la production de fruits tropicaux, les mines et les métaux précieux. L’Amérique latine tout entière est ainsi devenue la chasse gardée des États-Unis. Mais, la situation sociale y est souvent explosive à cause de la misère et du chômage qui est très important. Les dirigeants des USA qui se sont succédés y ont assuré l’ordre par des interventions militaires. L’impérialisme américain a fait subir de nombreuses violences aux peuples de cette région, appuyé par des chefs d’État à ses ordres.

Les pays qui essaient de résister à cet impérialisme, comme Cuba ou le Venezuela, sont mis à l’index. À ce sommet, quinze pays ont soutenu les États-Unis, dans une déclaration commune où ils considèrent comme « illégitimes » les élections présidentielles vénézuéliennes qui auront lieu le 20 mai. Ainsi, certains gouvernements assument bien leur rôle de gendarmes de la zone au service des intérêts de l’impérialisme américain, donc des grosses sociétés et des riches.


Dans les entreprises

Chantiers en lutte
Effets d’annonce
Si l’on en croit la direction d’Arcelor Mittal France, les usines du groupe devraient embaucher 700 salariés pour l’année 2018. Pour ceux qui ne connaissent pas la politique de Mittal, le chiffre peut paraître positif. Mais nous qui sommes sur le terrain, nous savons que nous sommes très loin du remplacement des départs naturels et des départs en retraite. Ce ne sont que des effets d’annonce. En réalité la direction voudrait encore diminuer les effectifs pour les prochaines années.

L’écho des hôpitaux Guadeloupe
CHU : cinq mois après, toujours rien
Pour décontaminer le CHU il faut attendre ; pour le délocaliser il faut attendre. Voilà ce que dit l’ARS (Agence régionale de Santé). En attendant, le personnel continue de tomber malade. La population, non sans raison, craint de mourir au CHU vu la surmortalité observée depuis l’incendie. L’État demande toujours plus d’enquêtes. Aucune décision ne sera prise avant au moins un mois. Pas besoin d’enquête pour comprendre que l’État ne veut pas donner l’argent !

CHU : Une délocalisation à problème
Les experts ont dit qu’il fallait entièrement vider la tour nord pour la nettoyer, mais l’institut Pasteur n’a pas la place pour accueillir tout le labo. Le pôle mère enfant doit patienter en attendant que la polyclinique se vide, le chef de service de la pneumo ne veut pas aller plus loin que la tour sud. La néphrologie et la dialyse devront attendre une décision le mois prochain, les mobiles devant accueillir les blocs opératoires ne sont pas aux normes… Pas de responsables pour régler tous ces problèmes ? À quoi sert donc la fameuse « équipe projet » qui était en attente des décisions de l’ARS ?
L’écho des hôpitaux Martinique
Sabotage en haut lieu
Le chef de pôle et le chef de service de l’imagerie ont démissionné. Ils voulaient un recrutement qui n’était pas aux normes requises pour le poste de radiologue. Comme cela leur a été refusé, ils ont désorganisé les activités en direction des consultants externes, en arrêtant la plupart des examens… Le carriérisme et l’intérêt des patients, c’est comme l’eau et le feu !

Tour de passe-passe
« Il n’y a pas d’argent magique », a lâché Macron pour toute réponse aux vérités qu’il a dû entendre, au CHU de Rouen, de la bouche d’une aide-soignante. Mais où va donc disparaître ce 1,6 milliard d’euros d’économies prévues sur les hôpitaux pour 2018, et les quelque 35 000 emplois que cette somme pourrait financer ? Il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux, mais il y en a pour les riches : plus de 3 milliards de cadeau pour ceux qui payaient l’ISF, 20 milliards de crédit d’impôt aux entreprises au titre du CICE, et bientôt la baisse de l’impôt sur les bénéfices des sociétés…

L’écho de l’aéroport
Chariots : la responsable en visite... pour un autre marché
La responsable de Multiservices est venue récemment de Martinique. En fait, elle vient non pour les chariots, mais pour un marché d’espaces verts. Tout ce qui les intéresse, c’est le fric, pas nos conditions de travail, sauf quand nous nous fâchons et que les chariots risquent de rester en rade.

SAGPC : l’ancien persécuteur a fait des émules...
Le cadre de la SAGPC qui harcelait les employés des sous-traitants a été mis à l’écart dans un poste où, on peut l’imaginer, il doit de temps en temps s’engueuler lui-même, histoire de se soulager. Malheureusement il semble qu’il ait fait des émules : certains superviseurs ont repris ses détestables habitudes de prendre des photos, nous harceler et « makoté » auprès de nos directions. Ils (et elles) devraient pourtant se rappeler l’exemple de leur prédécesseur : à force de placarder les autres, on finit par se retrouver au placard !

L’écho de Pôle emploi
Bas les pattes sur nos salaires
Le petit dictateur aux ordres de la direction générale fait pression pour remettre nos compteurs 2017 à zéro. Pour cela, la direction nous rend responsable de tous les débits. Elle ne fait pas le tri entre ceux qui sont dus au faux paramétrage du logiciel de gestion du temps de travail, et ceux dont nous, agents serions responsables. Entre les RTT qu’elle veut nous supprimer ou des diminutions de salaire, refusons de choisir.

Pawol a travayè bannann
S.A Bois-Debout : s’il y a trop de travail pourquoi licencier ?
Le 26 avril, le patron Block de Friberg a affiché une note pour demander aux camarades de faire des heures supplémentaires. Pour lui tout ceci serait de la faute du mois de mai avec ses jours fériés. Block préfère accuser le calendrier plutôt que de parler de la dizaine de camarades qu’il a licenciés depuis l’an dernier. Une fois qu’il aura licencié 39 de plus comme le prévoit son plan et qu’on ne sera plus en mai, on verra bien quel prétexte minable il prendra pour faire les camarades travailler plus longtemps.

Tino Dambas pris dans une spirale infernale !
T. Dambas voit bien que ses plantations ne tournent plus depuis qu’il a licencié une vingtaine de camarades. Ça le rend fou. Depuis une semaine, il essaye tout et n’importe quoi : faire venir des camarades de Matouba à Changy, mettre des horaires à la carte en fonction de chaque travailleur... De toute façon les camarades ont décidé de travailler 7 h par jour, pas au-delà, sauf si les heures supplémentaires sont payées. Dambas n'a qu'à faire appel aux licenciés.


Haïti : un Premier mai de lutte des travailleurs

Les travailleurs de la zone industrielle de Port-au-Prince ont manifesté, se mobilisant pour l’ajustement du salaire minimum à 1000 gourdes par jour (13€). Plus de 500 travailleurs, des jeunes femmes pour la plupart, ont avec enthousiasme et énergie manifesté depuis le parc industriel jusque devant le palais National. Ils ont aussi dénoncé les mauvaises conditions de travail avec des pancartes et des slogans.

Les patrons, le chef de l’État, Jovenel Moise, défenseur des patrons, et la police, bras armé du système, ont été les cibles. L’ONA, Office National Assurance, qui pompe l’argent des cotisations des travailleurs au profit des politiciens et patrons, a eu sa salve de slogans hostiles. L’OTR ( l’organisation des travailleurs révolutionnaires) a été remarquée avec ses slogans, le drapeau rouge, et ses bannières.

La manifestation s’est terminée sur la place du Champs de Mars qui est investie, comme chaque année, par une foire agricole organisée par le gouvernement. Ce dernier essaie de détourner la signification de ce jour de lutte en organisant une journée de l’Agriculture où les officiels font des discours sur le relèvement du pays et l’amélioration de l’agriculture. Les manifestants se sont heurtés aux policiers qui avaient délimité un cordon autour du Champ de Mars, mais finalement, ils ont eu accès à une place adjacente. Des syndicalistes ont pu prendre la parole, plusieurs travailleurs ont raconté leurs tribulations et ont affirmé ne pas arrêter la mobilisation pour arracher les 1000 gourdes. Plusieurs jours avant déjà, la colère ouvrière s’était exprimée : après le 18 avril il y avait eu une manifestation dans le parc industriel, et le 24 avril aussi où six usines étaient en grève. Le 1er mai montre que les travailleurs poursuivent la mobilisation. Ils peuvent compter sur la sympathie des masses pauvres qui s’est manifestée tout au long de cette marche du Premier mai. En face d’eux, le Conseil supérieur sur les salaires, piloté par les patrons et le gouvernement, se donne jusqu’au premier août pour publier un rapport dans lequel il dira s’il y a la possibilité d’ajouter quelques centimes sur le salaire minimum. D’ici là, les travailleurs ont la possibilité de faire entendre leurs revendications. La mobilisation pour l’ajustement du salaire minimum à 1000 gourdes est loin d’être terminée.  


Nicaragua : la population manifeste sa colère

Depuis 15 jours, le président Ortega fait face à des manifestations et à des émeutes dans de nombreuses villes. Les affrontements entre la police et les manifestants ont déjà fait 43 morts.

Le 18 avril, les étudiants révoltés contre la situation générale et la population se sont mobilisés pour protester contre la réforme des retraites. Cette réforme prévoyait une augmentation des cotisations alors que la pension de retraite était, elle, réduite de 5%. Après cinq jours de manifestations et d’émeutes, le 22 avril, Ortega a dû reculer et annuler cette réforme. Mais la violente répression du gouvernement a révolté les manifestants et les a conduits à poursuivre ce mouvement pour réclamer le départ d’Ortega. Cette revendication est particulièrement encouragée par l’organisation du grand patronat du Nicaragua (Cosep) soutenue par l’impérialisme américain qui tente de profiter de la situation pour déstabiliser le régime de l’ancien guérillero Ortega. Le Cosep qui appelle à poursuivre les manifestations était farouchement opposé à la réforme des retraites, non par bienveillance pour les travailleurs, mais parce que cette réforme prévoyait une augmentation des cotisations de 3,5% pour les patrons contre 0,75% pour les salariés. Les capitalistes comme le milliardaire Carlos Pellas, qui ont bâti leur fortune sur la misère de la population, voudraient passer pour des sauveurs. Face aux capitalistes soutenus par l’impérialisme américain et aux mesures d’austérité d’Ortega, les travailleurs et la population pauvre doivent défendre leurs propres intérêts de classe.


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