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Journal/Sommaire du journal CO n° 1230 du 16 novembre 2019/Quatrième page

Quatrième page

Bolivie : Démission forcée du président Morales

Trois semaines de manifestations soutenues par l’armée ont eu raison du président Evo Morales. L’opposition avait refusé son élection au premier tour, l’accusant de fraudes et, après son refus de faire un second tour, elle a exigé son départ.  

Le gouvernement de Morales soutenu par Cuba et le Venezuela ressemble à ceux de Lula au Brésil, de Maduro au Venezuela. Avec son parti, le Mouvement vers le socialisme, il a gouverné pendant 13 ans en menant des actions en faveur des plus modestes. Cette politique a été possible grâce aux revenus du gaz et du pétrole qu’il avait nationalisés. La pauvreté avait beaucoup reculé. Mais les grands propriétaires terriens ont pu continuer à s’enrichir, plantant par exemple du soja en détruisant la forêt. Cependant la politique de Morales d’aide envers les personnes âgées, les enfants, les Indiens méprisés - il en faisait partie - était déjà insupportable aux très riches et au gouvernement des USA.

La baisse du prix du gaz et du pétrole a appauvri le pays. L’opposition libérale de droite en a profité. L’armée s’est rebellée contre Morales. Aujourd’hui l’opposition veut gouverner avec cette armée. Les plus précaires n’y gagneront pas.


Chili : La colère ne retombe pas

Depuis un mois, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans tout le pays pour dénoncer la précarité qui touche toute la population.  
Les mobilisations ont commencé le 18 octobre, après que le gouvernement eut annoncé l’augmentation du prix du ticket de métro. Mardi 12 novembre, ils étaient plus de 80 000 à manifester dans les rues de Santiago, la capitale du pays. Malgré la répression, les étudiants, les travailleurs du public et du privé continuent de se mobiliser.

L’une des revendications du mouvement est de changer la constitution qui date de la dictature de Pinochet de 1980. Le 10 novembre, le président a accepté de changer la constitution, espérant calmer la colère populaire. Mais pour beaucoup d’autres manifestants ce n’est pas suffisant.
La population réclame aussi de meilleures écoles et retraites, un meilleur système de santé, et l’augmentation des salaires.


Argentine : Nouveau président, crise qui continue

Le 27 octobre dernier, à l’issue des élections présidentielles, le candidat péroniste Alberto Fernandez a battu avec 48% des voix le président de centre-droit sortant, Mauricio Macri. Les Argentins changent de président ; ils n’en finissent pas pour autant d’être en prise avec une crise financière, économique et sociale et avec les capitalistes financiers.  

Dans ce pays qui est la 3ème puissance économique d’Amérique du Sud, la population manifeste sa colère depuis plusieurs mois. Elle réagit face à la chute brutale de son pouvoir d’achat, provoquée par une inflation galopante (55 % en 2019) et un fort ralentissement de l’économie. La pauvreté touche désormais 35 % de la population soit un Argentin sur trois. Dans les villes, les files d’attente s’allongent pour retirer quelques pesos dans les banques ou même pour s’approvisionner. Les travailleurs de nombreux secteurs industriels sont frappés par le chômage partiel ou des plans de licenciements. Les plans d’austérité du gouvernement Macri ont été exigés par le FMI (Fond monétaire international), le super-banquier de la finance, en échange d’un prêt de 57 milliards de dollars. Ils font des ravages, notamment des suppressions massives de postes dans les services publics (enseignement, santé, etc.).

Face à cette situation de plus en plus chaotique, les manifestations des étudiants et des enseignants et les grèves se sont succédé tous ces derniers mois. Le 29 mai dernier, une 5ème grève générale depuis l’arrivée de Macri au pouvoir avait pratiquement paralysé la capitale Buenos Aires. Le nouveau président élu, Alberto Fernandez, prendra ses fonctions le 10 décembre prochain. Nouveau président, mais vieux routier du péronisme, il a déjà été aux affaires dans des gouvernements nationaliste et péroniste. Il a toujours prôné une forme d’entente entre travailleurs et capitalistes, s’appuyant sur les sentiments populaires et satisfaisant en fait les intérêts des gros possédants locaux. Au-delà de ses grandes déclarations affirmant qu’il « ne veut plus voir le peuple souffrir », pas plus que son prédécesseur Macri, ce nouveau président n’entend pas s’en prendre aux gagnants de la spéculation financière qui ruinent la population, aux banques et aux grandes entreprises. Sa première préoccupation sera d’honorer les traites de la dette contractée par Macri, même s’il essaie d’en « renégocier » les échéances. L’Argentine doit verser au FMI 24 milliards de dollars en 2020, puis 31 milliards de dollars l’année suivante. L’attitude de Fernandez sur les mobilisations contre les licenciements, le chômage et la pauvreté qui se sont développées ces mois derniers, a surtout été d’appeler à la « responsabilité », à « ne pas faire le jeu de la droite » jusqu’aux élections.

Pour ne pas continuer à être les victimes d’une crise dont ils ne sont pas responsables, les travailleurs et les masses populaires d’Argentine n’ont rien à attendre du nouveau président, car en définitive lui aussi essayera de leur faire payer la note du marasme. Pour imposer leurs exigences, ils n’auront à compter que sur leurs luttes.  


Résultat de l’extrême-gauche aux élections

Le front FIT-U, Front de Gauche et des Travailleurs-Unité, front électoral qui regroupe quatre organisations trotskystes, obtient 561 214 voix (2,16 %) à l’élection présidentielle et 2,96 % aux élections législatives qui se déroulaient en même temps pour le renouvellement partiel des deux chambres. La campagne du regroupement de l’extrême gauche a été visible dans les médias. Elle a été marquée par un meeting en plein air sur la plus grande avenue de Buenos Aires qui a réuni 25 000 participants.


Haïti : la supercherie de l’augmentation du salaire minimum

Au premier novembre, le gouvernement annonçait une « augmentation » du salaire minimum journalier de 20 %. Pour les ouvriers du textile il passait à 500 gourdes (4,65 euros) au lieu de 420 gourdes (3,91 euros). Par cette manœuvre le gouvernement du président Jovenel Moïse essaie de calmer la colère des ouvriers qui gronde. Car avec la chute de la gourde par rapport au dollar, il n’y a aucune augmentation pour les travailleurs mais bien une baisse du pouvoir d’achat. C’est que nos camarades de l’Organisation des Travailleurs Révolutionnaires expliquent dans ce tract diffusé à la porte des usines cette semaine.  

PÀWOL TRAVAYÈ

Salè minimòm ané 2019 la pi piti pase salè 2018 la ! Aprè 2 jou manifestasyon semèn pase a. Jovnel kouri pran yon dekrè pou swadizan ajiste salè minimòm nan a 500 goud. Men nou konstate : olyè salè a monte, se desann li desann. Poukisa ?
Nan mwa doktòb 2018, ouvriye faktori yo te rache 420 goud ki te vo 6 dola vèt. Lè sa a yon dola vèt te vo 70 goud. Jounen jodi a, ajisteman 500 goud la 5 dola vèt ak yon ti pousyè, paske yon dola vèt vo 95 goud. Konsa Prezidan an retire yon dola vèt sou salè tout travayè.
Se sak fè anpil patwon tankou Georges Sassine kouri aplodi 500 goud la. Depi kilè patwon te konn bat bravo pou ajisteman salè minimòm ! Si salè a te ka eksprime an dola vèt, li tap pi fasil pou nou konprann poukisa salè minimòm 500 goud la pi piti pase salè ane pase a. Se mobilzasyon nou ki te pouse Jovnèl pran desizyon 500 goud la, se toujou mobilizasyon nou kap penmèt nou rache yon bon ajisteman ki ka penmèt nou rale yon souf. Jounen jodi a, ajisteman salè minimò nan dwe plis pase 6 dola 2018 la. Fikse li an dola vèt oubyen peye li otodijou.

OTR-UCI Lendi 11 novanm 2019 An nou konte sou fòs nou  

Traduction en français :
Le salaire minimum de 2019 est plus faible que celui de 2018 Après les deux journées de manifestation de la semaine passée, Jovenel a pondu un décret pour soi-disant ajuster le salaire minimum à 500 gourdes. Mais on constate que le salaire au lieu de monter continue de descendre. Pourquoi ?
Au mois d’octobre 2018, les ouvriers d’usine avaient arraché 420 gourdes qui valaient 6 dollars. À cette époque, un dollar valait 70 gourdes. Aujourd’hui, l’ajustement à 500 gourdes vaut 5 dollars avec quelques centimes, car un dollar vaut 95 gourdes. Ainsi le Président a retiré un dollar sur le salaire de tous les travailleurs.

C’est pour cela que plusieurs patrons comme Georges Sassine s’empressent d’applaudir les 500 gourdes. Depuis quand les patrons applaudissent pour un ajustement du salaire minimum ! Si le salaire s’exprimait en dollars, il aurait été plus facile pour nous de comprendre pourquoi le salaire minimum de 500 gourdes est plus faible que celui de l’année passée. C’est notre mobilisation qui a poussé Jovenel à lâcher 500 gourdes, c’est toujours notre mobilisation qui nous permettra d’arracher un bon ajustement qui nous permettrait de souffler un peu. Aujourd’hui l’ajustement du salaire minimum doit dépasser les 6 dollars de 2018. Fixez-le en dollars ou bien payez-le en gourdes au taux du jour !

OTR-UCI. Lundi 11 novembre 2019 Comptons sur nos propres forces  


Hong-Kong : un policier tire à balle réelle

Le lundi 11 novembre un policier a tiré sur un manifestant à bout portant. La vidéo de la scène diffusée sur les réseaux sociaux a évidemment exacerbé la colère des manifestants et de la population. Durant la journée de lundi et de mardi cette colère s’est fait ressentir. Des barrages ont été érigés, nombre d’affrontements ont eu lieu avec la police. Le gouvernement chinois a apporté son soutien aux policiers et les a félicités pour leur « retenue ». Ceux qui ont le plus de retenue, pour l’instant, ce sont bien les travailleurs qui subissent l’exploitation capitaliste chaque jour. Et ce, jusqu’à ce qu’un jour leur révolte explose partout en Chine.


Tous devant le tribunal de Basse-Terre

Nouvelle attaque du planteur Dambas contre le camarade Jean-Marie Nomertin !

Celui que tout le monde surnomme maintenant « l'esclavagiste noir » reproche à Jean-Marie Nomertin de l'avoir soi-disant appelé ainsi.

Tous devant le tribunal de Basse-Terre le 22 novembre à 7h du matin !


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