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Journal/Sommaire du journal CO n° 1238 du 21 mars 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

Élections municipales : la campagne à Capesterre-Belle-Eau

Notre liste « Combat Ouvrier – Faire entendre le camp des travailleurs » est composée de travailleurs et de travailleuses combatifs. Parmi eux se trouvent 23 ouvriers agricoles de la banane, le secteur phare de Capesterre-Belle-Eau. Les travailleurs de la liste se sont investis pleinement, ont pris beaucoup d’initiatives et ont mené une campagne communiste révolutionnaire. Durant la campagne ils ont pris la parole dans les quartiers pour dénoncer l’exploitation capitaliste, et ont affirmé la nécessité de défendre le camp des exploités. Ils ont entrainé avec eux familles, amis et collègues. Avec une majorité d’ouvriers agricoles sur la liste, nous avons pu organiser des prises de paroles dans les plus grandes plantations de banane pour nous adresser aux travailleurs.  


Échos de campagne : discussions pour ou contre les idées communistes

Des militants présents Une dame un peu hostile a déclaré : « Je ne vois les candidats aux élections que tous les six ans et après, ils sont aux affaires, on ne les voit plus ». Une autre a protesté : « Ah non, ceux de Combat ouvrier, ce n’est pas vrai, ils sont là régulièrement, dans les entreprises, à la vente du journal, dans les ronds-points pour la distribution de tracts et au syndicat ».

Des convictions religieuses qui bloquent Une dame nous dit : « Moi, j’ai un autre combat. Tout ce que les hommes font échouera ! ». Sauf qu’après discussion, elle admet que seule la solidarité des salariés face à un patron peut empêcher un licenciement, des injustices. Elle permet aussi la grève, des augmentations de salaire indispensables vu la hausse des prix, le respect des droits des salariés.

Facéties d’un jeune qui comprend
Un jeune sortant d’un l’immeuble à notre arrivée : « Non merci, je n’ai pas l’âge de voter ! ». Mais il écoute quand même nos arguments et déclare finalement : « Bien sûr je comprends, je suis en intérim ! Mais je dois sortir, allez voir ma mère à tel étage ! ». Et la mère nous a très bien accueillis.

Une dame : « Moi, je vote toujours blanc ! » Nous lui expliquons que ce vote ne compte pas. Les gouvernants disent que ces électeurs n’ont pas d’exigences et ils pourront faire ce qu’ils veulent, ce qui convient aux patrons, aux capitalistes. Madame, si vous êtes indignée par cette politique, votez pour le camp des travailleurs. Les gouvernants qui voient des votes pour des candidats ouvriers, chômeurs, comprennent que vous ne croyez pas en les notables, les politiciens de la bourgeoisie, ils s’inquiéteront. « Ah, dit la dame, vous avez raison ! ».

Des encouragements à garder le cap Chaque jour nous rencontrons quelques jeunes, des travailleurs, des retraités qui nous disent que nous avons raison de militer contre l’exploitation capitaliste. Ils disent qu’ils ont ouvert les yeux avec Macron, ils savent maintenant que ce sont les travailleurs qui enrichissent les patrons et pas l’inverse. Les actions comme celle de Mare Gaillard convainquent. Chaque jour trois ou quatre personnes nous disent qu’elles voteront pour nous. Elles devraient faire passer le message autour d’elles.    


Écho de campagne - Contre le chômage : répartition du travail entre tous !

Un habitant des Abymes : « Pour régler le problème du chômage, les jeunes devraient ouvrir des entreprises pour embaucher d’autres jeunes ».

 Chez les jeunes, il y a 60 % de chômage, ce qui correspond à environ 10 000 jeunes sans emploi. Tous les jeunes ne peuvent pas ouvrir d’entreprises. Imaginons que quelques jeunes ouvrent de petites entreprises et en embauchent d’autres, cela ne sera pas suffisant pour donner du travail à tout le monde et régler le problème du chômage. Et n’oublions pas que, souvent, les petites entreprises ont du mal à survivre et finissent par fermer.

Ce qu’il faudrait faire contre le chômage, c’est répartir le travail entre tous. Plus de travailleurs dans tous les secteurs, moins d’heures de travail pour tous sans diminution de salaire, c’est cela la répartition du travail entre tous. Mais le grand patronat ne nous fera pas ce cadeau par pure gentillesse. Si nous voulons que des milliers d’emplois soient créés, il faudra l’exiger par des luttes.  


8 mars : Journée internationale de lutte des femmes

Cette journée internationale a été créée il y a plus de cent ans par des militantes socialistes dont Clara Zetkin, militante du SPD (Parti social-démocrate d’Allemagne) qui luttaient pour l’égal accès au travail et l’égalité des salaires entre hommes et femmes.

Le 8 mars 2020, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute la France pour dénoncer les violences faites aux femmes, l’inégale répartition des tâches domestiques, le recul du droit à l’IVG (l’avortement), mais aussi les inégalités salariales et la réforme des retraites. Le seul moyen de se débarrasser un jour de l’oppression des femmes, c’est de se débarrasser définitivement de sa cause : l’exploitation de l’homme par l’homme. La véritable émancipation des femmes viendra de l’émancipation générale de l’humanité libérée des chaînes de la société de classes.

En attendant, c’est grâce à leur propre mobilisation que les femmes obtiennent des droits, comme jadis le droit de vote et le droit à l’avortement. Encadré :  Comme chaque année, le syndicat CGTG (Confédération générale du travail de la Guadeloupe) a tenu à marquer le coup pour la journée internationale de lutte des femmes. Il a organisé la veille, le 7 mars, dans la salle René Élie aux Abymes, une soirée qui a rassemblé plusieurs dizaines de personnes. Elle a commencé par un exposé sur la réforme des retraites qui aggravera la situation des femmes salariées, suivi d’un débat sur les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Une jeune femme, cheffe de chantier dans le BTP, a témoigné du fait de travailler dans un secteur dit masculin. Puis le débat a porté sur les chiffres du chômage des femmes en Guadeloupe, car les femmes sont plus touchées par ce fléau que les hommes.

Enfin, la soirée s’est terminée par la projection de la vidéo de la lauréate du concours de plaidoirie pour les droits de l’Homme 2019, Tamaris Fürstenheim, une élève avocate à Montpellier. Elle y dénonce les grands planteurs de banane békés qui ont sciemment empoisonné au chlordécone les terres des Antilles. Elle prend l’exemple de Marie-Anne George, une ouvrière de la banane qui est atteinte d’un cancer du sang à cause de son exposition à ce poison. Marie-Anne a accepté d’être deuxième sur la liste « Combat ouvrier - Faire entendre le camp des travailleurs » aux élections municipales à Capesterre-Belle-Eau. Cette soirée très chaleureuse et fraternelle s’est terminée par un pot.  


Écho de campagne Capesterre-Belle-Eau : stop au droit de cuissage !

Lors de ses interventions dans les conférences électorales, une candidate sur notre liste racontait comment des responsables de la mairie exercent des pressions sexuelles sur des femmes et un odieux chantage à l’emploi ou au licenciement.
Notre camarade était elle-même en contrat avec la mairie quand elle a constaté cette situation. Jusqu’à présent elle en est révoltée. Un dénommé « braguette d’or » serait bien connu pour ces pratiques odieuses.  


Dans les entreprises

Échos des Télécoms
Il faut augmenter les salaires !
Bien qu’Orange ait annoncé un résultat net en hausse de 53 % à trois milliards d’euros, notre prime de participation est en baisse d’environ 15 % ! Comme Stéphane Richard a annoncé que les actionnaires verraient leurs dividendes augmenter... on sait où est passée notre prime !

Sucrerie en lutte
Marie-Galante, campagne sucrière repoussée
Le début de récolte prévu cette semaine est décalé pour les producteurs de cannes. La mise aux normes de l’usine n’est pas terminée. La sécurité des ouvriers n’est pas assurée. La commission mixte se réunira le 18 mars.

Écho de l’aéroport
ASG : « prime de vie chère» pour tous !
Lors des négociations après le dépôt du préavis de grève, il avait été acté que les nouveaux CDI devaient eux aussi bénéficier de la « prime de vie chère », en fait de l’application de l’accord Bino. Les salariés concernés ont d’abord constaté qu’il n’en était rien. Ils ont donc protesté et ont finalement obtenu gain de cause. Tous les salariés du privé doivent normalement bénéficier de cette mesure, comme il est prévu dans l’accord signé en 2009 en Guadeloupe. ASG : Nous aurions dû « tousser » un peu plus fort !
Après la visite de l’ARS le 28 février, des collègues ont menacé d’exercer leur droit de retrait si des masques de protection n’étaient pas fournis immédiatement. Dans le quart d’heure qui a suivi, des masques ont fait leur apparition sur le PIF (le bien nommé !) et le travail a repris. Nous avons pu constater une fois de plus que la mobilisation est plus efficace que les palabres. Cependant, ces masques ne constituent pas une protection suffisante, ni ne sont en assez grand nombre. Si nous avions « toussé » plus fort, nous aurions obtenu davantage. Mais l’occasion se présentera sans doute…
ASG : des mesures insuffisantes
Les masques ont été fournis, mais en quantité insuffisante. En fait, pour l’instant, la consigne est de les utiliser en les donnant aux passagers qui toussent… Peut-être la direction et la SAGPC reprennent-elles à leur compte la devise des mousquetaires : « tousse pour un, un pour tous », mais un simple masque ne suffira pas pour sécuriser une masse de passagers qui forcément sont proches les uns des autres. Il faut donc que les autorités prennent d’autres mesures en concertation avec le personnel pour mieux assurer notre protection.  


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