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Journal/États-Unis: Scandale « Blackface »en Virginie /Troisième page

Troisième page

Antilles: À propos du caractère « politique » ou pas du mouvement de 2009

Certains militants et dirigeants d'organisation déclarent souvent que la grève générale de 2009 en Martinique et en Guadeloupe n'a pas été "politique". C'est ce que veut dire par exemple Alain Plaisir quand il déclare que nous sommes « passés à côté de quelque chose » en 2009. D'autres militants ou dirigeants des PC-G et M, de la mouvance nationaliste disent parfois la même chose. Le mouvement serait resté purement revendicatif, économiste en quelque sorte et c'était donc là qu’aurait été sa faiblesse.  

La grève générale et la mobilisation populaire de 2009 en Martinique et en Guadeloupe ont été une grande poussée de fièvre ouvrière et sociale. Pas moins, mais pas plus. Les travailleurs, les masses en colère contre les bas salaires, la cherté de la vie, la « pwofitasyon » n'étaient cependant pas prêtes à remettre en question ni le statu quo social général, ni le statu quo politique. Cela tout le monde le sait. Mais le reproche fait par les tenants du dit « pas politique » est dirigé vers les organisations alors réunies dans le LKP qui n’a pas mis en avant la revendication du changement de statut dans le mouvement.

Ce ne sont pas sur ces revendications là que les travailleurs et la population s’étaient mobilisés mais contre les bas salaires et la «  pwofitasyon ». Il n'y aurait eu aucune mobilisation comparable sur la revendication du changement de statut des deux îles sous gestion impérialiste française. Alors, fallait-il dans le cours du mouvement lui même inscrire cette revendication dite « politique » ? C'est ce que certains ont voulu faire en proposant une charte politique du LKP de l'époque aux plus de 48 organisations le constituant. Certains, dix ans après refont la même proposition.

Cette charte politique n'a jamais vu le jour car elle divisait trop les organisations unies en priorité contre les abus et pour les 200 euros. En particulier, notre organisation, Combat ouvrier, s'est toujours opposée à la signature d'une charte ou d'un document politique commun, comme programme. Ce dernier ne serait en fait qu'une sorte de programme politique d'un Front pour l'autonomie ou l'indépendance. Nous rejetons cette perspective. Car en l'absence d'une direction politique de la classe ouvrière et des classes populaires elle ne profiterait qu'aux notables et aux classes possédantes. Mais admettons même que cette charte ait vu le jour en 2009 ! Cela aurait-il fait avancer dans les masses la volonté d'un changement de statut ? Certainement pas. Il n'en reste pas moins vrai que le mouvement de 2009 était devenu, par sa force, le nombre des manifestants, un mouvement de nature politique. Même s'il l'était au travers des revendications économiques des travailleurs et de la population. Politique, il l'était car il opposait massivement dans la rue et dans les entreprises, les travailleurs et les classes populaires au patronat et au pouvoir politique local et d'État. Ceux qui défendent en priorité les intérêts des travailleurs et des classes laborieuses y ont vu comme nous un mouvement de caractère politique lié aux revendications des masses exploitées. Certains partis nationalistes n'y ont vu aucun caractère politique car le mouvement ne mettait pas en avant les revendications de leurs dirigeants : autonomie, indépendance ou autre. C'est là que se situe la ligne de démarcation de classe entre notre groupe et eux. C'est selon le fait que l'on privilégie les intérêts des travailleurs et des masses pauvres à bien d'autres intérêts divers, que l'on parle de mouvement « politique » ou « apolitique » à propos de 2009. Il y a une politique des travailleurs.

Dans le mouvement de 2009, ces derniers ont fait une apparition de nature politique, dans le sens qu’ils prenaient un chemin, par la grève générale, car il n'y en pas d'autre, qui aurait pu conduire à une remise en cause même partielle de la domination patronale et des serviteurs politiques de cette classe, élus locaux et pouvoir colonial de Paris. Les travailleurs furent loin d'atteindre ce stade. Néanmoins c'est en ce sens que leur mouvement fut politique, y compris dans ses limites.  


France: Dieu n’a pas sauvé Barbarin !

Le 7 mars le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles commises par des prêtres sous sa responsabilité.  

Bernard Preynat, l’un des prêtres en question, est accusé d’au moins 70 atteintes sexuelles sur mineurs entre 1970 et 1991. Les victimes ont informé la hiérarchie de l’Église. Barbarin était au courant de ces agressions au moins depuis 2007. Pourtant,  en 2014, les prêtres étaient encore en fonction et en contact avec des enfants. Les victimes ont décidé de porter plainte contre les pédophiles mais aussi contre Barbarin. Ce dernier a déclaré « la majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits ». Il se réjouissait ainsi que la justice ne puisse les poursuivre. Les victimes se sont réunies et ont fait campagne pour dénoncer la responsabilité des autorités de l’Église. Grace à la mobilisation une enquête a été lancée en 2016. C’est un pas que la justice ait condamné Barbarin, mais c’est encore peu. Bien d’autres cas d’actes pédophiles sont couverts et protégés par l’Église. Cette condamnation devrait encourager de nouvelles victimes à Lyon et ailleurs à briser l’omerta qui règne dans l’Église catholique et aussi en dehors.


Il y a cent ans: La création de l’Internationale communiste

La révolution ouvrière éclata en Russie en novembre 1917. Les ouvriers et les paysans pauvres, avec à leur tête le Parti bolchévique, prirent le pouvoir après avoir balayé la bourgeoisie.
Les bolcheviks lancèrent immédiatement un appel au soulèvement en direction des opprimés du monde entier pour propager la révolution et renverser le capitalisme à l’échelle de la planète. En 1919, Lénine, Trotsky et leurs camarades du Parti bolchévique prirent l’initiative de fonder un véritable parti mondial de la révolution socialiste.

Le 2 mars 1919, une dizaine de représentants d’organisations révolutionnaires venus des quatre coins de la planète se réunirent à Moscou, en Russie, pour lancer la IIIème Internationale dite Internationale communiste (IC). L’Internationale communiste se donna pour tâche d’aider à la construction de partis communistes révolutionnaires (PC) partout dans le monde. Elle s’adressa aux peuples colonisés pour les appeler à rejoindre le combat du prolétariat mondial. Des PC furent créés dans des États d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie, partout dans le monde. En 1921, les révolutionnaires russes avaient réussi à repousser les armées bourgeoises pendant la guerre civile dans leur pays mais dans les autres pays, les révolutions échouèrent et le prolétariat russe se trouva isolé pour de longues années. À partir de 1923, la IIIème Internationale subit le même sort que l’État ouvrier russe, tous deux victimes du stalinisme. L’IC fut déroutée et avilie par des dirigeants qui ne voulaient plus faire la révolution mondiale mais qui voulaient défendre leurs propres intérêts de bureaucrates à l’intérieur de l’Union soviétique. Tous les véritables révolutionnaires, ceux qui avaient fait la révolution d’octobre 1917 et construit l’IC furent exterminés par Staline et son régime.

Léon Trotsky aussi. Cependant, les textes des quatre premiers congrès de l’Internationale communiste du temps où elle fut vraiment révolutionnaire, constituent un programme précieux pour les révolutionnaires communistes. Il constitue toujours pour notre courant trotskyste un guide organisationnel et politique de premier ordre.  


République dominicaine: Trujillo, digne fils de son père !

Un certain Ramfis Trujillo, qui se présente aux prochaines présidentielles, crache sa haine de l’immigration haïtienne. Il déclare avoir un plan pour empêcher les Haïtiens de venir étudier ou travailler en République Dominicaine. Le plan de ce Ramfis Trujillo semble copié sur celui de Trump : il veut construire un mur à la frontière entre Saint Domingue et Haïti.

Il parle d’immigration clandestine, mais c’est la seule possible actuellement. En 2015, même les Haïtiens ayant acquis la nationalité dominicaine ont en effet été expulsés de République Dominicaine, leurs papiers d’identité détruits. Pourchassés par la police, ils ont tout laissé derrière eux. Certains ont été tués. Aujourd’hui, sur les 250 000 chassés de chez eux, beaucoup, apatrides, se sont établis à la frontière sous des tentes de misère. Ils essaient de venir travailler comme ouvriers du bâtiment ou dans le tourisme. Certains veulent continuer leurs études en République Dominicaine.

Chaque jour, des femmes d’origine haïtienne traversent la frontière pour rentrer le soir en Haïti : elles travaillent comme servantes chez des Dominicains et souvent ne sont pas rémunérées. En 1937, le sanguinaire dictateur Rafael Leonidas Trujillo, père de ce Ramfis, avait organisé un massacre où 15 000 à 25 000 Haïtiens ont été tués. Il avait en outre fait croire que les crimes étaient le fait des paysans dominicains alors que c’était l’action de l’État, avec l’armée dominicaine. Les soldats présentaient un brin de persil et ceux qui ne savaient pas prononcer ce mot en espagnol (perejil) étaient tués.


États-Unis: Mumia AbuJamal révision du procès rejetée !

Le 25 janvier, le procureur Larry Krasner a rejeté la décision du juge Leon Trucker d’accorder un droit d’appel à Mumia Abu-Jamal.  

Tout semblait pourtant favorable à Mumia et la défense avait un espoir en raison des positions progressistes du procureur sur l’incarcération de masse, les discriminations sociales et raciales. Mais la police de Philadelphie et la veuve du policier assassiné ont exercé une forte pression, comme depuis le début de l’affaire, sur la justice. Lors d’une audience les policiers avaient occupé tous les sièges du tribunal sans laisser de place aux soutiens de Mumia et à sa famille. Ces policiers racistes veulent faire payer à Mumia, qu’ils traitent de « tueur de flic » la mort d’un policier. Le procureur n’a pas tenu compte de la disparition d’un dossier de Mumia qui aurait été un élément supplémentaire pour la défense.

Dès le départ il y a eu de nombreuses irrégularités de procédure. C’est grâce à la solidarité internationale que Mumia a échappé à l’exécution. Dès lors, pourquoi la justice n’a-t-elle pas envisagé la révision de son procès ? Ce n’est pas la décision du procureur qui empêchera la mobilisation des soutiens de Mumia jusqu’à une issue favorable à la demande de révision de son procès. Ce qu'on veut faire payer à Mumia c'est d'avoir été un ancien militant des Black Panthers et un militant de la cause des Noirs victimes du racisme. Il est en prison depuis 1981 c'est-à-dire 37 ans, et a passé plusieurs années dans le couloir de la mort. Depuis quelques années il n'est plus passible de la peine capitale, ce qui est déjà une victoire de la mobilisation internationale. Il est juste condamné à la mort lente. La mobilisation internationale finira bien par avoir raison de ce processus morbide et raciste.  


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