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Journal/Sommaire du journal CO n° 1243 du 30 mai 2020/Pages 5 et 6

Pages 5 et 6

Le SIAEAG condamné : une bataille gagnée, mais pas la guerre

Le 15 mai, le Tribunal Administratif a condamné le Syndicat intercommunal d’alimentation en eau et d’assainissement de la Guadeloupe (SIAEAG) à donner des packs d’eau et 300 € à chaque plaignant. Ce sont des habitants de Saint-François, sans eau depuis plusieurs semaines, qui ont porté plainte. Ils ont bien fait. Mais poursuivre le SIAEAG en justice ne suffira pas à résoudre l’énorme crise sanitaire de l’eau. Le 11 mai, au Gosier, des habitants ont manifesté contre les coupures d’eau. Le 23 mai, une centaine de personnes manifestaient dans le bourg de Saint-François pour exiger de l’eau au robinet. C’est cet exemple qu’il faut suivre, mais à grande échelle. Pour une réparation complète du réseau, c’est une mobilisation large et massive qui obligera l’État à verser le milliard d’euros nécessaire.  


Guadeloupe : Coupures d’eau le préfet, Chalus et les élus bouchent les trous

Vendredi 22 mai, le préfet accompagné de Chalus, président de région, et d’autres élus, ont fait leur coup de pub pour montrer qu'ils sont déterminés à régler le problème des coupures d'eau en Guadeloupe. Ils ont montré que trois chantiers ont été achevés dont celui de Mare-Gaillard à Gosier. Signalons que c’est suite à la mobilisation de la population du Gosier que les élus se sont rendu compte que le remplacement de la nouvelle pompe « ne coûtait que 6 000 euros ». Cela fait des années que le problème de la vétusté du réseau d’eau perdure. Ce n’est pas en rafistolant par-ci, par-là, à coup de quelques milliers d’euros que le problème sera résolu. L’État doit mettre un milliard tout de suite sur la table car c’est l’ensemble du réseau d’eau qu’il faut changer.


Guadeloupe : Petit-Bourg une baudruche vite dégonflée

Le maire de Petit-Bourg, Guy Losbar, voulait jouer au bon élève en ouvrant les écoles de la commune dès le 11 mai, comme le demandait le gouvernement.   Les agents ont été mobilisés, les profs convoqués, les parents informés… tout cela a été mené tambour battant, et abondamment relayé dans les médias. Losbar voulait vraiment obtenir un bon point. Quelques jours plus tard, patatras ! Toute cette communication n’a pas résisté à la triste réalité subie dans de nombreuses communes en Guadeloupe : le manque d’eau a obligé les écoles de Petit-Bourg à refermer leurs portes. Le collège de la commune, lui, ne pourra pas ouvrir avant septembre à cause de ce manque d’eau.


Martinique : Éducation quelle reprise ?

Macron a annoncé le 13 avril la reprise des cours à compter du 11 mai. À la place nous avons eu les tâtonnements de Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, et du recteur de l’académie.  

Le ministère de l’Éducation nationale a produit un premier « protocole sanitaire » d’une soixantaine de pages supposé organiser la reprise des activités scolaires dans un cadre sécurisé. Mais très vite sont apparues les limites de ce document à cause de ses préconisations strictes qui rendaient quasi inapplicable la mise en œuvre. C’est l’expérience faite à ses dépens par le maire de Case-Pilote, Ralph Monplaisir, partisan de Macron.

Pour sa part, le recteur avait programmé le 7 mai la réunion du CEN (Conseil de l’Éducation nationale) avec des points sur la réouverture des établissements. Mais quelques jours avant, la réunion a été annulée, puis reprogrammée pour… le 9 juin. Finalement, comme l’a déclaré une enseignante à juste titre, cette reprise annoncée n’a pas pour but de poursuivre le programme, mais faire des « révisions ». C’est-à-dire patienter jusqu’à la sortie du 4 juillet.

Macron avait évoqué la lutte contre les inégalités scolaires pour pousser les parents à retourner travailler comme le demandait le Medef. Mais il n’aura convaincu personne, à commencer par les parents eux-mêmes qui sont réticents à renvoyer leurs enfants à l’école.


Avis aux lecteurs et abonnés : reprise de la parution papier de Combat ouvrier, le 13 juin 2020 pour la sortie du numéro 1244

En raison du confinement puis des conditions du déconfinement, il nous a été impossible puis difficile et risqué de vendre notre journal imprimé à la criée. Toutefois, nous avons assuré la parution régulière en numérique. Le samedi 13 juin, nous reprenons la formule papier et nos ventes militantes publiques.


Martinique : Commémorations de l’insurrection anti-esclavagiste du 22 mai

Municipalités, associations, ou organisations politiques ont marqué les journées de lutte anti-esclavagiste par des soirées tambour, marches, hommages sur les lieux de la révolte. C’était aussi le cas dans certains quartiers comme à Volga-Plage. De son côté, la CGTM a commémoré l’événement à Fort-de-France dans les jardins du parc Aimé Césaire. La manifestation s’est déroulée sous forme d’ateliers théâtraux sur des thèmes de l’actualité sociale et dans le respect des mesures barrière. Les textes des nombreuses banderoles accrochées sur les lieux reflétaient tous la confiance dans la lutte des travailleurs et des opprimés pour leur émancipation.


Guadeloupe : La CGTG a commémoré la lutte des esclaves rebelles à Capesterre Belle-Eau

Une cinquantaine de camarades ouvriers agricoles et de plusieurs secteurs de la CGTG se sont rassemblés au rond-point des Mineurs à Capesterre Belle-Eau.

Ce lieu, à l'entrée de la plantation Bois-Debout est le symbole de l'exploitation des ouvriers d'aujourd'hui comme de nos ancêtres d'hier, réduits en esclavage. Une jonction a eu lieu avec le cortège des militants de l'UGTG. Le défilé de la CGTG s'est rendu au cimetière des esclaves situé à quelques centaines de mètres du rond-point. Plusieurs camarades ont pris la parole pour rendre hommage à tous ceux qui sont enterrés là et surtout à leurs luttes. Le secrétaire général, Jean-Marie Nomertin, l’a conclu en fixant les combats à venir contre les exploiteurs capitalistes actuels !


Guadeloupe : 27 mai hommage des jeunes du journal Rebelle ! aux esclaves insurgés !

Le 27 mai 2020, un groupe de jeunes du journal Rebelle ! a célébré les luttes des esclaves qui ont fait abolir l’esclavage le 27 mai 1848 en Guadeloupe. Ce journal contestataire réunissant des lycéens, des étudiants, des jeunes travailleurs et chômeurs est animé par des militants communistes révolutionnaires de Combat ouvrier et d’autres jeunes sans parti. Ce 27 mai, ils ont prononcé un discours devant la statue de Joseph Ignace, un officier noir rebelle, combattant de la guerre de 1802 contre les troupes de Napoléon Bonaparte venues rétablir l’esclavage. Ce discours a conclu sur la nécessité pour les jeunes de se battre aux côtés des travailleurs pour abolir l’esclavage moderne perpétué par le système capitaliste. Le rassemblement s’est terminé par la pose d’un drapeau rouge à côté de la statue d’Ignace.


Il y a 60 ans, les indépendances africaines (deuxième partie et fin)

L’État français admit l’indépendance des colonies d’Afrique après s’être assuré que les nouveaux appareils d’État étaient sous son contrôle. Il s’assurait aussi que leur administration économique était sous tutelle pour préserver les intérêts des capitalistes français, qu’il y avait une dépendance financière, et qu’il y avait un contrôle militaire français sur place. Ainsi en 1960 sont officiellement indépendants, le Cameroun le 1er janvier, le Sénégal et le Togo en avril, Madagascar en juin, le Bénin, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Tchad, la République centrafricaine, le Congo et le Gabon au mois d’août, le Mali en septembre et la Mauritanie en novembre. C’est au cours de la décennie qui suit que les autres pays suivront le même processus.

En Guinée, les dirigeants de l’époque, avec à leur tête Sékou Touré, avaient été les seuls dirigeants africains à faire voter pour le non au référendum constitutionnel de 1958 organisé par la France et De Gaulle. Ils rejettent la création de la « Communauté française » sous l’égide de la France. Ils proclament leur indépendance le 2 octobre 1958. Cette voie plus nationaliste tout comme la voie prônée par l’ex-puissance coloniale française conduira à une impasse pour le peuple guinéen et pour les autres peuples d’Afrique.

Les guerres d’indépendance du Vietnam et d’Algérie avaient certes ouvert la voie à un règlement global et sans guerre ouverte de la question coloniale en Afrique. Mais la voie était maintenant ouverte au néo colonialisme et à une autre forme de domination de l’impérialisme français.

La décolonisation de l’Afrique noire faite à froid a permis de maintenir les intérêts capitalistes en Afrique noire. Mais elle reste aussi le fruit de nombreuses luttes menées par la population et les travailleurs africains qui refusaient la soumission et l’exploitation coloniales. Il reste maintenant aux travailleurs africains et aux classes pauvres à conquérir leur émancipation totale du joug de l’exploitation capitaliste des exploiteurs locaux en lien avec l’impérialisme français, et des dirigeants locaux serviteurs corrompus des classes riches et de l’impérialisme français.    


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