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Journal/Sommaire du journal CO n° 1226 du 21 septembre 2019/Troisième page

Troisième page

Martinique : Lutte contre la violence, lutte pour une vie digne !

Depuis le début de l’année, le nombre de meurtres, notamment par armes à feu a atteint 17 en Martinique.  

Une telle situation inquiète de nombreuses personnes. À l’initiative du conseil citoyen de Volga et d’autres quartiers populaires de Fort-de-France ou de St Joseph, une première marche blanche a eu lieu dans les rues de Fort-de-France, le 17 août dernier. Quelques jours plus tard, les membres d’un collectif des conseils citoyens ont distribué des rubans rouges aux passagers des véhicules dans certains carrefours, appelant la population à manifester sa solidarité. Les conseils citoyens sont des structures de participation citoyenne issues de la politique de la ville mise en place par le gouvernement Hollande en 2014. Cette politique répondait à l’aspiration des habitants de pouvoir participer aux décisions locales. Mais elle avait surtout pour objectif de limiter la montée de la colère populaire dans les quartiers. Dans le même temps, l’État continuait à défaire les budgets des services publics…

Les associations ont aussi contacté Préfet, parlementaires, élus de la ville de Fort-de-France, ceux de la CTM. Les parlementaires ont interpellé le gouvernement, et le ministre de l’intérieur, déplorant jusqu’à présent son silence. Le collectif des conseils citoyens a été rejoint par les représentants des forces de police qui ont mis en avant un manque d’effectifs et de moyens pour exercer leurs missions. Ainsi, le vendredi 12 septembre, deux syndicats de la police (Alliance et FO) appelaient à leur tour leurs adhérents à un rassemblement devant le commissariat du Lamentin. Ils étaient rejoints par des membres du collectif, des habitants et aussi certains élus dont le maire de Fort-de-France. Environ une centaine de personnes se sont regroupées. Dans certains quartiers populaires, les discussions sur la montée de l’insécurité et sur la circulation des armes à feu, vont bon train. Mais voilà bien longtemps que l’État toujours au service des plus riches ne donne pas de moyens supplémentaires lorsqu’il s’agit d’améliorer la vie quotidienne des citoyens. Le développement de la délinquance et de la violence est en relation directe avec l’augmentation de la précarité, du chômage, de la misère et des injustices subies par les familles. Ce ne sont pas des phénomènes qui sont importés de « l’étranger », des îles avoisinantes, comme on peut l’entendre dans certaines discussions. La population a raison de se mobiliser pour que la liste de victimes ne s’allonge pas. Pour l’instant, les premières mobilisations ont surtout servi aux syndicats de police à mettre en avant leurs revendications.

Les habitants des quartiers populaires, eux, ont commencé à se faire entendre. C’est aussi en manifestant pour leurs propres revendications, en rejoignant la lutte des travailleurs pour une vie meilleure, pour un emploi et un salaire corrects pour chacun, une retraite digne pour les ainés, qu’ils iront de l’avant. La lutte pour une société plus humaine et sans violence doit être celle de tous les exploités.


Guadeloupe : Qualité de l’eau danger pour la santé

Un rapport publié début septembre par l’office de l’eau alerte sur la dégradation généralisée de l’eau en Guadeloupe.  

La cause : les produits chimiques utilisés en agriculture et le mauvais état du réseau d’assainissement. Les eaux souterraines, les rivières et l’eau de mer sont polluées par les pesticides, surtout par le chlordécone. Cela est d’autant plus vrai dans la zone sud Basse-Terre. Cette pollution arrive également dans le réseau d’eau potable qui est vétuste. En avril et mai 2018 les autorités ont laissé les habitants de Gourbeyre consommer de l’eau au chlordécone pendant plus d’un mois sans les informer. Le réseau d'assainissement et les stations d'épuration ne sont pas aux normes. Quatorze des 18 stations d'épuration de Guadeloupe ne fonctionnent pas correctement. Conséquence : les eaux usées finissent dans la mer, et aussi dans les robinets car les tuyaux du réseau d'eau potable sont poreux. En Guadeloupe, du fait du délabrement du réseau d’assainissement, l’eau dite « potable » a déjà été polluée par des matières fécales. C’est un grave danger pour la santé : risque de contracter le choléra, la dysenterie, la typhoïde et la polio.

Les responsables de cette situation sont les capitalistes, l’État et les élus. Les gros exploitants agricoles utilisent des pesticides en quantité sans se soucier des conséquences, tant que ça leur rapporte de l’argent. Véolia, multinationale capitaliste qui avait la gestion de l’eau, s’est contentée de récupérer l’argent des factures sans entretenir le réseau. Les élus ont trop longtemps laissé faire. L’État, serviteur des plus riches, ferme les yeux. Il faudra que la population et les travailleurs se révoltent en masse pour exiger des mesures d’urgences et imposer que l’État et les capitalistes, responsables de ce désastre, payent pour la reconstruction des réseaux d’eau et d’assainissement.  


Des tuyaux c’est bien, l’eau c’est mieux !

Le vendredi 30 août à Boisvin aux Abymes, Éric Jalton, maire de la commune et président de la communauté d’agglomération Cap Excellence, a présenté les travaux de raccordement entre l'usine d’eau potable de Perrin, inaugurée en juin dernier, et les réservoirs de Boisvin. Le but serait d'améliorer la distribution de l'eau aux Abymes et de diminuer légèrement la dépendance vis-à-vis du Syndicat intercommunal d'Alimentation en Eau et d'Assainissement de la Guadeloupe (SIAEAG) le distributeur de la zone. Depuis plusieurs années, les habitants de la commune sont victimes de coupures d’eau régulières, qui peuvent durer plus de 24 heures. En cause, la vétusté générale du réseau de distribution de l’eau. Éric Jalton reconnaît lui-même que les travaux, qui devraient s’achever en décembre 2019, ne mettront pas fin aux tours d’eau. Pour en finir avec cette pénurie il faudrait entamer de grands travaux pour reconstruire entièrement le réseau d’eau potable et embaucher des milliers de chômeurs pour ce faire ! On nous montre de belles images de chantier à la télé mais les usagers n’ont toujours pas d’eau ! Au point où nous en sommes, seule la population massivement mobilisée pourra forcer les autorités à prendre ces mesures d’urgence.


Bahamas : pour les pauvres, la double peine

L’archipel des Bahamas a été ravagé entre le 1er et le 3 septembre, par le très puissant cyclone Dorian. L’archipel compte 700 îles, les plus touchées sont celles de Grand Abaco et Grand Bahama. Le nombre officiel des morts est d’une cinquantaine mais il y a des milliers de disparus et le bilan humain est vraisemblablement extrêmement lourd.  

Après le passage de Dorian, la tempête Humberto, de moindre intensité, a rajouté au désastre en déversant ses pluies sur des îles déjà ravagées par le vent et les eaux. À cela s’ajoute une pollution par les hydrocarbures. Le site appartenant au géant pétrolier norvégien Equinor n’a pas résisté. Cinq des dix réservoirs ont été endommagés, les cuves ont débordé, déversant leur contenu dans l’environnement.

Certaines îles des Bahamas appartiennent à des milliardaires, d’autres abritent des hôtels de grand luxe. Mais la majorité des 390 000 personnes qui peuplent les Bahamas sont des pauvres qui tentent de subsister grâce aux retombées du tourisme. Si certains habitants ont pu débourser jusqu’à 20 000 dollars pour être évacués, il reste 76 000 personnes qui ont besoin d’une aide d’urgence. 4 000 sans-abri se sont réfugiés dans la capitale. Ils témoignent du grand nombre de cadavres qu’ils ont vu sur leur route. Sur l’île de Grand Abaco, le quartier pauvre nommé The Mudd (la boue) a été entièrement rasé. Il était peuplé d’émigrés, la plupart d’origine haïtienne, dont beaucoup sont sans papiers. Une semaine après le passage de Dorian, ils n’avaient reçu aucune aide. Pour Trump, il n’est pas question d’accueillir des réfugiés sans papiers, alors que les Bahamas sont situées très près de la Floride et sont le lieu de villégiature des très riches américains. Le cyclone Dorian a donc frappé bien plus durement les plus pauvres, les plus mal logés, qui sont ensuite laissés à l’abandon par un système capitaliste qui ne les prend en compte que pour les exploiter.  


Hugo, il y a 30 ans, quand la population se prend en mains

En 1989 Hugo, ouragan de force 4 a frappé violemment la Guadeloupe avec la destruction de 12 000 logements, pénurie d’eau potable et même de nourriture. La solidarité dans la population a permis à de nombreuses familles de ne pas plonger dans le drame. Les sinistrés se sont trouvés en butte aux retards administratifs, à la « sélection » électoraliste dans les mairies et souvent à l’isolement. Nos camarades de Combat ouvrier ont participé à la création de comités de sinistrés. Avec eux, au Moule 270 personnes ont pu s’organiser pour occuper l’hôtel COPATEL fermé depuis des années. À Sainte-Rose ce sont les occupants de terre déjà organisés qui ont aidé à la création de comités de sinistrés. À Petit-Bourg des comités avec des femmes en majorité ont pris en main les revendications de leurs quartiers. Ces actions ont montré la capacité de centaines de gens de la population de ne pas subir les insuffisances de l’administration qui a laissé des milliers de personnes sous les tentes pendant plus d’un an.


Martinique : métallurgie, la belle affaire du patronat

Dans certaines entreprises comme ENA au bassin de Radoub, le patron fait la pluie et le beau temps sur le dos des salariés. Il leur impose de faire des heures supplémentaires quand ça l’arrange. Mais ses calculs pour la paie sont basés sur 1586,55 heures effectuées sur toute l’année, en tenant compte des jours de repos, fériés et congés payés comme le prévoit la loi Aubry basée sur l’annualisation du temps de travail. Des ouvriers commencent à râler car ils en ont assez de cette situation. Pourquoi faire des heures supplémentaires… sans être payés ? Ils ont bien raison. Le patron n’a qu’à embaucher, il y a des dizaines de milliers de chômeurs qui cherchent du travail.


Mobilisation des parents à l’école Klébert Moinet

Le lundi 9 septembre les parents d’élèves ont empêché l’ouverture de cette école maternelle au Gosier pour dénoncer son insalubrité et sa dangerosité. Les coupures d’eau durent parfois une semaine et les citernes ne sont pas utilisables. Il y a des infiltrations d’eau, du matériel vétuste et le passage piéton, dans un virage devant l’école, est très dangereux. Les parents se sont fait entendre grâce à leur mouvement. Des travaux d’étanchéité seront faits avant la Toussaint, la mairie promet l’installation de citernes et des ralentisseurs doivent être posés sur la route.


Leclerc aux Antilles, pour ses profits !

Le groupe Édouard Leclerc, déjà présent en Martinique, vient installer des magasins en Guadeloupe en partenariat avec le groupe capitaliste Parfait de la Martinique et promet de faire baisser les prix des produits. Si Leclerc vient s’implanter en Guadeloupe c’est bien pour le profit et non pour faire baisser les prix. Ce qui entraine la baisse des prix c’est uniquement la concurrence entre les groupes capitalistes mais pas leur soi-disant bonne volonté. Lorsque des enseignes diminuent leurs prix elles le font toujours au détriment des travailleurs, en diminuant les salaires ou en augmentant les cadences. Et après avoir dégradé les conditions des salariés, les capitalistes finissent souvent par s’entendre afin de maintenir partout des prix élevés. Les seules véritables baisses de prix ont toujours été gagnées par la mobilisation.


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