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Journal/Sommaire du journal CO n° 1230 du 16 novembre 2019/Deuxième page

Deuxième page

Martinique:  Scandale du chlordécone les coupables peuvent et doivent payer

Une conférence-débat sur le scandale du chlordécone s’est tenue à l'université Paris Dauphine mercredi 6 novembre 2019. Cette initiative était pilotée par la préfecture de Martinique et le chercheur martiniquais du CNRS Malcom Ferdinand.  

À cette conférence-débat ont pris part des associations comme ASSAUPAMAR, Vivre, le professeur Luc Multignier, les universitaires Philippe Verdol et Justin Daniel, entre autres. La CGTM y était également représentée par deux membres de son Bureau confédéral : Gabriel Jean-Marie et Marie-Hellen Marthe dite Surelly. Cette dernière est intervenue à deux reprises durant les débats, puis sur la télévision publique France Télévision pour dénoncer la situation que vivent des milliers de travailleurs agricoles ainsi que leur famille à cause de l’utilisation de ce pesticide. Le scandale de la production, de l’utilisation, de la commercialisation de ce pesticide est dénoncé depuis longtemps par diverses associations, et par la CGTM.

Devant l’ampleur du scandale, le gouvernement a été contraint de céder sur la mise en place d’une commission d'enquête parlementaire sur l'impact du chlordécone aux Antilles, présidée par le député de Martinique Serge Letchimy. Ce dernier a auditionné de nombreuses personnes et associations en Martinique, mais a réussi l’exploit de ne pas inviter le syndicat CGTM qui depuis des années interpelle les pouvoirs publics. Les auditions ont permis de comprendre la responsabilité de l’État qui, par son attitude, a laissé l’impression de couvrir les patrons de la banane.

Les victimes de ce scandale n’ont pas à se faire d’illusions sur l’issue de cette commission d’enquête. Seule, une mobilisation massive des victimes de cette pollution couverte par l’État pourra contraindre ceux qui ont amassé d’immenses fortunes grâce à ce produit dangereux à réparer leurs « grosses bêtises » pour reprendre les mots d’un fabriquant-distributeur de ce poison, ainsi que l’État qui a été leur complice.    


Chlordécone : l’hypocrisie d’Agnès Buzyn

Les commentateurs de la presse et aussi les élus ont relevé que lors de son audition par la commission parlementaire sur le chlordécone la ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est montrée « compatissante » vis-à-vis des populations de Guadeloupe et de Martinique. Mais ce n’était que sur la forme !  

Ainsi, elle a reconnu que la « responsabilité de l’Etat était engagée ». Vingt-cinq ans après les faits, c’était bien le moins. La ministre a aussi fait part d’une nouvelle étude de cas de cancers lancée par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Elle se ferait sur les cinq prochaines années. Il y aurait aussi des travaux de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Tout cela, pour définir, d’ici mars et décembre 2020, les valeurs toxiques d’imprégnation et de référence.

Ces données doivent permettre l’évaluation du risque sanitaire et, dit-on, des mesures à prendre. Par contre, sur d’éventuelles mesures d’urgence et de nature « apaisante » Buzyn est restée évasive. Or les chiffres sont alarmants : de 2010 à 2014, le nombre de cancers s’est élevé à 500 par an et par territoire en Guadeloupe et en Martinique, alors qu’il était de 98 en France selon le journal France-Antilles du 15 octobre 2019. La ministre s’est déclarée non favorable à la prise en charge du dépistage gratuit dans le sang, le disant « anxiogène ». La mise à jour du tableau des maladies professionnelles intégrant les maladies dues au chlordécone, dont le cancer, et permettant une prise en charge des ouvriers agricoles, est toujours en cours. Pourtant, elle est réclamée depuis des années, notamment par les syndicats !

Le fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires (dont le chlordécone), inscrit dans la loi de finances 2020 de la Sécurité sociale, est un ersatz de fonds. C’est ainsi que le qualifient certaines associations telles Phyto-victimes. Il est restrictif et ne concernera ni toutes les victimes, ni tous leurs préjudices.

Sous des dehors bienveillants, la ministre Agnès Buzyn est donc dans la lignée de ses pairs gouvernants. Les faveurs pour les riches et les possédants, pour les travailleurs et la population laborieuse, des promesses et… des mesures au compte-gouttes.


Guadeloupe : Succès du repas de soutien à Combat ouvrier

Le repas de soutien à Combat ouvrier en Guadeloupe s’est très bien déroulé le dimanche 10 novembre dernier. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à la salle Joseph Théodore Faustin à Boisripeaux aux Abymes dans une ambiance fraternelle, et dans la bonne humeur. Ceux qui voulaient juste acheter un repas à emporter ont pu le faire, comme prévu. Après le repas, les danseurs n’ont pas été déçus. Le comité de rédaction du journal Combat ouvrier remercie chaleureusement tous les militants, sympathisants, amis et parents, qui ont permis le succès de ce repas et de cette journée.


Féminicides : la série noire se poursuit

Le dimanche 10 novembre, en Alsace, une femme de 40 ans a été poignardée à mort par son mari. C’est le 131ème féminicide cette année en France.  

En Guadeloupe, lors du même week-end prolongé du 8 au 11 novembre, trois femmes victimes de violences conjugales se sont présentées à la police. L’une d’entre elles avait été frappée à coup de cailloux et de chaise. En Martinique, au cours de ce même week-end, un incendie a eu lieu dans le quartier Trénelle à Fort-de-France. Il semblerait que le compagnon d’une jeune femme aurait tenté de la brûler. Un autre homme, d’origine martiniquaise, a défenestré sa compagne en métropole. En quelques jours, les médias ont ainsi reporté qu’une femme est morte et que plusieurs ont été blessées. De nombreuses autres femmes ont subi des coups et des insultes, sans même que leur cas ne soit recensé. Les associations qui aident les femmes battues expliquent qu’elles souffrent généralement en silence, sans oser dénoncer les abus qu’elles subissent.

Mais même lorsque ces femmes trouvent le courage de porter plainte, bien souvent leur calvaire se poursuit. Soit parce que les policiers ou les gendarmes ne les écoutent pas, soit parce qu’ils mettent trop de temps à intervenir. Le gouvernement a organisé plusieurs mois de débats sur cette question, pompeusement baptisés « Grenelle des violences conjugales », qui doivent s’achever le 25 novembre. Les associations féministes estiment qu’il faudrait un milliard d’euros pour faire face à l’urgence. Pour le moment, les propositions du gouvernement sont bien insuffisantes.


Étudiants : manifestations contre la précarité 

Des milliers d’étudiants se sont mobilisés dans toute la France le mardi 12 novembre. Ils protestent contre la pauvreté qui touche les étudiants. Ils ont formé des rassemblements dans plus de 40 villes devant les Crous, centres régionaux responsables des bourses et des logements pour les étudiants, et ont manifesté. À Paris ils ont protesté en envahissant le ministère de l’enseignement supérieur. Cette mobilisation est une réaction à l’immolation par le feu d’un étudiant, devant un Crous, quatre jours avant. Dans une lettre d’adieu il dénonce sa situation d’extrême précarité où il n’a ni bourse, ni revenu, ni logement. Il dénonce également dans sa lettre la violence de cette société et de son chômage de masse. La pauvreté touche plus de 20 % des étudiants en France et, comme pour les retraités ou les chômeurs, le gouvernement réduit toujours plus l’argent qui devrait être alloué à ces étudiants. PS : l’étudiant est aujourd’hui hospitalisé, entre la vie et la mort.


Contre les campagnes anti-musulmans, contre tous les racismes

Après l’attentat d’extrême-droite contre la mosquée de Bayonne et toute une campagne raciste et xénophobe, il y a eu des marches dans plusieurs villes contre le racisme et les attaques contre les musulmans. En France, les travailleurs du Maghreb ou d’Afrique noire souffrent régulièrement d’attaques verbales, de violences racistes. Ainsi il leur est reproché de ne pas être de bons républicains juste parce qu’ils donnent des prénoms arabes à leurs enfants ! Le Rassemblement national, et plus sournoisement Macron, mènent campagne contre les migrants et les musulmans afin de récupérer les voix des électeurs racistes et xénophobes. Nos camarades de Lutte ouvrière ont participé à ces marches pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs musulmans qu’ils côtoient dans les entreprises : « Plus que jamais, il faut affirmer que les travailleurs, quelles que soient leur origine ou leur religion, constituent une même classe ».


Guadeloupe : Colère des personnes handicapées

Le 6 novembre, face au mépris de l’administration, des personnes souffrant d’un handicap et des associations ont manifesté leur colère dans les locaux de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) au Gosier. Suite à cette action elles ont été reçues le 8 novembre et ont obtenu des engagements d’améliorations. La MDPH, censée accueillir, informer et accompagner la personne handicapée, n’exerce pas correctement sa mission. Les personnes handicapées sont mal reçues, il n’y a pas d’accueil téléphonique, les dossiers sont traités en retard, certaines allocations ne sont pas versées régulièrement et beaucoup se retrouvent sans ressource pendant plusieurs mois.

Quand on est pauvre, on n’échappe pas à la précarité, ni au chômage. Mais quand on est handicapé et pauvre, la situation est bien pire. Cette catégorie de la population fait les frais de la politique menée par les différents gouvernements, en particulier celle du démantèlement des services publics. Les services utiles à la population disparaissent progressivement au prétexte de faire des économies. Par contre, l’État n’exige pas des plus riches qu’ils se serrent la ceinture. Chaque année, le gouvernement verse des milliards d’euros d’aides, de cadeaux fiscaux aux grands capitalistes qui continuent de s’enrichir. Tandis que la situation des classes populaires ne cesse de se dégrader.