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Journal/Sommaire du journal CO n° 1238 du 21 mars 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Guadeloupe : COVID-19 de l’eau pour appliquer les mesures d’hygiène

 Il y a, au 18 mars, 18 cas de contamination au coronavirus en Martinique et 33 cas en Guadeloupe. Il y a aussi une circulation du virus dans la population par le biais de porteurs asymptomatiques (sans signes cliniques). Les mesures préconisées pour freiner la propagation sont les mesures « barrières », des mesures d’hygiène préventives. Il s’agit de tousser ou d’éternuer dans son coude, d’utiliser des mouchoirs à usage unique, de ne plus se serrer la main et d’appeler le 15 en cas d'aggravation des symptômes respiratoires. La mesure essentielle est le lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon, ou avec une solution hydroalcoolique.

Mais quand il n’y a pas d’eau ? L’incurie, la gabegie réalisée par les responsables des collectivités devient criminelle. Avec la persistance des tours d’eau dans plusieurs communes, comment faire dans les familles et dans les quartiers pour appliquer une simple mesure d’hygiène, se laver les mains ? Le problème se pose aussi pour les collectivités scolaires, collèges, lycées, fac ou crèches où il faut assurer l’hygiène habituelle et qui doit être renforcée avec des lavages plus fréquents. Heureusement ils sont fermés pour quelque temps. Au niveau des entreprises publiques ou privées, les agents se posent la même question. Les ouvriers doivent avoir accès à des sanitaires avec de l’eau mais aussi du savon, du papier et autres essuie-tout jetables.

Devant la carence des collectivités dans la gestion de la pénurie d’eau, la colère des habitants des quartiers pourrait éclater. Il y a moyen de faire pression sur les gestionnaires de la mairie par des actions collectives au niveau du quartier. Les habitants de Mare Gaillard au Gosier ont donné l’exemple en bloquant la circulation le temps nécessaire à obtenir satisfaction. Diverses actions collectives peuvent être envisagées et organisées par les habitants. Dans les entreprises privées ou publiques, les ouvriers ou les employés peuvent aussi exiger la mise en conformité des mesures d’hygiène sur le lieu de travail.

Dans les secteurs non vitaux, ils ont intérêt à faire valoir leur droit de retrait comme l’ont fait déjà des travailleurs dans certaines entreprises en France et aux Antilles.  


SA Bois-Debout : nouvelle victoire des ouvriers !

Le 16 mars, la Cour d’Appel de Basse-Terre a confirmé la décision du Conseil des Prud’hommes du 31 mars 2017 qui condamnait la direction de la plantation SA Bois-Debout à payer des dizaines de milliers d’euros de rappels de salaire à chacun des 63 ouvriers qui avaient porté plainte.  

L’ensemble des ouvriers de la plantation, près de 150, avaient fait grève entre le 4 et 13 avril 2017 avec le blocage du principal axe routier de l’île pour faire appliquer la première décision du 31 mars 2017. Cette décision concerne des rappels de salaires sur cinq ans : non-respect de la mensualisation, prélèvements non justifiés sur les salaires, non-application de l’accord Bino et du 13ème mois que seuls les cadres touchaient. L’ensemble de ces sommes représente entre 15 000 et 30 000 euros pour chacun des 63 ouvriers. La détermination des grévistes avait forcé le petit-fils Dormoy, Block de Friberg, l’actuel directeur, à se rendre sur le barrage pour signer un accord engageant le versement immédiat d’une partie des rappels de salaires. Le jour de la reprise, la direction avait dû remettre à chacun des 63 ouvriers 10 000 euros, et le directeur s’engageait à verser également des rappels de salaires aux 89 autres ouvriers qui n’avaient pas – à l’époque – déposé de plainte aux Prud’hommes.

Cette grève victorieuse des ouvriers de Bois-Debout amorça la grève générale des plantations de mai-juin 2017 qui elle aussi fut victorieuse. Le directeur Block de Friberg, qui voulait se venger, a fait appel de la décision des Prud’hommes de mars 2017 en fanfaronnant qu’il allait gagner et faire les ouvriers lui rembourser les 10 000 euros. Au final la mobilisation massive des ouvriers lors des audiences à la Cour d’Appel a payé. Les juges ont confirmé l’intégralité de la première décision des Prud’hommes.

Les ouvriers sont bien décidés à faire appliquer cette nouvelle décision pour exiger le versement des sommes restantes !


Dans les entreprises

L’écho de Jarry
EDF Centrale Jarry : la direction ne comprend que le langage de la grève !
Pour ceux qui ont travaillé dans l’ancienne centrale EDF en équipe de deux-huit, une prime nous était versée chaque mois. La direction a décidé de verser la prime en une fois. Mais elle nous a payé seulement la moitié de ce qu’on nous devait. Donc, mercredi 4 mars, on a fait une journée de grève. Le jour même, la direction nous a payé la totalité de la prime. La grève : la meilleure arme des travailleurs ! 

Écho de Pôle emploi
Bassères à temps partiel à Pôle emploi
Le DG de Pôle emploi a été chargé depuis décembre dernier par le ministre des comptes publics, Darmanin, de produire un rapport à la fin du mois de mars 2020 sur la responsabilité financière des gestionnaires publics. Le DG qui gère la grosse institution Pôle emploi, à mi-temps, ça fait vraiment pas sérieux !
Bassères au service des riches
Cette commande de Bercy doit à terme déboucher sur une réforme des comptes des collectivités territoriales. Autant dire un rapport qui prévoira de nouvelles économies pour remplir les coffres forts des grosses sociétés capitalistes !
Il a choisi son camp
Rien d’étonnant à ce que le DG de Pôle emploi soit au service de ce gouvernement. Cet ancien chef de l’inspection générale des finances avait participé à l’équipe de campagne de Macron. Comme tous les grands commis de l’État, il n’est pas dans notre camp !

Écho des hôpitaux (Martinique)
Une situation qui ne doit rien au hasard !
La crise sanitaire du coronavirus met en évidence le manque de moyens pour la santé que nous sommes nombreux à dénoncer depuis des années. Les gouvernements successifs et les directions successives du CHUM ont fermé des lits et intensifié notre travail pour faire des économies sur la santé. Le CHUM est régulièrement déclaré « en tension ». Avec l’extension du coronavirus, il risque de passer « en surtension ».  


Deuxième communiqué de Combat ouvrier après les résultats du premier tour des élections municipales

 Nous remercions tous les électeurs qui ont voté pour nos listes « Combat ouvrier - Faire entendre le camp des travailleurs », les 215 de Fort-de-France (1,49 %), les 237 des Abymes (1,40 %), les 431 de Capesterre-Belle-Eau (6,40 %). En France nos camarades de « Lutte ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs » ont obtenu une moyenne de 1,40 % des suffrages sur leurs 260 listes de l’hexagone.

Notre camarade Jean-Yves Payet (Lutte ouvrière) sur l’île de la Réunion à Saint-Benoît a réalisé un score de 2,36 % avec 302 voix. En votant pour nos listes, ces électeurs ont voté pour le seul courant communiste révolutionnaire lors de ces élections, au sein de la classe ouvrière antillaise sous domination française. Nous avons fait une campagne communiste et les électeurs qui ont voté pour nous ne se sont pas trompés de choix.

C’est ce qu’il y avait de mieux à faire dans ces élections face aux représentants locaux des grands partis de gouvernement, de gauche ou de droite, qui s’attaquent tous aux intérêts des travailleurs et des couches populaires. C’est ce qu’il y avait de mieux à faire face aux notables locaux de tous bords qui ne roulent que par intérêt personnel. Nous tenons à souligner notre score de Capesterre-Belle-Eau et de la liste conduite par nos camarades, Jean-Marie Nomertin et Marie-Anne George, avec 33 travailleurs dont 23 ouvriers agricoles des plantations de banane. Nous doublons notre score de 2014.

Cette remontée à Capesterre-Belle-Eau ne nous permet pas cependant de nous maintenir au deuxième tour. Mais elle est la preuve de l’existence d’une implantation, encore modeste mais bien réelle, au sein de la classe ouvrière et des couches populaires de Capesterre-Belle-Eau. Dans cette commune, nos militants et les travailleurs de Capesterre-Belle-Eau sauront transformer ce petit progrès électoral en une force sociale bien plus importante dans les mois et les années à venir, aussi bien sur le terrain des luttes sociales que dans les prochaines élections. En cette période de pandémie, nous encourageons nos camarades à respecter les consignes pour tenter de freiner au maximum l’épidémie due au Covid-19.

Le gouvernement s’apprête à accorder des centaines de milliards au grand patronat. Il faudra que les travailleurs se battent durement après la crise sanitaire pour éviter la baisse de leur niveau de vie au profit des grands bourgeois. Il faudra notamment qu’ils exigent des indemnisations fortes pour eux-mêmes, la suppression de la réforme des retraites et de l’allocation chômage. Mais aussi des augmentations de salaire, des plans d’embauches massifs, notamment. Notre force reste le regroupement, la cohésion et la lutte sans merci contre les exploiteurs et leurs serviteurs politiques.
Mardi 17 mars 2020, pour Combat ouvrier : Marie-Hellen Marthe-dite-Surelly Danielle Diakok Jean-Marie Nomertin   Martinique : Nos résultats à Fort-de-France  À Fort-de-France, notre liste « Combat ouvrier - Faire entendre le camp des travailleurs », conduite par la camarade Marie-Hellen Marthe-dite-Surelly a obtenu 215 voix.

Nous remercions les 215 électrices et électeurs qui ont fait le geste utile de voter pour leur camp. Ils ont aussi voté pour le programme de lutte de classe face au système capitaliste que nous avons développé dans les médias, sur nos tracts et circulaires durant toute la période électorale.

Dans ce climat marqué par les consignes de sécurité face à l’épidémie due au coronavirus et le confinement mal défini par le gouvernement, les électeurs de notre camp se sont peu déplacés. Mais lors de nos réunions ou en allant à la rencontre de jeunes, travailleurs, retraités, tout au long de la campagne, nous avons eu de nombreux échos favorables aux interventions de notre camarade Surelly. Hommes, femmes, jeunes, étaient nombreux à dire qu’elle osait dire tout haut ce qu’ils pensaient tout bas, notamment sur la nécessité de taxer les riches ou de faire payer les pollueurs.

Alors, pour nous, le résultat est certes faible et même en recul par rapport au résultat de 2014. Mais pour l’instant, l’important est bien que grâce à eux, grâce à l’ensemble des travailleurs, jeunes, retraités qui se sont portés candidats sur notre liste, nous avons pu assurer ainsi la permanence du courant communiste révolutionnaire parmi la classe ouvrière à Fort-de-France et au-delà.


Les résultats en Martinique

En Martinique, les électeurs des petites communes de Grand’Rivière et Fonds St-Denis ont « dégagé » les équipes en place. Dans 25 autres communes sur 34, ils ont conservé les maires sortants. Cela a été le cas à Fort-de-France, où Didier Laguerre, le maire PPM, a été élu devant la liste indépendantiste de Francis Carole. Ou encore dans la ville du Robert où le divers gauche, Alfred Monthieux, est réélu devant la représentante de la droite et du macronisme Chantal Maignan. C’est le cas aussi pour d’autres soutiens de Macron : Nestor Azérot le maire de Ste Marie, Ralph Monplaisir à Case-Pilote ou Christian Rapha à St Pierre. À noter que ce dernier a pu compter sur le soutien du PPM ! Dans sept autres communes, les électeurs devront voter une seconde fois. Ces résultats ont été obtenus le plus souvent sur fond de désintérêt de la population durant la campagne et d’abstention massive augmentée par la circulation du virus Covid-19. Ainsi, avec une abstention record de 75 % et plus de 5 % de votes blancs et nuls, le maire de Fort-de-France n’est élu qu’avec 25,1 % des inscrits.


Écho de campagne à Fonds Cacao (section de Capesterre-Belle-Eau), le 12 mars

Un jeune homme de Capesterre-Belle-Eau a pris la parole lors d’un meeting de campagne. Ce jeune diplômé en mécanique a expliqué que trouver du travail est un parcours du combattant, que les quelques patrons qui embauchent sont des voleurs qui profitent du chômage. La commune ne l’aide pas. Pour vivre il est obligé de prendre des petits jobs non déclarés. Les jeunes travailleurs ou chômeurs ont tout intérêt à prendre conscience que ce système ne leur apportera rien de bon et que la meilleure des choses à faire est de le combattre !