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Journal/Sommaire du journal CO n° 1246 du 25 juillet 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Guadeloupe : Ensemble, les travailleurs en lutte face aux attaques patronales !

Les travailleurs mobilisés (énergie, transport, ouvriers agricoles, stagiaires de la Will Academy) ont décidé d’agir ensemble face aux attaques patronales.

Ils sont déterminés à faire des actions jusqu’à obtenir satisfaction. Le 9 juillet, ceux de l’énergie, du transport et de la banane étaient mobilisés à l’espace régional du Raizet.

Le 15 juillet ils se sont rassemblés à la centrale Diesel Export pour dénoncer devant la presse les attaques patronales, les licenciements, le non-paiement des salaires et les conditions de travail qui se dégradent. Leurs actions groupées vont se poursuivre.


Guadeloupe : Centrale Énergies-Antilles : non aux licenciements !

Depuis le 23 juin la Centrale Energies-Antilles (Diesel Export et IDEX) a fermé ses portes laissant sur le carreau près de quarante travailleurs. Les 23 et 24 juin, les travailleurs de l’électricité (Albioma, Centrale géothermique, EDF, et Énergies-Antilles) ont fait grève pour protester contre la fermeture de la centrale et le fait que ce sont des « licenciements économiques ». Cette fermeture a été approuvée par l’État et la Région Guadeloupe sous prétexte de « transition énergétique ». Cependant, rien n’a été prévu pour que les salariés ne se retrouvent pas sans travail du jour au lendemain. Ces licenciements sont d’autant plus inadmissibles que l’entreprise fait plusieurs millions de bénéfices chaque année. Les travailleurs sont déterminés à défendre leurs emplois et exigent la reprise de l’activité ou l’embauche des salariés dans les autres entreprises d’électricité.


SA Pajamandy : salariés sans salaire

Depuis le mois de mars 2020 les salariés de la société n’ont pas reçu de salaire. La SA Pajamandy est une société de transport à la CANBT (Communauté d’Agglomération du Nord Basse-Terre). Elle a arrêté son activité de transport en décembre 2019. Elle a continué à verser les salaires jusqu’en février 2020, mais depuis les travailleurs sont sans revenu. La CGTS (Compagnie Guadeloupéenne de Transport Scolaire) - l’autre entreprise qui occupe le marché - serait censée reprendre les salariés mais elle refuse. Que ce soit de la SA Pajamandy ou de la CGTS, les salariés veulent leur salaire !


SA Bois-Debout : Les ouvriers toujours mobilisés

 Le 7 juillet les ouvriers agricoles de la banane étaient de nouveau mobilisés devant la plantation SA Bois-Debout à Capesterre-Belle-Eau. Ils réclament l’exécution de la décision de justice du 16 mars 2020 et de l’accord de grève du 13 avril 2017 concernant le paiement des rappels de salaires. Les travailleurs du transport étaient également mobilisés pour soutenir les ouvriers de la banane et réclamer eux aussi le paiement de leurs salaires. La SA Bois-Debout doit des dizaines de milliers d’euros aux travailleurs. Les ouvriers sont fermes : la SA Bois-Debout paiera ! Ce jour-là, la colère était forte et les travailleurs ont barré la route nationale 1 et se sont fait entendre.


Will Academy : une escroquerie dénoncée

Des stagiaires et ex-stagiaires de la Will Academy (un organisme de formation pour adultes) ont déposé plainte contre l’organisme qui ne remplissait pas ses obligations. La Will Academy est lancée en novembre 2019 soi-disant pour accompagner les personnes précaires dans leurs projets. Les stagiaires se sont vite rendus compte de l’arnaque : salaires non-versés, harcèlement des stagiaires, formation vide, démissions. La mobilisation des stagiaires a poussé les autorités à ouvrir une enquête. Cette formation est financée par le département à hauteur de 475 200 € dont 75 % ont déjà été versés. Une bonne partie de cet argent aurait été détournée.


Aéroport Pole Caraïbes : la crise pèse sur les travailleurs en sous-traitance

 Comme dans les autres aéroports la baisse des vols a réduit les revenus de l’aéroport. La « taxe d’aéroport » payée par les voyageurs est considérablement réduite. Mais toutes les sociétés ne sont pas en « grande difficulté ». À Pôle Caraïbes, les sociétés de sous-traitance chargées de nettoyer l’aéroport et celle chargée des parkings sont invitées à limiter le nombre d’agents en service chaque jour. De ce fait ceux par exemple responsables de l’aéroport doivent non seulement faire leur travail mais aussi celui de la société du parking qui n’a envoyé personne. À l’heure où les masques abandonnés par les voyageurs et autres visiteurs jonchent le sol, le nettoyage ne peut être fait « à fond » comme l’auraient souhaité les travailleurs. Non aux économies de bouts de chandelle !


Martinique : Ségur de la Santé pour quel accord ?

Dans les hôpitaux, un accord issu du Ségur sur la Santé a été signé sur le plan national par les syndicats CFDT, FO et UNSA. Mais il est accueilli souvent avec réserves et même avec déception. La CGT, elle, a réservé sa réponse jusqu’au 20 juillet. Au CHUM, la plupart des agents consultés dans plusieurs services ont signifié leur refus de voir signer un tel accord. Pour le moins, ils auraient voulu que des améliorations soient portées aux propositions du gouvernement.  

Selon cet accord, dans les hôpitaux et les Ehpad publics et privés sans but lucratif, les salaires des agents titulaires ou contractuels, paramédicaux, administratifs, techniques et ouvriers devraient augmenter de 183 euros nets par mois, en deux fois : septembre prochain et mars 2021. Évidemment, c’est grâce aux luttes des agents hospitaliers que ce minimum a été arraché. Mais cela est loin des 300 euros au minimum, demandés par les agents depuis plus de deux ans.

Dans le secteur public, l’accord prévoit une augmentation supplémentaire uniquement pour les soignants, les personnels médico-techniques et de rééducation, sous la forme d’un passage à la catégorie supérieure dans les grilles salariales… d’ici 2022. Il n’y a rien de précis sur les possibilités de promotion professionnelle, surtout pour les catégories les moins qualifiées. Par contre, pour arrondir les fins de mois, l’accord prévoit des nouvelles recettes pour travailler plus alors que les agents sont le plus souvent à saturation du fait du manque de personnels. Ainsi les cinq premières heures supplémentaires seront mieux payées, ou encore une équipe s’étant fixé un objectif et l’ayant atteint pourra recevoir une prime d’intéressement collectif…

Question effectifs, alors que la fonction publique hospitalière représente un million de salariés à l’échelle nationale, le ministre Véran ne promet de pourvoir que… 7 300 postes vacants et d’embaucher 8 000 agents supplémentaires. À peine quinze embauches pour un établissement de 1 000 salariés. C’est une goutte d’eau ! Et toujours selon l’accord, il n’est pas question de revenir sur les suppressions de lits en cours depuis des années dans les hôpitaux. Au final, l’accord fait place à encore plus de flexibilité dans le temps de travail. Il est question de plus de « souplesse », de « négociation locale » avec une enveloppe budgétaire supplémentaire soi-disant afin de faciliter ces négociations. Pas étonnant qu’une grande partie des agents de la Santé ne se reconnaisse pas dans ce prétendu accord sorti du Ségur... Il en est de même dans les hôpitaux de Martinique, et spécialement au CHUM où les agents continuent à faire face quotidiennement au manque de matériels et à des conditions de travail dégradées. À coup sûr, ils continueront à se mobiliser pour arracher les améliorations auxquelles ils ont droit et pour refuser « le retour à l’anormal » après une période du Covid-19 qui n’en finit pas !  


Guadeloupe : CHU un procès anti grève

La direction, avec en tête le directeur Gérard Cotellon, veut faire condamner la CGTG et l’UTS-UGTG à payer 8 000 €, plus 3 000 € de frais de justice. La raison invoquée : lors de la grève du CHU en 2019, les grévistes auraient bloqué l’entrée principale.

En juillet 2019, les agents des urgences du CHU de Guadeloupe démarraient une grève. Ils dénonçaient le sous-effectif, le manque de matériel et la précarité de l’emploi (plus de 80 % du personnel des urgences est en CDD). Parallèlement, les agents de la maternité étaient mobilisés et le mouvement gagna rapidement d’autres services. Pendant plus de deux mois, des centaines d’agents sont restés mobilisés et le 1er et le 13 août 2019, plusieurs milliers de personnes de la population ont participé aux marches appelées par les grévistes.

C’est tout cela que la direction du CHU n’a pas supporté. En août 2019, elle avait fait condamner les syndicats UTS-UGTG et CGTG à des astreintes pour soi-disant blocage de l’entrée du CHU. Lundi 29 juin 2020, se déroulait l’audience pour le paiement des astreintes. Un rassemblement a eu lieu devant le tribunal de Pointe-à-Pitre. Le verdict sera rendu le 21 septembre 2020.

Notre camarade et soignant, ex-gréviste aux urgences, Rony Tillé, en procès pour soi-disant menace de mort sur un cadre de l’hôpital pendant la grève, vient d’être relaxé par le tribunal le 10 juin 2020. Si les soignants sont aujourd’hui des « héros », alors, que Cotellon et sa bande arrêtent ces procès ridicules !


Baie-Mahault : une répression contre la grève

Le 26 juin, 80 personnes étaient rassemblées devant le tribunal de Pointe-à-Pitre pour soutenir cinq agents de l’UTC-UGTG de la mairie de Baie-Mahault. Ils sont poursuivis par le maire de la commune, Hélène Polifonte. Les agents avaient fait grève en janvier dernier pour exiger que l’accord sur l’augmentation des salaires, signé pendant la grève d’octobre 2019, soit respecté. Le procès a finalement été renvoyé au 22 juillet 2020.


Gustin, serviteur de l’État des patrons

Philippe Gustin n’est plus préfet de la Guadeloupe. Il devient directeur de cabinet du nouveau ministre des Outremers, Lecornu. Ces hauts fonctionnaires ne sont en fait que les grands serviteurs du grand capital et des exploiteurs. C’est pour cela qu’ils roulent et qu’ils tournent… de préfectures en ministères.