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Journal/Sommaire du journal CO n° 1226 du 21 septembre 2019/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Procès Dambas contre Nomertin : tous devant le tribunal de Basse-Terre le mardi 1er octobre à 7h !

Jean-Marie Nomertin, porte-parole de notre organisation « Combat ouvrier » et secrétaire général de la CGTG est convoqué le 1er octobre au tribunal pour une audience en appel.   Tino Dambas – un gros planteur de banane surnommé l’esclavagiste noir – n’avait pas supporté que Jean-Marie Nomertin dévoile qu’il est en partie responsable de la mort d’un ouvrier de 62 ans. T. Dambas avait porté plainte pour diffamation. En première instance, Jean-Marie Nomertin avait été condamné à une amende avec sursis de 5 000 €, 2 000 € de dédommagement et 1 000 € de frais de justice. Les ouvriers de la banane et l’ensemble des travailleurs et des militants doivent se servir de ces attaques pour non seulement faire le procès de Tino Dambas, mais aussi celui du grand patronat et de tous les exploiteurs qui sévissent en Guadeloupe !


Tino Dambas, vengeur inassouvi !

Le 10 septembre, 22 ouvriers étaient convoqués au tribunal des Prud’hommes suite à une plainte du gros planteur T. Dambas. Après avoir licencié la plupart d’entre eux, Dambas leur réclame maintenant 60 000 euros de « dédommagement » pour leur grève de 2017. Les travailleurs s’étaient mobilisés pendant plusieurs semaines pour faire appliquer l’accord victorieux de la grève générale des plantations de mai-juin 2017 et contre les licenciements. Deux ans plus tard T. Dambas, qui n’a toujours pas digéré la combativité des anciens grévistes, veut les faire payer. Après avoir été débouté par le tribunal de grande instance qui avait classé sa plainte sans suite, Dambas tente sa chance aux Prud’hommes. Le procès a été renvoyé au 12 novembre 2019.


Procès du planteur Max Narayaninsamy

Le 13 septembre, le directeur de la plantation Banamax, Max Narayaninsamy, était convoqué au tribunal suite à une enquête sur l’emploi de travailleurs non déclarés. Ce planteur a pour habitude de faire tourner sa plantation avec une majorité d’ouvriers non déclarés. Depuis la grève de mai-juin 2017, le petit groupe de travailleurs déclarés a décidé de ne plus se taire. Les grévistes de Banamax avaient dénoncé les magouilles de Max Narayaninsamy et les conditions de travail inhumaines sur la plantation. En 2018, il avait été convoqué à la police et avait reçu une amende de 48 000 €. Les ouvriers s’étaient mobilisés en décembre 2018 et avaient gagné le paiement intégral de la prime de fin d’année, dans laquelle le directeur voulait piocher pour payer son amende. Le procès du 13 septembre 2019 a été renvoyé au 24 janvier 2020 mais il a permis aux ouvriers présents, les anciens grévistes, de réaffirmer leur détermination face à ce planteur qui ne respecte pas la législation du travail en vigueur.  


Martinique : La comédie d’un patron

Dans France-Antilles Martinique du 6 septembre 2019, Emmanuel de Reynal, président de l’association « Contact entreprises » a tenté de s’acheter une bonne conscience.  

Dans la page « Débats » parue dans le France-Antilles sous le titre « Agir… au nom du principe de précaution » Emmanuel de Reynal commence par : « Nous revendiquons à tout bout de champ le « principe de précaution » dès lors que nos connaissances sont jugées insuffisantes, pour… ne pas agir. Au nom de ce principe constitutionnel, combien d’initiatives ont été gelées, combien d’innovations ont été abandonnées, combien de projets ont été découragés sur le simple motif que « plus aucun risque ne doit être pris » ? » Mais de quels champs parle-t-il ? Des champs de banane !!! Et quelles « initiatives ont été gelées », l’épandage du chlordécone par exemple ? Plus loin ce même patron écrit : « Nous vivons sur une terre nourricière. Mais si nous épuisons ses ressources, si nous exploitons intensivement ses sols et ses forêts, nous condamnons notre planète à être plus chaude encore, et surtout nous mettons en péril nos conditions mêmes de subsistance ». Ah bon ! Et ce NOUS, répété « à tout bout de champ », de qui s’agit-il ? Du capitalisme à l’échelle mondiale, des capitalistes békés de la banane en Martinique ? C’est bien ces gens-là qui sont à la manœuvre ! Les travailleurs des exploitations bananières paient un lourd tribut à cet épandage criminel effectué par des amis de de Reynal, avec un triste record du développement des cancers de la prostate. Ce même Emmanuel de Reynal a réagi ce mois de septembre 2019 contre un journaliste au sujet d’un article sur le scandale du chlordécone en Martinique intitulé : « Irresponsable et coupable ! La tragédie en marche du chlordécone ». De Reynal interroge : « pourquoi vous précisez « békés » quand vous désignez les responsables des grandes plantations… ? ». Parce que ce sont effectivement les mêmes, les capitalistes békés, peut-on lui répondre.


Martinique-Guadeloupe-France : Grève et mobilisation mardi 24 septembre 2019

Macron et son gouvernement mènent une offensive contre les travailleurs. Suppressions de postes dans la fonction publique, aggravations des conditions de travail, dans les hôpitaux, dans le privé, réforme de l’assurance chômage, réforme des régimes de retraites, réduction des moyens alloués aux collectivités locales (communes, conseils départementaux et régionaux, etc.). Dès le mois de juin, la CGT de France avait lancé un appel pour un mouvement interprofessionnel pour le mardi 24 septembre 2019.

Même si ce n’est pas une journée d’actions qui changera les choses, plus les travailleurs seront nombreux, plus le rapport de force sera efficace pour aller plus loin demain et contraindre patrons et gouvernement à reculer.


Grève massive à la RATP

Le 13 septembre, la quasi-totalité des travailleurs des transports de la région parisienne ont fait grève. La capitale a été paralysée. Les agents de la RATP (Régie autonome des transports parisiens) ont fait grève contre la réforme des retraites prévue par le gouvernement. Macron veut supprimer leur régime spécial, qui permet à ces travailleurs de partir plus tôt à la retraite pour compenser leurs conditions de travail difficiles : travail de nuit, y compris les week-ends et les jours fériés, en souterrain, exposition à la pollution, etc. La grève du 13 septembre a été une réussite. Elle a montré que les travailleurs ne sont pas prêts à se laisser dépouiller sans riposter. Mais ce n’est pas une seule journée de grève, pour une seule catégorie de travailleurs, qui permettra aux salariés d’obtenir gain de cause. Il faudra retrouver le chemin du « Tous ensemble ! » qui avait fait la force des grandes grèves de 1995 et obligé le gouvernement Juppé à renoncer à ses attaques.

Retraites : le bras-de-fer a commencé   Tous les salariés seraient perdants si la réforme passe, pas seulement ceux qui ont un « régime spécial ».  

D’abord parce qu’il faudrait travailler plus longtemps, jusqu’à 64 ans au lieu de 62 ans actuellement. Ensuite parce que le montant des pensions de retraite devrait baisser : leur calcul tiendrait compte de l’ensemble des salaires perçus et non plus des meilleures années. Enfin, parce que le système à points prévu par le gouvernement lui permettrait de baisser les pensions en jouant sur la valeur de ces points, qui reste inconnue. Plusieurs journées de mobilisation ont déjà eu lieu, pour différentes professions : les agents de la RATP, les avocats et les pilotes de ligne, etc. Dans les semaines qui viennent, les travailleurs ont tout intérêt à discuter entre eux de cette réforme, et à s’organiser pour mener une riposte d’ensemble !


Guadeloupe: Procès Hernandez un scandale

Amélius Hernandez, président du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau et d'Assainissement de la Guadeloupe) de 2007 à 2014, est accusé de graves détournements de fonds publics. Durant son mandat deux millions d’euros au minimum ont été détournés au sein du SIAEAG.  

On parle de 100 000 € par an pour des déjeuners, c’est-à-dire mille repas ! Des voyages aux quatre coins du monde atteignant 70 000 € en 2009, 92 000 € en 2010 ! Des billets à 4 800 € pour Paris, des chambres d’hôtel à 500 € la nuit, des locations de voitures de luxe ont été payés par le SIAEAG. Hernandez est aussi accusé d’avoir offert des marchés juteux à des entreprises de communication. À l’occasion des « Journées de l’eau » ces entreprises recevaient des centaines de milliers d’euros. C’est comme cela par exemple qu’en 2009 les Journées de l’Eau ont coûté 925 000 € au SIAEAG !

L’affaire a démarré en 2011, après que la Chambre régionale des comptes ait dénoncé des dérives financières. Le Comité des Usagers de l’eau et des magistrats ont alors saisi la justice. Le procès s’est déroulé les 12 et 13 septembre 2019. Le procureur requiert pour Hernandez deux ans de prison ferme, trois ans avec sursis, 500 000 € d’amende, l’interdiction d’être élu ou de diriger un établissement public. Quatre représentants des entreprises de communication en question encourent également des sanctions.

Il y a de quoi être écœuré quand on voit comment la population subit les conséquences de l’état catastrophique du réseau d’eau. D’autant plus que les personnes qui n’ont pas d’eau à leur robinet sont en plus accusées de ne pas payer les factures au SIAEAG. Les révélations sur le SIAEAG expliquent en partie la crise de l’eau, ce n’est qu’un aperçu du gaspillage d’argent fait chaque année. Qu’en est-il des dirigeants de la Générale des Eaux, du Sud-Basse-Terre… ? Ce sont encore des millions qui sont soustraits au budget de l’eau sans que les autorités compétentes ne réagissent !