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Journal/Sommaire du journal CO n° 1233 du 11 janvier 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Réforme des retraites : la détermination des grévistes est toujours là !

En ce début de 2020 la mobilisation contre la réforme des retraites commence fort après un mois de mobilisation. Les travailleurs de la SNCF et de la RATP sont restés mobilisés pendant toute la période des fêtes et cela continue.  

Le samedi 4 janvier, comme chaque samedi de nombreux rassemblements ont eu lieu, les manifestants se sont rassemblés dans les gares pour rejoindre les cheminots en grève dans plusieurs villes comme Paris, Toulouse. À Rennes les manifestants ne se sont pas laissé intimider par la police qui tentait de les gazer, à Nîmes des travailleurs ont fait une opération « péage gratuit ». Le lundi de la rentrée la grève continue dans les gares, les raffineries, les universités…

C’est chaque jour comme cela : des actions, des manifestations, des rassemblements organisés par les grévistes. Mardi matin 7 janvier la plupart des raffineries de pétrole étaient bloquées par les grévistes. Les travailleurs des transports ne sont pas les seuls secteurs à poursuivre la grève. Les professeurs ont repris le mouvement à la rentrée, des infirmiers, avocats, travailleurs libéraux, mais aussi les artistes de l’Opéra de Paris font grève. Ces artistes ont annulé tous les spectacles prestigieux programmés pour la fin d’année.

Plusieurs centaines de grévistes des raffineries Total ont rejoint le mouvement et dans les ports des dockers refusent d’embarquer les marchandises. Ces travailleurs du secteur privé sont une véritable force car c’est là que le gouvernement redoute le plus l’extension de la grève. Il redoute que le mouvement puisse toucher directement au portefeuille des grands capitalistes. Tous ces travailleurs exigent le retrait de la réforme, et pour cela, ils ont tout intérêt à poursuivre l’élargissement de la grève.      


Retraites : la lutte continue

En France, les mobilisations et la grève des salariés continuent dans plusieurs secteurs contre la réforme des retraites. Un appel à la grève a été lancé pour le 9 janvier et plusieurs manifestations sont prévues pour le 11 janvier.  

En Guadeloupe, la grève du 5 décembre a été une réussite. Plusieurs mobilisations ont été organisées durant le mois de décembre. Des syndicats appellent aussi à la grève le 9 janvier. La CGTG a invité les travailleurs à se réunir au siège de Bergevin à Pointe-à-Pitre. De son côté la FSU a appelé les enseignants à se mettre de nouveau en grève. En Martinique, la plupart des syndicats ont aussi appelé à la grève.

Les travailleurs du secteur public et du privé ont tout intérêt à répondre à ces appels et à montrer leur colère face à cette attaque sur les retraites. Ce n’est qu’en élargissant la lutte à l’ensemble de la classe ouvrière qu’on pourra remporter cette bataille et contraindre le gouvernement à retirer sa réforme.


Martinique : Après la grève à la CFTU

De la mi-décembre au 31 décembre 2019, le transport de passagers dans la zone CACEM (communauté d’agglomération du centre de Martinique) n’a pas été assuré.

Les salariés de la CFTU (Compagnie Foyalaise des Transports Urbains) ont manifesté ainsi leur crainte sur l’avenir de leurs emplois à la suite de l’annonce par Martinique Transport (autorité d’organisation unique du transport) de la résiliation du contrat de délégation de service public (DSP) avec leur employeur.  

Cette décision de résiliation de la délégation de service public sur la CACEM (Lamentin, Schoelcher, Fort-de-France, Saint Joseph) était la suite d’un long différend. Il oppose depuis des années le camp du député Letchimy et le groupe EPMN (Ensemble pour une Martinique nouvelle), à celui du président de l’assemblée territoriale de Martinique, Alfred Marie-Jeanne, par ailleurs chef de file du « Gran sanblé pou ba péyi-a an chanss » (Le grand rassemblement pour donner sa chance au pays). La décision de mettre un terme à la DSP avait été annoncée en décembre 2018.

Mais ce n’est que le 17 décembre 2019 que Martinique Transport l’a officialisée. Face à cette nouvelle, c’est tout naturellement que les salariés ont exigé d’avoir des garanties sur leur situation à l’issue de cette rupture de contrat. Ils se sont mis en grève et se sont déployés sur les axes routiers, devant le Grand port, la Sara ou les Centres commerciaux, pour dire non aux menaces qui planent sur leurs emplois ! En effet, le changement qu’on leur imposait signifiait que l’activité de la CFTU, ou bien le périmètre de son activité, pourrait être répartie, au gré des cahiers des charges, sur plusieurs sociétés, plus petites, avec plusieurs patrons qui auraient chacun sa politique. Au bout du compte, les salariés pourraient se retrouver éparpillés avec des situations plus précaires et perdre bon nombre des avantages qu’ils ont acquis au fil de leurs luttes solidaires. Ce type de procédure de « saucissonnage » des entreprises pour diminuer les acquis des travailleurs et aussi tenter de démolir la force qu’ils ont construite au cours de leurs luttes n’est pas nouveau.

Alfred Marie-Jeanne, le président du Comité exécutif de la CTM a, comme à son habitude, hurlé sa colère sur sa radio. Dans un communiqué, il a dénoncé l’action des salariés. Il a déclaré « les actions de blocage prenant pour prétexte « la défense de l’emploi » des salariés de la CFTU n’ont donc aucune justification ».

Après plusieurs rencontres avec le vice-président de Martinique Transport et l’intervention de la Direction du travail, les grévistes de la CFTU ont estimé avoir obtenu des garanties concernant leurs doléances sur les emplois. Dans l’attente du prochain conseil d’administration de Martinique Transport, ils ont suspendu leur grève et repris le travail le 2 janvier. Mais ils restent vigilants et ont clairement annoncé qu’ils n’entendent pas faire les frais de querelles politiques. Les actions qu’ils ont menées à la fin de l’année en dépit des pressions, menaces et dénigrements, constituent un avertissement clair.  


Martinique : Procès des manifestants des supermarchés !

Pour comprendre cette affaire, il faut remonter à la mi-octobre. Depuis cette date, un groupe de jeunes protestataires, soutenus par certains groupes nationalistes, a entrepris de bloquer les accès des magasins appartenant aux gros possédants békés de l’île.  

Ils dénoncent la responsabilité de ces derniers dans l’empoisonnement de la population au chlordécone et réclament réparation. Le chlordécone est un pesticide hautement toxique responsable de l’accroissement de certains cancers et autres maladies. Il avait été acheté par les gros propriétaires békés et répandu sur les plantations de banane pour lutter contre le charançon. Le gouvernement français avait accordé une dérogation alors que le produit était interdit en France et aux USA.

Tour à tour, les supermarchés du groupe Bernard Hayot, (le plus riche béké des Antilles) tels les magasins Carrefour de Genipa à Ducos, de Cluny ou Dillon à Fort-de-France, Euromarché au Robert, le magasin M. Bricolage ou le magasin de vente de matériaux de Lagarrigue, ont été perturbés. Sept militants écologistes sont convoqués le lundi 13 janvier devant le tribunal de Fort-de-France. Ils sont suspectés d’avoir participé aux échauffourées à la suite de l’action des gendarmes contre des militants protestataires qui bloquaient les entrées du centre commercial Océanis et le supermarché Euromarché du groupe Hayot dans la commune du Robert.

Les faits s’étaient déroulés le samedi 23 novembre. Ce jour-là, les gendarmes envoyés en nombre s’étaient interposés brutalement pour empêcher le blocage du centre commercial. Provocations et échauffourées s’en étaient suivies entre gendarmes et militants car ces derniers, drapeaux rouge-vert-noir (indépendantiste) déployés, entendaient maintenir leur blocage. Ce procès aux relents coloniaux devra être l’occasion de renforcer la mobilisation. Il doit être celui des empoisonneurs !  


Éducation : Le gouvernement s’installe dans la provocation

Le gouvernement poursuit sa politique de restrictions des moyens accordés au service public d’éducation. Ainsi, ce sont plus 400 postes qui seront retirés aux différentes académies dans le second degré.   Lors du Comité Technique Ministériel (CTM) qui s’est déroulé le 18 décembre 2019, le gouvernement a communiqué aux différentes organisations syndicales le nombre de postes qu’il compte supprimer en 2020. Pour compenser, le gouvernement compte imposer, non plus une, mais deux heures supplémentaires aux enseignants.

Ce qui signifie des conditions de vie et de travail dégradées. En janvier 2018, présentant ses vœux aux armées, et après avoir énuméré le nombre de milliards qu’il leur consacrerait, Macron avait ajouté : « J'ai la conviction que notre défense est absolument prioritaire et j'assume devant la Nation mes choix de vous donner ces budgets ; mais vous ne devez pas ignorer qu'ils se traduiront par ailleurs par une réduction des ressources accordées à d'autres politiques publiques ». C’est-à-dire la Santé, l’Éducation, entre autres.

C’est donc de manière consciente et délibérée que Macron et le gouvernement mènent cette politique. Politique faite d’attaques incessantes contre les travailleurs, et de cadeaux au patronat. Dans le contexte actuel, ces annonces constituent une vraie provocation. Provocation renforcée par la publication fin décembre d’un décret indiquant des augmentations significatives de primes pour les hauts cadres de l’Éducation nationale, alors qu’aux autres personnels de vagues promesses d’augmentations sont faites pour… 2021.

Comme dirait la chanson : « Sûr et certain qu’on nous prend pour des cons ». Toutes ces raisons, ajoutées à celle du projet de démantèlement des régimes de retraites, justifient la poursuite et le renforcement de la lutte contre les méfaits du gouvernement.  


Encore des suppressions de postes annoncées en Guadeloupe et en Martinique

En Guadeloupe, le gouvernement prévoit de supprimer 72 postes d’enseignants pour la rentrée de septembre 2020. Il y aurait alors 16 professeurs en moins dans les écoles, et 56 en moins dans les collèges et lycées. En Martinique, 73 emplois sont menacés : 25 dans le premier degré (écoles) et 48 dans le second degré (collèges et lycées). Le gouvernement veut continuer à démolir l’École publique, pour offrir toujours plus d’argent aux gros capitalistes.