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Journal/Sommaire du journal CO n° 1243 du 30 mai 2020/Pages 3 et 4

Pages 3 et 4

Guadeloupe : Banamax un patron de la banane condamné !

Le vendredi 22 mai, le tribunal a condamné le patron Max Narayaninsamy pour travail dissimulé. Il a écopé de six mois de prison avec sursis et de 10 500 euros d’amende.  

Le planteur n’a pas apprécié la présence de ses ouvriers qui s’étaient mobilisés pour l’occasion. Au moment de la fixation de l’amende, Max Nara a voulu jouer au malheureux devant le juge. Mais sous la pression de l’avocat des ouvriers, il a fini par avouer qu’il possédait quand même une Porsche et deux grandes villas.

Lors de la reprise du travail le lundi 25 mai, Max Nara qui ne s’était toujours pas remis de sa condamnation a voulu se venger. Il a demandé aux ouvriers qui étaient présents au tribunal d’aller transporter des régimes de banane, y compris un travailleur de 66 ans qui n’effectue plus cette tâche depuis de nombreuses années. Le planteur s’est planté une fois de plus ! Cette petite vengeance a renforcé les ouvriers à poursuivre leur lutte pour se faire respecter de ce planteur voyou.

C’est suite à la mobilisation des ouvriers de Banamax durant la grève générale des plantations en 2017 que les autorités avaient lancé une enquête contre Max Nara. Depuis leur participation à cette grève, les ouvriers ont aussi gagné le respect de la journée de travail de 7 heures ainsi que les congés et les jours fériés que ce planteur refusait de payer.


Guadeloupe : Mobilisation du 22 mai à Basse-Terre

Les ouvriers de la banane licenciés, à la retraite ou en congés, ont profité du procès pour se faire entendre par les autorités. Ils se sont rendus à la préfecture et au Conseil régional pour remettre un courrier. Ils exigent l’application des décisions de justice condamnant les gros planteurs à verser des rappels de salaires. C’est le cas de Morand pour la plantation EARL Les Fougères, condamné depuis 2015, et plus récemment de Block de Friberg, directeur de la SA Bois-Debout, condamné en appel le 16 mars 2020.  


Guadeloupe : Sopharma grève victorieuse

Le 7 mai les salariés de la Sopharma (Société Pharmaceutique Antillaise, grossiste-répartiteur de produits pharmaceutiques) sont entrés en grève. Ils réclamaient une augmentation de salaire de 5 %. L’entreprise ayant fonctionné pendant le confinement, les salariés demandaient aussi la prime Covid-19 de 1 000 €. Après l’entrée en grève, la direction qui proposait au départ seulement 1,2 % d’augmentation, a reculé et proposé 2,7 %. Les salariés, déterminés à obtenir au moins 3 %, ont continué la grève. Après huit jours de grève où l’entreprise était quasiment à l’arrêt, la direction a cédé. Les grévistes ont gagné les 3 % d’augmentation et le versement de la prime Covid-19 de 1000 €.


Martinique : MNA une détermination payante

Martinique Nutrition Animale (MNA) est une entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente d’aliments pour bétail et volaille. Durant la période du confinement du 17 mars au 10 mai, son activité a été soutenue. Et pour remercier ses salariés, elle pensait leur verser un pourboire. Raté.  
Macron, en décrétant le 23 mars 2020 l’état d’urgence sanitaire, avait instauré le confinement. Mais il avait déclaré que certaines entreprises dont l’activité était jugée essentielle pourraient fonctionner. Et pour inciter les travailleurs à aller travailler, iI avait aussi invité les patrons de ces entreprises à verser une prime non soumise à cotisation sociale pour elles et défiscalisée pour les salariés.

Ce message, la direction de MNA l’a reçu cinq sur cinq et l’entreprise a continué à fonctionner plus qu’à l’accoutumée. Car son principal concurrent n’était pas en mesure de suivre.

Lorsque les salariés ont réclamé le versement de la prime, la direction a déclaré qu’elle verserait 300 euros, arguant qu’elle n’avait pas vendu autant que cela. Les salariés se sont alors réunis en assemblée générale et ont décidé d’exiger 2 000 euros, le montant plafond. La direction a alors porté son offre à 400, puis 500 euros, puis 700 et enfin 800 euros. Chaque fois, les salariés ont refusé catégoriquement ses offres.

Le 18 mai, ils ont arrêté la production, mais ont continué à vendre ce qui était en stock. Le 19, ils ont tout arrêté et interdit l’accès à l’entreprise.

Face à la détermination des salariés, la direction est finalement allée jusqu’au plancher fixé par les travailleurs : 1 000 euros. 800 seront versés avec la paie de mai et 200 en décembre 2020. Cette première confrontation d’après déconfinement montre que certains travailleurs ne sont absolument pas prêts à croire les déclarations alarmistes des patrons sur leurs prétendues difficultés. Au contraire, elle constitue un excellent signal pour les autres travailleurs.


Martinique - Métallurgie menace de fermeture

À l’entreprise ADA (Armatures des Antilles) au Robert, une dizaine d’ouvriers sont en chômage partiel ou technique et ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés. Ils redoutent des licenciements économiques.   Ce genre de pratique est monnaie courante. Elle permet à ce patron de préserver ses profits, et sans aucun doute, d’apurer ses dettes, peut-être pour ouvrir ultérieurement une autre entreprise sous une autre enseigne.

L’État, de son côté, lui offrira toutes sortes de possibilités pour se tirer d’affaire sans la moindre égratignure. Les ouvriers licenciés, quant à eux, obtiendront des prétendues indemnités de licenciement économique, c’est-à-dire des sommes dérisoires loin de faire le compte après plus de dix années de travail. Par-dessus le marché, ils auront un avenir incertain pour ne pas dire de chômeurs ! Les milliers voire les millions d’euros de profits accumulés sur le dos des ouvriers resteront dans le coffre-fort de ce patron. Il ne sera inquiété ni par l’État ni par les collectivités à son service. Et le tour sera joué.


Guadeloupe - Abymes les agents municipaux se font entendre

Des agents municipaux de la ville des Abymes sont en sit-in devant l’entrée du personnel de l’hôtel de ville depuis le 11 mai. Ils sont syndiqués à l’Union des travailleurs des collectivités (UTC-UGTG). Ils exigent que les instances représentatives du personnel, le comité technique (CT) et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), soient réunis avant toute reprise du travail.


Guadeloupe : les petits planteurs en colère

Le vendredi 22 mai les petits planteurs de canne de la Basse-Terre ont bloqué la plateforme de Béron à Sainte-Rose où a lieu la pesée de la canne.  

Ils protestent contre le Centre Technique de la Canne à Sucre (CTCS) et l’usinier Gardel qui mentent sur le taux de sucre dans la canne, ce qu’on appelle « la richesse saccharine ». Les planteurs sont payés en fonction du taux de sucre et encore une fois les taux officiels sont extrêmement bas. Or ils savent que le climat ces derniers mois a été favorable et que les cannes se sont bien enrichies en sucre. C’est une arnaque bien connue, orchestrée par les capitalistes de la canne ! Ils truquent les chiffres pour payer moins. Déjà dans le passé un journaliste de

L’Étincelle, journal du Parti communiste guadeloupéen, Siméon Pioche, démontrait, dans une rubrique célèbre « les bilans truqués et les sans visage », chiffres en main, comment ces exploiteurs trompaient les petits planteurs et les ouvriers agricoles. En 2020 le problème est toujours le même. Les petits planteurs dénoncent également les vols sur la mélasse extraite de la canne qui n’est pas payée alors qu’elle est valorisée par les usiniers. Les petits planteurs n’arrivent plus à joindre les deux bouts et ont décidé de continuer les actions.  


Air Caraïbes - French Bee : ces capitalistes qui profitent de la crise !

Les compagnies Air Caraïbes et French Bee vont supprimer 250 CDD, en ne les renouvelant pas. Les Dubreuil, propriétaires de ces compagnies, veulent s’attaquer aux salariés pour soi-disant faire face à la crise économique du Covid-19. Leur objectif officiel est de réduire de 10 % les « coûts sociaux » tout en augmentant la productivité. Pour cela, en plus des licenciements, il y aura des mesures drastiques contre les travailleurs. La compagnie annonce qu’elle s’attaquera aux accords collectifs c’est-à-dire directement aux conditions de travail. C’est pourtant le groupe Dubreuil qui le 26 mars dernier, au début de la crise sanitaire, assurait qu’Air Caraïbes est en bonne santé financière. Il affirmait qu’il disposait de 250 millions d’euros de trésorerie. Malgré ça, malgré la prise en charge par l’État du chômage partiel, et même si les compagnies obtiennent un prêt garanti par l’État, le groupe n’a qu’une idée en tête : en profiter largement pour s’attaquer aux salariés. Le coronavirus a vraiment bon dos !


Octroi de mer et baisse des prix ? La bonne blague !

Un récent rapport d’experts critique fortement l’octroi de mer, cette taxe à la consommation qui est spécifique aux départements et régions d’Outremer. Le rapport réclame sa suppression et son remplacement par la TVA. Il est vrai que cet impôt est discutable, puisqu’il revient à financer les collectivités locales en taxant les achats effectués sur place par chaque consommateur. Là où le rapport devient ridicule, c’est quand les experts prétendent que la suppression de l’octroi de mer permettra de faire baisser les prix dans les régions concernées, en particulier pour les familles les plus pauvres. La mainmise de quelques grosses familles békées sur l’importation et la distribution de toutes les marchandises leur permet d’imposer des prix de voleurs ! Mais ce n’est certainement pas une réforme du système des impôts qui permettra d’améliorer les choses. Ce n’est que par des mobilisations massives, comme en 2009, que nous pourrons arracher des baisses de prix à cette bourgeoisie rapace et profiteuse !