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Journal/Sommaire du journal CO n° 1226 du 21 septembre 2019/Première page

Première page

Éditorial: Des luttes de quartier à la lutte générale et collective !

Ces dernières semaines ont été riches en petites manifestations populaires. Des travailleurs d’entreprise, des habitants de quartiers en colère, des parents d’élèves ont décidé de se mobiliser contre la dégradation des conditions de vie.  

En Martinique, le 11 septembre, un collectif du quartier de Californie a érigé un barrage filtrant à l’entrée de la zone industrielle de ce même quartier. Ils protestaient contre les coupures d’eau. Cette action a permis de faire bouger le secrétaire général de la Préfecture et le maire de la commune du Lamentin. Ils ont promis de trouver des solutions avec le distributeur de l’eau, Odyssi, et le producteur, la Société martiniquaise des eaux (SME), afin que les habitants ne soient plus gênés par les coupures. Face à l’augmentation des actes de violences, 17 homicides depuis le début de l’année, des collectifs de plusieurs quartiers de la Martinique ont organisé des manifestations contre la violence au mois d’août et en septembre. En Guadeloupe, les habitants de la résidence Sapotille à Desravinières ont manifesté leur ras-le-bol en raison des déchets et encombrants qui s’entassaient à l’entrée de leur résidence. Ils ont bloqué la route départementale pour exiger l’enlèvement des poubelles collectives. Ils se sont fait entendre et ont obtenu satisfaction.

Le 9 septembre, des parents d’élèves ont bloqué une école maternelle du Gosier, ils ont dénoncé de graves manquements à l’hygiène et à la sécurité. Le 13 septembre, les habitants de Cocoyer à Morne-à-l’Eau ont érigé un barrage dans leur quartier pour protester contre les coupures d’électricité et le mauvais fonctionnement de la station d’épuration qui cause des remontées de matières fécales. Le maire leur a promis que le problème sera réglé dans la journée. Toutes ces actions montrent que la population ne reste pas passive, elle réagit et c’est une bonne chose. Ces manifestants ont compris qu’il faut se regrouper, mener ensemble des actions pour se faire entendre.

Même si pour l’instant ces petites luttes sont en deçà de ce qu’il faudrait pour obtenir davantage, ces expériences acquises par la population pauvre et laborieuse peuvent préparer la population aux grandes luttes de demain. Ces habitants ont réagi face à la dégradation des services publics. Les services utiles et nécessaires à la population, comme avoir de l’eau potable, se soigner, être transporté dans un réseau collectif sans attendre des heures, deviennent de plus en plus inaccessibles. Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis plusieurs années cherchent à faire payer la crise aux travailleurs et à la population. Des milliers d’emplois ont été supprimés dans les services publics. Des agents surchargés de travail doivent recevoir des files d’attente d’usagers qui ne cessent de s’allonger. Dans les hôpitaux la situation est catastrophique. Par contre, l’État dépense sans compter pour garantir les profits des capitalistes. Par exemple, les trois grands de la grande distribution Carrefour, Casino, Auchan ont touché 522 millions d’aides et d’exonérations de cotisations sociales. Oui, ces petites luttes dans les quartiers expriment un sentiment de révolte. C’est ce sentiment de révolte qui peut être le levain de luttes plus larges et profondes de travailleurs alliés à la population pauvre. Seule une lutte générale et collective pourra contraindre l’État, au service des capitalistes, à lâcher les milliards d’euros nécessaires pour améliorer le sort des pauvres.


Martinique: Santé des décisions qui ne passent pas !

Le personnel de l’hôpital Louis Domergue de Trinité a débrayé le lundi 16 septembre. Dès le vendredi 13 septembre, les syndicats avaient mis l’index sur la solution du directeur du CHU de Martinique pour gérer la pénurie de médecins anesthésistes dans l’établissement de Trinité.   Le directeur a en effet décidé d’arrêter l’activité de la maternité, du bloc opératoire et de l’unité de soins intensifs (USI). Il a décidé d’orienter à partir du samedi 14 septembre les femmes enceintes vers la Maison de la Femme de la Mère et de l'Enfant à la Meynard à Fort-de-France située à 30 kilomètres de route. Les agents hospitaliers dénoncent cette décision qui aboutirait à une perte de chance pour les futures mères et leurs bébés. Les explications du directeur sur le fait qu’il y aurait un manque de médecins anesthésistes, y compris en Caraïbes n’ont pas convaincu. Les agents hospitaliers dénoncent de telles restrictions. Ce n’est ni aux patients ni aux personnels de faire les frais des inconséquences graves de la politique gouvernementale de santé.  

Plan pour les urgences : des miettes !  

La ministre de la santé, Buzyn, a annoncé le 9 septembre un plan de 750 millions pour les services des urgences.   Mais Buzyn veut prendre les 750 millions dans d’autres services hospitaliers, car elle ne veut pas augmenter le budget de la santé. Ce plan reviendrait donc à « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Les grévistes des urgences veulent des embauches et des hausses de salaire. Aucune réponse à ce niveau-là pour l’instant. La ministre propose d’orienter les malades avec un service téléphonique. Comme si les prises de sang ou les radios pouvaient se faire par téléphone ! Les grévistes des urgences ont rejeté le plan de la ministre et ils continuent leur mouvement. Ce sont maintenant 250 services – plus de la moitié – qui sont en grève partout en France, et en Guadeloupe aussi.


Guadeloupe: Fin de la grève au CHUG

ÀAprès plus de deux mois de grève au CHU pour exiger des moyens matériels et humains, les grévistes et la direction ont signé, le 17 septembre, un « accord de sortie de crise ».   Dans cet accord, les grévistes ont obtenu la reprise des travaux de nettoyage et de décontamination des locaux touchés par l’incendie de novembre 2017. Les 20 millions de prêt que l’État avait accordés au CHUG se transforment en dotation. Les grévistes ont aussi gagné la titularisation de plusieurs agents contractuels qui, pour rappel, représentent le tiers des agents du CHUG. Par cette grève, les agents ont montré leur poids et leur force face à la direction du CHUG et de l’ARS (Agence régionale de santé) qui jusque-là répétaient que tout va bien à l’hôpital. En pleine période de vacances scolaires, les grévistes ont reçu le soutien de la population qui s’est déplacée par milliers les 1er et 13 août. Ensemble, agents du CHUG et population se sont fait respecter !


Plan pour les urgences : des miettes !

La ministre de la santé, Buzyn, a annoncé le 9 septembre un plan de 750 millions pour les services des urgences. Mais Buzyn veut prendre les 750 millions dans d’autres services hospitaliers, car elle ne veut pas augmenter le budget de la santé. Ce plan reviendrait donc à « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Les grévistes des urgences veulent des embauches et des hausses de salaire. Aucune réponse à ce niveau-là pour l’instant. La ministre propose d’orienter les malades avec un service téléphonique. Comme si les prises de sang ou les radios pouvaient se faire par téléphone ! Les grévistes des urgences ont rejeté le plan de la ministre et ils continuent leur mouvement. Ce sont maintenant 250 services – plus de la moitié – qui sont en grève partout en France, et en Guadeloupe aussi.


Moule : les agents communaux en grève

Depuis le 11 septembre, une trentaine d’agents de la commune du Moule sont en grève pour dénoncer le harcèlement et les discriminations que subissent les travailleurs et pour exiger de meilleures conditions d’hygiène et de sécurité au travail. Ils dénoncent également le blocage des carrières de 221 agents depuis plusieurs années et le licenciement abusif de six agents du Centre Robert Loyson il y a quelques mois. Les grévistes ont entamé des négociations avec le maire, Mme Gabrielle Louis-Carabin qui ne leur a pas donné satisfaction pour le moment. Ils restent déterminés et étaient toujours en grève le lundi 16 septembre.  

Suicide d’un employé de la sécurité sociale  

Un employé de la sécurité sociale a été retrouvé pendu sur son lieu de travail en Guadeloupe, lundi 16 septembre 2019. Il travaillait au service des archives. Généralement, le suicide sur son lieu de travail n’est pas sans rapport avec le travail, même si ce n’est pas souvent la seule raison.


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