Site

Journal/États-Unis: Scandale « Blackface »en Virginie /Première page

Première page

Éditorial: Haïti: les ouvriers en lutte contre l’impôt

ZoomLes grandes manifestations populaires de rue orientées vers la démission du président Jovenel Moise n’ont plus cours pour l’instant. Mais les luttes des ouvriers dans les entreprises oui, toujours.  

D’ailleurs, depuis le début de l’année, plusieurs grèves se sont succédé dans des entreprises de textile situées dans la zone industrielle de Port-au -Prince. Les travailleurs ont dénoncé les magouilles des comptables et des chefs du personnel, en lien avec les patrons, pour prélever des sommes importantes sur leur maigre salaire. Les patrons affirment que les sommes sont prélevées pour payer l'IRI, l’impôt sur le revenu imposable. Ce sont de véritables crapules. L'exploitation des travailleurs est sans bornes en Haïti. Le salaire d'un ouvrier du textile est officiellement de 420 gourdes par jour minimum, ce qui correspond à 4,60 euros environ pour 8 heures de travail. Imaginons, même en Haïti, de vivre avec ça ! Et c'est sur un tel salaire qu'on voudrait encore prélever un impôt sur le revenu ! C'est criminel. À tel point que devant la mobilisation des ouvriers, le gouvernement s’est senti obligé de publier un décret selon lequel les travailleurs des entreprises du textile n’ont pas à payer l’impôt sur le revenu car leur salaire est inférieur au barème fixé. Mais il semble que les patrons ne l’entendent pas ainsi. Par la répression et les licenciements, ils tentent d’obliger les travailleurs à accepter ce vol supplémentaire sur leur salaire. Les ouvriers réagissent dans certaines entreprises par des arrêts de travail, des grèves.

Par exemple, dans l’entreprise textile GMA (Général Manufacture Aparel) les ouvriers ont tenu quatre jours de grève contre l’IRI, avant que le patron ne licencie 150 ouvriers. Des ouvriers d’autres entreprises se lèvent contre cette injustice et tirent des leçons de cette bataille. Ils disent « pour ne pas être victimes de ces licenciements abusifs, il faut se mettre en mouvement aussi dans d’autres entreprises », « les entreprises de la zone industrielle ne sont que les ateliers d’une grande usine, les ouvriers y affrontent les mêmes problèmes et défendent les mêmes intérêts, attaquer un c’est les attaquer tous ».

Les patrons sont certes ceux qui dirigent vraiment, et pas le gouvernement. En se montrant plus zélés que le gouvernement lui-même pour faire entrer plus d'argent dans les caisses de l'État, ils flattent les gouvernants. Mais ils flattent surtout leur porte monnaie, puisqu'ils savent très bien qu'une majeure partie de l'argent public est détournée vers leurs profits personnels par les gouvernants, président, ministres et autres. C'est comme cela que le patronat s'achète des gouvernements depuis des dizaines d'années. Alors les patrons testent la capacité de résistance des travailleurs. Si ces derniers acceptaient d'être ponctionnés par l'impôt, l’État reverrait certainement sa position. C'est la mobilisation des ouvriers de la zone industrielle en 2018 qui a obligé le gouvernement à supprimer les prélèvements de l’impôt IRI dans les entreprises. Ce sont aussi les ouvriers qui obligeront le patronat à respecter cette décision : pas d’impôt sur le revenu pour les ouvriers du textile.

C’est ainsi, par de telles luttes, que les ouvriers d’Haïti montrent qu’ils sont, parmi tous les exploités, la seule composante combative et organisée contre les exploiteurs. C’est cette voie-là qui les conduira à créer leur propre parti ouvrier révolutionnaire. C’est lui qui leur permettra demain de donner de réelles perspectives politiques aux travailleurs et à toute la population haïtienne opprimée.


Martinique : Les animatrices (teurs) des écoles en colère

Ils étaient près de 200 à manifester leur ras-le-bol dans les rues de Fort-de-France ce lundi matin 11 mars. Leurs slogans « Yo ka fouté difé assou animatê. Nou kê fouté difé assou lé profitê ». Ou encore : « Nou kê fouté difé assou lé gro vôlê », exprimaient bien leur colère.   Ces animatrices (teurs) sont employé(e)s par une dizaine d’associations pour le compte de la ville de Fort-de-France et de Saint Joseph. Ils travaillent dans les écoles ou les crèches mais pour la plupart dans la précarité et avec des conditions de travail dégradantes. Leurs salaires sont bien souvent inférieurs au SMIC.

Avec leur syndicat CGTM, ils ont présenté une plateforme revendicative de 24 points aux municipalités. Y figurent notamment les frais de transport, mais aussi une prime de bruit, une augmentation des effectifs (30 enfants par animateur alors qu’il devrait en avoir 14 à 18 enfants). Ils exigent que les salaires leur soient payés en temps et en heure.

La manifestation du 11 mars était organisée pour donner un premier avertissement aux autorités municipales. Les animatrices et animateurs promettent de durcir leur mouvement de façon illimitée à partir du jeudi 14 mars, s’ils ne sont pas entendus.


Guadeloupe: Janky pa pléré, Wendy po ko fin évèw !

L’année 2018 a rendu Wendy Zébo célèbre en Guadeloupe et en Martinique. En France aussi, dans le milieu antillais et même au-delà.  

Cette célébrité elle la doit à son courage d’avoir su résister face aux gros pontes de l’université, ces « docteurs de la loi ». Elle a su résister à la dérision, au lynchage médiatique. De même que son petit groupe de soutien face à une opinion publique partagée. Pendant la moitié de l’année passée, des articles, des émissions de radio, de télé ont mis Wendy au devant de la scène. Il y a, jusqu’à aujourd’hui, les pour et les contre Wendy.

L’affaire revient souvent au centre des discussions dans la rue, dans les familles, dans le travail. De là à ce que des groupes de carnaval reprennent cette affaire dans les défilés comme d’autres faits de l’actualité sociale et politique de l’année, il n’y a eu qu’un pas. Il a été vite franchi, comme c’est la coutume dans les carnavals des Antilles et pas toujours du meilleur goût comme de coutume. Mais enfin ! De même on aurait pu voir aussi les bwa bwa de Janky (en janky rit et janky pleure) ! Il s’agit du président de l’université, monsieur Janky, qui a exclu Wendy… ou celui d’un homme qui « monte au banc » ( Montauban doyen de la fac de droit qui a exclu Wendy). Ou encore un petit « Mignon » ( le professeur de droit Mignot  autre « tueur » de Wendy, vendant ses cours comme un voleur à l’arrière d’une voiture etc. etc.

Tout cela ne manquerait pas de piment. Voilà donc des sujets de dérision que nous proposons aux groupes carnavalesques de Martinique et de Guadeloupe pour le carnaval 2020 ! En attendant, la mobilisation se poursuit pour défendre Wendy, étudiante à Fouillole victime d’une grave injustice. La faculté de droit a commis plusieurs erreurs qui ont empêché Wendy de passer en deuxième année. Plutôt que de rectifier ces erreurs, les dirigeants de l’université l’ont accusée de fraude, et exclue de l’enseignement supérieur pour cinq ans.

Ce sera maintenant au CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) de statuer sur la sanction infligée à Wendy, puisqu’elle a fait appel. Avec le soutien de son avocat, maître Calvaire. Tous les vendredis à 19h, une prise de parole est organisée à l’entrée du campus de Fouillole.  


Guyane: Manifestation contre les expulsions d’étudiants haïtiens

Vendredi 22 février, 200 manifestants, étudiants et enseignants, sont descendus dans la rue pour exiger la fin des contrôles et arrestations d’étudiants « non-européens », essentiellement des Haïtiens.   Leurs pancartes portaient : « Éducation sans frontières administratives », « La Guyane a besoin de tou.te.s ses diplômé.e.s. Égalité des droits ! ». Ils dénonçaient de telles arrestations chaque semaine pour contrôle des papiers ainsi que le plan du gouvernement de multiplier par dix les frais d’inscription pour ces étudiants. Une délégation a été reçue à la Préfecture. Les autorités se sont engagées à ne pas faire de contrôles aux abords des lycées et de l’université ainsi que dans les bus. Insatisfaits, les étudiants ont décidé de maintenir la pression. Ils ont eu raison de se méfier de l’administration, le lendemain un étudiant qui se rendait à pied à l’université a été arrêté et conduit au CRA (centre de rétention administratif) ! Quatre autres étudiants ont été arrêtés dans l’indifférence des responsables de l’université.  


Bookmark and Share