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Journal/Sommaire du journal CO n° 1238 du 21 mars 2020/Pages 1 et 2

Pages 1 et 2

Éditorial: Préparons les luttes de l’après confinement !

ZoomDepuis le 17 mars, toute la population est confinée à domicile sous peine d’amende. Et ces décisions face à la pandémie sont justes et compréhensibles. Ce qui l’est moins c’est l’état des hôpitaux et le manque de matériel, alors que depuis des années, et encore plus ces derniers mois, les personnels des hôpitaux manifestent contre une telle situation. Macron a déclaré : « la santé n’a pas de prix ». Tout à fait d’accord avec lui. Mais où est le plan massif d’urgence immédiate qui devrait être annoncé sans compter en cette période de pandémie, et prolongé après ? Nos camarades des hôpitaux n’ont que faire des flatteries hypocrites de Macron sur les « héros en blouse blanche ».

Dans la société capitaliste il y a une seule loi, c’est la loi du profit. Qu’importent les risques pour la santé des travailleurs qui doivent travailler encore dans les secteurs dits non vitaux. Heureusement, dans certains secteurs, des travailleurs ont fait jouer leur droit de retrait. Les usines automobiles ferment sous la pression des travailleurs. Sur certaines plantations de banane aux Antilles les travailleurs protestent avec raison. Et cela doit s’élargir. Il n’y a aucune raison que le confinement joue pour les cadres et non pour les ouvriers.

En ce qui concerne l’indemnisation du chômage partiel, dans ce cas, les travailleurs non smicards ne perçoivent que 84 % de leur salaire. Il y aura donc bel et bien une perte de salaire alors que les patrons eux seront totalement aidés par l’État. Ce dernier s’engage aussi à leur payer les impôts, les charges sociales, et même les factures d’eau et d’électricité… et encore plus !

Pour les salariés, les primes aussi risquent d’être supprimées. Mais l’État s’apprête à déverser 300 milliards d’euros pour l’instant dans les caisses des entreprises. La banque centrale européenne vient de lancer un plan de 750 milliards pour les banques et les entreprises. Elle vient d’annoncer qu’il n’y aura aucune limite. Comme en 2008 les États absorbent l’hémorragie. Ils volent au secours de la finance et du grand capital. Mais les travailleurs et les couches populaires devront payer cette crise de mille et une manières alors même qu’ils continuent de payer les précédentes au quotidien. Notamment la crise financière de 2008 !

En Guadeloupe le manque d’eau pour des milliers d’usagers, en pleine crise sanitaire, montre bien que la crise nous la payons encore plus durement au moment où le geste de sauvegarde principal c’est de se laver les mains. Macron a expliqué qu’il ne peut pas interdire les licenciements. Cela c’est le rappel de la guerre sociale menée par la bourgeoisie contre les travailleurs. Rappel lancé par un ennemi, bien visible celui-là, alors même que Macron explique à la population que « nous sommes en guerre » contre le virus. Dans les grandes entreprises, malgré toutes les aides de l’État, des licenciements massifs sont annoncés : par exemple, 2 000 dans le groupe Air France – KLM. Au besoin l’État rachètera les entreprises par des nationalisations pour les remettre au grand capital quand elles marcheront mieux. En tout cas l’État les rassure au maximum.

Dans toute crise, c’est le grand capital qui sort toujours gagnant. Celle du coronavirus ne fera pas exception. Alors, camarades, préparons déjà l’après confinement en réfléchissant à nos luttes collectives à venir : contre les licenciements, pour des augmentations de salaire substantielles, pour l’abandon de la réforme du chômage et celle des retraites. Profitons de cette période pour discuter entre nous, même par téléphone et réseaux sociaux, et envisager la riposte. Nous ne nous laisserons pas écraser au profit du grand capital !


Coronavirus : c’est le système qui est malade

 Avec le coronavirus, la crise du système capitaliste s’aggrave d’autant plus qu’il est profondément malade. Depuis le début du mois de janvier l’indice boursier de Paris, le CAC 40, a annoncé une baisse de 20 % et sa valeur continue de baisser.

La mise en quarantaine de la Chine, de l’Italie puis des autres pays face à la pandémie a entrainé l’arrêt de la production dans ces pays. Les échanges commerciaux diminuent et beaucoup de secteurs économiques ne tournent plus. Le système fait donc face à une crise des échanges directement liée à l’arrêt de la production.

Mais un autre phénomène économique aggrave la situation : la crise financière liée au jeu des spéculateurs. La finance spécule constamment sur des dettes et sur tout. À la moindre secousse de la bourse les spéculateurs vendent en masse leurs actions qui ont encore de la valeur pour en racheter d’autres qui ont baissé aussi, mais qu’ils pensent pouvoir revendre vite avec une plus-value. C’est cela la spéculation. Les spéculateurs sont incontrôlables, ils sont ainsi capables de faire se volatiliser des milliards de dollars en quelques heures. De nombreuses entreprises risquent alors la faillite. Les grandes banques centrales du monde ont annoncé, en mars, qu’elles allaient fournir aux entreprises des centaines de milliards de dollars pour calmer les marchés financiers. Les États annoncent qu’ils fourniront aussi de grosses sommes pour maintenir les entreprises. De l’argent issu des fonds publics.

Pourtant cela ne semble pas freiner les pulsions des spéculateurs. Pourquoi personne ne semble capable d’exercer un contrôle sur le marché financier ? C’est parce que le système capitaliste n’est pas un système rationnel. Un bouleversement tel que le coronavirus suffit pour révéler un fonctionnement complètement anarchique. C’est un système de classe, où la classe dominante, la bourgeoisie, est capable d’aggraver la crise afin de préserver son profit. La course au profit généré par l’exploitation de l’homme par l’homme entrainera toujours des crises plus graves, qui entrainent faillites, chômage et misère.

Le système capitaliste est un système malade. Le seul moyen de stopper ces crises, c’est d’instaurer un système économique rationnel, sans spéculation. Un système où la production est planifiée afin de pouvoir faire face à des épisodes d’épidémie sans enfoncer le monde dans une crise violente. Et cela seule la classe des exploités pourra le faire, en se débarrassant du capitalisme qui ne peut mener qu’à des catastrophes. Le coronavirus sans capitalisme aurait fait beaucoup moins de dégâts économiques et sociaux.  


Coronavirus : encore plus de cadeaux au patronat

« Nous aiderons toutes les entreprises dans lesquelles l’État a une participation, Air France, Renault… […] quoi qu’il en coûte, nous serons à leurs côtés et nous les soutiendrons ». C’est ce qu’a annoncé Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, vendredi 13 mars.

L’épidémie de Covid-19 continue toujours de croître en France. Macron a annoncé la fermeture des entreprises non indispensables. Le jeudi 12 mars, Bruno Le Maire s’est empressé de rassurer la bourgeoisie : « tant que la crise durera, il y aura des reports de cotisations et d’impôts pour les entreprises ». En réalité, l’État s’apprête à verser des centaines de milliards au grand capital. Il a déclaré que des nationalisations seraient possibles au besoin.

C’est-à-dire que l’État s’engage à renflouer ces entreprises pour ensuite les remettre pour des sommes modiques, voire nulles, aux capitalistes. Macron a annoncé que les salariés toucheront l’assurance chômage. L’entreprise doit verser 84 % du salaire et l’État se charge de payer la différence. Encore une fois, c’est un cadeau pour le grand patronat. Les grandes multinationales françaises ont largement les moyens de payer la totalité des salaires des travailleurs pendant l’arrêt de l’activité.

L’État met tout en œuvre pour que, « dès que nous serons sortis de la crise, la machine économique redémarre le plus vite possible », d’après Bruno Le Maire. Dans un contexte de crise sanitaire, le gouvernement a trouvé un nouveau prétexte pour faire toujours plus de cadeaux au patronat. Mais les travailleurs auront beaucoup moins de chances. Ils ont intérêt à se préparer dès maintenant aux luttes pour ne pas faire les frais de cette crise ou d’en faire le moins possible.


SA Bois-Debout : Coronavirus, débrayage des ouvriers !

Le 16 mars, le directeur Block de Friberg s’était engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des salariés en lien avec l’épidémie du coronavirus. Le lendemain, après avoir reçu la décision de la Cour d’Appel favorable aux ouvriers, il a changé d’avis et a refusé de mettre en place ces mesures. Une centaine d’ouvriers ont débrayé et ont refusé prendre le travail les 16 et 17 mars. Le 17 mars Block de Friberg, vexé par sa défaite au tribunal, a déclaré qu’il faudrait mettre une muselière à Albert Cocoyer, le représentant de la CGTG Banane à Bois-Debout et le secrétaire du syndicat. Décidément, le gène de ces blancs descendants d’esclavagistes est tenace ! Il devrait se méfier, le souvenir de la grève d’avril 2017 est encore bien présent chez les ouvriers ! Le gène des nègres marrons et en révolte est aussi tenace chez les travailleurs agricoles !


Îles du Nord : Covid-19, le profit plus important que la prévention

Pour freiner la progression de la pandémie de coronavirus (Covid-19), le gouvernement a annoncé la fermeture des crèches et établissements scolaires le 16 mars dans toute la France. Cette décision est justifiée par le fait que les enfants propageraient plus rapidement le virus tout en étant des porteurs sains, c’est-à-dire qu’ils sont contagieux mais sans être malades.

Mais à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, les autorités ont décidé de maintenir les établissements scolaires ouverts, sous prétexte qu’après les trois cas avérés, le virus ne se propagerait plus sur le territoire. Elles rajoutent que les élèves ont déjà assez souffert des fermetures des écoles depuis le cyclone Irma en 2017 et qu’il n’est pas question de désorganiser de nouveau leur scolarité.

L’un de leurs arguments consiste même à dire que la partie néerlandaise de l’île de Saint-Martin, Sint Maarten, n’est pas à l’arrêt. Cela signifie qu’au nom d’une concurrence commerciale et économique, dominée par les grands hôteliers et les opérateurs de tourisme, les autorités décident de ne pas fermer les établissements scolaires. Au nom du profit de quelques uns, déjà bien riches, les chefs de la préfecture des Îles du Nord prennent volontairement le risque de voir le virus se propager.

Finalement, le 15 mars, la ministre des Outremers, Annick Girardin, a annoncé la fermeture de tous les lieux recevant du public à compter du mardi 17 mars 2020.  


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