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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1198 du 05 mai 2018/Première page

Première page

Éditorial: Les insurrections d’esclaves ont imposé l’abolition

Il y a 170 ans, le 27 avril 1848, le gouvernement français abolissait l’esclavage. Emmanuel Macron a commémoré l’évènement au Panthéon. Le gouvernement d’avril 1848 était issu de la révolution de février la même année. Cette abolition était la deuxième.

La première avait été décrétée par le gouvernement révolutionnaire de la Convention le 4 février 1794 (16 pluviôse an II). Mais Napoléon Bonaparte, premier consul avait rétabli l’esclavage le 16 novembre 1802. Macron est allé se recueillir sur la tombe d’Aimé Césaire de Félix Eboué et de Victor Schœlcher.

Ce dernier fut certes un grand abolitionniste, révolutionnaire de 1848. IL fut à l’origine du texte d’abolition de 1848. Mais contrairement à ce que l’on veut nous faire croire depuis toujours, Schœlcher ne fut pas celui qui mit fin à l’esclavage dans les faits. Ce sont les esclaves antillais eux-mêmes qui par leurs luttes et leurs insurrections ont mis fin à l’esclavage. Les esclaves d’Haïti furent les premiers à briser leurs chaînes par des révoltes et une insurrection dirigées par Toussaint Louverture et Dessalines. Ils purent vaincre les armes à la main la plus grande armée d’Europe, celle de Bonaparte, dirigée par Leclerc et décréter leur indépendance le 1er janvier 1804. En Guadeloupe les troupes françaises noires rebelles avec à leur tête Delgrès et Ignace avaient pris les armes, en 1802 avec une partie de la population d’esclaves. Ils furent vaincus mais avaient eux aussi démontré la force de la rébellion.

Quarante six années plus tard, le 22 mai 1848, l’insurrection des esclaves de la Martinique et celle qui couvait en Guadeloupe ont contraint les gouverneurs des deux îles à décréter l’abolition avant même l’arrivée du décret gouvernemental aux Antilles, le 23 mai en Martinique et le 27 mai en Guadeloupe. Le décret du gouvernement arriva le 3 juin en Martinique et le 5 juin en Guadeloupe. Les gouverneurs ne pouvaient pas savoir à l’époque que le décret d’abolition avait été pris en France en Avril. C’est pour cette raison que le 22 mai en Martinique et le 27 mai en Guadeloupe sont des jours fériés. Ils ont été gagnés par la lutte des organisations anti colonialistes et communistes révolutionnaires, comme la nôtre. Il s’agit de célébrer outre « l’abolition », surtout « la lutte des esclaves pour imposer l’abolition ».

Evidemment il ne faut pas attendre que ces luttes là soient mises en avant et à leur juste niveau par les gouvernements français et leurs représentants locaux. Pendant plus d’un siècle après l’esclavage la propagande du pouvoir colonial faisait louer Schoelcher par les populations comme celui qui fut l’unique libérateur des esclaves. Qu’un Blanc fut « le libérateur des Noirs », sous entendus qui « n’étaient pas capables de se libérer eux-mêmes » voilà qui participait de l’aliénation de tout un peuple. Pendant longtemps, la «  fête Schœlcher » qui célébrait le jour de la naissance de Schœlcher donnait lieu à de grandes festivités pour honorer « papa Schœlcher ». Les partis scholchéristes dirigés par des politiciens noirs, domestiques du pouvoir colonial, ont pendant longtemps surfé sur cette vague post abolitionniste et populaire.

Rappeler les luttes des esclaves, rappeler celle des ouvriers français de la révolution de février 1848 qui furent ceux qui précipitèrent l’abolition légale, celles des masses exploitées en général, voilà qui gêne la bourgeoisie et son état. Car cela ramène aux luttes des exploités d’aujourd’hui, les esclaves modernes, les salariés, les travailleurs. La bourgeoisie, ses serviteurs comme Macron et consorts les craignent. Cette peur des ennemis de classe est la preuve que ces luttes sont salutaires. Elles recèlent une force qui demain renversera les exploiteurs.


Martinique MNA : les salariés mobilisés

Zoom Suite à la découverte de l’aménagement d’un local à Ducos, le personnel de la société Martinique Nutrition Animale (MNA) est « veillatif », (vigilant) pour son emploi.

MNA (Martinique nutrition animale) est une société installée à la Zone de la Lézarde au Lamentin, spécialisée dans la production d’alimentation animale. Comptant un effectif de 60 personnes, il jouit d’une position de monopole en Martinique. C’est pour cette raison qu’un client de MNA, par ailleurs membre d’une coopérative agricole, a choisi de monter une structure concurrente avec d’autres soutiens. Selon l’initiateur, les prix de MNA sont trop élevés. Ils ont ainsi décidé d’aménager un local situé à Ducos pour y stocker des produits qu’ils importeraient. Le problème est que cet aménagement s’est déroulé sans aucune information des autorités (mairie, préfet).

Le projet, bien avancé, ayant été découvert, le personnel salarié, mais aussi la direction de MNA ont dénoncé l’illégalité de cette construction et alerté l’Assaupamar (Association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais). Constitué en intersyndicale à l’initiative du syndicat UGTM, le personnel a surtout mis l’accent sur « la concurrence déloyale » de ce nouvel arrivant qui mettrait en péril les emplois de MNA. Les services de l’État ont clamé leur surprise et dépêché des enquêtes. Le maire de Ducos dit n’avoir rien vu ! Peut être à cause des bords larges de son chapeau bakoua… Quant à l’initiateur du projet, il s’est justifié dans un communiqué.

La réaction des salariés pour défendre leur emploi est légitime. Surtout dans un pays frappé par un chômage endémique. De plus, de nombreux salariés ont plus de 20 ans de présence dans l’entreprise voire 30 ans pour certains. C’est pourquoi, sur la suggestion de leur direction, ces salariés inquiets ont cru juste de monter au créneau pour dénoncer une « concurrence déloyale ». Une manifestation a même été organisée là où se trouve la construction litigieuse, le mardi 24 avril. Invité à intervenir lors d’une assemblée générale au siège de MNA le 20 avril, un responsable de la CGTM a rappelé aux participants que la mission des travailleurs n’était pas de lutter contre la concurrence déloyale au profit d’un patron. Et lors d’une réunion d’information tenue le 22 avril, après de longs échanges, la vingtaine de travailleurs présents a voté la mise en place d’un Comité de lutte destiné à suivre le dossier dans l’intérêt des travailleurs.


France : Air France grève pour les salaires

Les travailleurs d’Air France, toutes catégories confondues, en sont à leur onzième jour de grève. Ils réclament une augmentation de salaire de 6% en 2018 pour tous. Les salaires sont gelés depuis sept ans. La direction a d’abord proposé une augmentation dérisoire de 1% avant la grève. Elle propose maintenant 2% pour 2018 et 5% sur les trois prochaines années, sous réserve de bons résultats, avec une clause d’interdiction de grève ! Face au refus du personnel et de la majorité des syndicats, le président du groupe Air France KLM, Janaillac, a décidé d’organiser un référendum pour l’ensemble du personnel. En cas d’échec, il démissionnerait, dit-il.

Le référendum dans ce cas précis n’a pas de caractère légal ou contraignant mais il est destiné à peser sur le moral des grévistes si le oui aux propositions de la direction était majoritaire. Le chantage à l’emploi, la pression exercée par les médias qui dégoisent sur les pertes d’Air France, le mirage des 7% d’augmentation (peut être, mais pas pour tout de suite !), les tentatives de division du personnel en fonction des catégories, seront sans nul doute bien relayées par les cadres proches de la direction. Le référendum est soutenu par le syndicat CFDT. Mais la détermination des grévistes ne faiblit pas et un nouveau mouvement de grève est prévu pour les 3, 4, 7 et 8 mai prochains.


Macron aux USA : la grenouille veut se faire aussi grosse que le bœuf ?

L’histoire du petit impérialiste français et le chef de la première puissance impérialiste du monde. Cette dernière fait ce qu’elle veut. Macron n’aura qu’à en prendre acte... Comme le dit Jean de La Fontaine en parlant de ce qui arriva à la grenouille : « La chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas sages. Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs…..


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