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Journal/Sommaire du journal CO n° 1230 du 16 novembre 2019/Première page

Première page

Éditorial: Retraites, salaires, pensions… pour une riposte collective des travailleurs !

ZoomLe 5 décembre, une grève de grande envergure est annoncée en France pour contrer les attaques de Macron contre les classes laborieuses. Plusieurs syndicats de Martinique et de Guadeloupe, dont la CGTM et la CGTG, appellent les travailleurs à se mobiliser aussi. Plus ils seront nombreux à y participer, plus ils pourront contrer les mauvais coups du gouvernement !  

Déjà deux journées de mobilisation des travailleurs des hôpitaux étaient prévues le 14 et le 15 novembre. En Martinique, les agents hospitaliers préparaient des rassemblements dans les hôpitaux. Le gouvernement n’hésite pas à s’attaquer aux plus précaires. Il a modifié les règles d’indemnisation des chômeurs le 1er novembre. Il faudra cotiser davantage pour toucher des allocations qui seront fortement diminuées. Les difficultés vont s’aggraver pour les millions de travailleurs qui sont privés d’emplois. Le gouvernement estime que cette réforme lui permettra de récupérer 4,5 milliards d’ici 2022. En ce qui concerne les Aides personnalisées au logement, les allocations qui aident les plus modestes à payer leur loyer, le calcul sera modifié à partir de 2020. Les APL vont baisser pour près de deux millions de personnes. Le gouvernement compte rabioter ainsi 1,5 milliard. Ces milliards sont destinés à enrichir encore plus les gros possédants. Le total des aides publiques de toutes sortes versées aux grandes entreprises est astronomique. Darmanin, le ministre des comptes publics, a lui-même déclaré que ces subventions atteignent chaque année 140 milliards.

Depuis la crise de 2008, les travailleurs et les plus pauvres ont dû faire de nombreux sacrifices. Les hôpitaux et les écoles sont de moins en moins financés. Mais les riches sont toujours plus riches. Les gros capitalistes ont encaissé des profits record l’année dernière. La rémunération des patrons du CAC 40, les plus grosses entreprises françaises, s’est également envolée en 2018 pour atteindre des niveaux jamais vus depuis quinze ans. Macron veut poursuivre dans cette voie. Mais les travailleurs ont la capacité de bloquer toute l’économie en faisant grève. Parce qu’il craint une explosion de colère, le gouvernement avance donc prudemment. Fin octobre, en Guadeloupe, les services de l’État ont lâché un ballon d’essai pour remettre en cause la prime de vie chère, les 40 %. Selon eux les collectivités ne devraient plus verser cette prime aux agents, en particulier les contractuels. Face au tollé, l’État a reculé. Mais la menace demeure.

Cela fait des années que les gouvernements successifs souhaitent supprimer les 40 % que touchent les fonctionnaires. Le patronat a le même objectif, car de nombreux salariés des entreprises touchent aussi une majoration de salaire. En 2016, les salariés du Crédit Agricole de Guadeloupe ont obligé leur direction à renoncer à cette suppression, par une grève importante de plusieurs semaines. Si les 40 % sont supprimés, cela permettra aux capitalistes de tirer tous les salaires vers le bas. Le rêve du grand patronat de Guadeloupe et de Martinique, c’est de mettre en place un Smic local, plus faible, pour engranger encore plus de profits. Pour les retraites, Macron temporise car il veut éviter une mobilisation d’ensemble des travailleurs. Avec cette réforme il faudrait travailler plus longtemps, pour toucher des pensions plus faibles à l’arrivée. Tous les salariés seraient perdants, ceux du privé comme ceux du public.

La seule voie pour faire reculer le gouvernement c’est une mobilisation massive des travailleurs, tous ensemble !


Martinique : Suspension de la grève à Albioma

Après l’échec d’une ultime séance de médiation, les salariés grévistes de l’usine Albioma ont décidé la suspension de leur mouvement. 23 agents sur 39 salariés de l’entreprise étaient en grève depuis le 14 septembre. Ils ont repris le repris le travail le 31 octobre, sans signature de protocole d’accord.  

En effet, la direction ne faisait aucune avancée notable. Elle continuait en particulier à refuser de répondre à leurs exigences sur les questions d’effectifs minimum à respecter pour la sécurité, tant des agents que de l’environnement, vu la nature de l’activité de cette industrie. Même réponse négative quant à leur demande d’évolution salariale sans discrimination entre les agents. Peu soucieuse des règles de sécurité et provocatrice, la direction s’est employée à continuer à faire tourner l’usine avec les cadres et quelques agents non-grévistes.

Aujourd’hui, les grévistes, des jeunes travailleurs pour la plupart, ont décidé de suspendre leur mouvement. Ils n’ont pas pu gagner mais ils gardent la tête haute et ont toutes les raisons d’être fiers de leur lutte.


Martinique : Collège de Terreville danger, pollution

Le vendredi 8 novembre dernier les élèves ont bloqué leur collège à cause du problème de l’amiante présente au collège. Les parents de leur côté avec leur association (Fédération des conseils de parents d’élèves) s’étaient déjà mobilisés le lundi 4 novembre pour demander au rectorat et à la CTM plus de transparence.  

Les élèves du collège de Terreville se sont exprimés à travers la presse et la télévision par la voix de leur porte-parole, Michelle Fordant, 14 ans : « Nous n’avons pas de débriefing, ni de la part de la principale ni des professeurs. Alors c’est quoi, nous sommes trop petits pour savoir ce qui se passe dans l’établissement ? » Ils ont bien raison, parce que le problème de l’amiante en Martinique est bien réel.

Au fur et mesure on découvre de l’amiante soit dans des maisons individuelles construites depuis des dizaines d’années, soit par exemple dans l’ancien établissement de Martinique 1ère à Clairière durant sa démolition. On en trouve dans les entreprises comme dans la métallurgie à ENA au bassin radoub de Fort-de-France, où durant plusieurs dizaines d’années les ouvriers ont effectué du sablage de bateau avec de l’amiante dans le sable, sans avoir d’équipements appropriés pour effectuer ce genre de travaux dangereux.

Ce qui compte pour certains, c’est de réaliser le maximum de profit sur le dos des ouvriers et de la population. Et pour d’autres, de garder le silence, jusqu’à ce que les victimes tapent du poing sur la table.


Décision du 29 octobre : Jean-Marie Nomertin relaxé, Tino Dambas, débouté !

Notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de Combat ouvrier et secrétaire général de la CGTG est une nouvelle fois convoqué au tribunal de Basse-Terre suite à une énième plainte du planteur exploiteur Tino Dambas.

Cette fois Tino Dambas que tout le monde surnomme « l’escla-vagiste noir » a porté plainte en diffamation contre Jean-Marie Nomertin à qui il reproche de l’avoir soi-disant appelé ainsi sur Guadeloupe 1ère télévision. Tino Dambas qui n’a pas peur du ridicule a aussi porté plainte pour le même motif contre l’avocat de Jean-Marie Nomertin, Me Ézelin, et contre Delphine Ernotte, la directrice du groupe France Télévision auquel appartient Guadeloupe 1ère.

Le 1er octobre, une centaine de personnes - ouvriers agricoles, militants de Combat ouvrier et de la CGTG et d’autres organisations comme l’UGTG, le PCG, le FKNG, le journal Rebelle ! - étaient rassemblées devant le tribunal de Basse-Terre en soutien à Jean-Marie Nomertin convoqué suite à une première plainte de Tino Dambas. Une centaine d’ouvriers agricoles avaient fait grève ce jour-là et notamment ceux de la plantation SCA Dumanoir qui n’a pas pu fonctionner. Le 29 octobre, les juges ont débouté T. Dambas et ont relaxé Jean-Marie Nomertin. C’est une victoire de la mobilisation.

Alors, pour moucher les gros patrons exploiteurs, à commencer par Tino Dambas, et pour une deuxième relaxe de Jean-Marie Nomertin : Tous à l'audience du 22 novem-bre à 7h devant le palais de justice de Basse-Terre !  


Sud Basse-Terre : ce n’est pas aux travailleurs de payer !

Pour combler le déficit de 79 millions d’euros de la Communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe (CAGSC), la Chambre régionale des comptes de la Guadeloupe a notamment conseillé aux dirigeants de la CAGSC de supprimer la prime de vie chère de 40 % des agents à compter de janvier 2020, de ne pas remplacer les départs à la retraite, mais également d’augmenter de 200 % la redevance que payent les abonnés au réseau d’eau. Faire les poches des salariés et de la population, voilà la réponse de l’État face à ce déficit abyssal, creusé en partie par d’anciens dirigeants de la CAGSC qui sont actuellement poursuivis pour malversations et détournements de fonds publics pour plusieurs millions d’euros. Pour le moment, les actuels dirigeants de la CAGSC n’ont pas déclaré suivre les avis de la Chambre régionale des comptes, mais en attendant, si les agents et les habitants ne veulent pas faire les frais de ce déficit, ils ont tout intérêt à se préparer à riposter collectivement.  


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