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Journal/Sommaire du journal CO n° 1233 du 11 janvier 2020/Pages 1 et 2

Pages 1 et 2

Éditorial: Pour une bonne année, renforçons les luttes !

En ce début du mois de janvier, de nombreux travailleurs font preuve de combativité, non seulement pour défendre les retraites, mais aussi pour contrer tous les mauvais coups qui les menacent.  

En Martinique, les agents des transports du Centre ont repris le travail le 2 janvier, après 17 jours de grève. Ils ont obtenu des garanties de leur direction et du préfet concernant le maintien de leurs emplois. Ceux du fournisseur d’eau Odyssi ont fait une journée de grève le 6 janvier qui a fait plier leur direction : elle a renoncé à son projet inique de licencier un travailleur pour avoir distribué un tract en 2018. Une nouvelle journée de grève et de manifestation contre la réforme des retraites est programmée le 9 janvier, dans la continuité des mobilisations réussies depuis le 5 décembre.

En Guadeloupe, les agents communaux de Baie-Mahault ont repris leur grève le 3 janvier. Ils exigent le respect des engagements pris par la maire suite à leur mobilisation en septembre et octobre 2019. Sur le campus universitaire de Fouillole, les salariés chargés du nettoyage des locaux ont entamé une grève le 6 janvier. Ils dénoncent le non-versement de certains salaires au mois de décembre, ainsi que la réorganisation du travail qu’on veut leur imposer pour qu’ils soient taillables et corvéables à merci.

Le 9 janvier, les enseignants de plusieurs établissements scolaires ont prévu de suivre la grève contre la réforme des retraites. Le 10 janvier les travailleurs présents au colloque des syndicats ont la possibilité de s’exprimer dans le sens de la lutte collective. D’autres catégories sont également mobilisées, comme les avocats qui refusent le hold-up du gouvernement sur leur caisse autonome de retraites.

En France, la grève entamée le 5 décembre contre la réforme des retraites se poursuit. Les grévistes de la SNCF et de la RATP ont reconduit leur mouvement durant les fêtes de fin d’année, malgré toutes les manœuvres du gouvernement. D’autres travailleurs sont aussi en grève, dans les raffineries, dans les ports, à Radio France, à l’Opéra. Les grèves continuent et c’est déjà une petite victoire pour tous les travailleurs, parce que cette mobilisation, largement portée par les cheminots et les agents de la RATP en France, est ce qui est arrivé de mieux au monde ouvrier depuis des années.

Le gouvernement a échoué à dresser la population contre les grévistes parce que, derrière les usagers qui galèrent, il y a des salariés qui n’en peuvent plus de subir. Il y a tous ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. Eux se félicitent de voir des travailleurs relever la tête. La grande masse des salariés ne se sentent pas encore assez forts pour suivre les grévistes, mais ils ne se trompent pas de camp. Macron et compagnie représentent le camp d’en face : la bourgeoisie, les financiers qui n’ont jamais été aussi prospères et sont toujours aussi rapaces.

Les ministres et autres valets de la bourgeoisie n’imaginent pas les salariés autrement que soumis et dociles. Mais la classe ouvrière est capable de se battre. En continuant de porter le drapeau de la contestation, ceux qui poursuivent la grève en France offrent un avenir au mouvement. Et comme on l’a vu le 5, le 10 et le 17 décembre, le mouvement a de nombreux combattants en réserve en France, en Martinique et en Guadeloupe. Tant qu’il continue, il peut gagner de nouvelles troupes. Après tant d’années de coups reçus et de résignation, ceux qui continuent de se battre sous le signe de la lutte collective et de la solidarité entre travailleurs ont raison. Rejoignons-les tous, avec la fierté de se battre pour des jours meilleurs.

Vive un 2020 de lutte !  


Martinique : Les travailleurs d’Odyssi ont gagné

Lundi 6 janvier 2020, plusieurs sites d’Odyssi et plus de 200 salariés de l’agence d’Odyssi de Dillon (Régie communautaire de l’eau et de l’assainissement) et des collectivités, se sont mobilisés contre un licenciement.  

Pour comprendre cette affaire, il faut revenir à l’année 2018. A l’époque, un tract écrit par un groupe de salariés avait été distribué au sein de l’entreprise pour apporter au personnel des précisions à propos du CV du nouveau directeur général arrivé fraichement à l’agence de Dillon.

Il est écrit dans ce tract que : « Avant d’être parachuté à Odyssi, le directeur général actuel fut chassé pour incompétence en tant que DGS et Directeur financier dans cinq collectivités ». Plus loin, on peut lire que : « Depuis son arrivée… le Directeur Général d’Odyssi n’a cessé d’instaurer un climat de peur et de terreur dans notre entreprise, avec pour seul objectif la destruction… » Le directeur avait licencié cinq salariés. La plupart étaient des responsables syndicaux de la CGTM.

Mais mal lui en a pris, parce que ce monsieur a été débouté devant la justice. Les camarades ont eu gain de cause et ont été réintégrés dans leur service. Ce même monsieur avait cherché en 2018 à licencier le représentant de la section syndicale CGTM de l’agence pour avoir, disait-il, énoncé des attaques diffamatoires contre lui dans le tract en question, sans preuve valable. Mais un an plus tard, c’est-à-dire en 2019, la justice avait une fois de plus débouté ce directeur. Mais têtu comme une mule, le directeur en question cherche de nouveau, et avec la complicité du président d’Odyssi, Yvon Paquit, à licencier le même représentant de la section syndicale.

Alors trop c’est trop, les salariés mobilisés veulent que ces attaques et discriminations cessent. DH : La direction a levé les sanctions « par souci d’apaisement » a-t-elle déclaré. Par souci de dignité et de justice, les travailleurs ont gagné.  


Les agents municipaux ne baissent pas les bras

ZoomLes agents municipaux de Martinique sont confrontés directement à la politique anti sociale du gouvernement Macron-Philippe. La chambre régionale des comptes (CRC) en est le bras armé avec ses régulières prescriptions de réduction des budgets des communes, dans le but de faire des économies sur le dos des salariés.  

La CRC cherche ainsi à rogner sur des avantages obtenus grâce à leur combativité pour l’amélioration de leurs conditions sociales et salariales. Les agents refusent de faire les frais des difficultés financières des communes dont ils ne sont nullement responsables.

Le jeudi 21 novembre dernier, plus de 200 agents municipaux de Ducos, inquiets pour leur avenir, avaient arrêté le travail. Ils exigeaient plus de transparence de la part des élus sur la situation financière de la commune. Face à leur mobilisation, le maire de la commune, Charles-André Mencé, avait dû faire machine arrière et avait donné la garantie aux agents que leur salaire du mois de décembre leur serait versé normalement.

Mais les agents de toutes les communes craignent pour leur avenir et restent vigilants sur d’éventuelles suppressions de postes mais aussi sur la suppression des 40 % de prime de vie chère, qui entraînerait une baisse importante de leur niveau de vie. Ils l’ont démontré par leur combativité lors des journées de manifestation contre la réforme des retraites. Ils ont organisé des blocages dans certains carrefours, devant la SARA (société de raffinerie) ou encore à l’entrée de l’aéroport Aimé Césaire. Ces jours-ci, ils organisent des assemblées générales de leurs sections avec le syndicat CGTM-SOEM pour se préparer à une large riposte, pour exiger le retrait de la réforme des retraites. Ils s’opposent aussi à la politique budgétaire du gouvernement, à certains maires qui se montrent complaisants vis-à-vis de cette politique, ou d’autres qui restent passifs.

Ils sont déterminés à réduire les objectifs du gouvernement, qui ne voit qu’une chose, satisfaire les appétits des donneurs d’ordre, c’est-à-dire des capitalistes.  


Guadeloupe : Baie-Mahault les travailleurs municipaux en colère

Lors de la récente grève des municipaux, un accord avait été signé, après trois semaines de lutte, avec le maire de Baie-Mahault. Lundi 6 janvier, avec leur syndicat UTC-UGTG, les municipaux entraient de nouveau en grève, touchant de nombreux services et les écoles. Pour mettre fin aux luttes, patrons, directeurs ou maires signent des accords, puis ne les respectent que partiellement, comme c’est peut-être le cas à Baie-Mahault. Les travailleurs ont raison de réagir rapidement.


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