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CO de 2018/CO n° 1192 du 10 février 2018/Quatrième page

Quatrième page

France : Le plan scélérat de Macron-Philippe

Pour « compenser » la suppression des 120 000 postes de fonctionnaires, le plan Action publique 2022 prévoit d’augmenter l’embauche de contractuels notamment « pour les métiers ne relevant pas d'une spécificité propre au service public », est-il dit plutôt ironiquement.
Les contractuels - 20 % des effectifs - qui, dans les hôpitaux ou les collectivités - pour ne citer que ces exemples-là -, galèrent dans la précarité tout en faisant le même travail que leurs collègues titulaires, apprécieront ! Pour ce nouveau scénario, Philippe avance flanqué de Darmanin, son ministre du budget, et de Dussopt le secrétaire d’État à la Fonction publique. Ministres et secrétaire d’État ont affirmé qu’ils allaient discuter avec « les syndicats, mais aussi les élus locaux et les employeurs hospitaliers », et que « la négociation va durer un an ». Sauf que, avant même le début de ces prétendues négociations, ils présentent leurs décisions.
Celles-ci ont pour objectifs : diminuer les services publics au service des populations les plus modestes, réduire le nombre de fonctionnaires et aggraver leurs conditions de travail pour continuer à servir les intérêts des capitalistes et des riches en leur faisant des cadeaux fiscaux. Encore une fois, les menaces de ce plan scélérat pèsent sur les travailleurs du public comme sur ceux du privé. Ils ont toutes les raisons de ne pas se laisser faire.


Dans les entreprises

  Échos du CHU (Guadeloupe)

Le carnaval a commencé
En attendant d’y voir plus clair en matière de sécurité, il a été recommandé de mettre l’accent sur la surveillance incendie avec passages réguliers de professionnels du feu dans les étages. Mais en fait de pompiers, on a droit à des agents de sécurité et de gardiennage affublés de costumes rouges, déguisés en pompiers. Pour faire quoi ? Pour amuser qui ? L’ESCRIM (hôpital de campagne) a tiré sa révérence
La date du départ était connue de tous. Et pourtant alors que les tentes se plient, c’est à ce moment que les responsables au CHU semblent se réveiller. Avec fébrilité, des travaux commencent dans un autre parking, on commence à aménager les consultations externes pour loger les urgences.… Urgence ne rime plus avec prévoyance ?
Les secrétaires empoussiérées
Alors que les secrétaires se plaignent de maux de tête voire de malaises à cause des odeurs qui se dégagent des gaines d’aérations et des archives empilées, on demande de passer un coup d’aspirateur et aux ASH de faire une décontamination des murs et des sols. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’infection nosocomiale ? On pourrait en rire si pendant que certains marchent sur la tête il n’y avait des ASH qui en prennent plein le nez !
CHU : Que s’est-t-il passé ?
Cela fait deux mois que l’hôpital a pris feu, quelle en était la cause ? Toujours pas de réponse et pourtant les services rouvrent à tout va. Quand on voit les rapports de l’état actuel on est en droit de craindre le pire !

Pawol a travayè banann

Plantation Grand Café en grève
Depuis septembre, le patron Babin joue avec les salaires. Il paye les camarades en retard, et il prélève de l’argent de manière injustifiée. Les camarades ont décidé de protester. Ils ont bien fait ! Sous la pression, Babin vient de leur payer la prime de fin d’année.
SA Bois-Debout : travayè pa timoun !
Un camarade en formation a été mis à pied. La formatrice prétend qu’elle a été choquée par ses propos. Elle a rapporté à sa direction, qui a elle-même rapporté à Block de Friberg. On se croirait à l’école. Qu’est-ce qu’ils vont inventer la prochaine fois ? Ils vont convoquer les parents ? Ou mettre une retenue ? SA Bois-Debout : Block veut jouer les licencieurs
Le directeur Block de Friberg, le petit-fils Dormoy, continue à pleurnicher sur les soi-disant difficultés financières de la plantation. Il prétend qu’il faudrait licencier 49 salariés, et parmi eux 38 ouvriers agricoles. Mais la famille Dormoy s’est enrichie depuis des décennies sur la plantation, y compris par des magouilles. Qu’ils reversent cet argent, on verra s’il y a toujours des difficultés !
Grève du 29 janvier : les planteurs et les organismes de formation sont avertis !
Plus d’une cinquantaine de camarades se sont mobilisés devant le centre de formation à Fromager pour protester contre les licenciements et les problèmes liés à la formation. D’autres camarades ne se sont pas rendus en formation. La directrice de l’organisme de formation Fore a dû se déplacer pour rencontrer les camarades.
Plantation Montebello : tout nouveau tout beau ? Dernièrement, tous les camarades ont été convoqués dans une réunion. Cabre leur a expliqué qu’il a vendu la plantation et leur a présenté leur nouveau patron. Celui-ci affirme qu’il veut que tout fonctionne bien. Qu’il commence par rembourser l’argent volé aux ouvriers en appliquant l’accord signé par son prédécesseur ! Plantation Pomme-Rose : Héry a dû revoir sa copie
Le patron avait monté une combine avec l’association Verte Vallée qui gère la formation. Il voulait que les camarades en formation continuent de travailler deux jours par semaine. Ils ont refusé et ils ont obtenu une formation en bonne et due forme !

L’Écho de l’Aéroport

PSC : une salariée tombée d’épuisement sur le site… Les travailleurs de l’aéroport ont vu avec surprise une salariée de PSC couchée par terre près de son chariot. Elle a pu être secourue. Alors qu’elle était en pleine activité, elle s’était écroulée et s’était, en plus, cognée sur son outil de travail. Elle s’était déjà plainte de trop de tâches à effectuer. Elle n’en pouvait plus. …
Le patron a tort
En organisant le sous-effectif, le patron de PSC mène les travailleurs à l’épuisement. Il confie à chacun un maximum de tâches. Les travailleurs sauront quoi faire pour ne pas tomber sous la charge.

Sucrerie en lutte

(usine Gardel) Les usiniers font trainer les NAO
À quand l’ouverture de la campagne sucrière ? Pour répondre à cette question, il faut répondre à un préalable, où en sont les NAO ? Ces négociations annuelles obligatoires sont loin de se terminer car aucun accord sur les salaires notamment n’a été trouvé jusqu’ici. Rien d’étonnant car chaque début d’année les capitalistes usiniers jouent la même partition. Ils font trainer les réunions afin de faire porter les responsabilités de retard aux ouvriers industriels face aux planteurs.

Échos de Jarry

EDF Centrale Jarry : enfin on avance…
On a l’impression que ça bouge enfin au niveau des douches. Une entreprise est venue prendre les mesures pour poser les équipements qui manquent. Ça prouve qu’on a bien fait de protester !
EDF Centrale Jarry : espérons que ce n’est pas du cinéma
Les chefs se sont préoccupés du problème des douches, même si les porte-savon et autres ne sont pas encore installés. L’avenir nous dira si c’était sincère, ou si c’était juste pour faire semblant à cause de la visite du PDG. Si rien n’arrive, on sait comment faire pour qu’ils s’activent.
Socréma : la vie est chère, les salaires doivent suivre ! La direction veut dénoncer la convention collective à la Socréma. Soi-disant cette convention lui coûterait 40% plus cher que celles des entreprises laitières de France. Le jour où les capitalistes de Guadeloupe vendront les yaourts et le reste 40% moins cher, on en reparlera.  


Haïti : Gaspillage des fonds publics au profit des partis politiques

Fin janvier, le gouvernement haïtien a distribué aux politiciens une première subvention équivalente à quatre millions d’euros sur neuf millions attendus. Sous couvert de préserver la démocratie, le gouvernement de Jovenel Moïse, comme ses prédécesseurs, finance une clique de politiciens qui détourne les revendications de la population laborieuse.

Nos camarades de l’OTR l’expliquent dans leur journal la Voix des Travailleurs du 30 janvier 2018. Partis politiques », entendez par là des formations politiques montées de toutes pièces à l’approche des élections par quelques clans d’amis ou de professionnels de la politique. Sans aucune attache réelle dans la population, l’objectif est simple : parvenir au pouvoir dans n’importe quelle condition.

C’est à ces structures politiques bidon que le gouvernement de Jovenel Moïse vient de décaisser ce lundi 22 janvier 2018 un premier montant de 250 millions de gourdes sur 572 millions prévus cette année. Par ce geste, selon le ministre de l’économie et des finances, l’État entend renforcer les partis politiques, épine dorsale de la démocratie. Le parti du président de la République, PHTK, a reçu 19,8 millions, VERITÉ, le parti de l’ancien président René Préval, a encaissé 13,4 millions, 10,4 millions pour KID, etc. Au total, ce sont 53 partis politiques qui vont recevoir chaque mois un versement. Une bonne méthode pour détourner les fonds publics au profit des partis proches du gouvernement et du coup soudoyer les autres partis qui n’ont pas pu avoir un poste au gouvernement. Bref, de la corruption institutionnalisée !

Cette remise de chèques aux dirigeants des partis politiques a eu lieu à un moment où les petits personnels des hôpitaux, de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, des voieries, des travaux publics, et d’autres filières du secteur public, entrent ou menacent d’entrer en grève, manifestent pour exiger de meilleures conditions de travail et des augmentations de salaire. Mais la réponse du gouvernement à ces exigences urgentes est toujours la même : il n’y a pas assez de moyens, il faut du temps pour résoudre les multiples problèmes des secteurs publics… et patati, et patata.

La majorité de la population vit dans une situation intenable, privée d’infrastructures de base comme : eau potable, toilettes, électricité, etc. Dans les hôpitaux publics, faute d’argent, les malades continuent de mourir à cause d’une seringue, d’une toile de gaze, d’un sérum.

Dans ces conditions-là, balancer ainsi de l’argent à des magouilleurs, dans la forme comme dans le fond, a de quoi choquer la population car le gouvernement ne manifeste pas autant de célérité pour satisfaire les besoins même primaires des plus nécessiteux. Prendre aux plus pauvres pour donner aux bourgeois, à leurs valets de la classe politique, Jovenel Moïse n’en est pas à son coup d’essai. Faisant main basse sur les comptes publics, le chef de l’État poursuit donc sa politique, à moins que les classes exploitées n’interviennent pour y mettre fin.


Jamaïque : La violence s’étend à Montego Bay

Dix assassinats en 12 heures dans la nuit du 2 au 3 février, dont un mort dans un quartier où l'état d'urgence était en vigueur depuis seulement quelques jours. Le Premier ministre a prolongé pour trois mois l'état d'urgence et tente de rassurer la diaspora : « malgré l'état d'urgence, ce n'est pas le chaos » a-t-il déclaré.

Mais la criminalité a pris des proportions gigantesques à Montego Bay sur la côte nord de la Jamaïque. Pendant longtemps elle était concentrée plutôt dans la région de Kingston à l’autre bout de l’île.

Le gouvernement a d'abord instauré l’état d’urgence pour deux semaines le 18 janvier et demandé aux touristes de ne pas s’éloigner de leurs hôtels. Les USA, le Canada et le Royaume uni ont demandé à leurs concitoyens de ne pas se rendre à Montego Bay. Cette région de l’île était connue comme la partie calme, riche, avec villas cossues attirant des milliardaires américains. C’est certainement aussi pour cela que les gangs et les bandits, souvent très jeunes, y ont proliféré.

La Jamaïque est connue comme un des pays de tête de la criminalité. La misère autour de Kingston et les ghettos est immense. Le trafic de drogue y prospère. Une conséquence des années de colonisation britannique et de l’oppression impérialiste anglo-américaine.

Les barrages policiers, les fouilles de l'état d'urgence ne règlent pas le problème de la pauvreté.  


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