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CO de 2018/CO n° 1191 du 27 janvier 2018/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe: Licenciements à Bois-Debout : les békés tentent de se venger

En janvier, la direction a annoncé un plan de licenciements d’un tiers des salariés de la plantation. Sur les 49 salariés qu’elle veut licencier, 38 sont ouvriers agricoles.

Après plusieurs mobilisations des ouvriers, le 31 mars 2017, le tribunal des prud’hommes a condamné la direction à payer à 63 travailleurs les sommes volées sur leur salaire durant les cinq dernières années. Pour faire appliquer cette décision, les ouvriers ont fait grève pendant une semaine. Le petit-fils du béké Louis Dormoy, Block de Friberg, avait dû céder et signer un accord sur le barrage des ouvriers. Dès la reprise du travail la direction avait dû verser à chacun des 63 ouvriers 10 000 € qui correspondent à une partie des sommes volées. Depuis, Block de Friberg, devenu directeur de la plantation SA Bois-Debout, pleurniche sur des soi-disant difficultés financières. Au mois d’août 2017, il a réussi à obtenir la mise en redressement judiciaire de la plantation pour six mois.

Aujourd’hui, Block de Friberg prétend devoir licencier un tiers des salariés pour que l’entreprise survive. En plus des prétendues difficultés financières, il affirme devoir arrêter la production sur la moitié des parcelles parce qu’elles seraient « trop vieilles ». Dans les deux cas c’est bien la direction qui est responsable de ces difficultés et non les ouvriers ! Depuis des dizaines d’années la famille Dormoy et d’autres békés actionnaires de la SCA Bois-Debout s’enrichissent en louant à la SA Bois-Debout le double des terres réellement cultivées. Ce sont aussi les salaires et les primes mirobolantes des Dormoy, cette fois en tant que cadres, qui représentent la proportion la plus importante des salaires de l’entreprise. Block de Friberg, qui était chef d’exploitation avant, est lui-même responsable de la mauvaise gestion des parcelles. En réalité, les Dormoy et les gros békés (qui entraînent dans leur sillage les planteurs noirs et indiens) veulent se venger des ouvriers qui les ont fait trembler en avril dernier.

D’ailleurs Block de Friberg le dit lui-même, il voudrait couler l’entreprise « pour Albert ». Albert Cocoyer est le délégué syndical de la CGTG. Les gros planteurs veulent faire payer aux ouvriers de Bois-Debout leur combativité qui a entraîné un mois plus tard en mai 2017 les ouvriers des autres plantations à faire 42 jours de grève générale. Tout comme leurs camarades de Bois-Debout en avril, les 200 grévistes avaient obtenu en juin une victoire historique face aux patrons. En quatre ans de lutte, la détermination des ouvriers de Bois-Debout leur a permis de se débarrasser du « maître » Louis Dormoy. Ils ne sont pas prêts à se laisser faire par le dernier rejeton de la famille. Barrage des ouvriers en avril 2017.  

Grève à Grand Café Depuis deux semaines, les ouvriers sont en grève pour réclamer le paiement de l’intégralité de leur salaire. Comme dans d’autres plantations, depuis le passage de l’ouragan Maria, ils sont en chômage partiel. Mais le patron Babin refuse de leur payer chaque mois les 1 150 € de chômage partiel. Pourtant les sommes correspondantes lui sont versées par l’État. Les ouvriers ont raison de ne pas se laisser faire !


Les agents de la pénitentiaire en lutte

Lundi 23 janvier les surveillants de la prison de Baie Mahault, excédés comme leurs collègues de toute la France, ont protesté vigoureusement contre leurs conditions de travail. Ils ont fermé et barré l’entrée du centre pénitentiaire, comme partout en France. Et dans de nombreux sites, les CRS sont intervenus manu militari. À Baie Mahault, ils ont tiré des grenades lacrymogènes devant les surveillants regroupés et se tenant le bras courageusement devant les portes du centre. La répression fut brutale et disproportionnée par rapport à l’action des agents. Combat ouvrier soutient les agents. Dans bon nombre de prisons ils sont agressés et à Baie -Mahault c’est fréquent. Ils ne sont pas assez nombreux alors même que maintenant en plus de ce travail harassant physiquement et moralement ils risquent carrément leur vie. Et tout cela pour un salaire à hauteur du smic ou presque.


Martinique: À Biométal, grave accident du travail

Au début du mois de décembre dernier, un ouvrier de l’atelier de l’usine Biométal du Robert a été victime d’un accident. Une bobine de tôle très lourde était déplacée par un pont. L’accrochage de cette bobine a cédé. L’ouvrier effectuant la manœuvre a évité de justesse d’être écrasé. La bobine a fini sa course sur une barrière de sécurité. Mais l’ouvrier a eu une jambe coincée et fracturée et un orteil écrasé.

La direction est responsable. Cet accident aurait pu être évité. Le CHSCT de l’entreprise avait déjà alerté la direction pour qu’elle change tout le dispositif d’accrochage. En fait, le nouveau dispositif avait été acheté depuis des semaines. Mais il était resté dans un coin sans être utilisé. La négligence de la direction est évidente. La sécurité des ouvriers n’est pas sa préoccupation première. Seuls comptent ses profits..


Guadeloupe: Mobilisation à l’agence Pôle emploi de Bouillante

Suite au droit de retrait exercé par les agents de Bouillante, les locaux provisoires de l’agence Pôle emploi ont été bloqués par les militants de l’UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe- indépendantiste) le lundi 11 janvier.

Le syndicat réclame le maintien du salaire que la direction veut prélever injustement aux salariés qui ont exercé leur droit de retrait, et de meilleures conditions de travail. Le 17 décembre, alors que la direction avait ordonné le déménagement des locaux de l’agence de Bouillante, les agents incommodés par la poussière et d’autres nuisances ont décidé de se retirer de cette situation dangereuse.

L’ensemble des agents présents ont signalé le danger grave et imminent en signant le cahier d’hygiène et sécurité, mais seuls quatre d’entre eux ont décidé de quitter l’agence et de rentrer chez eux. Le directeur régional, considérant qu’il n’y avait aucun danger grave et imminent, a pris la décision de sanctionner les agents en diminuant leur salaire. Les agents de Bouillante vivent cette décision comme une injustice d’autant que dans les autres agences qui viennent de déménager, la direction a fixé plusieurs jours de congés. Pour justifier sa décision aux yeux de l’ensemble des collègues de Pôle emploi, le directeur n’a pas hésité une seule seconde à mentir en affirmant que les collègues étaient en grève et qu’ils devraient assumer ! En fait, ce directeur de choc veut supprimer la possibilité pour l’ensemble des agents de Pôle emploi d’exercer leur droit de retrait quand ils estiment qu’ils sont confrontés à un danger grave et imminent pouvant affecter leur santé ou leur vie. Il voulait faire de Bouillante un exemple pour restreindre les droits de l’ensemble des salariés de Pôle emploi. Dans les agences où le manque d’eau est récurrent, il ne veut surtout pas que les agents excédés par les odeurs ou le manque d’hygiène général des locaux, puissent décider de rentrer chez eux.

À Bouillante, après plusieurs jours de protestation et de mobilisation des militants de l’UGTG devant le Pôle emploi et en réunion du comité d’hygiène et sécurité, il a décrété que pour les agents qui disposent d’un certificat médical la suppression de salaire pourrait leur être épargnée. En somme, le directeur de Pôle emploi anticipe la révision à la baisse des droits des salariés ! Les locaux provisoires de l’agence sont constitués de plusieurs conteneurs où le confinement est insupportable. Les entorses aux règles de sécurité se comptent par dizaines. Pour l’instant, les agents ont accepté d’intégrer ces locaux avec la promesse que les manquements seront réparés. Affaire à suivre !


Contrats aidés : la lutte à payé

Entre septembre et décembre, près de 400 salariées ont perdu leur emploi d’aide aux directeurs dans les écoles. Une poignée a résisté.

Contrairement à la Martinique, il n’y a pas eu de protestation massive pour contrer les suppressions d’emplois aidés décidées par Macron. Les élus de Guadeloupe ont aidé le gouvernement en s’appliquant à éteindre le feu. Ils ont menti en prétendant qu’ils allaient régler le problème. Cela a créé la confusion et a découragé les salariées de se mobiliser.

Mais quelques-unes des salariées licenciées n’ont pas accepté la situation. Avec le soutien des syndicats FSU et CGTG, elles ont créé un collectif pour se défendre. Elles ont fait une conférence de presse, ont distribué des tracts, et se sont rassemblées à plusieurs reprises pour demander des comptes aux responsables.

Leur ténacité a payé puisque quatre d’entre elles ont pu retrouver du travail dans une école. Un mouvement plus large aurait probablement permis au plus grand nombre de conserver leur emploi.

Comme les autres salariés, les précaires doivent compter sur leur propre force !


Rectorat : Quand les élèves « s’évaporent » ...

Il y a encore des suppressions de postes qui sont prévues pour la prochaine rentrée. Pour les justifier, les responsables du rectorat bidouillent les prévisions concernant le nombre d’élèves.

Au Moule, par exemple, il y a actuellement 336 enfants en classe de CM2. Tous ces enfants seront l’année prochaine en sixième dans un des deux collèges de la commune. Sauf que le rectorat ne prévoit dans ces deux établissements que 300 élèves de sixième au mois de septembre ! Où sont passés les 36 enfants manquants ? Mystère.

Dans toutes les communes, et depuis plusieurs années, c’est le même tour de passe-passe pour permettre les suppressions de postes. Un des chefs du rectorat a même inventé un terme concernant les enfants qui manquent dans leurs prévisions : il a parlé d’une « évaporation ».

Chaque année, en juillet, le rectorat doit recréer des classes en catimini, mais avec des professeurs contractuels corvéables à merci, puisque les titulaires ont perdu leur poste. Et les responsables du rectorat continuent de se gargariser en prétendant œuvrer « pour la réussite de tous les élèves »…


Martinique: Hôpital : Non à la carence !

Le jour de carence est rétabli à l’hôpital comme pour tous les fonctionnaires depuis le 1er janvier, alors que les études faites sur ce sujet ont montré que le jour de carence n’avait aucun impact sur les absences.

Le gouvernement veut nous pénaliser et c’est en plus une solution pour faire des économies sur notre dos puisque nous ne serons pas remplacés ni payés. Jour de carence, suppression de milliers de lits et de 20 000 postes dans la Santé, voilà de quoi nous préparer à une année 2018 revendicative et combative !