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CO de 2018/CO n° 1191 du 27 janvier 2018/Première page

Première page


Guadeloupe: Qui veut de l’eau, doit mettre le feu !

ZoomDepuis deux semaines, politiques et notables s’offrent une tranche de publicité sur le problème scandaleux de l’eau. Croyez-les sur parole, tous ces braves gens – y compris ceux qui n’ont rien fait pendant des décennies – veulent que ça change ! Ce lundi 15 janvier, Chalus a fait une grande « déclaration » promettant de régler le problème. La population n’a aucune raison d’y croire. Le scandale de l’eau en Guadeloupe est devenu catastrophique depuis cinq ans.

Une multinationale, la Générale des eaux (SOGEA), devait distribuer l’eau, encaisser les factures et se servir de l’argent D’ABORD pour entretenir le réseau de tuyaux. Elle s’est contentée d’encaisser les factures et de payer très grassement ses dix plus hauts cadres (la moitié des salaires à eux tous seuls !) et ses actionnaires. Et comme les tuyaux ont pourri (les deux tiers de l’eau sont perdus dans la nature avant d’arriver chez vous), il fallait faire payer les gens pour de l’eau que, souvent, on ne leur distribuait PAS ! Du coup, le système de factures de la SOGEA est devenu complètement fantaisiste et même un véritable vol qualifié ! Et depuis quelques mois, il apparaît en plus que cette eau n’est pas toujours potable ! Pendant tout ce temps, les politiques, de Chalus à Jalton, en passant par Lurel, Gillot, Michaux-Chevry, Bernier et tous les autres n’ont rien fait. Ils ont accepté sans rien dire de redonner de l’argent public à la SOGEA pour faire les travaux urgents dont elle était responsable. Et ils ont répété « jusqu’à plus soif » les prétextes de la multinationale. Un coup c'était « la sécheresse », un autre « la faute des touristes » ! En avril 2014, des usagers en colère et Combat ouvrier avaient appelé la population à manifester pour l’eau. Une cinquantaine de manifestants avaient occupé le SIAEAG, puis la Maison du département, lorsque Gillot y avait convoqué en panique tous les notables concernés. L’affaire avait fait un peu de bruit et Gillot avait promis « une régie et un prix unique ». Cela n’aurait pas réparé les tuyaux, mais c’était un début. Eh bien, même ça, ils n’ont pas été fichus de le faire !

Dès que la pression populaire est retombée, ils sont retournés à leurs petites affaires, indifférents au sort de la population. Il faut dire que les gens n’ont pas suivi notre appel à l’époque, en partie parce que beaucoup croyaient encore aux prétextes de la SOGEA. Ce n’est plus le cas. Les gens ne croient plus ces bêtises et plusieurs mobilisations réussies ont localement soulagé le problème. La SOGEA, estimant que cela commençait à sentir mauvais, a quitté le pays. Élus et notables craignent à nouveau que la population explose. Alors Olivier Serva a joué les rodomonts en tapant du poing sur la table. L’ordre des avocats s’est dit prêt à engager des poursuites. Et finalement Chalus a annoncé son plan qu’il ose qualifier « d’urgence » : 600 millions sur dix ans… Non seulement ces 600 millions ne suffiront pas (il manque au moins 300 millions), mais en plus on ne verra pas le bout avant… 2028 !

Il est donc probable que, s'ils démarrent, les travaux prendront beaucoup de retard. Chalus a déjà averti qu’il faut d’abord que les présidents des collectivités d’agglomération se mettent d’accord : autrement dit, si ça ne marche pas, ce n’est pas sa faute. Et on sait déjà que, tout comme la déclaration de Gillot en 2014, tout comme la reconstruction des écoles et le plan séisme promis en 2011, tout comme le chantier du nouveau CHU, tout comme la reconstruction de Baimbridge, tout comme l’organisation des transports en commun… Bref ! Comme toutes les autres depuis 30 ans, cette « promesse » nous est faite parce que les riches et leurs serviteurs politiques craignent la colère populaire… et ils l’oublieront bien vite, dès qu’ils seront rassurés. Il aurait fallu que Chalus appelle la population à descendre dans la rue – comme nos frères de Guyane ! – pour que des milliers de personnes contraignent l’État à trouver les 900 millions et à embaucher les milliers de jeunes nécessaires pour résoudre le problème dans l’année, pas en dix ans ! Même Serva, qui n’a pas la même notoriété, aurait fait l’affaire. Mais non. Ces gens nous craignent. Ils ne sont les amis que des riches. Ils ne se mobilisent que pour empêcher la mobilisation populaire. Or, il faut le dire et le répéter, pour l’eau comme pour le reste, une telle mobilisation est la seule et unique solution. .


Les élus font des ronds dans l’eau

Le 18 janvier, les dirigeants des principales collectivités et des communautés d’agglomération se sont réunis pour une énième discussion sur la question de l’eau. Cette fois, ils étaient tout contents d’annoncer qu’ils allaient effectuer 71 millions d’euros de travaux durant deux ans pour « mettre fin aux tours d’eau ». Les élus se gardent bien d’affirmer que ces « travaux d’urgence » régleront le problème de l’eau en Guadeloupe. Pour refaire l’ensemble des canalisations il faudrait 900 millions d’euros. Donc en réalité, ce énième plan de travaux des élus fera plouf et la population continuera d’être privée d’eau. Pour obliger à la fois les élus et l’État à mettre le milliard nécessaire à la réfection totale du réseau il faudra qu’on se mobilise par milliers dans les rues !


France: Le Carrefour du crime social !

Carrefour a annoncé le licenciement de 4 500 travailleurs et certaines sources parlent de 10 000. Alors même qu’en 2017, il réalisait 894 millions de bénéfices nets, en 2016 : un milliard 123 millions, en 2015 : un milliard 367 millions et tout à l’avenant. Pas assez de milliards pas assez de millions ! Alors il faut jeter des travailleurs à la rue ! Mais tant va la cruche à l’eau…


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