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CO de 2018/CO n° 1190 du 6 janvier 2018/Première page

Première page

Éditorial :Pour l’eau, pour la Santé publique, pour les salaires, pour l’emploi, pour faire payer les riches : En 2018, une seule voie, la lutte générale et collective !

Combat ouvrier souhaite à tous les camarades, à tous les travailleurs, à la jeunesse ouvrière, aux lycéens et étudiants une très bonne année 2018. Mais souhaiter cela, c’est aussi souhaiter que la lutte contre l’exploitation patronale, capitaliste prenne de l’essor. C’est souhaiter aussi que les conditions de vie de la population s’améliorent notablement.

En Martinique, comme pratiquement partout ailleurs, l'hôpital témoigne du désintérêt total des gouvernements successifs pour le maintien à niveau du service de santé publique. Les autorités s'en défendent en orchestrant une véritable campagne d'enfumage. Après avoir créé et laissé perdurer à l'hôpital une situation de déficit budgétaire les responsables de celui-ci prétendent s'en servir pour mettre en cause les salariés. Les déclarations en ce sens se succèdent et ont reçu le renfort du rapport de la Cour des comptes. Dernière manœuvre en date, à laquelle les travailleurs devront répondre : le déblocage presque méprisant d'une enveloppe de 11 millions alors qu'il nous est dit que, rien que pour payer les fournisseurs, c'est 150 millions d’euros qu'il faudrait 

Pour obtenir un service de santé publique digne de ce nom il faudra se battre. Quel évènement pouvait mieux démontrer le laisser aller et la pénurie dans ce domaine que l’incendie survenu au CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes ? Ça devait arriver ! Il faut en finir en Guadeloupe avec le scandale du manque d’eau potable aux robinets. Arrêtons de nous plaindre et de pleurer Il faut se battre et se battre collectivement pour obliger l’État et les élus à régler le problème de l’eau. Il faut refaire toutes les canalisations. Mais ce n’est que lorsque des milliers de personnes descendront dans la rue comme en 2009 que nous obligerons État et collectivités à régler le problème dans les meilleurs délais. Il n’y a pas d’autre solution pour en arriver là ! Assez de parlottes, assez de bavardages !

Et pendant que l’on nous dit que l’argent manque pour la réfection des services publics, pour l’augmentation des salaires, pour la création des dizaines de milliers d’emplois sur nos terres de chômage, de désespérance sociale eh bien, les premières étrennes sont pour le patronat, avec les effets concrets des ordonnances Macron-Pénicaud sur le Code du travail, dont des décrets viennent d’être publiés.

Après la grande grève des travailleurs de la banane en Guadeloupe, les patrons renient les accords signés. Mais heureusement après cette grève historique de mai et juin dernier, l’état d’esprit des travailleurs de la banane est aujourd’hui indestructible. Ils se battent et feront plier leurs exploiteurs, car ils sont forts dans leur tête ! Le gouvernement veut maintenant attaquer les demandeurs d’emploi. Le projet est de couper rapidement les allocations aux chômeurs qui refusent plus d’une offre.

Inversement, Macron comble les vœux des riches. Publié la semaine dernière, le palmarès Bloomberg montrait que les 500 plus grandes fortunes mondiales avaient vu leur patrimoine augmenter de 23 % en un an. Pour les classes populaires, c’est l’inverse. Les taxes augmentent. « Macron a fait les quelques réformes que nous attendions depuis des années », s’est réjoui Pierre Gattaz, le président du Medef. Si les patrons sont soulagés, c’est qu’en fait, ils ont peur des travailleurs. Eh bien, leurs craintes sont fondées ! L’état d’esprit des travailleurs de la banane sera contagieux. D’autres catégories de travailleurs repasseront à l’offensive ! Voilà nos vœux pour 2018 !


Martinique: Louis Boutrin prend une leçon de droit du travail

ZoomÀ la veille de Noël, la grève d'une partie des salariés du PNRM (Parc naturel régional de Martinique) continuait.

Après avoir démagogiquement présenté la grève comme un « complot politique », le président du PNM, Louis Boutrin, dans un courrier du 15 décembre, s'était allègrement assis sur le droit de grève. Il mettait en demeure les agents de regagner leur poste le lundi 18 décembre, sous peine de « radiation des cadres sans procédure disciplinaire ». Saisi d'un référé-liberté, le tribunal administratif a suspendu cette mesure, en précisant que la direction du Parc « porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit de grève ». Boutrin, par ailleurs membre en vue de la majorité à la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique), derrière Alfred Marie-Jeanne, avec ses méthodes de patron de combat, se voit donc renvoyé dans les cordes, ou au moins à la nécessité de discuter les revendications des grévistes.


Guadeloupe: Dodin des travailleurs véyatif au combat

Filiale de Vinci Construction, Dodin-Guadeloupe est rattachée à la Direction régionale Antilles. Cette entreprise de construction de bâtiments privés et publics intervient sur tout l'archipel et les îles du Nord. En jonglant avec la comptabilité, la direction diminuait la prime d’intéressement due aux ouvriers. La détermination de ces derniers et du syndicat UGTG a fait mouche. Après un mois de grève, jusqu’au 20 décembre, ils ont fait reculer la direction qui a dû ajuster les comptes. Depuis la reprise, les travailleurs sont attentifs pour faire appliquer les accords. Ils ont raison, les patrons n’ont pas de parole.


ROM : Le patron fait encore des siennes

Décidément, Camille Vaïtilingon, le patron de la société ROM (Ramassage des ordures ménagères), est incapable de se comporter honnêtement. Il persiste à payer en retard les salaires. Pire, il paie par chèque et non comme il le doit, par virement. Il peut ainsi faire des chèques en bois, ce qui prive les salariés de leurs revenus parfois pendant trois semaines. La révolte gronde. Il avait fallu deux grèves en 2017 pour qu’il régularise les paies en retard depuis 2014 ou incomplètes (heures supplémentaires ou jours fériés « oubliés »). Les collègues connaissent donc déjà le seul langage que ce genre de patron comprend.


Succès du réveillon de Combat ouvrier à Capesterre-Belle-Eau

Combat ouvrier avait organisé un réveillon le 31 décembre à Cambrefort avec les camarades de la banane : 126 travailleurs y ont participé. L’ambiance était fraternelle, sympathique et festive, comme prévu. Des camarades qui ont fait la dernière grève des plantations étaient présents et l’esprit de camaraderie soudé dans la lutte se ressentait. Jean Marie Nomertin a fait une courte déclaration à l’aube de 2018. Nous remercions tous ceux qui ont aidé au succès de cette soirée, et bien entendu le propriétaire des lieux et le DJ.


CHUM : L’hôpital placé sous administration provisoire

Le CHU de Martinique (CHUM) est, depuis le 3 janvier, sous administration provisoire décidée par le ministère de la Santé. Les trois administrateurs sont arrivés porteurs d'une lettre de mission signée par les deux ministres de tutelle Annick Girardin (Outre-mer) et Agnès Buzyn (Santé). Le contenu de cette lettre avait déjà été porté en décembre à la connaissance du personnel hospitalier.

Cette lettre de mission comporte l'affirmation suivante : « Le rééquilibrage des finances du CHUM est une condition préalable à toute relance des investissements ». Autant dire qu’au-delà des premiers discours de circonstance devant les organisations syndicales, la qualité des services de soins offerts et le respect des conditions de travail des hospitaliers ne seront sûrement pas les priorités de l'administration provisoire. Celle-ci semble bien devoir continuer à s'appuyer sur la campagne orchestrée depuis des mois sur le « déficit abyssal de l'hôpital » et qui a connu un sommet avec le récent rapport de la Cour régionale des comptes qui, naturellement, faisait plus que suggérer un sureffectif à l'hôpital.

Bien sûr l'arrivée des inspecteurs est au centre des préoccupations du personnel de l'hôpital. Le comité « CHUM douvan douvan » - regroupant des médecins, organisations syndicales et usagers - a organisé un comité d'accueil dans le hall de l'hôpital Pierre Zobda-Quitman à Fort-de-France le 3 janvier 2018. Et le lendemain, juste avant une rencontre des syndicats avec les trois envoyés, l'UGTM Santé a été à l'initiative d'un débrayage d'une heure à l'hôpital Louis Domergue de Trinité, pour soutenir la revendication de reconstruction de cet hôpital.

La situation en Martinique n'est pas isolée. Alors que les budgets des hôpitaux devraient augmenter chaque année pour bénéficier des innovations et des découvertes et pour embaucher les personnels indispensables à la qualité des soins, c’est l’inverse qui se produit.

On pourrait bien entendre sous peu en Martinique le slogan entendu ces derniers jours dans plusieurs hôpitaux visés par le ministère (Marseille, Grenoble...) : « La direction soigne des budgets, nous des êtres humains ».


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