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CO de 2017/CO n° 1189 du 30 décembre 2017/Quatrième page

Quatrième page

Dans les Entreprises

Échos des hôpitaux (Martinique)

Des conditions qui se dégradent chaque jour

La chirurgie oculaire basique ne peut plus se faire dans l’hôpital n°1 de la Caraïbe parce que la seule machine en fonction est en panne. En urologie, un autre appareil unique et essentiel dans le diagnostic, est aussi en panne. En pneumo, les pinces à biopsie manquent ! Tout cela parce que l’hôpital ne paie pas les fournisseurs. Un double scandale ! Pour le soin dû aux usagers en toute sécurité. Pour les professionnels de santé dans l’incapacité de travailler correctement et qui subissent le stress.

Des gouvernants sourds et méprisants

Un million, voilà la réponse immédiate du gouvernement face aux 110 millions estimés nécessaires pour le matériel médical, mais aussi technique et industriel urgent. Malgré les sourires des ministres, le gouvernement se moque royalement de nous et refuse de prendre la mesure de l’urgence. À force d’afficher son hypocrisie et son mépris, il trouvera notre colère !

Des directeurs s’en vont, des réceptions à gogo !

Avant le DG, il y a eu la directrice des Ressources matérielles, technique et des travaux, (logistique), et avant l’ex-directeur des Ressources humaines et affaires médicales. Et les réceptions se suivent… sur le compte de l’hôpital.

Et en même temps….

On ne peut pas payer 400 euros pour les plaquettes de frein et la suspension d’une ambulance Réa du SAMU ! Un peu de décence quand même !

Des transferts sans l’organisation nécessaire

Il y a 9 lits réservés au transfert de la chirurgie plastique. Ils sont occupés par des patients de Guadeloupe et de Martinique. L’équipe soignante est fixe. Mais comme le nombre de lits en neuro est insuffisant, ces jours-ci, les patients de neuro sont dispersés dans d’autres unités. Ils sont transférés aussi au plus près, dans les 9 lits de la chirurgie plastique, sans moyens supplémentaires. Des « glissements » vite faits, bien faits, sans moyens. Ce n’est pas acceptable

Écho des télécoms

Richard III ?

Stéphane va-t-il succéder à Richard ? On ne lui connait pas de concurrent, pour un troisième mandat mais le suspens est entier. Le PDG d'Orange va-t-il être reconduit pour un nouveau mandat ? De toute façon, c'est le Conseil d'administration qui décide, sans aucun contrôle et sans aucune transparence.

Électricité et pognon

Dans les projets de Richard III, il y aurait par exemple le développement d'une branche fourniture d'électricité, en relation avec Engie. Pour quelle utilité sociale ? Les fournisseurs existants se font déjà une guerre effrénée sur fond d'augmentation des tarifs ; en faut-il un nouveau pour rajouter au désordre ? Le CA décidera, en toute obscurité, et en fonction d'un seul critère : « combien de pognon ça rapportera ».

Fabienne Dulac en Guadeloupe

Fabienne Dulac directrice exécutive d’orange était récemment en Guadeloupe. Elle a déclaré que 85% du réseau était rétabli après le cyclone. Ce qui signifie que 15% est encore sinistré. Il n’ya pas vraiment de quoi pavoiser trois mois après le passage du cyclone.

Écho de l’aéroport

Météofrance : Grève des personnels administratifs

Les personnels administratifs et de la logistique de la DIRAG (Direction régionale Antilles Guyane), basés en Martinique, ont fait grève le 15 décembre. Ils demandent le remplacement d’un ouvrier d’État en congé longue durée et la réouverture des postes d’adjoint RH et d’assistant de direction. La direction a pour l’instant rejeté ces revendications, malgré la diminution drastique des effectifs appliquée depuis plusieurs années et les difficultés qui s’ensuivent au niveau du fonctionnement. Le mouvement, qui a reçu notre soutien en Guadeloupe, a été suivi par 80% des personnels. La lutte continue !

Aviation civile (DSAC) : bientôt la pointeuse

À partir de janvier, le personnel de la DT Guadeloupe, dépendant de la Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile (DSAC), devra pointer pour la prise et la fin de service avec une badgeuse. Malheureusement certains syndicats ont validé cette mesure. Présentée comme une possibilité d’avoir des horaires plus souples, il s’agit en fait d’une mesure de makrélaj qui veillera les faits et gestes des agents. Accepter des chaînes, fussent-elles dorées, ne peut en aucun cas être un signe de liberté.

SORI : encore une saison en sous-effectif

La SORI essaie encore de faire des économies sur notre dos en n’embauchant pas pour la haute saison. Des tâches diverses à faire en même temps devant le client du bar qui attend. Une pression qui nous amène à prendre des risques de chute ou de casse de matériel. Et pas moyen d’aller aux toilettes... Jusqu’au moment où, obligés de quitter le poste, nous laisserons la responsabilité à la direction.

BRINK’S : le retour de nos camarades

Après quasiment deux ans nous voyons revenir travailler trois collègues licenciés. Il faut dire que ces camarades étaient deux délégués du personnel et un délégué syndical. L’inspection du travail puis le ministère avaient refusé ces licenciements que la société appelait « économiques » car elle n’avait aucun problème économique. Pendant deux ans nous avons fonctionné dans de mauvaises conditions à cause de ces licenciements. Six autres camarades ont perdu leur travail car la loi imposant l’autorisation de l’État ne concerne plus que les délégués. Mais la plupart des collègues savent que ces neuf licenciements n’étaient pas justifiés. Exigeons la réintégration de tous !

Écho de pôle emploi

Rien ne va plus

Si en plus le logiciel qui est censé faire l’interface entre les centres de formations et Pôle emploi n’est pas efficace, c’est la fin des haricots ! Eh oui, dans une boite où l’on nous casse les pieds en permanence avec la dématérialisation, il serait bien temps de nous doter de logiciels qui ne buggent pas toutes les 5 minutes.

Pawol a travayè bannann

Jean-Louis Nara et Mallenec : Voleur un jour, volera toujours !

Durant le chômage partiel, c’est l’État qui verse aux planteurs les salaires qu’ils doivent reverser en intégralité aux camarades. Les camarades ont constaté que Nara prélevait sans raison des journées sur leur paye. Chez Mallenec, il manque entre 50 et 100 €. En mai, les planteurs étaient choqués quand les grévistes les traitaient de voleurs. Sé sa yo yé menm, on bann volè !

Plantation Grand-Café : Babin a décidé d’arrêter son cirque ?

Depuis septembre les camarades touchent leur salaire avec beaucoup de retard, parfois plus d’un mois. Babin leur disait qu’il voulait les « mettre dans le rouge ». Lors des différents rendez-vous avec le préfet, les camarades avaient exigé qu’il intervienne pour faire cesser cette situation. Récemment Babin a commencé à payer une partie de ce qu’il doit aux camarades. S’est-il fait taper sur les doigts par le préfet ?

Maria, cyclone providentiel pour les planteurs

Alors qu’il faut sept mois pour obtenir une nouvelle récolte, les planteurs prévoient de ne produire que 30% du tonnage en 2018, et seulement 40% en 2019 ! L’État et l’Europe leur ont garanti qu’ils toucheront leurs subventions comme d’habitude. Pendant deux ans, les patrons vont donc volontairement faire tourner les plantations au ralenti, et essayer d’en profiter pour casser la combativité des ouvriers agricoles.

Échos de Jarry

Socréma : la polyvalence, pas pour tout le monde ?

Depuis les licenciements de 2013, la direction applique la « polyvalence ». L’organisation change selon son bon vouloir. Finis les postes et horaires fixes. Un jour on est machiniste, un autre magasinier. Bientôt serons-nous assis dans les bureaux climatisés de la direction au nom de la polyvalence ?

Socréma : la directrice a peur du juron local ?


Il y a quelques temps, une machine de production est tombée en panne. Un salarié qui travaillait dessus s’est énervé et a crié un juron local bien connu. Après que des chefs d’équipe l’aient dénoncé, la directrice a convoqué le salarié dans son bureau. Pour quoi faire ? Pour qu’il demande pardon à la machine ?

EDF Jarry : un chef en changement d’air

Un chef arrive de France pour expliquer aux travailleurs comment les primes de participation seront distribuées. Vu que l’ambiance est au serrage de ceinture, on imagine déjà qu’il va sortir tout un baratin pour faire passer la pilule. C’est pour récompenser ce baratin qu’il a eu droit à une promenade sous les cocotiers ? Sûr que ça change de la neige et du verglas !


Haïti : L’exploitation des travailleurs n’est pas une fatalité

En Haïti, l’année 2017 a été marquée par de nombreuses luttes des travailleurs pour l’augmentation du salaire minimum face aux patrons soutenus par le gouvernement de Jovenel Moïse. Voici l’analyse de nos camarades de l’OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires) dans leur journal La voix des travailleurs du mois de décembre.  

Dans cet océan de misère qui est le lot de la majorité de la population, une minorité de possédants a amassé d’énormes richesses par le vol de la force de travail des ouvriers et par des trafics en tout genre. Au pouvoir depuis février 2017, Jovenel Moise et la ribambelle de politiciens qui composent son administration se sont rapidement rendus complices de ces exploiteurs, affameurs de travailleurs.

Ils ont été du côté des industriels, contre les ouvriers qui réclamaient un salaire minimum de 800 gourdes pour ne pas crever de faim. Ils n’ont pas levé le petit doigt contre les patrons qui prélevaient l’IRI (impôt sur le revenu imposable) sur des travailleurs non imposables, mais par contre ils n’ont pas hésité à augmenter le budget de l’État sur le dos de ces travailleurs.

Au contraire, ils se sont mis au travail pour asséner des coups aux classes laborieuses tout en étant obséquieux vis-à-vis des patrons. Indépendamment des étiquettes des politiciens qui sont aux commandes, l’État bourgeois sert exclusivement les intérêts des classes dominantes. Leur politique anti classe ouvrière s’accompagne de vols, prévarications, corruption. Là aussi les responsables de l’État aggravent le quotidien des travailleurs en se faisant la part belle dans les caisses publiques. Rien n’est laissé aux services utiles à la population.

De l’autre côté, les masses exploitées voient leur situation empirer. En dépit des nombreuses années de travail, les ouvriers peinent à s’offrir un repas par jour. Leurs conditions de vie et de travail ne cessent de se dégrader. Dans les usines, les petits chefs à la solde des patrons, ajoutent aux bas salaires la violence physique et le harcèlement, le déni de toute liberté pour les ouvriers. Dans les bidonvilles déshérités où ils habitent la situation n’est guère meilleure. Privés des services de base, les travailleurs sont en plus, souvent la proie des bandits armés.

À force de se montrer cupides et hargneux, les capitalistes et les politiciens à leur service jettent un nombre croissant de travailleurs dans la misère la plus crasse. Et dans la conscience de certains travailleurs, les faits l’attestent cette année, on voit poindre à l’horizon l’idée que leur sort ne s’améliorera pas sans lutte.

Pour l’augmentation du salaire minimum à 800 gourdes par jour, contre le CSS, Conseil supérieur sur les salaires, qui leur octroya 335 gourdes, les travailleurs ont spontanément gagné les rues. Contre la perception de l’IRI par les patrons alors que le gouvernement y avait mis fin, les travailleurs se sont mis en grève. Çà et là sur la zone industrielle, les travailleurs se sont dressés contre les abus et injustices.

Il est à souhaiter que ces luttes éparses et spontanées soient le prélude d’une lutte plus large englobant toutes les masses exploitées de la population à travers tout le pays. Elles réaliseront que l’exploitation et la misère ne sont pas une fatalité. Collectivement et organisées, elles parviendront à y mettre fin.


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