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CO de 2017/CO n° 1189 du 30 décembre 2017/Troisième page

Troisième page

Paradis fiscaux : Une « liste noire » qui est un écran de fumée

Dix-sept pays dont quatre îles de la Caraïbe apparaissent sur la liste noire des paradis fiscaux réalisée début décembre par les ministres des finances de l’Union européenne.

Il s’agit de pays où la fiscalité est très faible voire nulle. Ces pays ne respectent pas les conditions de l’UE (Union européenne) en particulier une harmonisation fiscale avec l’UE d’ici décembre 2018. Là, de très riches possédants, installés par exemple en France, peuvent déclarer leur adresse ou celles de leurs sociétés afin d’échapper aux impôts, privant de 360 milliards chaque année les États du monde. Ils cachent aussi leurs activités financières : ces paradis fiscaux sont également des paradis financiers.

Dans la Caraïbe apparaissent Sainte-Lucie, Barbade, Grenade et Trinidad-et-Tobago. Il n’est pas honorable de se trouver sur une telle liste qui laisse supposer que les dirigeants y sont corrompus. Certains ont donc protesté.

La Grenade s’engage à signer en décembre 2017 la fin des comportements nuisibles afin d’être rayée de la liste. Le premier ministre de Sainte-Lucie exige un courrier et dans l’île on s’étonne de l’absence de la Dominique sur la liste noire. L’UE a en fait épargné les îles dévastées par les ouragans Maria et Irma de 2017. Elles ont été placées sur une liste spéciale « paradis fiscaux/ouragans ». Il existe enfin une « liste grise » de 47 ex-paradis fiscaux qui se seraient engagés à améliorer leur fonctionnement en termes de fiscalité. Mais rien n’est encore clair.

Les pays de l’UE s’engagent donc à ne pas collaborer avec les paradis fiscaux ainsi listés et c’est là qu’apparait la tromperie. En fabriquant la « liste noire des paradis fiscaux », au départ, les dirigeants européens ont exclu les pays de l’UE. Cela entraine la suppression de paradis fiscaux notoires, le Luxembourg, l’Irlande, Jersey : pas de contrôle spécial des transferts de fonds vers ces pays ! De toutes façons d’autres pays tels les États-Unis, la Suisse, le Royaume-Uni peuvent accueillir et cacher l’argent des exploiteurs ou autres richissimes, artistes...

Les ministres de l’UE le savent et ferment hypocritement les yeux. En France même il existe des zones de faible fiscalité, telle la Polynésie française. Aux Antilles même les zones franches, la défiscalisation, ne bénéficient pas qu’aux plus petits entrepreneurs. Et plus récemment la suppression de l’impôt sur la fortune est une preuve de cette hypocrisie.

Après la mise au jour des Panama papers, des Paradise papers, les dirigeants de l’UE font une timide démarche qui ne pourra stopper les grandes manœuvres de la finance. En fin de compte, avec leurs avocats grassement payés, les riches qui fraudent l’impôt parviennent à s’en sortir, même légalement. Les lois sont faites pour eux.

Le seul véritable contrôle ne pourra venir que d’un vaste mouvement des populations qui subissent tous les jours plus durement la crise financière face à des gouvernements qui pleurent que « l’État n’a pas d’argent ». Il s’agira alors de saisir les biens et de bloquer tous les comptes en banque des riches, ces gangsters, ces voyous de la finance internationale en col blanc.   

  


Guadeloupe Domota-Gaddarkhan, même combat ?

Le secrétaire général de l’UGTG et porte-parole du LKP, Eli Domota et le patron José Gaddarkhan ont signé une lettre commune pour réclamer que les entreprises de Guadeloupe aient la possibilité de participer au chantier du nouvel hôpital.

Que la direction de l’UGTG vole au secours du patronat guadeloupéen ne nous étonne pas. C’est la voie qu’emprunte généralement le nationalisme, une voie qui gomme l’exploitation de classe au nom de l’union sacrée. Cela revient à soutenir les exploiteurs locaux.


Trois-Rivières : Gendarme sensible à la gâchette

Vendredi dernier, un homme de 45 ans a été tué par un gendarme à son domicile. Il souffrait de troubles psychiatriques et devait être hospitalisé. Mais il ne s’est pas laissé faire quand le SAMU est intervenu. Les gendarmes appelés sur place ont essayé de le maîtriser mais finalement l’un d’entre eux lui a tiré dessus. Comme s’il n’y avait pas moyen de le calmer sans le tuer ! À bas les violences policières !


Espagne: Élections en Catalogne 
La population n’y a rien gagné

En octobre, les partis nationalistes catalans avaient organisé un référendum « marron » sur l’indépendance de leur région vis-à-vis de l’Espagne. Le gouvernement central de Madrid avait réagi brutalement en dispersant les lieux de vote par la force, en emprisonnant un certain nombre de responsables nationalistes et en dissolvant le parlement catalan.

Le 21 décembre avaient lieu les élections pour renouveler le parlement catalan. Comme on pouvait s’en douter, la brutalité chauvine du gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a soudé une bonne partie des Catalans autour des formations nationalistes. Elles ont réalisé le plein des voix exprimées en octobre lors du référendum : environ 48 % de l’électorat.

Si le Parti populaire (PP, de droite) de Rajoy s’effondre (moins de 4,25 % des voix et trois sièges), les autres partis qui prônent l’union avec le reste de l’Espagne, obtiennent ensemble 52 % des voix. Le parti qui sort en tête est Ciudadanos (« citoyens ») une formation créée autour de jeunes ambitieux et de « nouvelles têtes » dans le but de reconquérir l’électorat de droite déçu du PP et qui est, comme lui, totalement opposée à toute forme de dialogue avec les catalanistes. Mais les zones rurales moins peuplées – où les nationalistes sont bien implantés – ont proportionnellement plus de sièges, de sorte qu’avec un petit peu moins de voix, les trois partis indépendantistes (Ensemble pour la Catalogne, de droite, liste de Puigdemont, Gauche catalane, et Candidature d’unité populaire qui se dit anticapitaliste) obtiennent 70 sièges sur 135, soit la majorité absolue du parlement régional.

Il est arrivé que les mouvements nationalistes soient porteurs de progrès : lorsqu’ils luttaient contre une domination coloniale brutale et injuste et, ce faisant, affaiblissaient une puissance impérialiste ennemie de l’humanité entière. Tels furent les luttes des peuples algérien ou vietnamien, par exemple. Mais dans tous les cas, y compris ceux-là, le nationalisme revient toujours à mettre les masses pauvres d’un pays ou d’une région au service des riches et des notables de ce pays ou de cette région.

Il n’y a pas d’exception. Le nationalisme catalan ne peut même pas revendiquer les aspects progressistes des luttes anticoloniales du passé. En mettant en scène un affrontement factice entre le chauvinisme espagnol le plus réactionnaire et un nationalisme catalan assez inconséquent, les deux grands partis de droite en lice – celui de l’Espagnol Rajoy au gouvernement de Madrid et celui du Catalan Puigdemont au gouvernement régional – ont réussi, tout en étant minoritaires, à faire disparaître du débat la lutte des classes et à canaliser la colère des masses laborieuses sur une question qui, au fond, ne les concerne pas.

Mais ce faisant, ils ont créé de toutes pièces une crise politique imbécile et insoluble : un parlement indépendantiste dans l’impossibilité de déclarer l’indépendance sans s’aliéner une petite majorité de la population, et des partis « unionistes » dans l’incapacité de mener leur politique à peu près pour les mêmes raisons. La farce destinée à tromper la population va donc encore continuer. Pour combien de temps ?


Porto-Rico: Après le cyclone Maria, les autorités délivrent un faux bilan humain

Le cyclone Maria a dévasté l’île le 20 septembre. Trois mois après le passage du cyclone, le gouvernement a déclaré un bilan officiel de 64 morts. Des familles, des centres de recherches universitaires et des journalistes d’investigation protestent contre ce chiffre.

Porto-Rico, est une île de la Caraïbe. C’est une ancienne colonie américaine. Elle est aujourd’hui un État semi-indépendant associé aux États-Unis d’Amérique. Le cyclone a frappé le territoire avec des vents de plus de 250 km/heure. La totalité des foyers ont été privés d’électricité, de moyens de communication, 470 000 maisons ont été endommagées ou se sont effondrées, neuf écoles et deux hôpitaux ont été détruits.

Deux mois après l’ouragan, seuls 30% des foyers ont pu avoir l’électricité. Selon les témoignages de familles, les décès de leurs proches sont liés au manque d’accès aux soins pour les personnes dialysées ou celles ayant besoin d’oxygène.

Les certificats de décès ne mentionnent pas les circonstances du décès, comme le stress, le manque d’électricité, de service de transport, de médicaments, le manque d’accès aux soins ou les changements de l’alimentation. Pour démontrer l’absurdité du bilan officiel, des démographes ont comparé le taux de mortalité de septembre et octobre 2017 à celui de septembre et octobre 2016. Ils ont montré qu’il y a eu en septembre 516 morts de plus et en octobre 549 morts de plus qu’en 2016. Le bilan s’élèverait à plus de 1000 personnes décédées.

Afin de masquer leur incompétence liée à leur mauvaise gestion de l’après cyclone, les autorités, auraient-elles cherché à minimiser la catastrophe en limitant le plus possible le nombre officiel de décès ? En tout état de cause, la protestation populaire a permis au gouverneur de Porto-Rico d’ordonner une nouvelle enquête sur le nombre réel de décès.


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