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CO de 2017/CO n° 1189 du 30 décembre 2017/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe: Les ouvriers de la Banane ne se laissent pas faire !

Depuis les grèves victorieuses d’avril-mai-juin, les planteurs cherchent à se venger : non-respect des accords, licenciements et baisses des salaires. Mais les ouvriers savent leur rappeler qu’ils n’ont pas perdu leur combativité et qu’ils ne se laisseront pas faire !  

Le 18 décembre, la direction de la SA Bois-Debout annonçait un plan de licenciement de 49 salariés, soit un tiers des effectifs. Les gros békés actionnaires de cette plantation n’ont toujours pas digéré la grève des ouvriers qui leur a imposé le paiement immédiat de 10 000 € à 63 travailleurs.

Ce montant n’est qu’une petite partie des sommes volées par la famille Dormoy et les autres actionnaires sur les salaires des ouvriers. En réponse à cette annonce de licenciements, le lendemain, le 19 décembre, une centaine d’ouvriers de la SA Bois-Debout, rejoints par leurs camarades des plantations de Tino Dambas, se sont mobilisés devant le tribunal de Basse-Terre. Le même jour avait lieu l’audience en appel du jugement favorable aux ouvriers de Bois-Debout, rendu le 31 mars 2017.

La direction fait appel pour contester ce jugement qui l’oblige à payer toutes les sommes volées sur les salaires, en moyenne 25 000 € par travailleur. Le juge rendra prochainement sa décision : soit il suit la demande de la direction et il accepte qu’il y ait un procès en appel, soit il annule l’appel et oblige la direction à appliquer le premier jugement. En tout cas les ouvriers étaient présents en masse pour montrer au juge et à la direction qu’ils ne se laisseront pas léser sans réagir.

Sur plusieurs plantations, pour faire payer les grèves aux ouvriers, les planteurs ont décidé de baisser ou même de ne pas verser la prime de fin d’année. Cette prime de 610 € nets a été gagnée, il y a 20 ans, après une grève générale des ouvriers de la banane. Le 22 décembre, les ouvriers de la SCA La Digue ont débrayé pour exiger le versement intégral de leur prime sur laquelle le patron avait prélevé 100 €. Les ouvriers des différentes plantations ont prévu de réagir ensemble contre cette attaque. Ils ont prévu de se réunir dès le lendemain de noël, le 26 décembre.

Mobilisation des ouvriers au tribunal de Basse-Terre, le 19 décembre.  


Éducation : Postes supprimés, classes surchargées

Encore une fois, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé des suppressions de postes d’enseignants aux Antilles pour la prochaine rentrée scolaire.  

En Guadeloupe, aucune création de postes n’est prévue dans le premier degré (écoles) tandis que 44 suppressions sont programmées dans le second degré (collèges et lycées). En Martinique, ce sont seulement huit créations de postes qui sont annoncées dans le premier degré, et 57 suppressions dans le second degré.

Le gouvernement justifie ces suppressions par une soi-disant baisse du nombre des élèves. Dans les établissements, cette baisse n’existe pas, au contraire. Les enfants se retrouvent dans des classes de plus en plus surchargées. Cette année, de nouveaux records ont été battus : 34 élèves dans des classes au primaire ou au collège ! Dans les lycées, on trouve fréquemment 35 ou 36 élèves par classe.

Certains lycéens ont du mal à avoir une table et une chaise pour travailler. L’institution reconnaît elle-même que la « baisse démographique » est une fiction. En Guadeloupe, par exemple, la limite de 24 élèves par classe de sixième a été remontée à 26 pour permettre les suppressions de postes. En réalité, le gouvernement cherche à faire des économies en dégradant le service public d’éducation.

Au cours de l’année écoulée, il y a eu beaucoup de protestations pour maintenir les emplois dans les établissements scolaires. En Martinique, le nombre des contrats aidés a été maintenu après trois semaines de grève en septembre. En Guadeloupe, en février dernier, de nombreux collèges avaient fait grève et obtenu le maintien de certains postes.

Pour contrer les nouvelles suppressions qui sont annoncées, les personnels et les parents devront à nouveau se mobiliser en nombre !


Martinique : Tangage à bord de la CTM

Depuis quelque temps, on assiste à un spectacle peu reluisant et de peu d’intérêt entre les dirigeants de la CTM, Collectivité territoriale de Martinique.

Il semble qu’entre le président de l’exécutif, et leader du Mouvement indépendantiste martiniquais, le MIM et le député Nilor, son ex dauphin, et Claude Lise rien ne va plus. Bref, il y a ceux qui voudraient bien être khalife à la place du khalife, lequel khalife tient à son khalifat, le tout sur fond de considérations sur l'âge du capitaine – Marie-Jeanne a 81 ans.

Tout ce spectacle n'a pas distrait la population de la préparation des fêtes de fin d'année. Tout au plus cela la laisse perplexe sur les motivations de ceux qui prétendent représenter ses intérêts. Elle a sans doute considéré avec raison que ses conditions de vie étaient complètement à l'écart du scénario.


Mort de Ti Raoul Grivalliers

Ti Raoul Grivalliers est décédé le lundi 18 décembre. Sa mort a suscité un émoi qui a dépassé le cercle des amoureux de musique traditionnelle, tant il a été reconnu comme un grand maitre du bèlè et un ambassadeur de cette musique à travers de nombreux pays.

À Combat ouvrier, nous retenons aussi qu’il a honoré de sa présence des galas de notre organisation, avec talent et simplicité. Salut l’artiste !


Guadeloupe: Eau une seule solution, une mobilisation massive !

La situation scandaleuse des coupures d’eau potable perdure et a des conséquences de plus en plus graves sur la population : dépenses pour l’achat de bouteilles d’eau, fermetures à répétition des écoles et même menaces sur le fonctionnement de centres hospitaliers.  
En plus des coupures d’eau récurrentes, dans de nombreux secteurs l’eau distribuée n’est pas potable. Depuis quelques années des collectifs de riverains se sont créés dans plusieurs communes comme Capesterre Belle-Eau, Baillif et Gourbeyre. Leurs actions ont permis de pointer du doigt la responsabilité des élus qui pendant plus de 50 ans ont laissé la SOGEA puis la Générale des Eaux (filiale de la multinationale Véolia) escroquer la population et les ont aussi arrosées de millions d’euros pour des travaux d’entretien des conduites qui n’ont pas été effectués. Sous la pression, Lucette Michaux Chevry, présidente de la CASBT (Communauté d’agglomération du sud Basse-Terre) a été contrainte d’organiser des réunions avec les autres élus pour « discuter du problème ». Pour faire agir et non « discuter » les élus et l’État, il faudrait une mobilisation massive de la population. L’organisation en collectifs dans les communes est un début, mais il faudra des dizaines de milliers de personnes en colère dans les rues pour exiger la reconstruction du réseau d’eau de la Guadeloupe. Ce sont aussi ces mobilisations massives qui permettront de ne pas faire payer à la population pauvre le milliard d’euros nécessaire aux travaux !