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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1056 du 22 octobre 2011/Page 4

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Octobre 1917 : La Révolution Russe. Un exemple pour changer la société!

    Le 25 octobre 1917, selon le calendrier de l’ancienne Russie, les travailleurs russes prenaient le pouvoir. Si, 94 ans après, cette révolution garde son importance pour tous les travailleurs du monde, c’est qu’elle a été la première révolution où la classe ouvrière d’un pays  a conquis le pouvoir et l’a exercé directement pendant plusieurs années. Aujourd’hui, le système capitaliste apparaît de plus en plus moribond, et de plus en plus pourri dans son agonie. De plus en plus de gens souffrent de ce pourrissement, y compris dans les pays les plus développés, et cherchent une issue. Prétendre moraliser le capitalisme et faire l’économie de la révolution est une illusion car c’est le système dans ses fondements mêmes qui porte en lui sa propre décomposition. C’est en cela que la révolution russe intéresse tous ceux qui pensent que la vie, les rapports humains, sociaux et économiques doivent changer. Elle est le premier exemple durable de la façon dont les exploités et les opprimés peuvent prendre et exercer le pouvoir.
Le 25 octobre donc, en pleine première guerre mondiale, (7 novembre dans le calendrier actuel), une insurrection armée mit fin au pouvoir du gouvernement bourgeois. Au mois de mars de la même année, une première révolution des ouvriers et des paysans russes avait abattu la dictature du Tsar. Un gouvernement provisoire issu de la bourgeoisie s’était alors imposé au pouvoir.  Mais en quelques mois, les ouvriers et les paysans se rendirent compte que ce gouvernement ne satisfaisait en rien les revendications pour lesquelles ils s’étaient révoltés. Les travailleurs voulaient la paix. L’ensemble de la population faisait les frais de la guerre qui secouait l’Europe depuis près de quatre ans. Ils voulaient du pain, et les paysans voulaient la terre qu’ils travaillaient mais qui appartenait toujours aux grands propriétaires. Parallèlement à ce gouvernement provisoire bourgeois, les ouvriers et les paysans s’étaient organisés en soviets (conseils ouvriers en russe) dont les délégués étaient élus et révocables. Lénine, le chef du parti Bolchévik, qui revint de son exil forcé en avril 1917, vit dans ces soviets les futurs organes du pouvoir populaire et adopta le mot d’ordre : tout le pouvoir aux soviets. De même Léon Trotsky revint d’exil et fut avec Lénine l’un des plus éminents dirigeants de la révolution.
C’est sur le socle des soviets que se forma le pouvoir ouvrier après la révolution d’octobre. Son  premier décret  consista à proposer aux gouvernements en guerre une paix immédiate. Les grands propriétaires furent expropriés, ainsi  que les biens de l’église qui étaient immenses. Le partage des  terres ainsi libérées fut organisé par les soviets paysans. Les entreprises industrielles furent placées sous le contrôle des soviets de travailleurs.
 Mais les travailleurs au pouvoir durent faire face à une guerre civile extrêmement dure qui dura plusieurs années contre les troupes organisées par les anciennes classes possédantes, armées  et soutenues par le capitalisme international, qui voyait dans la révolution russe un très grand danger. Cette guerre civile, les privations, les morts qui en résultèrent, et surtout l’échec des révolutions  ouvrières que la révolution russe avait suscité dans les autres pays, particulièrement en Allemagne, favorisèrent l’implantation au pouvoir de la bureaucratie dirigée par Staline. Les travailleurs furent alors écartés de la direction de l’Etat soviétique.
Les quelques années durant lesquelles ils ont dirigé le pays, la manière dont ils se sont organisés pour cela, l’importance pour les travailleurs de constituer leur propre parti indépendamment de la bourgeoisie, comme l’a été le parti Bolchévik, restent un exemple précieux pour tous ceux qui pensent que la société doit changer. Des révolutions  ouvrières sont indispensables  si on veut offrir un avenir à l’humanité qui ne soit pas un naufrage dans la barbarie capitaliste.
 

Départements d’Outre Mer : Maintien d’un taux plus élevé de sucre dans certains aliments…

   Mardi 11 octobre, la majorité des députés à l’Assemblée Nationale a rejeté le projet de loi de V.Lurel, député de Guadeloupe. Ce projet visait à interdire l’intégration d’une quantité de sucre plus importante que dans les produits distribués en France, dans les aliments ou boissons fabriqués ou distribués dans les DOM. S’agissant d’une mesure préventive suite à une étude sur le surpoids et le diabète dans ces pays.
Les représentants des gros patrons locaux, fabricants  de sodas ou de yaourts sont montés au créneau contre l’application d’un tel projet. Le président de l’AMPI (Association Martiniquaise des Petites et Moyennes Industries) leur emboitant le pas au nom de la «sacro-sainte liberté d’entreprendre ».
Mais, c’est surtout pour eux, la liberté de pouvoir faire le maximum de profits en s’exonérant de contrôle et de lois.
Et tant pis pour la santé des populations !
Sauf si les travailleurs et la population décidaient de l’exiger et d’exercer leur contrôle sur leur activité et sur leurs comptes….
 

Recapitalisation des banques : Faire payer les pauvres pour enrichir encore plus, les riches

    Lors d’un énième sommet sur  la crise économique, les gouvernements européens ont décidé de recapitaliser les «pauvres petites banques européennes en détresse » !! Et de mettre en place un FESF : un fond européen de stabilité financière. Il est à noter qu’il ne s’agit plus de résoudre la crise, mais de la « stabiliser » ! Car la crise, personne ne peut l’arrêter, et toutes leurs tentatives dans ce sens depuis 3 ans le montrent amplement.
          L’alerte grave de la crise financière de 2008 n’a pas arrêté les opérations spéculatives qui y ont conduit, au contraire elle les a portées à une échelle bien plus vaste. Au point que la crise financière qui  il y a 3 ans, n’a ébranlé que les banques, ébranle aujourd’hui les Etats eux-mêmes !
          Ce n’est pas la première fois que les Etats viennent au secours des banques. Dexia par exemple, en faillite aujourd’hui, avait reçu 3 milliards d’euros de l’Etat français et 3 milliards de l’Etat belge. Et sans qu’il soit  demandé des comptes sur l’utilisation de cette manne, on nous annonce qu’il faut de nouveau «recapitaliser» Dexia et les autres ! Cela signifie que l’Etat français puisera  encore dans les caisses publiques et qu’au bout du compte c’est aux contribuables, aux travailleurs que l’Etat présente et présentera la facture, sous formes de taxes nouvelles, d’augmentation d’impôts, de régression des protections sociales, d’appauvrissement de tous les services publics, de réduction des budgets sociaux, en particulier la fin des aides à l’emploi et la diminution des subventions aux associations. Sous formes d’attaques sur les retraites, sur l’assurance maladie.
          Le projet de budget 2012 présenté le 28 septembre  renforce la tendance : pour avoir de nouvelles recettes, le budget prévoit  un milliard de taxes à la consommation (sur le tabac, les alcools, les sodas), le doublement de la taxe santé avec pour conséquence l’augmentation des prix des mutuelles de 4,7%.              Et personne ne dit que la monstrueuse dette de 1500 milliards d’euros a été creusée pour maintenir les profits des grands groupes capitalistes, et que les intérêts de la dette, qui se montent à 50 milliards d’euros par an, sont une véritable rente versée aux grandes banques, et à leurs actionnaires. Par contre  on annonce aux travailleurs qu’il faut encore renflouer les banques ; que le pays doit payer ses dettes !  
          C’est dans ce contexte que le monde du travail doit entendre les appels répétés aux sacrifices lancés par les représentants du patronat et du gouvernement. Toute la classe ouvrière est soumise à un chantage permanent à l’emploi, avec le chômage pour les uns et une exploitation renforcée pour les autres. L’Etat ne se borne pas à être l’organisateur de l’économie capitaliste, le pourvoyeur et le défenseur des profits. Il devient de plus en plus l’instrument de l’appauvrissement des classes populaires au profit des classes dirigeantes.
          Il n’y a pas de raison que les travailleurs acceptent cela, que l’Etat leur vide les poches pour donner de l’argent aux banquiers et tenir à bout de bras le profit des grandes entreprises et de leurs actionnaires. Il faut refuser de payer la crise à la place des profiteurs de l’économie capitaliste et protéger nos seuls moyens d’existence, nos emplois et nos salaires.