Site

Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1056 du 22 octobre 2011/Page 2

Page 2

Pointe-à-Pitre : Port en eau profonde, qui décidera ?

          Pour la modification du port de  Pointe à Pitre, deux projets s’affrontent : celui du Port Autonome de Guadeloupe et celui de la CGM-CMA, principal utilisateur du port. 
          Le Port Autonome se fait fort de construire dans les deux ans avenir, 350m de quais linéaires, ayant un tirant d’eau de plus 14m en face de ceux existants et 25 hectares d’aires de stockage de containers. Pour un coût de 300 millions d’euros.  
          Ce projet couteux, est pensé. Il veut répondre à un problème économique  qui se posera dans moins d’une année à la région Caraïbe : l’aménagement du  canal de Panama pour qu’il puisse être traversé par des porte-containers pouvant transporter 2000 containers. Ces mastodontes ont un tirant d’eau de 14 m.  Provenant de l’Asie, ils ont besoin d’un port  de transbordement  pouvant les accueillir et où les containers remplis seront transbordés dans des bateaux plus petits pour être acheminés vers leur direction finale. En s’équipant de ce port en eau profonde Pointe à Pitre se dit prête à être ce port de transbordement. Il faut ces 300 millions pour réaliser ce projet. L’Etat refuse de débourser et ne donnera son  feu vert que quand le Port Autonome trouvera l’argent. Ce que celui-ci a tenté de faire en lançant un appel d’offre. La ou les offres ont été faites. Le ou les plis ont été ouverts, mais le Port Autonome n’a pas publié les résultats de cet appel d’offre. C’est suffisant pour alimenter les rumeurs. Il se dit qu’une seule offre a été déposée, celle de la CGM-CMA, le seul client du Port Autonome. On dit également qu’elle a fait le tour des opérateurs susceptibles d’être intéressés pour les dissuader de répondre à l’appel d’offre du Port Autonome.
          La CGM-CMA désire perpétuer sa main mise sur le transport maritime des Antilles. En réalité elle n’a pas répondu à l’appel du Part Autonome mais a fait une contre  proposition : ne pas agrandir les quais, mais procéder au dragage des fonds et des passes pour  faire passer leurs tirants d’eau de 11 à 14,50m. Si ce projet est moins couteux, elle ne fait pas l’unanimité. Draguer les fonds de 3,50m près des pieux des quais les fragiliserait. Cet argument, la CGM-CMA ne l’entend pas, car elle a un autre projet en tête. Il semble qu’elle ait déjà choisi Kingston capitale de la Jamaïque comme port de transbordement.                   Avec cette contre proposition la CGM-CMA joue la Jamaïque contre la Guadeloupe. Elle attend de savoir qui des deux pays lui fera la meilleur offre pour ce port de transbordement qu’elle, CGM-CMA gérera. L’Etat refuse de s’engager. La Guadeloupe si elle veut avoir ce port devra se soumettre aux conditions de la CGM-CMA. C’est donc les capitalistes qui se cachent derrière ce sigle qui imposeront probablement leur diktat.    
 

Martinique : Des contrats «aidés» en trompe l’œil

Au mois de septembre 2011, une enveloppe de cinq millions d’euros supplémentaires a été débloquée par le gouvernement, s’ajoutant ainsi aux 20 millions d’euros du budget annuel, pour permettre aux chômeurs en difficulté «les contrats aidés» d’obtenir un contrat de…6, 9 ou 12 mois ! Soit dans une entreprise privée soit dans les secteurs des collectivités ou des associations.
La directrice régionale du Pôle Emploi a néanmoins tenu à souligner que ces contrats précaires appelés CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) «n’iront pas au-delà de trois ans». C'est-à-dire que ces chômeurs ne devaient pas s’attendre  à obtenir de contrat en CDI, alors que leur espoir est de retrouver un emploi durable.
Bien sûr, depuis plusieurs mois, la revendication de «sauver les 5300 emplois aidés» était vivement défendue en Martinique. Et les associations se sont démenées et mobilisées, à la Préfecture ou à Pôle Emploi pour empêcher que plusieurs milliers de ces «sous emplois» soient carrément supprimés avec, à la clé, des milliers de familles en détresse.
Mais ce sont surtout les chefs d’entreprise qui vont encore avoir la part belle. En effet, c’est l’Etat qui paiera une partie du salaire aux patrons : de 70% à 85 % de celui-ci. D’après les statistiques, on sait que chaque contrat aidé travaille en moyenne 21 heures par semaine et est payé au taux du SMIC, soit 84 heures mensuel, donc un salaire de misère de 756 €. L’employeur quant à lui ne tirera de sa poche qu’une somme variant de 113 € à 226 €, pour payer un salarié en CAE, et par-dessus le marché il est exonéré de charges.
Selon les chiffres officiels, le nombre de contrats aidés en Martinique se chiffre pour 2011 à 5 600. Or en 2010, ceux qui ont eu de la chance d’avoir un emploi temporaire étaient au nombre de 5360. Et répartis de la façon suivante : 14% aux communes, 45 % aux associations et 31 % aux établissements scolaires. Les autres sont restés sur la touche.
Les patrons de Martinique peuvent se frotter les mains. Ils peuvent compter sur l’Etat pour leur venir en aide, et ainsi dépenser le moins possible. Quant au ministre du travail, Xavier Bertrand, il ne manquera pas l’occasion pour vanter son gouvernement, élections présidentielles obligent, faisant croire aux chômeurs en difficulté que l’Etat s’occupe d’eux.
Pour sortir de cette situation de misère et de crise économique, la seule politique valable ici comme ailleurs, pour les travailleurs et les pauvres, c’est de s’organiser et se mobiliser pour s’occuper eux-mêmes de leurs propres affaires. Pour exiger du patronat et de l’Etat la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Mais aussi, interdire aux entreprises qui font du profit, de licencier.
 
                                                                                                                      

Martinique : Les patrons de la banane misent sur le renoncement des ouvriers

          Mardi 11 octobre, une intersyndicale CGTM, FO, UGTM et CGTM-FSM des ouvriers agricoles de la banane a tenu une conférence de presse à la Maison des syndicats pour dénoncer l’attitude des patrons de l’agriculture. Ces derniers font trainer des discussions qui portent sur la revalorisation de la grille salariale, l’application de l’intéressement, de la participation et de la journée du 2 novembre.
          En effet, cela fait des mois que ces patrons avancent les mêmes arguments pour ne pas répondre aux modestes demandes des syndicats, si l’on considère les dizaines de millions qu’ils ont empochés depuis des années. Et c’est toujours le même prétexte qu’ils avancent pour ne pas payer : les pertes causées par le passage de cyclones, en oubliant de dire que ces événements ont toujours constitué pour eux une aubaine. Il s’agit pour ces patrons tout simplement de rafler la mise maximum en termes d’indemnisation, suite à une catastrophe naturelle,des instances européennes. D’ailleurs une aide de 14 millions d’euros a déjà été actée par le POSEI (Programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité), ou étatique (déclaration de catastrophe naturelle) ou encore assurantielle.         
Les ouvriers agricoles ont donc fait savoir que, s’ils avaient été patients jusque là, ils n’entendaient nullement renoncer à leurs revendications qui ne représentent qu’une infime partie de ce que les patrons ont encaissé.

L’Ordonnance scélérate du 15 octobre 1960 : les militants du PCM refusèrent l’exil

            A l’occasion du 50è anniversaire de l’ordonnance du 15  octobre 1960, le Parti Communiste Martiniquais  (PCM) a  organisé à la salle Frantz Fanon de l’Atrium de Fort de France « une soirée  de mémoire et d’histoire », en présence d’Armand Nicolas, Georges Mauvois et Guy Dufond, trois des quatre victimes de cette mesure gouvernementale scélérate.
La manifestation s’est déroulée devant une salle comble, comprenant de nombreux militants, y compris ceux ayant vécu cette période. Après que le président de la manifestation eut fait observer une minute de silence à la mémoire de Walter Guitteaud , dirigeant syndical de la CGTM et  4ème victime de l’ordonnance en Martinique, le documentaire du réalisateur Joslen Jonaz fut présenté. Il  fut suivi d’interventions  des victimes martiniquaises présentes.
 
L’ordonnance :
          La mesure scélérate du gouvernement de Michel Debré, Premier ministre du Général De Gaulle fut prise en pleine guerre d’Algérie.
          1960, c’est aussi l’année de l’accession à l’indépendance des colonies françaises, précédée des guerres coloniales contre l’Indochine en 1954, le Maroc et la Tunisie en 1956 et de mouvements de libération nationale dans les colonies françaises.
          La  loi du 4 février 1960 donnant au gouvernement des pouvoirs spéciaux relatifs «au maintien de l’ordre, à la pacification et à l’administration de l’Algérie »   est élargie par ordonnance à la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion. Selon l’ordonnance du 15 octobre 1960 : « les fonctionnaires de l’État et des établissements publics de l’Etat en service dans les DOM dont le comportement est de nature à troubler l’ordre public peuvent être, sur la proposition du préfet et sans autre formalité, rappelés d’office en Métropole par le ministre dont ils dépendent pour recevoir une nouvelle affectation.
           Cette décision de rappeler est indépendante des procédures disciplinaires dont ces fonctionnaires peuvent faire l’objet. Elle est notifiée par l’intermédiaire du Préfet qui peut prendre toutes mesures nécessaires à son exécution ».

          Il s’agissait pour le gouvernement gaulliste d’empêcher toute  propagation des idées de révolte contre les injustices coloniales en mettant au pas les fonctionnaires ou militants anticolonialistes et en les coupant de leur milieu ou de leurs partis.
          En Guadeloupe  neuf fonctionnaires et militants furent exilés, tels Yvon Leborgne, Matou, Combé ou Tolly.
 
Le contexte général aux Antilles dites « françaises »
          Dans les dits DOM, la situation économique et sociale était désastreuse.
En Martinique, bas salaires, chômage et vie chère frappaient durement les populations. Les conflits sociaux étaient nombreux. Les émeutes de décembre 1959  qui avaient fait 3 morts à Fort de France, témoignaient de l’exaspération de la population et tout particulièrement de la jeunesse,  contre la situation et contre l’arrogance du système colonial. 
Pour les organisations politiques comme les partis communistes et nationalistes, la politique de départementalisation était un échec. Le 14 février 1960, le parti communiste  martiniquais adopta un projet de statut pour l’autonomie de la Martinique. D’autres militants enseignants, universitaires  se prononcèrent pour un changement de statut.
C’est dans ce contexte  que le préfet  Grollemund exécuta les instructions pour « veiller à la lutte contre toutes les manifestations de séparatisme dans les DOM, soit du fait des fonctionnaires, soit par voie de presse, soit lors de réunions publiques … » Extraits de l’Histoire de la Martinique d’Armand Nicolas, dirigeant du PCM à cette époque et historien.
 
Les militants du PCM se rebellent contre l’ordonnance
          Les quatre Martiniquais frappés par l’ordonnance du 15 octobre 1960, furent des dirigeants du PCM :  Armand Nicolas, et Guy Dufond, enseignants, Georges Mauvois et Walter Guitteaud , fonctionnaires des PTT. Trois d’entre eux furent convoqués le 12 août 1961, par le préfet qui leur signifia un ordre de mutation d’office avec une affectation en France. Guy Dufond fut avisé directement le 13 octobre 1961,  par le proviseur de son établissement.  En réponse, tous les quatre adressèrent un courrier au préfet « opposant un refus à la mutation d’office». Ils décidèrent d’être des rebelles et affirmaient  dans un long courrier : « Nous avons confiance que les forces saines de notre pays s’uniront et agiront pour faire annuler cette mesure qui est une insulte à tout le peuple martiniquais ».
 
un long combat, Une abrogation tardive
          Malgré les protestations, pétitions, manifestations  de solidarité des comités de soutien, des syndicats,-  notamment ceux  des fonctionnaires,  cette ordonnance scélérate ne sera abrogée que douze ans plus tard, en 1972.Ce n’est  qu’en 1975 que le pouvoir colonial accepta la réintégration des militants dans leurs administrations, sans avoir aucun geste de réparation envers eux ni leurs familles.
 
                                                                                                 
 

ECHO DES TELECOM

MÊME POUR L’HYGIÈNE LA PLUS ÉLÉMENTAIRE NOUS DEVONS NOUS BATTRE…
Au 1014 nous avons dû passer par les délégués du personnel pour revendiquer le nettoyage des toilettes. La situation est en effet insupportable.
 
… C’EST FT QUI FAIT DES ÉCONOMIES SUR L’HYGIÈNE DES LOCAUX
FT sous-traite l’entretien des locaux aux sociétés de nettoyage qui font les plus bas prix. Déjà les salaires des employés de ces sociétés sont bas. En plus elles ne donnent pas aux employés les produits d’entretien indispensables : savon, serpillères…
Nous n’attendrons plus pour notre santé. FT doit se débrouiller pour que la fourniture des produits soit assurée.