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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1056 du 22 octobre 2011/Page 1

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Editorial :HOLLANDE, L’ENCHANTEUR

François Hollande est donc le candidat du parti socialiste pour les élections présidentielles de 2012. Il a obtenu une large majorité au second tour des primaires (plus de 56,6% contre Martine Aubry (43,4%). Il se présente comme le candidat du changement qui veut « réenchanter le rêve français ». Et voilà notre «Merlin l’enchanteur», magicien, faiseur de miracle !
Car effectivement, Hollande, à défaut de présenter un programme qui changerait réellement les choses pour les millions de travailleurs, d’exploités, de pauvres, joue les magiciens et les illusionnistes. Tout l’art consiste à faire croire qu’il fera avec la gauche mieux que la droite tout en poursuivant la politique d’austérité.
Ainsi, le candidat du Parti socialiste n’a pris aucun engagement sérieux pour revenir à la retraite à 60 ans. Là dessus Hollande s’en tire par une pirouette en promettant de revenir à la retraite à 60 ans à  condition d’avoir cotisé plus de 41 ans… Hollande ne s’engage pas plus sur  l’augmentation des salaires, ou sur la lutte contre les licenciements, et contre le chômage. Il veut lutter contre le déficit budgétaire en prônant une «nouvelle fiscalité». Mais rien pour faire payer les riches.
Face  à Aubry qui  peinait pour se donner une image plus à gauche que lui, qualifié de «gauche molle», ou «candidat du système» par sa camarade de parti,  Hollande a joué  «rassembleur». Mais ses propos étaient destinés à rassurer la classe moyenne et la bourgeoisie. Il a fait des appels du pied aux milieux de droite, bourgeois et petits  bourgeois. Du reste il y a des signes qui ne trompent pas quand on sait, par exemple qu’à  Paris, la plus forte participation au deuxième tour des primaires s’est concentrée sur les arrondissements bourgeois : les 16éme et 7éme arrondissements. Il semble qu’il y ait eu plus de votants dans les milieux ruraux et celui des classes moyennes que dans les zones et quartiers ouvriers.
 Hollande n’est pas l’élu des travailleurs dans ces primaires, ni en France ni aux Antilles.
            Quant à ceux qui font campagne pour lui en Guadeloupe et en Martinique, comme certains leaders des PS locaux, ils n’avaient pas soutenu les travailleurs lors de la grève générale de 2009. Lurel avait même fustigé ouvertement le mouvement ! Manscour a plus d’une fois critiqué tel ou tel mouvement des travailleurs. Ils ont choisi leur camp !
Le PS, Hollande et tous ces gens là  se préparent, s’ils arrivent au pouvoir, tout autant que la droite, à imposer des sacrifices pour  faire payer la dette aux travailleurs et aux couches laborieuses. C’est dans l’ordre des choses puisque le PS au pouvoir est l’une des alternatives qu’a la bourgeoisie pour tromper la population et les travailleurs. On a bien vu sous Mitterrand comment ils ont bloqué les salaires, accepté les licenciements, mené une politique de rigueur anti ouvrière.
Certes, un certain nombre de travailleurs pensent quand même que la gauche «c’est moins pire » que la droite . Mais il faudra sortir de ce faux choix. Car la seule voie qui peut changer les choses c’est  celle de la lutte des travailleurs pour prendre l’argent là où il est : dans les coffres forts des grandes sociétés qui réalisent des milliards de profits, pour répartir le travail entre tous, pour rendre illégaux les licenciements.  Ce n’est pas aux travailleurs de payer la dette de la bourgeoisie ! A eux donc d’ouvrir une troisième voie, celle de la lutte, de la grève générale et de la rue.

Mayotte en lutte contre la vie chère

          Le mouvement a commencé  le 21 septembre avec comme slogan « mabawas nachouké » : les ailes de poulet moins chères. Le carton de mabawas est vendu 27 €, alors que son prix de revient pour les distributeurs est seulement de 15,20 €. Mais la population réclame aussi la baisse des prix d’autres produits comme le beurre, les sardines, le gaz dont la bouteille coûte 30€ (contre 20€ à la Réunion) l’essence et bien d’autres produits de première nécessité. En quatre ans, le coût de la vie a augmenté de 60% à Mayotte contre 15% à la Réunion et 5% en France. Cela nous rappelle les mouvements LKP et K5F.
          Tous les jours, la police et les gendarmes interviennent massivement pendant les manifestations, à coup de gaz lacrymogène et de grenades explosives. Un enfant a d’ailleurs perdu un œil suite à un tir de flash-ball reçu en plein visage et le gendarme responsable de ce tir a été, prétendent les autorités, mis en examen, et renvoyé en France.
          Voici la réponse de l’État à une île devenue département il y a 6 mois ! En face, les manifestants ripostent avec des pierres.
          À distance, Marie-Luce Penchard a commencé par condamner les Mahorais mobilisés pour leurs « actes de violence inacceptables ». Elle a finalement daigné se rendre sur place, le 14 octobre, c’est-à-dire près d’un mois après le début des manifestations.
          Dans son discours, Penchard a menacé la population. Avec beaucoup de cynisme, elle a conseillé aux mamans de garder leurs enfants à la maison … pour leur éviter d’être blessés par les gendarmes qu’elle a elle-même envoyés sur place ! Elle a aussi affirmé que les Français ne comprennent pas les revendications des Mahorais, et que la mobilisation aux Antilles de 2009 a créé 3000 chômeurs supplémentaires.
          En fait, M-L Penchard est restée dans son camp : celui des grands distributeurs et son principal souci est de préserver les profits des patrons. Les négociations étaient toujours dans l’impasse après son déplacement.
          Les revendications des Mahorais sont légitimes, car les récentes hausses des prix accentuent la pauvreté qu’ils subissaient déjà. Selon les statistiques officielles de 2009, le revenu moyen annuel déclaré à Mayotte est de 9 300 €, contre 39 800 € en France (et 14 800 € en Guadeloupe).
          Partout dans le monde, les travailleurs et les pauvres se révoltent contre le chômage et la vie chère qu’on veut leur imposer au prétexte de la crise économique. Les grèves et les manifestations sont leur meilleure arme pour ne pas payer cette crise dont ils ne sont pas responsables.
 
 

Guadeloupe: RÉUNION PUBLIQUE de COMBAT OUVRIER

Vendredi 28 Octobre 2011 à 19H
Salle George TARER, (Bergevin) Pointe-à-Pitre


La  crise mondiale  du capitalisme


Vive  le Communisme

Pour un Parti Révolutionnaire  des  Travailleurs  Communistes



Haïti : Poussée du choléra après les inondations

          Pendant 3 jours, du 9 au 11 octobre, des pluies torrentielles se sont abattues sur plusieurs régions d’Haïti. La Grande Anse, la région des Nippes et le département du Sud ont été les plus touchés. Les rivières en crue ont emporté au moins 5 personnes, selon un bilan officiel. Les inondations ont dévasté les jardins, plusieurs centaines de maisons sont détruites et des milliers de têtes de bétail ont disparu ; l’hôpital des Cayes a été inondé, obligeant le transfert des malades. Les centaines de personnes qui avaient trouvé refuge dans les abris mis en place par des ONG ont retrouvé leurs  domiciles saccagés et doivent maintenant faire face à une reprise du choléra.
          La maladie a été signalée dans les Nippes et dans le Sud où plus de 43 décès ont été répertoriés ; dans la région des Cayes où plus  de 34 cas de contamination ont été confirmés.
          L’intensité des pluies tombées sur la zone Sud du pays a favorisé la dissémination du choléra, et cela d’autant plus qu’il n’y a pas de Centre de traitement de choléra (CTC) dans les zones atteintes. Les installations sanitaires de ces régions sont obsolètes. La mise en place des CTC coûte extrêmement cher et demande un personnel qualifié, disponible et disposé, que le gouvernement n’est pas prêt à financer. De plus, les structures d’accueil des malades dans les sections communales ont été fermées faute de financement, comme dans la commune d’Aquin dont le maire  déplorait la lenteur des interventions des autorités sanitaires.
          Ce manque d’ambulances et de fournitures médicales (sérum de réhydratation, lits, gants et masques)  retarde la prise en charge des personnes atteintes et augmente le nombre de morts et de contaminés dans ces deux départements d’Haïti.
          Le Ministère de la Santé publie un bilan établissant que plus de 6 500 personnes sont déjà mortes depuis l’apparition, le 19 octobre 2010, du choléra dans le pays. Ce nombre est en dessous de la réalité et le plan d’aide du gouvernement ou de l’ONU ne remplace pas les actions des ONG qui se sont retirées de la plupart  de  leurs zones d’intervention. 
          Et dire que pendant que tous ces fléaux frappent le petit peuple d’Haïti, travailleurs, jeunes chômeurs etc., Martély et ses comparses politiciens sont surtout occupés à se chamailler pour le partage des postes ministériels et autres sinécures à Port au Prince.