Site

Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1071 du 17 juin 2012/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Procès de Rudy Alexis, un Comité pour la Vérité sur la mort de Jacques BINO a vu le jour

Le procès aux Assises de l’assassin présumé de Jacques Bino doit avoir lieu du 18 au 29 juin 2012 à Basse-Terre. Jacques Bino, militant de la CGTG et adhérent du groupe Akiyo, a été assassiné pendant la grève de février mars 2009. Après le départ du ministre Jégo, rappelé à Paris par le gouvernement Sarkozy-Fillon sans rien céder aux revendications, les manifestants avaient érigé des barrages dans toute l’île. Pendant la nuit du 17 au 18 février, une tension très vive régnait en plusieurs points de la Guadeloupe.                                            A Pointe-à-Pitre, dans le quartier de la Cité Henri 1V, les jeunes excédés participaient eux aussi aux barrages. C’est pendant cette nuit agitée que Bino a été abattu d’une balle de gros calibre alors qu’il se déplaçait en voiture dans la cité. Il revenait d’un meeting du LKP en compagnie d’un ami, assis dans la voiture quand celle-ci fut prise pour cible.              L’assassinat de Bino a provoqué la colère de la population mobilisée. Dès l’annonce de ce crime, le président Sarkozy parlait de meurtre, sans qu’aucun élément n’infirme ou ne confirme cette thèse. Quelques jours plus tard, un jeune, Rudy Alexis était arrêté et accusé du meurtre du militant de la CGTG.
Pour de nombreux militants de la grève générale, cet assassinat ne tient pas au hasard. Comme l’a déclaré à plusieurs reprises le secrétaire général de la CGTG Jean-Marie Nomertin, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la culpabilité de l’assassin présumé Rudy Alexis. La CGTG a cherché à se constituer partie civile au procès, ce qui lui a été refusé par le parquet, au prétexte qu’elle n’avait aucun intérêt à agir.
C’est pour exiger la vérité sur l’assassinat de Jacques Bino, qu’un Comité composé de militants de la CGTG, de la CTU ainsi que de participants à la grève de 2009 a vu le jour. Les membres de ce comité réclament toute la lumière sur la mort de Bino car de nombreuses zones d’ombre persistent : plusieurs jeunes ont été interpelés et soupçonnés d’avoir participé au meurtre. Ils ont tous été relâchés et certains ne vivent plus en Guadeloupe ! Un autre jeune a été blessé par balles la nuit du meurtre de Bino, à quelques centaines de mètres de la cité Henri IV. La plainte déposée par sa mère n’a pas eu de suite et l’enquête sur la mort de Bino ne recherche pas le lien possible entre ces deux affaires. La reconstitution de l’assassinat à laquelle a refusé de participer Rudy Alexis, s’est déroulée en plein jour, alors que Bino est mort en pleine nuit !
Le Comité pour la vérité sur la mort de Jacques Bino a lancé une liste de souscription pour l’aider à faire la lumière sur ce qui a toutes les allures d’un crime politique.

Les résultats de Lutte Ouvrière

Au premier tour des élections législatives, le 10 juin, des candidats de Lutte Ouvrière étaient présents dans 552 circonscriptions, y compris les huit circonscriptions de Guadeloupe et de Martinique où il s'agissait de candidats communs de Lutte Ouvrière et de l'organisation trotskyste antillaise Combat Ouvrier.                                                                                       Sur l'ensemble de ces 552 circonscriptions, nous avons recueilli 126 522 voix, soit 0,50 % des suffrages exprimés, contre 218 235 voix et 0,85 % obtenus dans des conditions comparables aux élections législatives de 2007. Dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers-Pantin), notre camarade Nathalie Arthaud recueille 557 voix et 2,47 % des suffrages exprimés. On pourra trouver tous les détails de ces résultats, circonscription par circonscription, sur notre site.                                                                                                                                Il s'agit bien sûr d'un résultat modeste, lié aux conditions politiques actuelles. Lutte Ouvrière n'a atteint 1 % des voix que dans vingt circonscriptions, au lieu des cinquante exigées pour bénéficier du financement public des partis. De ce fait nous ne bénéficierons plus de celui-ci et cela s'ajoute au fait que, les frais d'impression du matériel légal n'étant pas remboursés aux candidats obtenant moins de 5 % des voix, ceux-ci restent à notre charge. Rappelons cependant, contrairement à ce qu'ont affirmé certains journalistes, que notre présence électorale n'avait nullement pour but d'obtenir ce financement et ainsi de «gagner de l'argent »!                                                                                                                                        Lutte Ouvrière est une organisation militante, qui compte sur ses sympathisants, sur ses militants, sur leurs cotisations et sur leur énergie pour exister et se financer, comme cela a toujours été le cas dans le mouvement ouvrier révolutionnaire. Réussir à s'exprimer, dans cette société bourgeoise, est toujours coûteux pour une organisation de travailleurs qui ne peuvent compter que sur leurs propres ressources. Nous avons existé avant que le financement public des partis soit institué. Nous ne l'avons pas particulièrement recherché et nous n'en avons d'ailleurs bénéficié que pour une part très limitée. Le fait que ce ne soit plus le cas ne limitera en aucun cas notre expression et nous savons pouvoir compter sur tous nos amis pour cela.          Il était important pour nous d'affirmer, à l'échelle nationale, la présence de notre courant, un courant communiste qui continuera de se placer du côté des travailleurs et des exploités, y compris en opposition à ce gouvernement de gauche qui s'apprête à poursuivre dans ses grandes lignes la politique antiouvrière de son prédécesseur. C'était important dans ces élections, et ce sera sans doute encore plus important dans un avenir proche.

Martinique-Guadeloupe : Les résultats après le deuxième tour des élections législatives

En Martinique :
Seuls 39% des électeurs se sont présentés aux urnes pour le 2 tour.
Malgré cette désaffection des électeurs, les candidats des partis indépendantistes (MIM-MODEMAS-CNCP-PALIMA) et leur allié du RDM ( Rassemblement démocratique martiniquais) ont été les gagnants de ce scrutin. Dans les quatre circonscriptions leurs candidats se trouvaient face à ceux soutenus par l’alliance "Ensemble pour une Martinique Nouvelle", le regroupement politique formé autour du PPM depuis les élections régionales de 2010.  Ils ont obtenu 52% des voix et trois députés sur quatre :  Alfred Marie-Jeanne député sortant et leader du MIM dans le Centre Atlantique, Jean-Philippe Nilor présenté par le MIM dans le Sud, et Bruno Nestor Azérot maire de Ste Marie, proche du RDM, dans le Nord.
 Seul Serge Letchimy, député sortant PPM retrouve son siège dans la circonscription de Fort de France. Son alliance électorale " ensemble pour une Martinique Nouvelle" apparait comme le principal perdant de cette élection.
 
En Guadeloupe :
 
Après la réélection de Victorin Lurel ( 67,23 %) dès le premier tour battant de loin Marie Luce Penchard ( 22,89% ) ex ministre des Outre-mers, de la droite UMP, il restait trois circonscriptions à pouvoir.
 Dans la première, le député maire des Abymes, sortant, investi par le Parti socialiste, Eric Jalton a été réélu avec  66,79% des suffrages exprimés contre 33,21%   à Harry  Durimel écologiste. Dans la deuxième circonscription, Gabrielle Louis Carabin, députée maire du Moule, sortante, a été réélue avec  71,75% contre 28,25%  à son ex camarade de parti UMP , Laurent Bernier. Gabrielle Louis Carabin a en effet rejoint officiellement les rangs des divers gauche après avoir quitté les rangs de l'UMP il y a quelques années.
Enfin dans la troisième circonscription, Ary Chalus maire de Baie Mahault ( divers gauche) a été élu avec 51,19%  contre Max Mathiasin,  secrétaire de la section guadeloupéenne du PS local et investi par le PS qui a obtenu 48,81%. La députée sortante : Jeanny Marc, GUSR, avait été battue au premier tour. La gauche du PS et apparentée retrouve néanmoins ses quatre sièges
 
Tant en Martinique qu'en Guadeloupe, ces péripéties électorales ne changent rien pour les travailleurs et les classes populaires.


 
.

Nous publions ci-dessous un article du journal Lutte Ouvrière
Crise de l'euro : et cent milliards d'euros de plus... pour sauver les banques

Samedi 9 juin, le gouvernement espagnol a officiellement demandé l'aide de l'Europe pour venir au secours de ses banques. De combien ces banques, menacées de faillite en raison de leurs investissements pourris dans l'immobilier, avaient-elles besoin pour être sorties d'affaire ? Apparemment personne, ni les banquiers, ni les gouvernants, ni les autorités européennes, n'en savait rien.    
Le FMI évaluait le montant de l'aide nécessaire pour les remettre à flot à 40 milliards d'euros, l'agence de notation Standard & Poor's à entre 50 et 82 milliards. Qu'à cela ne tienne : pour faire bonne mesure, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé d'ouvrir un crédit pouvant aller jusqu'à... 100 milliards d'euros.                                                                                                 La négociation entre le gouvernement espagnol, affirmant contre toute vraisemblance qu'il n'avait pas besoin d'une aide de l'Europe pour sauver ses banques, et les ministres des Finances de la zone euro, faisant pression pour qu'il fasse appel rapidement à cette aide, a pris l'apparence d'un bras de fer.              Pour le gouvernement Rajoy, il s'agissait d'obtenir cette aide, mais sans les contreparties -- plans d'austérité supplémentaires, mise sous tutelle du budget public, etc. -- imposées par les gouvernements européens à la Grèce, à l'Irlande ou au Portugal.                                                                                                        Pour les gouvernements européens, le but était, en affichant spectaculairement leur solidarité financière avec les banques espagnoles, de couper court à toute spéculation sur leur faillite, dans un contexte marqué par la proximité des élections législatives en Grèce, le 17 juin, et la perspective de la sortie du pays de la zone euro. Une perspective qui apparemment effraie les gouvernements et les banquiers du monde impérialiste.         
Le gouvernement espagnol a présenté cet accord sans contrepartie comme une victoire, affirmant que le sauvetage des banques ne coûterait rien, ni à l'État, ni à la population, et que la crise bancaire à venir était jugulée. C'est évidemment un mensonge.                                                                                                              Ni les banques ni l'État espagnols ne sont sortis de la crise. De ce point de vue, les cent milliards promis ne serviront à rien.                                                    Comme d'ailleurs n'ont servi à rien les centaines de milliards déversés par les États européens sous toutes les formes pour venir en aide à leurs banques et les milliards d'euros de prêts à bas prix consentis par la Banque centrale européenne aux banques -- on parle de 3 000 à 4 000 milliards d'euros -- depuis le début de l'épisode actuel de la crise en 2007-2008.        
Ces flots d'argent déversés à fonds perdus pour sauver la mise des banquiers n'ont pas jugulé la crise financière. Ils l'ont même aggravée, en faisant exploser l'endettement des budgets publics et en ajoutant à la crise des banques une crise de la dette des États.                                                                                             Mais ces milliards ont en fait été prélevés, de plan d'austérité en plan d'austérité, sur les budgets des États, et donc sur les populations. La bourgeoisie capitaliste, qui vit en parasite aux dépens de la société, n'a pas de solution à la crise de son système : pas d'autre solution que de la faire payer aux populations laborieuses, aux travailleurs, et donc de l'aggraver encore au risque, pour elle, de provoquer une explosion sociale.
Jean-Jacques Lamy


                                                                              

Haïti : Martélly s’attaque encore aux sinistrés

Sur l’ancien terrain de football de Pétionville, le parc Sainte Thérèse, la police nationale continue le travail de déguerpissement des déplacés. Parmi les 500 familles qui survivaient sous des tentes, 200 auraient reçu une somme équivalente à 400 dollars pour quitter ce terrain. Qu’elles se débrouillent avec  cela pour trouver une place dans les bidonvilles. C’est le résultat du programme de relogement qui avait été  lancé par le président Martelly.                                                                                                             La police est passée à l’action contre les autres familles. Selon les victimes, dans la soirée du dimanche 10 juin à l’aide de haches, de machettes et de massettes, les policiers ont détruit plusieurs dizaine de tentes et passé à tabac certains citoyens qui osaient s’opposer  à cette intervention. Il n’y avait plus de délai pour les habitants de ce camp, ils devaient  libérer l’espace qu’ils occupaient depuis le séisme de janvier 2010. Ils sont repartis, comme ils sont arrivés, les bras ballant à la recherche d’un lieu où vivre.                                                                                                                                    Pour Martelly l’opération de nettoyage continue : après avoir dégagé les abords de l’aéroport puis du Champ de Mars il s’attaque aux autres camps repoussant les pauvres vers les bidonvilles.

Syrie : Spéculations sur le dos de la population en lutte

Cela  fait plus d’un an que la population syrienne se bat contre le régime dictatorial et sanguinaire de Bachar Al-Assad. Malgré plus de 14 000 personnes, en majorité des civils, tués depuis le début de la révolte, la population syrienne est plus que jamais déterminée à en finir avec le régime  du dictateur.                                                              Des milliers de personnes ce weekend ont encore défilé dans les rues en bravant les forces de répression. Cette détermination fait sortir les vautours de leurs trous, prêts à occuper la place que les révoltés syriens auront libérée.                                                 Le plus en vue en ce moment est le kurde Abdel Basset Sayda, un illustre inconnu, exilé de longue date en Suède qui a été nommé chef de l’opposition au sein du Conseil National Syrien (CNS).  Il a déclaré que «les massacres qui se multiplient et les pilonnages montrent que le régime se débat, et qu’il touche à sa fin» !                       Bien à l’abri pendant que la population civile, y compris femmes et enfants, se fait assassinée, le CNS syrien compte les points et est déjà proclamé «représentant formel» du peuple syrien. En avril, les «amis du peuple syrien» l’avaient qualifié de         «représentant légitime de TOUS les syriens » !!                                                              Et oui, pendant qu’une partie de Syriens, principalement la population pauvre, se bat vaillamment  contre une barbarie sans nom, l’autre partie, des vautours  sans vergogne, se préparent à récolter le fruit de leur lutte.                                                  Mais il y a encore espoir que la mainmise, par des politiciens du même genre, sur les révolutions arabes précédentes, servira de leçon aux révolté syriens, et que après avoir fait le plus  dure : chasser Bachar Al-Assad, ils balayent d’un revers de main ces rapaces.