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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1071 du 17 juin 2012/Première page

Première page

Éditorial: Une majorité de gauche au service de la bourgeoisie et des puissants de ce monde !

Après ce deuxième tour des élections législatives, le Parti socialiste a donc à lui seul  la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Entre la présidence  de la république, le gouvernement, l'assemblée nationale et le Sénat, le Conseil régional et général de Guadeloupe, ses alliés dans les assemblées locales en Martinique,  il a  la totalité des pouvoirs politiques dans le cadre des institutions. Les travailleurs n'ont pourtant pas à se faire d'illusions. Non seulement le futur gouvernement laissera les mains totalement libres au grand patronat pour licencier, pour fermer des entreprises, pour abaisser les salaires, mais il prendra lui même des mesures d'austérité. Ces mesures, même décidées par la gauche viseront les classes populaires tout autant que les mesures d'austérité de la droite.
Les 6 députés du parti socialiste, apparentés ou proches  et deux indépendantistes, de  Martinique et Guadeloupe  n'y changeront rien, ni un "ministre des Outre-mers" "guadeloupéen". Ils ne peuvent rien changer dans le cadre des institutions étatiques qui sont en place pour servir les intérêts de la bourgeoisie et avant tout de ses couches les plus riches. Et de ce parlement, de plus situé à 7000 kms de nos pays, la voix des travailleurs,  de la population laborieuse, des pauvres ne sera pas entendue. Sauf, si ces derniers reprennent le chemin de la grève générale de 2009.Oui, là ils ont été entendus! C'est ce qui leur reste : se faire entendre par eux mêmes dans des luttes fortes, puissantes, générales !
La  très forte abstention (de 60 à 67%) lors des deux tours  à ces élections aux Antilles  prouve qu'une très  large majorité de la population ne croit pas aux élections et aux institutions et s'en détourne. Elle prouve que la démocratie bourgeoise est bien mise à mal dans les ex colonies  françaises. Les élus sont ceux d'une minorité de la population.
 Combat Ouvrier a présenté huit candidats sous l'étiquette "Combat Ouvrier-Lutte Ouvrière". Car il fallait saisir cette tribune pour dénoncer ce système d'exploitation et d'oppression. Nos candidats ont présenté un programme de lutte :  pour l'interdiction des licenciements,  pour la répartition du travail entre tous, pour l' indexation de salaires sur les prix c'est à dire échelle mobile des salaires, pour l'abolition du secret des affaires. Ils ont appelé à voter "communiste" et à  la création d'un parti ouvrier révolutionnaire communiste.
 Les 2481 voix qui se sont portées sur les noms de nos huit candidats ont approuvé ce programme de lutte. Alors, certes, ce score est faible, très faible. Cependant, si ces voix ne pèsent pas lourd dans les urnes, elles peuvent peser lourd demain sur le terrain si ces 2481 personnes se transforment en avant garde combattante des travailleurs en lutte dans les entreprises et dans les rues, comme en 2009, mais mieux et en allant plus loin !
Combat Ouvrier remercie les 2481 personnes qui ont voté pour ses candidats en Martinique et en Guadeloupe. Parmi ceux là, nombreux sont les travailleurs que nos camarades retrouvent à leurs côtés dans les grèves, les manifestations, les journées de protestation et de mobilisation. Il en est de même pour beaucoup d'abstentionnistes. Oui, c  ar si les abstentionnistes  sont nombreux aux élections, ils sont aussi nombreux à participer aux luttes.  C'est la voie à suivre, même s'il vaut mieux, en plus, voter pour les candidats communistes révolutionnaires.
Combat Ouvrier n'a pas besoin de députés pour continuer à agir dans les entreprises, dans les quartiers populaires afin de propager le programme de lutte et la conscience de classe. Il continuera à œuvrer pour la construction d'un parti représentant les intérêts matériels et politiques de la classe ouvrière, un parti qui ne cherche pas à s'intégrer dans les institutions politiques de la bourgeoisie mais qui les combatte avec pour objectif le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et son expropriation.

Rebelle ! menacé tous concernés! Halte à la répression !

Cette année les attaques contre le journal Rebelle ! ont pris des proportions scandaleuses. Depuis 10 mois, les responsables du rectorat, les chefs d’établissement et leurs représentants insultent les jeunes de Rebelle ! dans les médias, les traitent de « dangereux voyous », organisent un réseau d’espionnage pour observer leurs faits et gestes et les envoient à la police toutes les quatre ou cinq semaines pour des affaires qui sont finalement classées sans suite... Une véritable entreprise coordonnée de bâillonnementdes jeunes contestataires !
Halte à la répression !


Vendredi 18 mai, cet appel a provoqué une charge de police brutale. Pour tenter de justifier leurs actes, les fonctionnaires de police ont porté plainte contre deux jeunes, Raphaël Cécé et Sony Laguerre, l’un pour « menaces » et l’autre pour « coups et blessures ». Les responsables de l’école en Guadeloupe cherchent  à monter la police contre les jeunes et vice-versa. Et ils tentent de masquer ainsi leur  responsabilité dans la dégradation de la situation. 
Depuis près de quatre ans, les jeunes du journal Rebelle ! dénoncent toutes les injustices. Ils écrivent des articles et organisent des débats sur l’histoire des révoltes d’esclave en Guadeloupe, sur la Révolution haïtienne, sur la lutte des Noirs aux États-Unis… Toutes choses que les « éducateurs » du rectorat se refusent à faire.
Ils se battent contre le saccage de l’école par les autorités. Ils dénoncent, preuves à l’appui, les conditions d’hygiène déplorables, le délabrement scandaleux des bâtiments, l’infestation par les rats et les moustiques, l’incapacité à accueillir les élèves handicapés…  Ils démontrent que sous couvert d’apprendre « l’autorité » aux garçons et « la décence » aux jeunes filles, l’administration justifie l’abus de pouvoir, le « droit à la grossièreté » des chefs, et une intimidation sexiste scandaleuse subies par les jeunes filles (insinuations malsaines et parfois même harcèlement).
Le journal Rebelle ! mobilise les jeunes pour toutes les causes justes : de la collecte d’eau après le séisme en Haïti à la solidarité avec les personnels ouvriers de l’université, de la grève sur les retraites au soutien envers les syndicalistes poursuivis après le mouvement LKP.
 
C’est pour cela qu’on veut les faire taire. La répression actuelle vise à « faire un exemple », à terroriser les jeunes qui commencent à dénoncer les abus dont ils sont victimes en témoignant dans le journal Rebelle ! Il s’agit de convaincre toute une population que la protestation ne peut avoir qu’une conséquence : la répression. Il s’agit de mettre un terme à la liberté d’expression pour tous.
NOUS, ORGANISATIONS ET PERSONNALITÉS SIGNATAIRES DE CET APPEL, NOUS REFUSONS !
 
PA MANNYÉ REBELLE ! DÉFENDONS LA LIBERTÉ D’EXPRESSION EN GUADELOUPE – MEETING LE MERCREDI 27 JUIN
à 19h – Salle Joseph Théodore Faustin, face au collège de Boisripeaux  Abymes.


Tous devant le Tribunal de Pointe-à-Pitre MERCREDI 13 JUIN
à 8h : soutien à Raphaël CéCé.