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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1076 du 29 septembre 2012/Troisième page

Troisième page

CHU Pointe-à-Pitre-Abymes : Une mobilisation payante en Hémodialyse et Néphrologie.

Les 17 et le 18 septembre dernier, les agents des services d’Hémodialyse et de Néphrologie se sont mobilisés pour obliger la direction du CHU à remplir son rôle. En effet depuis plusieurs mois la couverture médicale est insuffisante pour assurer une présence médicale 24 heures sur 24, le suivi des post-greffés et les dialyses. A cela s’ajoute la vétusté des locaux de néphrologie, le manque  de personnels et de matériels et le non respect des régimes alimentaires des patients.                                                                                                                  Le Directeur général par intérim avait accepté de négocier le mercredi 18 et au dernier moment, le directeur des ressources humaines, lui aussi par intérim, annonça le report de la réunion. Cela ne plut pas aux agents. Ils interceptèrent la voiture du DG par intérim dans la cour et dument encadré, celui-ci dut visiter le service de néphrologie et commencer les négociations.                                          Finalement le personnel a obtenu la nomination d’un ASH. Dans l’après-midi, les ingénieurs étaient sur place et les travaux de nettoyage, peinture et de plomberie commençaient. Certains matériels ont été livrés le lendemain.          La direction a promis de recruter deux médecins d’ici la mi-octobre. En attendant, les médecins du service s’organisent pour assurer la couverture médicale.                                                                                                                  En tout cas les agents des services d’Hémodialyse et de Néphrologie ont trouvé la voie pour obtenir des conditions de travail  normales : la mobilisation  et la détermination. Cette fois-ci la direction a été obligée de céder mais les agents doivent rester mobilisés.
   
 

Guadeloupe : CGSS, un avertissement à prendre au sérieux

Un assuré est venu le jeudi 13 septembre dernier faire le point sur son dossier. Cela faisait environ 8 mois qu’il n’avait pas perçu sa retraite suite à un dysfonctionnement informatique dans les services de la CGSS. Il était déjà venu trois fois sans obtenir de résultat. Le jeudi 13 septembre il est donc revenu très déterminé à obtenir satisfaction. Heureusement le collègue de l’accueil l’a dirigé vers un autre collègue compétent pour régler ce genre de problème. Très rapidement l’agent a pu lui faire une avance sur les sommes dues. Après avoir obtenu satisfaction, l’usager a montré à l’agent de la CGSS un révolver qu’il avait dans son sac en lui indiquant qu’il aurait pu s’en servir s’il n’avait pas obtenu gain de cause.
Il est à noter que cet assuré qui est malade s’est retrouvé sans ressources et de plus avait fait une demande de carte Vitale depuis février  et qu’il ne l’avait pas encore reçue.  Les agents de la CGSS syndiqués à la CGTG ont dénoncé dans une conférence de presse l’attitude de la direction qui a voulu minimiser l’incident. Ils estiment que la direction  doit améliorer l’organisation du travail afin que de tels dysfonctionnements  ne se reproduisent pas.
En cette période de crise, certains usagers peuvent perdre patience et passer à l’acte. C’est donc un avertissement à prendre très au sérieux d’autant plus que la qualité du service public se dégrade de plus en plus.

 

Guadeloupe : Actions de sensibilisation du Collectif Contre l’Épandage Aérien.

Le  collectif contre l’épandage aérien regroupe différentes associations : écologistes,   de défense de l’environnement, de scientifiques et d’agriculteurs ; des organisations politiques telles les Verts, le P.C.G, le CIPPA, ainsi que Combat Ouvrier. Des militants  y participent à titre individuel, mais aussi, des universitaires et des scientifiques. Pour protester contre les effets nocifs sur l’environnement et la santé de la population, le collectif  cherche dans l’immédiat à sensibiliser l’opinion et alerter les pouvoirs publics. En juillet-août des tracts ont largement été distribués dans plusieurs communes. Ce qui a permis de recueillir, au cours des discussions, les sentiments des couches diverses de la population. Les habitants autour des bananeraies se plaignent des problèmes de santé provoqués par les produits pulvérisés dans l’air. Les maraîchers dénoncent les effets nuisibles de l’épandage sur leurs produits agricoles. Des ouvriers agricoles dans les plantations de banane ont discuté de ce que leur a coûté de travailler sans protection avec l’utilisation de pesticides dangereux. Toutes ces discussions sont allées dans le sens d’un soutien au collectif.
D’autres actions de sensibilisation et de large mobilisation sont prévues. Les Verts ont entamé une action en justice avec le soutien de 4 organisations du collectif. Avant la fin de l’année, la dérogation de 6 mois accordée aux planteurs arrivera à son terme. Une nouvelle dérogation sera-t-elle accordée ? Pourtant le premier ministre a déclaré qu’il était pour la suppression de l’épandage. Au niveau du Ministère de l’environnement, les dégâts causés par l’épandage sont reconnus. Lors de la conférence sur l’environnement des 14 et 15 septembre, les pollutions dans les bananeraies et leurs conséquences ont été évoquées. Mais les producteurs de banane continuent de faire pression pour sauvegarder leurs intérêts et tentent de minimiser  les effets ravageurs des pesticides. Ils n’ont que du mépris envers la communauté scientifique. Seule une mobilisation large de la population obligera l’État à prendre les mesures qui s’imposent pour empêcher de telles pollutions.
                                      

Guadeloupe : Les marins-pêcheurs en colère contre la hausse du carburant

Les 1 680 marins-pêcheurs sont en colère contre l’augmentation du prix du carburant intervenue en septembre, carburant qui coûte en Guadeloupe 50% plus cher que le prix moyen en France. Or les pêcheurs de Guadeloupe en consomment énormément du fait de l’inadaptation de leur flottille à la pêche pélagique pratiquée - ils utilisent des hors-bords très puissants, à essence, de 8 à 14 mètres non pontés. Ils se disent coincés entre un coût de carburant exorbitant (90€ d’augmentation à partir de ce mois) et un prix du poisson aux consommateurs locaux qui n’est pas extensible compte tenu  du prix des produits importés dans supermarchés. De plus, leur espace de pêche est de plus en plus limité du fait des cantonnements, et de l’extension des réserves marines où la pêche est interdite. Et bientôt l’introduction des lamantins dans le grand cul de sac marin va selon eux leur créer encore des problèmes, sans oublier ceux causés par la chlordécone.   
Les marins pêcheurs désiraient discuter de tous ces problèmes, le plus tôt possible, avec les autorités compétentes dans une commission ad hoc sur la base de leurs revendications, qui ne datent pas d’aujourd’hui. Ces revendications : une compensation financière d’une part et d’autre part une adaptation structurelle de la filière, en améliorant la flottille par exemple, et d’autres mesures qui permettent de protéger la production locale (ils approvisionnent déjà le marché local à 60%). Quand on sait que la filière fait vivre autour de 6 000 familles, on comprend l’importance de cette activité dans le pays.   S’agissant de la réunion de la commission ad hoc, elle s’est tenue au début du mois et les marins pêcheurs sont dans l’attente de la réponse à leurs demandes. Ils envisagent d’engager différentes formes d’actions si leurs revendications ne sont pas prises en compte.
  

Martinique : SOCOPMA : plan de continuation…avec 28 salariés sur le carreau !

Le 18 septembre dernier, le tribunal de commerce a prolongé jusqu’au 15 janvier 2013 le plan de continuité de la SOCOPMA, coopérative maraîchère et de ses filiales de congélation SOCOPGEL et de distribution SOCOPDIS. Ce plan, présenté par l’actuel directeur de la structure et ex dirigeant de la Chambre d’Agriculture, Guy Ovide Etienne, prévoit le licenciement de 28 salariés sur les 59 de la structure.
Face à la mise en redressement de cette coopérative depuis février 2012, les salariés, représentés par le syndicat UGTM, avaient présenté une solution de reprise avec maintien des emplois devant le tribunal. Aujourd’hui, ce sont eux qui sont carrément mis à la rue et font les frais de la gestion de l’équipe dirigeante.
En effet, ne prenant pas en compte les intérêts des 250 agriculteurs et adhérents et notamment les plus petits d’entre eux, direction et administrateurs menaient plutôt grand train de vie malgré les difficultés financières. Les producteurs asphyxiés par des retards de paiement souvent de plus de six mois refusaient de livrer leurs produits à la coopérative.
C’est ce qu’expliquaient les représentants syndicaux indiquant que la production traitée était passée de 150 000 tonnes de légumes par semaine à environ 30 000.  
Les retards de paiement de collectivités tel le CHU de Fort de France, de certaines cantines, ne sont certainement pas étrangers à la situation calamiteuse de cette coopérative.
Cette dernière est pourtant  présentée comme un outil nécessaire au développement de la diversification de l’agriculture.
La Région quant à elle, après avoir accordé des prêts de 500 000€ puis 100 000€ en juin 2011 puis en avril 2012, a fait connaître son appui au plan de continuation de l’actuelle direction de la SOCOPMA… avec 28 licenciements.
Pour ces gens-là, face à des difficultés, qu’elles soient dues à des magouilles, des incompétences ou à la crise, les travailleurs sont en définitive de simples variables d’ajustement.
Dans cette période de crise et d’attaques continues des capitalistes contre les travailleurs et les masses laborieuses, de plus en plus de travailleurs risquent de tomber dans la misère. A moins qu'ils se décident un jour et tous ensemble à se battre contre une telle perspective. Alors ils imposeront l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous !
  

Martinique : Mobilisation des transporteurs indépendants

Le mardi 18 septembre 2012, plusieurs syndicats regroupant des transporteurs indépendants ont organisé avec leurs adhérents une journée de mobilisation. Ils protestaient contre une loi réglementant le transport de marchandises qu’ils estiment non adaptée à leur situation et aussi contre une nouvelle organisation du transport des personnes dans la communauté de l’Espace Sud. Ils ont réalisé une opération escargot qui a bien évidemment perturbé l’accès à la ville de Fort-de-France.
Ces transporteurs protestent car ils estiment que ces nouvelles dispositions ne peuvent que leur créer des difficultés supplémentaires et qu’à terme, c’est leur existence qui est en jeu. En effet, dans le cas des exploitants de camions à benne par exemple, il serait exigé d’eux  un «diplôme», un titre attestant qu’ils remplissent les conditions pour poursuivre leur activité. Or ce sont des personnes qui exercent depuis des années (plus de 20 ans, voire plus pour certains), et ils considèrent que l’Etat ne doit pas leur appliquer ces nouvelles règles sans tenir compte de leur réalité.
Préfet, représentants des Conseils Général et Régional, ainsi que les représentants syndicaux de ces transporteurs se sont rencontrés le même jour et sont parvenus à un accord aménageant de manière temporaire l’activité des transports.
 Les tenants de ce système économique vantent et encouragent la concurrence, la libre entreprise (une des dernières trouvailles est le statut d'"auto-entrepreneur"). Ils nous chantent que nous ne sommes pas dans une économie planifiée et dirigée. On peut donc s'interroger sur les véritables objectifs des dirigeants d'un État dit libéral mais qui met en place des règlements qui aboutiraient à perturber et réduire la libre entreprise. A moins que de telles dispositions ne soient prises pour favoriser les intérêts d’autres possédants plus discrets et plus puissants !

Martinique : L'inquiétude des habitants de Tartane

Cette semaine, des habitants de Trinité et plus précisément du quartier de Tartane se sont exprimés sur les ondes, au cours de l’émission "coup d’gueule".
C’est ainsi que des pêcheurs, des vendeuses ambulantes, des petits commerçants et des propriétaires de restaurant ont manifesté  leur désarroi face à la dégradation sociale et celle de leurs conditions de vie. Ils exprimaient que cette situation venait de la fermeture de l’hôtel du Galion à Trinité intervenue en août dernier, entrainant le licenciement de 25 employés et aussi le ralentissement de l’activité économique de la région.
Résultat, pour les pêcheurs : « depuis la fermeture de l’hôtel du Galion, nos revenus ont considérablement diminué. Avant, et avec la venue des touristes, on vendait nos poissons pour l’hôtel ». Même son de cloche pour les petits commerçants, restaurateurs, vendeuses et vendeurs de produits artistiques. Pour eux aussi « l’activité s’est brutalement arrêtée. Depuis cette fermeture, on n’arrive plus à gagner un euro ».
Le responsable de tout cela, il est connu ! Le capitaliste béké Patrice Fabre, bourré de fric, a préféré transformer son hôtel en résidence hôtelière pour se faire encore plus de profits.
Pour cet exploiteur-là, licencier 25 salariés mais aussi réduire des dizaines de familles à des conditions de précarité,  ne pose aucun problème. Dès que ses poches restent bien pleines !
Cela montre une fois de plus, que le capitalisme est une société dépassée, qu’il faut impérativement le remplacer par une société plus juste, plus humaine, la société communiste.