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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1076 du 29 septembre 2012/Première page

Première page

Éditorial: La santé, malade du capitalisme

Récemment, les  représentants de la CGTG du CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes ont jeté un pavé dans la mare. Ils ont en effet relaté à la presse les propos de leur directeur disant qu'il était possible que le CHU ne puisse pas payer le personnel le mois prochain. Le lendemain, ce même directeur a dû affirmer  sur les ondes que les salaires seront bien assurés. L'annonce et l'inquiétude des agents du CHU sont de toute façon très révélateurs. Oui, révélateurs non seulement de la situation du CHU mais de celle de tous les hôpitaux de Guadeloupe, de Martinique et aussi de France. Les fédérations hospitalières Antilles-Guyane dont le 16 ème congrès s'est ouvert mercredi 26 septembre en Guadeloupe, se sont senties obligées  d'insister sur l'application du "plan santé Outre-mer"  de Hollande. Il s'agirait de revoir le financement des hôpitaux de ces régions.  Mais Il n'y a pas grand chose à en espérer en cette période de crise.
Pour l'instant, les hôpitaux de France et d'Outre-mer sont endettés très lourdement  : 30,7 milliards d'euros. Mais à qui la faute ? A tous les gouvernements qui se sont succédé depuis des années, de droite comme de gauche. A l'origine, il y a d'abord une conception comptable et boutiquière totalement inique de la santé publique qui ne devrait pas être la norme en la matière, car la santé n'a pas de prix. Une telle conception a abouti en 2004 à  une mesure catastrophique et stupide qu'on a appelé la "T2A", la tarification à l'activité. Le principe en est que les soins prodigués sont facturés par l'hôpital ou la clinique à l'Assurance maladie, qui les rembourse sur la base d'un prix fixé pour chaque acte médical. Donc par exemple pour chercher à équilibrer leur budget (sans y arriver) les hôpitaux ont eu tendance à privilégier les actes les plus rentables.
L'Etat tente de résorber le déficit des hôpitaux par des mesures de fusions, de fermeture et regroupements de services et de suppressions de postes. C'est ainsi qu'en Martinique, il veut fusionner le CHU de Fort-de-France, le Centre hospitalier du Lamentin et celui de Trinité. Cette fusion devrait se solder par 1141 suppressions de poste. En Guadeloupe, l'ARS (Agence Régionale de Santé) parle  de  "communautés hospitalières de Territoire", mais, c'est la même chose.  Dans toute la France, entre 1995 et 2011 plus de 90 fusions ont été réalisées dans le but de supprimer des dizaines de services. Même l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) dans un rapport a fait un bilan négatif de ces fusions qui, dit-elle "contribuent à aggraver les difficultés des entités qu'elles ont réunies".
L'Etat met en avant le déficit de l'Assurance maladie et des caisses de retraite pour expliquer les difficultés financières des hôpitaux. Faux ! Ce sont les cadeaux faits au patronat qui creusent les caisses de la sécurité sociale et par la même des hôpitaux : réductions d'impôts,  exonérations de paiement de cotisations sociales,  subventions directes  au patronat etc. Et ce sont les agents hospitaliers qui doivent payer la facture ! Il est inadmissible alors que par exemple  certaines entreprises privées comme le groupe Vinci réalisent de gros bénéfices  sur le dos de l'hôpital public dans certaines régions françaises. Certains groupes privés de santé comme ORPEA, leader des maisons de retraite vient d'afficher une progression de 25% de ses bénéfices ! Il en va de même pourcertains groupements de cliniques privées aux gros bénéfices ou encore des laboratoires pharmaceutiques qui s'engraissent sur la santé de la population. C'est sur les profits de ces sociétés capitalistes et sur les autres aussi qu'il faut prélever l'argent nécessaire au bon fonctionnement des hôpitaux et à l'amélioration constante de la santé de la population. La vraie solution est là ! Aux travailleurs de l'imposer par leurs luttes !

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Guadeloupe-Martinique : Pau Langevin en tournée… pour quoi faire ?

George Pau Langevin, ministre déléguée à la Réussite scolaire, était en Martinique et en Guadeloupe tout dernièrement.Officiellement cette visite avait lieu dans le cadre de l’initiative «Refonder l’Ecole» du gouvernement socialiste.
 Il s’agit «d’entendre le point de vue des enseignants, mais aussi des parents d'élèves et de tous les usagers de l'école» a-t-elle déclaré. Et elle a ainsi défini son rôle auprès de Vincent Peillon, le ministre de l’Education : «mon rôle est de prendre en compte en particulier les enfants qui sont les laissés pour compte du système ». Et elle poursuit : «Chaque année, nous avons un système scolaire qui éjecte 140.000 jeunes sans formation, sans qualification, sans solution. Et l'on sait que la réussite scolaire est directement liée à l'origine sociale des enfants».
On ne peut que souscrire à toute initiative visant à ne pas laisser sur le bord de la route des milliers d’enfants. Mais quelles sont les chances de voir les beaux discours de la ministre connaitre une «réussite» ?
En effet, les licenciements pleuvent comme jamais, le chômage explose et le gouvernement ne propose que des contrats précaires à ces jeunes, pompeusement appelés contrats d'avenir. Et de plus on nous impose des mesures d'austérité pour rétablir l'équilibre des comptes publics. Qu'à cela ne tienne, Pau Langevin, optimiste, déclarait en Guadeloupe «Nous allons faire de grandes choses ensemble». Pour l'instant la  «grande chose» c'était un débat, le 18 septembre ... avec petits fours payés par un proviseur.
En Martinique, le Rectorat avait donc organisé en grande pompe la concertation voulue par le gouvernement. En grande pompe mais en petit comité : les parents n'ont pas été invités, ni les élèves, et seuls quelques représentants ont pu participer.
Et si la mise en scène était au rendez-vous, pour régler les problèmes en revanche, on verra plus tard ! L'académie de Guadeloupe a perdu 334 postes ces deux dernières années. Juste avant les vacances elle a regagné seulement 5 postes de professeurs des écoles. 12 classes supplémentaires ont fermé dans le primaire en septembre.
« Nous attendons des parents, enseignants et autres personnes intéressées qu'ils nous fassent remonter leurs souhaits » a encore dit la ministre.
Certains parents ont commencé à se mobiliser, comme à Pointe-à-Pitre, où le rectorat a prévu de fermer une classe le 27 septembre, après presqu’un mois d’école ! Leurs "souhaits" seront-ils entendus ? 

Soutenons les jeunes de Rebelle !

 
Le 10 octobre, Sony Laguerre, un étudiant membre du journal Rebelle ! et militant à Combat Ouvrier passe au tribunal pour avoir soi-disant donné des coups à un policier. Ce n’est pas seulement ce jeune militant qui est visé. C’est toute la jeunesse qu’on veut empêcher de s’exprimer et de s’organiser.
Le 18 mai dernier, un rassemblement devant le commissariat de Pointe-à-Pitre a été brutalement chargé par la police. Pour se justifier, les officiers qui ont donné l’ordre de ces charges accusent Sony de « violence sur policier ». Notre camarade est clairement innocent et beaucoup de choses devront être éclaircies le 10 octobre. Pourquoi la police ne montre-t-elle pas le film de vidéosurveillance du commissariat ? Pourquoi Sony n’a-t-il pas été arrêté le jour même ? Pourquoi le policier qui accuse Sony a-t-il été incapable de le reconnaître ? Pourquoi certains policiers se sont-ils sentis obligés d’écrire, dans un rapport à Lurel, que les jeunes lançaient des roches alors que c’est faux ?
Le journal Rebelle ! dénonce depuis quatre ans les problèmes de la jeunesse en Guadeloupe : contrats précaires, mauvaises conditions d’étude, chômage, abus de pouvoir, etc. Par tous les moyens, les chefs de l’académie cherchent à le faire taire depuis sa création. Il y a deux ans, le Sous-préfet s’est porté à leur secours. En octobre 2010, il déclarait aux responsables de l’UAG : « Si vous voulez qu’on vous débarrasse de Rebelle !, il faut nous laisser faire ». Avec un parrainage comme celui-là, on comprend que les autorités ne cherchent même pas à rendre crédibles  les accusations contre Sony  !
Ne laissons pas faire ! Tous devant le tribunal de Pointe-à-Pitre, le mercredi 10 octobre 2012 à 8h !