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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1086 du 02 mars 2013/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : CHR services «Café Lavazza» : la grève continue

Si le patron comptait sur les congés du carnaval pour que les salariés soient démobilisés, et bien il s’est trompé ! La grève continue avec plus de détermination. Les employés réclament toujours 60 euros d’augmentation de salaire, l’augmentation de la valeur des tickets restaurants, des forfaits de carburants inchangés depuis 7 ans, des forfaits des astreintes techniques, ainsi que celle des commissions sur chiffre d’affaires des commerciaux. La direction s’entête à ne proposer que 45 € d’augmentation pour des employés qui pour la plupart ne perçoivent que le SMIC et cela depuis 10 ans ! Elle a accepté les forfaits d’astreinte à 50€ par jour, mais cela était déjà appliqué en Martinique depuis 3 ans ; elle accepte également le doublement des commissions dues aux commerciaux, mais là aussi c’était déjà appliqué en Martinique depuis septembre 2012 ! Et qui plus est, ces miettes octroyées sont assorties d’un ultimatum de la direction : c’est à prendre ou à laisser !!
Devant une telle arrogance, la détermination des travailleurs ne pouvait que se renforcer ; ils ont décidé qu’ils ne reprendraient le travail qu’avec le paiement des jours de grève et 60€ d’augmentation. Voyant que son «psychologue de groupe» Raphaël Speronel n’est pas arrivé à casser la solidarité des grévistes, le patron l’a renvoyé. Mais il est toujours flanqué de son âme damnée, l’avocate Brière, femme pleine de mépris et d’agressivité.
C’est peut-être elle sa conseillère en malversations : en effet, pendant qu’il laissait les grévistes mobilisés sur le parking de la société, il mettait en place un système parallèle de distribution de café à partir des locaux du dépositaire ; les livraisons étaient effectuées par un coursier et sa compagne !
Les employés ont déjoué ces plans, ce qui força la direction à reprendre lundi 25 les négociations avec la délégation, vite rejointe par l’ensemble du personnel indigné et exaspéré.


 

 

Martinique : Des augmentations de salaires ridicules dans le bâtiment

Après 2 ans sans augmentation de salaire, une commission paritaire du bâtiment et travaux publics a eu lieu le 24 janvier 2013 et un nouveau protocole d’accord a été signé. A l’issue de ce protocole, le patronat du BTP n’a accordé que 2% d’augmentation, applicable à partir du mois de février. Cela représente des miettes pour les travailleurs, soit 22 centimes de l’heure en plus. Quant à la prime de transport, elle est passée de 61,50 euros à 63,00 euros. Soit 1,50 euros de plus. Quand les ouvriers toucheront leur salaire du mois de février, ils ne verront même pas de changement sur leur fiche de paye.
Pour accorder ces quelques centimes, le patronat n’a pas arrêté de pleurnicher, disant que la crise est dure pour lui et qu’il n’est pas responsable de la situation. Les pauvres !!!
Quand des militants sont allés informer des ouvriers sur des chantiers de ces augmentations ridicules, la réponse des ouvriers était pratiquement la même partout : «Et pour nous, elle n’estpas dure cette crise? C’est eux quiont l’argent, pas nous». Sur un autre chantier, une dizaine d’ouvriers réunis répondaient : « Il nousfaudrait au minimum 400 eurosd’augmentation pour faire face à lavie chère», lorsque les militants leur demandaient combien il faudrait d’augmentation de salaire pour faire face à la vie chère. Immédiatement, les autres ouvriers présents ont réagi pour approuver en chœur cette réponse.
Pour arracher de telles augmentations, il est sûr qu’il faudrait créer un véritable rapport de force avec tous les travailleurs mobilisés.
 

 

 

Tarifs bancaires Outre-mer : il existe bien un racket

Deux organismes français (CLCV et «Mieux vivre votre argent»), ont publié les résultats exhaustifs d’enquêtes qu’ils ont menées sur les tarifs appliqués par les banques dans leurs différentes agences ou filiales sur tout le territoire français, Outre-mer compris.
Ces deux organismes ont mis en évidence que les tarifs sont plus élevés en Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, etc.) qu’en France hexagonale. Pour le petit consommateur, en moyenne, les frais seraient presque quatre fois supérieurs à ce qui serait payé en France.
En Martinique, ces enquêtes viennent confirmer ce qu’avaient constaté des clients des établissements financiers, des associations de consommateurs, etc. Lors du mouvement de février-mars 2009, ces éléments avaient été mis en avant et le Collectif du 5 Février avait inclus dans ses revendications la baisse des tarifs bancaires, comme la baisse des matériaux de construction ou encore des pièces détachées automobiles.
Victorin Lurel, qui a été l’un des plus virulents détracteurs des mouvements de février-mars 2009, notamment en Guadeloupe, s’en est néanmoins servi pour se faire mousser, et a fait voter une loi dite de régulation des prix, loi supposée maîtriser leurs augmentations. Vœux pieux et hypocrites !
Dans ce système, ce sont les capitalistes qui font leurs lois et posent leurs exigences aux gouvernants (président, ministres, élus locaux, etc.). Les intérêts des actionnaires constituent la priorité, comme l’ont montré les déclarations des dirigeants de grandes entreprises dont des banques installées en Martinique. Lurel devrait, d’ailleurs, se souvenir de la mésaventure d’un ministre de Sarkozy, Yves Jego, qui avait été débarqué par Fillon durant le mouvement de février-mars 2009 sur injonction de TOTAL.
Ce ne sont pas des lois ou des pourparlers entre gens bien polis et soi-disant responsables qui mettront fin à ce racket organisé, mais bien l’implication consciente et déterminée de la population laborieuse, principale et première victime de cette politique des banques.
Les mouvements de février-mars 2009 en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion, en Guyane, par l’ampleur de la participation des travailleurs, des chômeurs, des petits artisans, ont permis d’obtenir quelques avancées dans certains domaines. Ils demeurent un repère et un exemple quant aux mobilisations qui seront nécessaires pour faire cesser le racket des établissements bancaires.

Guadeloupe : Le feuilleton de l’adhésion de Baie-Mahault à Cap Excellence continue. Jusqu’à quand ?

Lors de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI) qui s’est tenue le 6 novembre 2012, le préfet a décidé que Baie-Mahault devait rejoindre la Communauté d’Agglomération Cap Excellence à compter du 1er janvier 2013. Il a d’ailleurs pris un arrêté le 29 novembre 2012 qui confirme l’extension du périmètre de la communauté d’agglomération Cap Excellence. Désormais Cap Excellence devrait comprendre les villes de Baie-Mahault, de Pointe-à-Pitre et des Abymes.
Mais le député-maire de Baie-Mahault conteste cette décision. Et pour ce faire, il a introduit deux recours, l’un portant sur l’urgence et l’autre sur le fond. Pour l’instant le Tribunal Administratif de Basse-Terre a rejeté la demande de Chalus le 6 février 2013 sur la procédure d’urgence. L’affaire n’a pas été encore étudiée sur le fond. A. Chalus a déclaré sur les ondes qu’il préfère rejoindre la Communauté d’agglomération du nord Basse-Terre. Et avec des trémolos dans la voix, il a expliqué que sa ville qui est plus riche que les autres pourrait aider Lamentin, ou Petit-Bourg par exemple, et qu’il ira jusqu’au bout pour contester cette décision. En réalité A. Chalus a changé son fusil d’épaule, car au départ il avait accepté que sa ville intègre Cap Excellence, mais les élections législatives sont passées par là. Maintenant il est devenu député et sa circonscription est la Communauté d’agglomération du nord Basse-Terre. Point n’est donc besoin d’aller chercher midi à quatorze heures pour comprendre la position du député-maire de Baie-Mahault. Il pense à son avenir de député. En principe l’intégration est effective depuis le 1  janvier 2013. Baie-Mahault aura-t-elle le choix de faire marche arrière, le processus étant en train de se mettre en place ?
Cela dit, concernant le problème des communautés d’agglomérations ou des syndicats intercommunaux, bien des problèmes subsistent ou voient le jour. Le maire de Goyave vient en effet de quitter le SICTOM ; certains prétendent que Petit-Bourg entend faire de même. Et tous ces élus avancent les intérêts de la population pour justifier leurs positions et tractations de toutes sortes.
Pourtant on ne les entend pas dénoncer la diminution continuelle des dotations aux communes et collectivités et appeler la population à se mobiliser contre cette politique. Politique qui en réalité se retournera contre la population qui aura à payer plus en impôts et taxes de toutes sortes.

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