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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1086 du 02 mars 2013/Deuxième page

Deuxième page

Pour que la journée du 8 mars ne perde pas son sens véritable

D’année en année, les commémorations des grandes luttes du mouvement ouvrier international finissent par perdre leur véritable signification. La routine en émousse la portée et le tranchant. Il en est ainsi de cette journée internationale de luttes des femmes. Comme le Premier mai et d’autres journées du calendrier du mouvement ouvrier, la bourgeoisie a tenté de récupérer cette journée du 8 mars et d’en faire un simple anniversaire inoffensif, une «journée de la femme». Elle est aidée en cela par les syndicats réformistes, les sociaux démocrates, les communistes staliniens, qui eux aussi font trop souvent de ces journées de simples rappels historiques routiniers.
Pour les militants révolutionnaires communistes, ces commémorations n’ont de sens que si elles permettent de rappeler non seulement, pour ce qui est des femmes, la persistance de leur exploitation scandaleuse, mais aussi et surtout les luttes qu’elles ont menées et qu’elles doivent encore mener avec acharnement contre un système qui est père de toutes les formes d’exploitation, le système capitaliste. Cette commémoration n’a de sens que si elle doit rappeler que l’exploitation des femmes ne disparaîtra qu’avec le renversement de la société capitaliste et que ce ne sera possible que par une révolution sociale dirigée et contrôlée par la classe ouvrière.
Ce n’est donc pas un hasard si c’est une femme révolutionnaire socialiste, Clara Zetkin, qui, à Copenhague en août 1910, fit la proposition que «les femmessocialistes de tous les pays organisenttous les ans une journée des femmesqui servira en premier lieu la luttepour le droit de vote des femmes». Elle fit cette proposition à la conférence internationale des femmes socialistes. C’était l’époque où les socialistes étaient vraiment socialistes, au sens révolutionnaire communiste du terme. C’était aussi l’époque où il existait une organisation internationale des travailleurs, la deuxième internationale. Dès 1911, pour commémorer la Commune de Paris où pour la première fois des travailleurs exercèrent directement le pouvoir, un million de femmes manifestèrent dans toute l’Europe, et jusqu’aux États-Unis. Les années suivantes, d’importantes manifestations de femmes travailleuses se déroulèrent début mars.
Le 8 mars, (23 février selon le calendrier russe), c’est une manifestation de femmes ouvrières de Petrograd qui fut le signal de la révolution russe de 1917. La tradition des manifestations du 8 mars «pour une journée internationale de lutte des femmes» fut fixée par Lénine en 1921. En 1977, l’ONU, cet instrument de l’impérialisme mondial récupéra la tradition du 8 mars, en laissant se perpétuer dans le monde entier les pires discriminations et atrocités envers les femmes.

 
 

Martinique : Ilmany et Marie-Louise honorés, c’est bien. Utilisés, ça l’est moins !

Les municipalités du Marigot et du Lorrain ont décidé de donner un caractère particulier à la commémoration du 39 anniversaire de l’assassinat de Ilmany et de Marie-Louise le 14 février 1974, lors de la grande grève des ouvriers agricoles.
Le jeudi 14 février 2013, c’est une rue partant de la RN 1 et conduisant jusqu’au domicile de Georges Marie-Louise qui portera le nom de ce jeune qui n’avait pas encore 19 ans quand il a été assassiné lors de l’intervention des gendarmes du Lorrain. Pour cette occasion, la population du Marigot s’est associée à l’initiative et une certaine émotion était palpable, notamment lors du rappel des faits ayant conduit à la mort de Marie-Louise.
Au Lorrain, c’est le samedi 16 qu’un monument a été inauguré au giratoire de Séguineau par l’équipe municipale. Là aussi, la population a adhéré à cette initiative et elle a pu entendre les témoignages de militants syndicaux impliqués et d’une ouvrière agricole, Mme
Cabrimol, surnommée «Man Toï». Cette dernière dit sa satisfaction de vivre ce moment et rappela dans son intervention qu’elle avait réclamé à l’actuel maire, Justin Pamphile, l’érection d’un monument ou d’une stèle en hommage aux ouvriers agricoles qui se sont battus en janvier-février 1974, et notamment de Ilmany, le Lorrinois, et de Marie-Louise, le Marigotin.
Ces manifestations ont été, à juste titre, appréciées par la population parce qu’elles rendaient hommage et mettaient en lumière ces deux hommes, morts à cause de la répression anti-ouvrière. Mais elles n’avaient probablement pas que cette seule fonction. Avec la proximité des élections municipales de mars 1974, les maires ont un peu partout la préoccupation de flatter leur électorat. Alors ceux du Marigot et du Lorrain ne feraient pas exception parmi les politiciens en voulant se servir des travailleurs tombés dans la lutte.
 
L’hypocrisie des possédants békés
Dans son intervention commémorative, le maire du Lorrain expliqua sa démarche et énonça les noms de ceux qui permirent de financer la stèle en hommage à Illmany et Marie-Louise. Les personnes présentes apprirent ainsi que BANAMART, le groupement des producteurs de bananes piloté par des békés et leurs hommes liges, a versé une contribution de 6000 euros. Ce qui ne manqua pas de soulever, à juste titre, un mouvement de stupeur et un certain dégoût chez certains. Comme on dit : «Ilmany et Marie-Louise ont dû se retourner dans leur tombe». Car en réalité ces deux travailleurs agricoles ont été assassinés pour protéger les intérêts des békés.

Guadeloupe : Combat Ouvrier appelle à participer à la Journée d’Action de la CGTG le 13 Mars prochain

La CGTG appelle à une journée d‘action et de mobilisation le 13 mars prochain pour, dit la confédération : «Faire reculer le patronat et le gouvernement qui est entièrement à son service ainsi que les organisations syndicales réformistes». Le syndicat ajoute dans son tract daté du 20 février :
« La CGTG dénonce :
- La complicité et la passivité des autorités qui ont toujours subi le chantage à l’emploi de ces patrons voyous.
- La répression syndicale et la criminalisation de l’action syndicale.
- La répression qui frappe les jeunes de Rebelle ! qui ne font qu’exercer leur droit à la liberté d’expression en dénonçant les injustices dans les lycées et à l’université.
La CGTG exige :
- La transparence sur l’utilisation des fonds publics.
- Le maintien de tous les emplois défiscalisés.
- La revalorisation des salaires et des pensions.
- Le respect des conditions d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ! »
Combat Ouvrier s’associe à cette journée d’action et appelle tous ses militants et sympathisants à y participer. Certes, ce n’est pas une seule journée d’action qui permettra aux travailleurs d’obtenir satisfaction ; mais plus nous serons nombreux à y participer, plus nous aurons de chances d’être entendus et plus nous forgerons le rapport de force nécessaire à faire plier le grand patronat et le gouvernement.
Alors joignons-nous à l’appel de la CGTG :
Tous au rassemblement devant le tribunal de Pointe-à-Pitre le mercredi 13 mars à 8H.

La lutte des femmes pour leur émancipation

Un système d’oppression contre les femmes
 
Le 8 mars, plusieurs manifestations auront lieu dans le monde pour célébrer la lutte des femmes. Cette commémoration vient nous rappeler que les femmes continuent de subir des discriminations, des violences dans nos pays, mais plus particulièrement dans les pays d’Afrique, en Inde, dans les pays arabes où le poids des religions renforce et entretient les discriminations sexistes : port du voile, lapidation des femmes, excision. Dans les pays soi-disant démocratiques d’occident comme aux États-Unis, en Europe, de nombreuses discriminations subsistent. En ce 21ème siècle, en France, il existait toujours une loi qui interdisait le port du pantalon aux femmes. Cette loi a été abrogée le 31 janvier. C’est au mois de mai 2012 qu’une loi sur le harcèlement sexuel a accordé aux femmes une protection sur le plan juridique. Le salaire des femmes, à compétence égale, est inférieur de
20% en moyenne à celui des hommes. Quant aux violences faites aux femmes elles sont permanentes. En Guadeloupe et en Martinique, en un an, plusieurs femmes ont été assassinées par leur conjoint. Six femmes ont subi ce sort en Guadeloupe en 2012.
 
Pour lutter contre ces violences et ces discriminations, les femmes doivent se mobiliser et se battre. En décembre 2012 elles se sont mobilisées en Inde pour protester contre le viol qui demeure impuni. Le mouvement de colère s’est manifesté parmi les femmes après le viol par six hommes d’une étudiante qui a perdu la vie. Sur 25 000 crimes commis en Inde, 90% visent des femmes. Face au mouvement de protestation des femmes le Premier ministre a réagi. Les hommes qui ont violé et tué l’étudiante ont été arrêtés. C’est déjà un premier succès.
 
Un long parcours de luttes
 
C’est grâce à la mobilisation des femmes, à leur combat déterminé au cours de l’histoire, que certains droits ont été acquis tels le droit de vote, le droit à l’avortement, la liberté sexuelle, le droit à la contraception.
 
C’est au cours des années 1830 que les premières associations féministes virent le jour. En Angleterre, à partir de 1851 les femmes se mobilisèrent pour obtenir le droit de vote. Ces manifestations dirigées par les «suffragettes» furent violentes, marquées par des incendies, des attaques du Parlement, des actions d’éclat. Les dirigeantes des suffragettes furent réprimées mais le mouvement continua durant plusieurs années. En France, en 1870, les femmes ouvrières, les «pétroleuses» se sont battues pour de meilleures conditions de travail mais aussi pour le droit à l’instruction publique. C’est seulement en 1867 qu’une loi a été votée pour la création d’écoles primaires pour les filles. En 1880 l’accès aux établissements secondaires fut accordé aux filles. Jusqu’aux années 1960 les femmes furent soumises à des lois très sévères concernant particulièrement l’avortement. De 1942 à 1944, 400 condamnations par an furent prononcées contre des femmes qui avaient avorté. Une femme : Marie-Louise Giraud fut guillotinée en 1943 pour avoir avorté. Dans les années 1960 et après la forte mobilisation de 1968, les femmes ont réclamé le droit à l’avortement. Des mouvements tels le MLF (mouvement de libération des femmes), le mouvement «choisir» ont lutté avec courage pour défendre ce droit. En 1971, 343 femmes ont affirmé publiquement qu’elles avaient avorté. En 1972 le procès d’une jeune femme de 16 ans qui avait avorté s’est terminé par un non lieu grâce à une très forte mobilisation devant le tribunal de Bobigny. Sa mère et ses collègues qui l’avaient soutenue avaient été également poursuivis.
 
Pendant des siècles, les avortements clandestins firent régulièrement de très nombreuses victimes en raison de mauvaises conditions d’hygiène. Au cours de l’année 1974, 300 femmes moururent des suites d’avortements clandestins.
 
C’est dans un contexte de mécontentements et de luttes menées par les mouvements féministes mais aussi par des militants socialistes, communistes et les groupes d’extrême gauche qu’une loi fut votée en 1975, loi présentée par Simone Veil, qui a fini par accorder le droit à l’avortement, le droit à la contraception. Ces mouvements de femmes ont touché toute l’Europe.
 
Il faudra encore beaucoup de luttes farouches pour que les femmes obtiennent tous leurs droits et qu’elles aient les mêmes droits que l’homme sur le plan social et politique. La majorité des femmes dans le monde continue de subir des discriminations et des violences inouïes. Après les révoltes dans les pays arabes des femmes continuent de réclamer plus de liberté contre des gouvernements qui ont succédé aux régimes de dictature et qui veulent imposer la charia, loi islamique réactionnaire qui réprime les femmes.
 
L’oppression contre les femmes est liée à une oppression générale contre les travailleurs, à une société fondée sur l’exploitation de classe, l’exploitation de l’homme par l’homme. L’égalité entre les deux sexes ne peut se bâtir que dans une société débarrassée de toutes formes d’oppression qui ne pourra être que la société socialiste et communiste.

Brèves… Brèves… Brèves…

Une tragédie qui ne doit rien à la fatalité
Un homme de 43 ans est mort en s’immolant par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, mercredi 13 février. Chômeur, Pôle emploi lui avait annoncé qu’il était en fin de droits et lui réclamait de prétendus trop perçus. Désespéré, sans solution, il s’est suicidé devant l’agence. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé que « toutavait été fait » pour empêcher cet acte. Mais qui laisse le chômage exploser, qui laisse les entreprises licencier, qui décide des indemnités qui ne permettent pas de vivre ?
 
Hypocrisie face au drame du chômage
Plusieurs travailleurs au chômage, désespérés, se sont immolés ou ont tenté de le faire ces derniers jours en France. Les politiciens au pouvoir ont tenu à communiquer leur «émotion». Mais ce sont eux qui laissent le patronat pousser vers le chômage et la misère plus de 1 000 salariés chaque jour. Le fléau du chômage peut être combattu et renversé. À condition d’interdire les licenciements et d’imposer aux patrons la répartition du travail entre tous sans perte de salaire.

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