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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1086 du 02 mars 2013/Première page

Première page

Editorial: Le projet de loi de "sécurisation de l'emploi" : un nouveau pas vers le démantèlement des droits des travailleurs

Le chômage en France, "DOM compris", a encore augmenté et ce pour le 21ème mois consécutif. Au total, on compte officiellement 4.967.500 chômeurs, presque 5 millions de chômeurs "français". En réalité il y en a beaucoup plus que les chiffres officiels, peut-être plus de 6 millions.
 Et c'est dans ce contexte-là que le projet de loi dit de "sécurisation de l'emploi" doit être présenté au conseil des ministres, le 6 mars exactement. Alors que l'emploi n'est, selon les derniers chiffres, déjà pas sécurisé du tout, le grand patronat et l'État veulent pouvoir licencier sans entrave si les travailleurs n'acceptent pas leur diktat. Cet accord dit de "sécurisation de l'emploi" casse ce qui reste du code du travail. Il a été signé entre le MEDEF, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC. C'est un accord honteux. Et bien évidemment, le projet de loi reprend les dispositions encore plus régressives de l'accord national signé par des directions syndicales complaisantes à l'égard du gouvernement Hollande et du grand patronat. C'est ainsi que "les accords de maintien dans l'emploi" permettraient de licencier les salariés refusant de voir leur salaire baisser. Les "accords de mobilité interne" autoriseraient l'employeur à licencier le salarié pour motif personnel si celui-ci refuse d'aller travailler à l'autre bout de la France, ou de l'autre côté de l'Atlantique pour les travailleurs antillais. La mobilité, oui, ils connaissent les travailleurs antillais, contraints déjà d'aller travailler en France pour gagner leur vie, et de se séparer de leur famille, avec tous les tracas que cela engendre. Eh bien maintenant, la loi l'exigera. En France dite "métropolitaine" la limite géographique est fixée à l'hexagone, mais de Guadeloupe ou de Martinique, la limite géographique est fixée aussi à l'hexagone... La flexibilité a été légalisée : les patrons pourront changer le temps de travail, baisser les salaires, déplacer les travailleurs à leur guise sous prétexte de difficultés économiques.
 Et on nous fait croire que ces sacrifices que consentiraient les salariés favoriseraient l'emploi. C'est ce qu'on nous dit depuis des années, tout comme on nous a dit depuis si longtemps que la défiscalisation, l'allègement des charges sociales et fiscales patronales favoriseraient l'emploi. Et le balancier du taux de chômage oscille toujours autour des 22 à 23% de chômeurs, autour des 60% de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.
 En France, la CGT et FO, qui n'ont pas signé l'accord, organisent le 5 mars, la veille de la présentation du projet au conseil des ministres, une journée de mobilisation pour dénoncer ce projet de loi. En Guadeloupe, la journée de mobilisation de la CGTG aura lieu le 13 mars pour protester contre toutes les atteintes aux conditions de travail, y compris contre ce projet de loi.
 Les travailleurs ont intérêt à être le plus nombreux possible à protester contre toutes ces attaques. La minorité qui le fait aujourd'hui a raison de le faire et c'est en se battant qu'elle donnera l'exemple à tous les hésitants ou à ceux qui se font des illusions sur la politique de la gauche socialiste au pouvoir, celle des Hollande, Ayrault et de leurs courroies de transmission Outre-mer comme Lurel et Letchimy. Il y a quatre ans la grève générale en Guadeloupe et en Martinique et les manifestations qui se déroulèrent dans son sillage mobilisaient des dizaines de milliers de travailleurs dans les rues. Les piquets de grève s'étaient mis en place partout. Le 26 février 2009 les patrons et l'État signaient l'accord Bino en Guadeloupe et l’ARI du 10 mars 2009 (accord régional interprofessionnel) en Martinique sur les 200 euros sous la pression de la mobilisation.
 C'est cette voie-là qu'il faudra reprendre mais renforcés par l'expérience. Car c'est ainsi que les travailleurs mettront non seulement un frein aux reculs que leur impose aujourd'hui la bourgeoisie, aidée en cela par un gouvernement dit "socialiste", mais reprendront l'offensive.
 

Guadeloupe : Tous devant le tribunal de Pointe-à-Pitre le 13 mars à 8h pour protester contre la répression qui frappe Sony Laguerre, Raphaël Cécé et Rebelle !

Après plusieurs reports, le Tribunal Correctionnel de Pointe-à-Pitre a déclaré vouloir juger le
13 mars, Raphaël Cécé et Sony Laguerre, deux jeunes militants du journal Rebelle ! et de Combat Ouvrier. Rebelle ! est un journal contestataire écrit et lu principalement par des lycéens et des étudiants. Depuis sa création en septembre 2008, ce petit journal dénonce tout ce qui ne va pas au sein des lycées et de l’université de Fouillole. En particulier, Rebelle ! dénonce les nombreux abus d’autorité des chefs d’établissement, la mauvaise tenue de certains locaux infestés par les rats, le sexisme envers les jeunes filles. Et Rebelle ! défend aussi son droit à la libre expression. Mais au-delà des problèmes lycéens et étudiants, les jeunes de Rebelle ! remettent en cause le système politique et social actuel, le système capitaliste.
Tout cela n’a pas l’heur de plaire aux autorités des établissements, de l’Académie, et de la préfecture, qui tentent de faire taire le journal en utilisant toutes sortes de méthodes d’intimidation.
C’est ainsi que S. Laguerre et R. Cécé sont accusés injustement, le premier de coups sur agent de police, le second de menaces. Ils se trouvaient pacifiquement devant le commissariat de Pointe-à-Pitre avec quelques autres pour accompagner l’une de leurs camarades convoquée à la police sur plainte de son proviseur. C’est alors que la police les chargea brutalement à trois reprises, sans raison apparente. C’est dans ce cadre-là que Sony et Raphaël furent accusés. L’opinion publique comprit mieux toute cette affaire quand elle apprit que pour un «pin’s» de Rebelle !, trois lycéennes du lycée de Providence furent exclues et le lycée fermé pour deux jours. Le Recteur dut faire volte face et donner l’ordre au proviseur de réintégrer les jeunes filles. Il faut dire qu’entre temps la conférence de presse de Rebelle ! avait eu lieu avec le collectif de ses avocats, qu’une lettre ouverte circonstanciée d’un des avocats au proviseur et au Recteur circulait partout, que l’opinion publique grondait. Bref, le ministère probablement a dû rappeler à l’ordre ses petits sbires de Guadeloupe.
Combat Ouvrier appelle les travailleurs et la population à participer massivement dans les jours qui viennent au soutien sous toutes ses formes envers ses deux militants, qui animent aussi le journal Rebelle !
 

Martinique : Protestation contre l’épandage aérien et l’empoisonnement des populations

Zoom C’est à l’initiative du : «Collectif contre l’épandage aérien et l’empoisonnement des
Martiniquais», CCEAEM, composé de plusieurs organisations syndicales et politiques, qu’une manifestation regroupant près de 500 manifestants s’est tenue le samedi 23 février dès 10 heures du matin dans les rues de Fort de
France. Militants et sympathisants de l’Assaupamar, d’Asé Pléré, du MIM, PCM, PKLS, Palima. GRS, d’autres associations écologistes, organisations du CCEAEM formaient le gros du cortège. Des responsables et militants de la CGTM soutenaient le mouvement. Des camarades de Combat Ouvrier, qui avait appelé également à la protestation, étaient présents. Mais les manifestants étaient aussi de tout bord, hommes, femmes, jeunes, adultes, enfants, vieux, reprenant les slogans lancés par les organisateurs.
En effet, l’objectif de cette manifestation était de s’opposer au groupement de planteurs BANAMART qui veut obtenir une nouvelle dérogation de l’État pour poursuivre l’épandage aérien de pesticides hautement toxiques ou d’adjuvants tels le Banol. Le lobby de profiteurs affiche ainsi son mépris pour les ouvriers agricoles qui manipulent les produits et pour toutes les populations concernées.
Il y avait aussi des hommes et des femmes venus faire leurs courses dans la ville de Fort de France qui se sont arrêtés pour écouter les slogans et ont accueilli avec sympathie le passage des manifestants. Ce fut de même pour des touristes français de passage en Martinique qui n’ont pas hésité à manifester leur opposition à l’épandage aérien et à l’empoisonnement des terres agricoles par les capitalistes békés. Sur la banderole de
l’Assaupamar, on pouvait lire : «Pas de dérogation à l’épandage aérien». Sur d’autres : «Sispann pwazonnin nou» ; ou encore «Contre les génocides du peuple martiniquais». Celle tenue par des enfants : «Non aux pesticides. Oui aux abeilles».
Certaines organisations lançaient des slogans : «Région, ou Lurel, complice» ou encore : «Préfet, banamart, bétché vôlê, bann bouro, assassin». Mais les slogans les plus entonnés et repris en chœur tout au long de la manifestation étaient «Tout lwa sé pa lwa, épi lwa chlodécone lan arété pwazonnin nou». En tout cas, une fraction de la population a montré qu’elle ne regarde pas sous silence que les populations et les sols soient contaminés par une minorité de profiteurs et d’exploiteurs.


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