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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1087 du 15 mars 2013/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Mobilisation des employés de la Mission Locale

Les 5 et 6 mars 2013, les employés de la Mission Locale se sont mobilisés pour dénoncer les retards de versement de leurs salaires. Ce problème perdure depuis le mois de novembre et au mois de décembre les salariés ont créé  un comité pour dénoncer leurs difficultés.
En fait, le retard du mois de février a été  la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.  Et comme par hasard, suite à cette mobilisation, le salaire du mois de février a été payé le 6 mars. Les employés ont déploré le fait que ces retards engendrent d’autres problèmes et beaucoup de difficultés comme les  agios payés aux banques,  les  loyers payés en retard, etc.).
Il faut savoir que la Mission Locale vit grâce aux subventions de l’Etat, de la Région, du Département, de Pôle Emploi et de l’aide de certaines communes. Ces subventions sont souvent payées en retard,  mais les employés constatent qu’il y a un problème de fonctionnement de la Mission Locale. Ainsi les conventions qui permettent de débloquer les subventions sont signées avec beaucoup de retard. Par exemple celle de l’année 2012 a été signée à la fin de l’année. Celle de 2013 est en cours et tant que la convention n’est pas signée  les subventions ne sont pas versées. Les employés, outre ce problème récurrent de retard de paiement des salaires, dénoncent la dégradation  de leurs conditions de travail, le fait qu’il n’y ait aucun plan de formation, pas d’entretien d’évaluation et de ce fait pas de promotion pour le personnel. Suite à leur mobilisation, ils ont été autorisés à s’exprimer lors du Conseil d’Administration qui s’est tenu le 6 mars dans l’après-midi.
La Mission Locale s’occupe de l’insertion des jeunes de 16 à 25 ans et du fait du taux de chômage important des jeunes, la charge de travail ne cesse d’augmenter et le montant des subventions  versées est en diminution. Ces travailleurs auront très certainement d’autres luttes à mener car la situation du chômage, en particulier celui des jeunes, se dégrade de plus en plus et les moyens financiers et humains ne suivent pas dans le contexte général de restrictions budgétaires.


 

 

Guadeloupe : Victoire de la grève des employés de CHR services

Les employés de CHR services (enseigne Lavazza) situé à Jarry étaient en grève pour une revalorisation de leur pouvoir d’achat.
Après 3 semaines de grève durant laquelle leur détermination n’a jamais fléchi, l'inspection du travail, le mercredi 27 février, à la demande de la direction, les a invités à venir négocier dans ses locaux dès le lendemain à 8h30.
 Toujours accompagnée de son cerbère Martin-Briere et du directeur financier du siège en Martinique, la direction a vainement tenté de les apitoyer sur son pauvre sort, espérant sans doute que la présence de l'inspecteur et d'un contrôleur les fasse fléchir. Rien n'y a fait, ils sont restés inflexibles.
 Après de multiples interruptions dues aux propositions inacceptables de la direction, c'est vers 15h30, que cette dernière visiblement fatiguée a proposé :
- Une rencontre concernant l'accord BINO pour le 31 mai date à laquelle le gouvernement devra statuer sur le RSTA.
 - 50€ d'augmentation pour tous les salariés.
 - 1€ de plus sur chaque ticket restaurant.
 - 80€ de plus pour les forfaits de carburants.
 - de 0,5 à 1% de commission sur le chiffre d'affaires pour les commerciaux.
 - 50 € par jour d'astreinte technique.
- La remise d'un projet pour un accord sur le versement d'une prime d'intéressement au plus tard le 31 décembre 2013 et,
 - le paiement de 12 jours de grève sur 18, les 6 autres pouvant être pris sur les congés payés ou échelonnés à raison d'un jour par mois. 
Après consultation et acceptation par l'ensemble des employés, les délégués CGTG ont signé l'accord le jeudi 28 février 2013 à 16h30.
 L'ensemble du personnel a manifesté sa joie à la sortie des délégués des locaux de l'inspection du travail.
 Outre le fait d’avoir gagné la partie, tous  les employés retirent également une grande fierté d'avoir pu mener ce combat sans faillir et dans la plus complète unité.
Dès le lendemain matin, ils ont tous repris le travail, la tête haute devant une direction  fuyant leurs regards.
 Il est clair que les travailleurs  ont tous compris que c'est ensemble qu’ils venaient  de gagner cette bataille mais qu'il fallait s'attendre à en mener d'autres face à une direction rapace.
 Ils savent quoi faire désormais.

 

 

 

Martinique: Au CHUM : les agents se battent pied à pied pour défendre leurs revendications

La semaine dernière, à l’hôpital Pierre Zobda Quitman de Fort de France (PZQ), les agents des services de blanchisserie, ceux de la cuisine ou encore ceux de l’imagerie ou du bloc, se sont mobilisés et ont arrêté le travail pour obtenir des réponses de la direction sur leurs revendications.
Les problèmes des agents sont liés aux réorganisations en cours suite à la fusion des hôpitaux dans le cadre de la politique de restrictions budgétaires menée par la direction, l’ARS et le ministère de la santé.
A la cuisine, le matériel est devenu obsolète, et les conditions de travail pour les agents s’aggravent. En début de semaine, une sauteuse a explosé du fait de son état défectueux ou de l’acheminement du gaz. Les conséquences auraient pu être dramatiques. Les agents ont débrayé le lendemain et conduit la direction à tenir une réunion avec le personnel et les représentants du CHSCT. Mais du côté de la direction les réponses sont toujours les mêmes : il n’y a pas d’argent. Elle prépare le transfert de la moitié des effectifs de la cuisine de PZQ vers celle de Mangot Vulcin.
Ceux de la blanchisserie ont arrêté de travailler pendant deux jours contre le plan d’externalisation de l’outil de production prévu dans le cadre du plan de retour à l’équilibre du CHUM. Selon les agents de la blanchisserie qui ont une formation adaptée pour conduire les machines de type industriel, il n’existe pas actuellement en Martinique d’entreprise en capacité de traiter la quantité de linge utilisée par les trois établissements du CHUM. De plus la direction ne donne aucune précision sur l’organisation des circuits et du stockage du linge à mettre en place dans le cadre d’une externalisation de l’activité. Malgré les réponses négatives de la direction, pour les agents, la blanchisserie doit rester une activité publique, liée à l’hôpital et ils continuent de sensibiliser le maximum de leurs collègues.
En dehors des services techniques menacés de reconversion, il y a les sempiternelles crises venant du manque d’effectifs ou du manque de matériels.
Cela a été le cas au service d’imagerie où en plus des effectifs supplémentaires, les agents en sont à réclamer l’achat de cassettes ou de pochettes de résultats. Ou encore au bloc chirurgical où, malgré les engagements pris lors de mouvements précédents, les agents se retrouvent bien souvent en sous effectifs et avec des ruptures de matériel.
Lorsqu’elle est interrogée, la direction prend un air dépité affirmant qu’il faut être patient. Mais elle n’est pas gênée à continuer de piloter ces plans de restrictions budgétaires dont les conséquences sont insupportables pour un grand nombre d’agents.  
Les travailleurs ont donc raison de se battre pied à pied. Ce faisant, ils peuvent gagner en force et en volonté pour s’orienter tous ensemble vers une lutte de plus grande ampleur qui aurait pour objectif d’obliger l’Etat à renoncer à sa politique d’austérité dans les hôpitaux publics, notamment en augmentant les effectifs et en permettant l’achat des matériels et services nécessaires à leur fonctionnement.
 
La stratégie de la direction
Dans un long tract au personnel, la direction du CHUM n’hésite pas à se défausser en montrant comme bouc émissaire des difficultés actuelles, les dirigeants des syndicats SASM et UGTM, qui ayant décidé de ne pas participer aux dernières élections professionnelles, ont cherché à empêcher les agents du Lamentin et de Trinité de voter en érigeant des barrages devant les établissements le jour du vote. En effet, depuis la publication des résultats des élections, ces mêmes syndicats ont continué à plusieurs reprises à mettre en place des blocages des services administratifs, pour, ont – ils affirmé, que la direction négocie avec eux une plate-forme revendicative. Pour l’instant, la direction n’a engagé aucune négociation avec eux, car selon la loi actuelle, ils n’auraient aucune représentativité, mais elle a porté plainte pour obstructions des entrées.
Il n’empêche qu’au-delà des escarmouches, ce sont bien les travailleurs mobilisés eux-mêmes, et non pas des actions-commandos décidées en petit comité, qui pourront obliger la direction à porter des solutions concrètes à leurs problèmes.

Martinique : Réorganisation à la CAFOM, les travailleurs ont intérêt à se préparer pour ne pas en faire les frais

Les salariés de But et Conforama sont inquiets. Depuis plusieurs mois, la CAFOM, (centrale d’achat française pour l’Outre-mer) holding qui gère actuellement ces magasins, se réorganise et entend le faire sur le dos des salariés.
Prétextant un ralentissement des affaires dû à la crise, la direction veut imposer aux employés une dégradation de leur situation. C’est ainsi que depuis plusieurs années, les employés de But Martinique sont obligés de ferrailler lors des NAO (négociations annuelles obligatoires) pour arracher quelques miettes et empêcher la direction de revenir sur leurs avantages acquis. Dix emplois ont été supprimés, avec des départs à la retraite non remplacés ou des départs négociés. Á But Baie-Mahault en Guadeloupe, certaines primes de caisse ont été supprimées cette année. Á Conforama Martinique, la direction a supprimé le 13 mois.
Pourtant la CAFOM est une affaire qui marche. La  société a été créée par les anciens patrons des magasins But qui ont été pendant des années les fleurons de la distribution spécialisée en aménagement mobilier et électroménager en Martinique d’abord, puis en Guadeloupe et Guyane. Les patrons se sont enrichis grassement sur le dos des salariés. La création de la CAFOM leur a permis de développer d’autres affaires avec des plateformes logistiques de meubles à bon marché, en Chine ou au Brésil. A partir de 2004, avec le groupe financier "la Financière Caraïbe", la filière "Cofinéo" liée au Crédit Moderne pour les cartes de crédit, la CAFOM devint une véritable «pompe à fric». En plus des avantages fiscaux, notamment lors de l’achat ou de la vente de sociétés, cette société s'est arrangée par toutes sortes de montages pour faire remonter l’argent des différentes sociétés vers la «maison-mère». Depuis 2005, cette holding est cotée en bourse et exploite depuis, treize magasins d'équipement de la maison dans les dits départements d'Outre-mer, ainsi que trois sites Internet marchands. En 2011, un autre groupe financier, "Pléiades Investissement" a rejoint le groupe.
La kyrielle de parasites installés dans de beaux bureaux des grandes villes, appuyés par les actionnaires qui attendent des résultats sonnants et trébuchants, ont plus que jamais comme préoccupation première de faire les salariés suer le profit maximum.
Ils décident de la stratégie du groupe, font ou défont filiales et enseignes, se moquant complètement des conséquences pour les salariés.
Aujourd’hui, les employés de Conforama Martinique savent que cette enseigne est supprimée à partir de décembre 2013. Á la place, la direction aurait l’intention d’ouvrir un magasin HABITAT, mais sur une surface de vente moins importante, avec moins de salariés. Pour l’instant, elle monte ses plans en douce. Elle n’a pas annoncé de plan social de licenciements, peut être à cause de la bonne santé du groupe CAFOM. Par contre, elle fait appel de façon pressante à des «départs volontaires».
Parmi les travailleurs qui tous ont construit la richesse de ces capitalistes assoiffés de profits, le stress et la tension montent.
Il n’y a pas de raison qu’ils se retrouvent sur le carreau. Mais il est sûr que pour empêcher cela, il leur faut se préparer dès à présent.
 

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