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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1088 du 30 mars 2013/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe-Martinique : Se battre contre l'augmentation du chômage !

La courbe des derniers chiffres du chômage poursuit sa hausse en février 2013. Le nombre de demandeurs d'emploi en Martinique a augmenté de 1,5% depuis novembre 2012. Il a augmenté de 4,6% en un an. Il est aujourd'hui de 51 859 personnes toutes catégories confondues.
En Guadeloupe,  le nombre total de demandeurs d'emploi dépasse les 62000.Il a augmenté de 1,4% depuis la fin janvier 2013. Sur un an, la hausse est de 3,8%.
Quant aux offres d'emploi de Pôle emploi, elles présentent une courbe inverse : moins 40,4% d'offres en un an en Martinique. En Guadeloupe, pour les trois derniers mois les offres diminuent de 5,1%.
En France dite métropolitaine le chômage frôle le pic de 1997 avec officiellement 3,195 millions de chômeurs. La nouvelle augmentation de février est la 22 ème augmentation consécutive. Les demandeurs d'emploi de longue durée (plus d'un an) n'ont jamais été aussi nombreux : près de deux millions. En réalité, toutes catégories confondues, il existe plus de 5 millions  de chômeurs. Chaque mois, 90 000 chômeurs épuisent leurs droits à une indemnisation.
L'INSEE prévoit mi-2013 une croissance quasi nulle et un taux de chômage de 10,6% en France dite métropolitaine et de 11% avec les "départements d'Outre-mer". Si ces prévisions se maintiennent, les pics historiques de 1994 et 1997 seront dépassés.
La crise s'aggrave. Le niveau de vie des travailleurs et de la population   baisse dangereusement partout. Les suppressions de postes et les licenciements en cascade aggravent le chômage. Pour accroître toujours plus leurs profits, les capitalistes plongent peu à peu  l'ensemble de la société dans la précarité et la misère.
Mais il n'y a pas de fatalité. Les travailleurs, les chômeurs peuvent inverser la tendance s'ils le veulent en se battant collectivement. Seules les luttes feront cracher aux patrons une partie de leurs profits pour créer des emplois.
Il n'y a pas d'autre voie en cette période  de crise : pour lutter contre le chômage il faut interdire les licenciements et exiger la répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire.


 
 

Guadeloupe : Émanations de gaz toxiques à l’Université de Fouillole

Début mars, juste deux ans après la fermeture du bâtiment de recherche qui présentait des dangers et ne répondait pas aux normes sismiques, de nouveaux problèmes se posent dans un autre bâtiment de la faculté des sciences exactes et naturelles. Plusieurs salariés ont commencé à éprouver des troubles plus ou moins graves suivant la personne, allant de picotements à des malaises. Des mesures de gaz dans les salles incriminées ont mis en cause des composés organiques volatils toxiques susceptibles d’être envoyés dans les canalisations de laboratoires de chimie. Toutefois les responsables de ces laboratoires assurent que ce n’est pas possible et les personnels en souffrance, essentiellement secrétaires et techniciens, ont été soupçonnés de simulation. Les services administratifs ont quand même été fermés, des travaux de nettoyage effectués et ces gaz ont disparu. Mais après ces travaux - dont un nettoyage des égouts - la gêne a recommencé de plus belle, entraînant cette fois la fermeture totale du bâtiment. Les cours ont été désorganisés, il fallait trouver des salles. Les enseignants qui avaient trouvé refuge pour leurs recherches dans ce bâtiment depuis 2011 se sont trouvés à la rue. Pour aggraver cette situation le nouveau bâtiment pour la recherche n’en finit pas d’être «en construction», avec de moins en moins d’ouvriers sur le chantier. Le rectorat, responsable de sa construction, retarde chaque année la date de livraison. Un événement culturel le soir du 14 mars va confirmer les dires des salariés ressentant des gênes : plusieurs personnes extérieures à l’université ayant traversé la plateforme se sont trouvées mal et ont dû être conduites aux urgences.
Lors d’une assemblée générale le 15 mars, suite à de nouveaux témoignages, en particulier d’étudiants ayant ressenti des picotements aux yeux et à la gorge, des plaques rouges sur la peau voire des pertes de connaissance, la fermeture de la fac des sciences a été votée.
Ces effets ressemblent fort à ceux du gaz d’égouts, qui contient du sulfure d’hydrogène, véritable poison à forte concentration (quand il est trop concentré, d’ailleurs, l’odorat se bloque et le gaz ne sent plus les œufs pourris). Ce sont toujours les égouts qui sont responsables lorsque de telles émissions de ce gaz sont détectées. Or il y a eu des travaux au niveau des égouts : ceux du CROUS débordaient, et sont en travaux avec Cap excellence.
Mais jusqu’ici ce n’est personne. Aucune cause n’est retenue. L’Université où travaillent des spécialistes de ces questions a choisi de «laisser faire les services de l’État». Même les visites médicales programmées sont pour certains une véritable épreuve. Ils se sentent soupçonnés d’avoir inventé leurs malaises. En 1998 il avait fallu une grève pour le même type de problème, mais aucune pollution n’avait été ouvertement reconnue et il était déjà mal vu de s’en plaindre.

 

Guadeloupe : Fouillole, les employés de PSC ne se sont pas laissés faire

Cette semaine les employés de la société de nettoyage de l’Université, PSC, ont été invités à aller nettoyer la faculté des sciences fermée, sans aucune protection – masques, combinaisons.
Ils ont fait appel à leur syndicat CGTG, le bâtiment étant affiché fermé par arrêté. L’administration de l’UAG a reculé en disant que c’était une erreur, et qu’on attendait une société «spécialisée» avec le matériel de protection adéquat. Les salariés ont eu raison de ne pas se laisser faire.
Il apparaît que l’équipe « spécialisée » venue plus tard était un employé de PSC en tee-shirt. On reste pantois devant une telle légèreté qui met en danger la vie des employés, et on comprend la colère de ces derniers.

La Guadeloupe au « régime sec »: La sécheresse a bon dos

Depuis deux semaines, la Guadeloupe est au « régime sec » : interdiction de laver les voitures, d’arroser les jardins, de remplir les piscines, etc. À cela s’ajoutent, depuis, des coupures régulières de l’eau pour des quartiers de différentes communes, sans oublier bien sûr les privations régulières d’eau, tout au long de l’année, pour bien des habitants du département. La raison invoquée pour ce «régime sec», l’absence de pluie et donc le bas niveau des réservoirs d’eau.
C’est vraiment le cas de dire que l’on se moque de la population, car pratiquement chaque année le même scénario se répète. Dès l’approche du mois de mars, avec la diminution des pluies il y a des problèmes d’insuffisance de la ressource en eau et les privations qui en découlent pour une partie de la population. On oublierait presque que hormis les trois à quatre mois de sécheresse, il tombe sur la Guadeloupe des quantités considérables d’eau. Les dégâts causés pendant les périodes pluvieuses sont là pour le prouver.
Alors pourquoi ne construit-on pas plus de réservoirs pour permettre de capter une partie de cette eau qui tombe sur l’île toute l’année, pour éviter à la population d’avoir, très souvent en période de sécheresse, à subir les désagréments liés au manque d’eau ? Bien sûr, il existe un certain nombre de réservoirs comme Létaye au Moule, Gaschet à Port-Louis, mais cette eau est destinée à l’agriculture. Ne serait-il pas possible de faire de même pour l’eau destinée à la consommation domestique ? La construction du réservoir de Dumanoir dans les hauteurs de Capesterre-B-E est terminée depuis plus d’un an. Donc des milliers de mètres cubes d’eau sont stockés à Dumanoir, mais sont inutilisés. Pourquoi ?
 Et puis, il y a aussi l’état déplorable du réseau d’adduction de l’eau. Plus de 60% de l’eau captée sont perdus à cause du mauvais état du réseau. On nous dit que cela nécessite d’importants investissements. Les syndicats intercommunaux et les fermiers se renvoient la balle. En attendant les privations d’eau continuent pour une partie de la population. 
C’est que l’eau est avant tout, pour les sociétés chargées de sa distribution comme la Générale des Eaux, la Nantaise des Eaux etc., un moyen de faire de l’argent. Ne dit-on pas que Veolia, Bouygues et autres Saur, ces trois grandes entreprises qui dominent dans le secteur de l’eau, font de l’or avec l’eau ?
En fait, tant que la distribution de l’eau sera avant tout un moyen de faire de l’argent et non pas un service destiné à assurer le bien-être de la population, cette situation ne fera que perdurer.

Martinique : Miracle, un patron qui dit – presque – la vérité !

Alexandre Richol, président de la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) de Martinique, s'indigne. L'objet de son courroux ? L'augmentation des impayés de la part des administrations publiques et des collectivités locales.
Dans une interview au journal France-Antilles du 20 mars 2013, M. Richol revient sur une demande exprimée il y a quelques semaines quand la CGSS (Caisse Générale de Sécurité Sociale de la Martinique) a protesté au sujet des entreprises qui ne paient pas leurs cotisations sociales. La somme des impayés est de 900 millions d'euros. Le patronat réclamait un moratoire. C'est-à-dire que soit reconnue officiellement la situation de fait actuelle, où des entreprises s'exonèrent de l'obligation de paiement des cotisations sociales, y compris la part salariale prélevée sur les salaires que des patrons gardent dans leur poche. A l'époque, la CGSS avait consenti à une solution «à l'amiable», et donc renoncé, au moins provisoirement, à la perception de ces cotisations.
Aujourd'hui, la CGPME réitère l'affirmation de «l'asphyxie» de nombreuses entreprises, l'attribuant aux défauts de paiement des collectivités locales et des administrations publiques. Elle cite le cas, avéré, de l'hôpital, mauvais payeur notoire de ses fournisseurs.
De fait, l'État restreint ses dépenses et cela se répercute sur le fonctionnement des collectivités et administrations locales, dont les budgets sont de plus en plus rognés. Plus exactement l'argent de l'État est réorienté vers l'aide au grand patronat, au détriment de dépenses de fonctionnement indispensables. Ainsi la banque de Peugeot a été renflouée par l'État fin 2012, à fonds perdus. Ainsi 20 milliards de crédits d'impôts ont été annoncés pour le patronat, toujours fin 2012.
S'il est vrai que, dans cette distribution, les petites entreprises sont les dernières servies, il est vrai aussi qu'elles ont compris depuis longtemps que leurs larmes répandues pouvaient rapporter gros.
Dans ce registre, le nommé Richol sait y faire. Il semble même aller à contre-courant de la propagande réactionnaire sur la grève générale de 2009 aux Antilles                soi-disant responsable de la montée du chômage. Il déclare : «...l'effet domino a commencé. Il est en accélération et, à ce rythme, la crise de février 2009 passera pour un amusement par rapport à aujourd'hui... La crise touche tout le monde».
Richol a donc eu une révélation : c'est la crise qui aggrave le chômage !
Mais lui et ses semblables n'iront pas plus loin dans l'exploration de la vérité, et c'est du mouvement ouvrier lui-même que viendra la popularisation de revendications permettant de lutter vraiment contre le chômage : l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire !
 

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