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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1088 du 30 mars 2013/Première page

Première page

Editorial: Centrafrique : le brigandage des bandes armées et de l'impérialisme français !

Dimanche 24 mars, le président Bozizé a été renversé par la rébellion Séléka : une alliance entre anciens militaires, anciens politiciens du pouvoir et seigneurs de la guerre. Le chef de cette rébellion, Michel Djotodia,  s’est proclamé nouveau président. Il dit se préparer à organiser de prochaines élections et, en attendant, prendre des décisions par décrets.
 L’ex-président s’est enfui au Cameroun. L’armée de Francois Bozizé n’a pu faire reculer les rebelles jusqu’à la capitale malgré des appels à l’armée tchadienne. L’armée française non plus n’a pas répondu à ses demandes d’aide puisque les intérêts des sociétés françaises ne semblent pas directement menacés. Mais, sait-on jamais, la France a dépêché une troupe de  350  hommes qui vient s’ajouter à celle de 250 hommes déjà sur place. Comme toujours, le prétexte en est la protection des ressortissants français. L'impérialisme français avait pourtant soutenu  le régime pourri de Bozizé comme celui de ses prédécesseurs, les Bokassa et autres Kolingba et Patassé. Tous ces dictateurs corrompus se servent à souhait des ressources du pays pour s’enrichir quitte à maintenir la population dans une extrême pauvreté. Dans le passé, cette ex-colonie française pillée par l’impérialisme français a subi plusieurs coups d’État  avec l’intervention de l’armée française.  En 2003 Bozizé avait pris le pouvoir appuyé par 500 soldats tchadiens et le soutien de la France. En 2006 les parachutistes français avaient réprimé une rébellion.
Comme au Mali, la France défend ses intérêts en Centrafrique riche en mines d’or, de diamant, et d’uranium. De nombreuses entreprises françaises sont protégées par la présence permanente de l’armée française.
Quant à la population, c'est toujours elle qui finalement  paye le prix fort de toute cette politique de l'impérialisme français et des différentes factions africaines qui se déchirent pour le pouvoir. Privés d’eau, d’électricité, d’aliments durant plusieurs jours, nombreux sont ceux qui ont  du fuir la capitale. Les pilleurs et, parmi eux, beaucoup d'hommes  de l’armée de Bozizé  ou de la rébellion, font régner la terreur, pas seulement parmi la communauté française mais aussi dans la population centrafricaine.
Les troupes françaises arrivées sur place ont surtout protégé l’aéroport.
Tout porte à croire que ce nouveau gouvernement ne sera pas très différent du précédent.  En dépit de cela… ou à cause de cela plutôt, le gouvernement français pourrait s'en satisfaire. L'important pour lui est d'avoir à Bangui un régime qui protège les intérêts des grandes sociétés françaises.
Encore une fois, ce nouvel épisode d'une guerre civile en Afrique montre à quel point ce continent demeure toujours la proie de factions armées, de clans dont le seul but est de s'enrichir par le pillage d'une partie des richesses de ces pays. Le clan le plus important et qui s'enrichit le plus étant l'impérialisme mondial, en l'occurrence l'impérialisme français, ancienne puissance coloniale directe.
La véritable préoccupation de l’État français c’est qu'un certain ordre soit maintenu pour que son brigandage se poursuive, quitte à fermer les yeux sur la part de ce brigandage prélevée par les clans africains eux-mêmes au pouvoir. On se souvient de la manière dont l'impérialisme français avait soutenu les frasques de ce fou mégalomane du nom de Bokassa qui s'était fait couronner sous le nom de "Bokassa premier", empereur du Centrafrique. Qu'importe alors la misère, la désolation, la pauvreté extrême de la population victime de cette barbarie sur tout le continent et singulièrement dans ce pays qui, pourtant si riche en sous-sol demeure,  "hors sol" l'un des pays les plus pauvres du monde !
Troupes  Françaises hors d'Afrique !

Guadeloupe : Si même une parcelle de pouvoir local fait peur à une majorité d'élus, les travailleurs en lutte pourraient la prendre, eux !

"Le congrès des élus départementaux et régionaux de  la Guadeloupe" du vendredi 15 mars s'est terminé sur un "consensus" plus que mou, en fait sur… rien. Les partisans de l'Assemblée Unique et d'un référendum qui se regroupent autour de Jacques Gillot n'ont pas obtenu gain de cause. Ceux regroupés autour de Lurel et madame Borel-Lincertin, présidente du Conseil Régional, partisans d'attendre l'acte 3 de la décentralisation que prépare le gouvernement sont majoritaires. Il ne faut pas s'attendre à un référendum sur la question du statut, pour cette année tout au moins. C'est l'immobilisme total et crasseux et dans tous les domaines ! Tous reconnaissent que cette question du statut est bien loin des préoccupations de la population. Certes. Mais ils semblent avoir tout fait pour compliquer à souhait et encore plus les choses. Les travailleurs et la population ont bien raison de se méfier de  ces gens-là qui sont bien loin de leurs préoccupations à eux mais obnubilés par leur carrière politique, leurs postes, et les avantages qu'ils peuvent en tirer.
Madame Borel-Lincertin a brillé par un discours qui rappelle les plus beaux jours des départementalistes de la droite locale des années 60, fustigeant tous les partisans du changement de statut, des indépendantistes aux partisans de l'Assemblée Unique, "ceux qui se voient déjà ministres du gouvernement guadeloupéen"...
Ce "congrès", ces débats ont eu lieu sur fond de prochaines élections municipales de 2014 et régionales de 2015. Et surtout 2015 car c'est là que sortiront des urnes les nouveaux élus des nouvelles Collectivités, un nouveau président dans les deux îles. Tous les politiciens et les partis se positionnent déjà en Martinique comme en Guadeloupe pour aller à la mangeoire. Mais ce beau monde n'a que faire des intérêts fondamentaux des travailleurs et de la population. Alors, quel que soit le changement de statut, ou  l'immobilisme d'une statue qui sortira de ces sempiternelles discussions, rien ne changera vraiment pour les travailleurs et la population laborieuse si eux-mêmes ne se battent pas avec acharnement pour améliorer leur sort. 
 

 

Martinique : Fermeture des Urgences du Lamentin : plan de restrictions budgétaires de l’ARS

Le service des Urgences de la cité hospitalière Mangot Vulcin du Lamentin a été fermé le jeudi 21 février à 21h. Ce jour-là, les syndicats et une partie du personnel ont organisé une manifestation de protestation, en se rassemblant à l’entrée de l’hôpital. Prises de parole et coups de tambour ont retenti pour dénoncer la décision de l’ARS (Agence Régionale de Santé) et les difficultés annoncées qui en découleront pour la prise en charge de la population.
Malgré les craintes exprimées par les agents devant le chamboulement de leur outil de travail et les nouveaux tracas pour la population, l’Agence Régionale de Santé et la direction du Centre hospitalier régional de la Martinique (nouvelle entité issue de la fusion des trois hôpitaux de Fort de France, du Lamentin et de Trinité) ont appliqué cette nouvelle phase de leur plan de réorganisation. Désormais, seuls les hôpitaux de la Meynard à Fort de France, et celui de Trinité, ont un service d’urgence. Comme principale explication, la  direction a déclaré qu’il n’y avait au Lamentin que 6 médecins urgentistes au lieu de 8, chiffre prévu pour assurer la marche d’un poste d’urgence. Mais alors, pour quelles raisons des médecins supplémentaires ne sont-ils pas embauchés ? Pour des questions de restrictions budgétaires essentiellement. D’ailleurs, contrairement à ce qui est annoncé, les moyens ne sont pas augmentés suffisamment et le parcours du combattant pour consulter un médecin des Urgences risque d’être encore rallongé. Déjà des patients ont eu l’occasion de se plaindre d’une mauvaise prise en charge ou du mauvais suivi de leur dossier.
L’ARS a prévu l’ouverture de Maisons médicales de garde, pour l’instant au Marin et à Fort de France, pour compléter ce service restreint et, soi-disant, éviter l'engorgement des services d'urgence pour des pathologies courantes. En principe, les maisons médicales doivent fonctionner avec des médecins de ville volontaires en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, jusqu’à minuit et le week end. Mais dans les faits, les dysfonctionnements sont nombreux car les médecins ne sont pas toujours présents. De plus, les malades doivent payer comme pour une consultation médicale, alors qu’ils n’en ont pas toujours les moyens.
Alors oui ! Pour éviter que les plans de restrictions budgétaires décidés par le gouvernement ne tournent à la catastrophe, les agents des hôpitaux ont raison de continuer à se battre pied à pied.
 


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