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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1089 du 13 avril 2013/Troisième page

Troisième page

Accord Sécurisation Emploi et affaire Cahuzac : le sensationnel n’est pas l’essentiel

Depuis plusieurs jours, tous les organes de presse (écrite, audio, télévisuelle, blogs, etc.) ne parlent que de l’affaire Jérôme Cahuzac. Il s'agit du nom de cet ex-ministre du budget, censé diriger la lutte contre la fraude fiscale. Et il a fini par avouer, après l’avoir farouchement nié, être le détenteur d’un compte en Suisse, et non déclaré au fisc français. Autrement dit, il fraudait lui-même.
Tous, même ses camarades du PS et ses amis (ne parlons même pas des supposés adversaires ou «ennemis») politiques se déchaînent contre lui. Il aurait «menti à la représentation nationale (l’Assemblée nationale)», «menti au peuple», et aurait ainsi, «décrédibilisé la parole politique»...
Soit dit en passant, qu’ont fait Hollande et tous ceux qui l’ont soutenu (et le soutiennent encore) pour être président de la république ? MENTIR ! Et à longueur de journée, pendant des semaines, des mois, en promettant de défendre le monde du travail. Ils ont menti en faisant semblant de s’offusquer des entreprises qui ferment. Ils ont menti en prenant des engagements vite oubliés, mais surtout en prenant des mesures favorables au patronat, et en prétendant que c’est pour le bien du peuple. Comme par exemple l’Accord National Interprofessionnel (ANI) dit de «Sécurisation de l’Emploi» rédigé sous la dictée du MEDEF et signé le 11 janvier 2013 entre le MEDEF, bien sûr, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC, mais également soutenu par l’UNSA.
Justement, le gouvernement s’est engagé à transformer cet accord en loi. Et la loi qui pourrait en découler va mettre en pièces encore plus les droits acquis par les travailleurs au cours de dizaines d’années de luttes au nom de la COMPÉTITIVITÉ des entreprises et du maintien de leurs profits. Laurence PARISOT, présidente du MEDEF se frotte ouvertement les mains et invite : «lesdeux grands partis politiques français àvoter cet accord».
De la collusion entre le PS, l’UMP, l’UDI de Borloo et le MEDEF, pas un mot sur les médias. Et pourtant, depuis le début du mois d’avril, les députés débattent d’un projet gouvernemental visant à transformer l’ANI en loi applicable dès le mois de mai 2013.
Ce sont des milliards d’euros dont profiteraient les patrons. Or il s’agit là d’une arnaque immensément plus importante que les 600 000 euros, voire plus, qui auraient été dissimulés par Cahuzac. C’est pourtant ce fait divers qui devient, par la grâce des médias notamment, le fait politique du moment.
«Mais les faits divers, ce sont aussi des faits qui font diversion. Les prestidigitateurs ont un principe élémentaire qui consiste à attirer l'attention sur autre chose que ce qu'ils font», comme l'a écrit un sociologueavisé.
N’est-ce pas ce à quoi nous assistons depuis plusieurs jours ? Des fermetures d’usines, des milliers de licenciements qui pleuvent, du scandale des familles qui vont être expulsées et se retrouveront à la rue du fait de la fin de la trêve hivernale, on ne parle pas ! Des hausses de prix des carburants et des profits scandaleux des compagnies pétrolières et notamment TOTAL, on ne parle pas. Des attaques du gouvernement contre les retraités ? Non ! De cela, on ne parle pas. A peine quelques lignes ou quelques mots.
En revanche, pendant que l’essentiel se met en place quasiment à l’insu de la population, on nous sert du sensationnel matin, midi et soir sur une bricole hasardeuse faite par un serviteur des capitalistes.
Les travailleurs doivent certes dénoncer et condamner les pratiques de cet ex-ministre. Mais ils doivent avant tout condamner le système capitaliste qui est à l’origine de cette situation et qui continue de les vampiriser, par exemple via cette loi dite «fléxisécurité». Elle est actuellement débattue à l’Assemblée Nationale dans une quasi-harmonie des deux partis de gouvernement que sont le PS et l’UMP.

Guadeloupe : Catering PTP : les employés menacés de licenciement n’entendent pas se laisser faire

La société Catering PTP est menacée de fermeture, suite à la perte de son seul marché. Les 19 salariés de l’entreprise fabriquent les repas servis par la compagnie Corsair dans ses avions. Le marché a été racheté par la société Newrest qui a décidé, il y a quelques mois, de ne pas reprendre les salariés de l’entreprise Catering PTP. Lors d’une réunion de l’ensemble du personnel, le gérant a annoncé sans prendre de gants que le 30 avril sera leur dernier jour travaillé. Ensuite, tous les contrats seront rompus.
Les employés ont décidé de ne pas être jetés dehors sans réagir. Ils se sont rendus devant la société Newrest qui vient d’acquérir le marché pour manifester leur mécontentement. Ils ont distribué des tracts dénonçant le refus de Newrest de poursuivre leurs contrats. L’inspection du travail, saisie, a confirmé au patron de Newrest qu’il a l’obligation de transférer les contrats des salariés de Catering PTP en même temps que le marché. Mais celui-ci ne l’entend pas de cette oreille. Il compte faire des économies sur le dos des travailleurs qu’il aurait l’obligation de reprendre avec toute leur ancienneté.
La société Newrest n’en est pas à son coup d’essai. Cette grosse entreprise capitaliste applique des méthodes musclées contre les travailleurs. Quant au gérant de Catering, il lanterne les salariés en leur demandant de déposer des dossiers aux Prud’hommes contre Newrest. Or, il sait pertinemment que Newrest n’a aucun lien juridique en tant qu’employeur avec les employés !   Lundi 1 avril les employés ont décidé d’obliger le gérant à leur donner des réponses. Ils ont ralenti la production de repas et empêché la livraison en temps et en heure de l’avion en partance. Le gérant, qui passe de temps en temps dans les locaux de Catering PTP, continue à laisser croire, à ceux qui veulent y croire, qu’il entamera une action juridique contre le nouvel attributaire du marché.
Pour les 19 travailleurs, peu importe l’action réelle ou supposée du gérant de Catering PTP contre Newrest. Il s’agit pour eux de sauver leurs emplois. Mais pour cela, ils doivent s’attaquer aussi bien à Newrest, qui ne veut pas reprendre leurs contrats, qu’à Catering PTP, en exigeant leur reclassement dans le groupe SERVAIR. Ce groupe rattaché à Air France a bien les moyens de proposer un emploi dans une de ses nombreuses filiales à chacun des 19 employés. Ce n’est qu’au prix d’une lutte résolue et acharnée que les 19 pourront sauvegarder leur emploi ou arracher un reclassement dans le groupe Air France.

GUADELOUPE : L’ÉCHO DE L’AÉROPORT

C'EST  PAS  COURANT
En Guadeloupe, 2 jours de black-out à l'aéroport Pôle-Caraïbes, presque tout le reste de la semaine en fourniture limitée d'énergie électrique, l'événement est de taille !
Les officiels se sont succédés sur les médias, présidente de la CCI, directeur de l'aéroport, jusqu'au ministre «des Outre-Mers».
Pas un n'a été capable de reconnaître l'évidence : des contrôles défaillants, s'ajoutant à un probable défaut de qualité. Tout comme l'aéroport, ils ne sont pas au courant !
 
AÉROPORT  DANS  LE  NOIR : INEXCUSABLE
Une panne de courant générale, déjà c’est grave. Mais qu’il n’y ait aucun éclairage en cas de délestage est un signe de mépris total des règles de sécurité, dans un aéroport de surcroît international. L’éclairage de secours est un système en principe indépendant qui doit être vérifié en permanence.
Tous les grands responsables qui passent leur temps à persécuter les agents les plus mal payés devraient voir leur paie révisée.
 
… DES  PANNES  IL  Y  EN  A SOUVENT  MAIS  ÇA  NE  GÊNE  PAS  LA  DIRECTION
Pannes d’ascenseurs, portes cassées ou qui ferment mal, sont signalées par les agents des sociétés de sous-traitance, chargés des bagages ou de l’entretien.
Ces dysfonctionnements leur compliquent beaucoup la tâche et aggravent leurs conditions de travail. L’Écho de l’Aéroport a eu des dizaines de fois l’occasion d’en parler et d’en reparler. Mais souvent la CCI s’en moque pas mal. Un jour la grosse panne devait arriver !

Guadeloupe : ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

SWIÉTON, LE DÉPART
Il était arrivé comme un voleur, il repart comme un voleur. Cette nouvelle a fait le tour des agences, il y a quelques jours, sans être confirmée à l’ensemble des agents. Trois petits tours et puis s’en va ! Il ne nous laissera pas un souvenir impérissable.
 
UN BILAN À SON IMAGE : MÉDIOCRE
En deux ans nous sommes très peu nombreux à avoir vu Swiéton. Deux ans, à la cool, en thalassothérapie, à ne rien glander ou pas grand-chose. C’est par un article dans le journal local que les agents apprennent officiellement son départ !
 
LE COMPTE N’Y EST PAS
La prime versée sur le salaire de mars est restée en travers de la gorge de nombre d’entre nous. Rien n’est transparent : pas d’annonce au départ des objectifs à atteindre, et à l’arrivée aucune possibilité pour nous de contrôler pourquoi une équipe a obtenu plus que l’autre.
 
LA PRIME, DIVISER POUR RÉGNER
Le flou qui entoure le versement de cette prime pousse certains d’entre nous à renoncer à faire des efforts, alors qu’au quotidien nous travaillons en sous-effectif. En réalité, la meilleure solution serait de bannir les primes et d’arracher des augmentations de salaire pour tous !
 
SWIÉTON VEUT ACHETER LES CONSCIENCES AVEC UN PLAT DE LENTILLES
Pour faire passer la pilule de son départ, comme un malpropre, Swiéton a invité les représentants des organisations syndicales à manger avant son départ. On ne meurt pas de faim…

L’ÉCHO DE JARRY

CMA-CGM : Décès brutal d’un militant engagé
Fernand Pétapermal, salarié de la CMA-CGM, est décédé brutalement il y a quelques jours. C'était un militant CGTG discret, au service de tous, toujours en lutte contre l'injustice. Il était aussi  sympathisant de Combat Ouvrier. Il n'a jamais renoncé à défendre les droits des travailleurs, malgré la répression dont il a fait l'objet de la part de CMA-CGM. Fos ba tout fanmi é kanmarad ay !
 
ARÉMA (CMA-CGM) : Première victoire
Le 22 mars, le conseil des Prud’hommes a donné raison à un docker, qui est maintenant à la retraite après toute une vie de travail précaire sous le régime des CDD d’usage. Il a obtenu la requalification en CDI. Le tribunal a demandé à ARÉMA de lui payer 59 000 €. C’est une première victoire pour tous les salariés victimes de la précarité sur le port.
 
ARÉMA (CMA-CGM) : Une enquête a commencé
Le même jour, les Prud’hommes examinaient l’affaire des 4 salariés qui demandent eux aussi leur passage en CDI. Le conseil n’a pas tranché, il a décidé de mener une enquête au cours des deux mois qui viennent.
C’est une bonne nouvelle, car certaines des magouilles de la direction vont être dévoilées au grand jour. Mais cela représente encore deux mois à tenir, sans salaire, pour les 4 dockers. On gwo fos ba yo !
?

Martinique : Les personnels d’ODYSSI sur leurs gardes

La semaine dernière, plus de 120employés d’ODYSSI (Régie communautaire des eaux et de l’environnement qui assure la distribution d'eau potable pour la CACEM) parcouraient en manifestation les quelques dizaines de mètres qui séparent la Maison des syndicats des bureaux de la CACEM (Communauté d'Agglomération du Centre de la Martinique) situés place F. Mitterrand, à Fort de France. En perturbant la réunion plénière du conseil d’administration, ils ont tenu ainsi àmanifester leur inquiétude aux membres du conseil d’administration de la CACEM, et aussi leur demander des explications suite aux propos tenus lors d’une émission par Monsieur Gilbert EUSTACHE, le président du SICSM (Syndicat Intercommunal du Centre et du Sud de la Martinique), sur le projet de syndicat unique de l’eau prévu au 1 janvier 2014.
En effet, en Martinique, l’organisation de la gestion de l’eau potable est actuellement assurée par des structures intercommunales. Ces structures délèguent les missions d'exploitation et d'entretien des ouvrages hydrauliques à deux sociétés privées. Il s’agit :
- de la Société Martiniquaise des Eaux(SME), liée aux multinationales Suez et Veolia, pour les 16 communes du SICSM (Syndicat Intercommunal du Centre et du Sud de la Martinique) et les 7 communes du SCCCNO (Syndicat intercommunal des Communes de la Côte Caraïbe Nord Ouest).
- et de la Société Martiniquaise de Distribution et de Service(SMDS) filiale de la SAUR, autre grand groupe multinational où l'on trouve, à côté de la Caisse des Dépôts et Consignations, la BPCE (Banque Populaire – Caisse d'Épargne) et l'assureur AXA, pour les 8 communes du SCNA (Syndicat des Communes du Nord Atlantique).
Seule la CACEM sur les communes de Fort de France, Schœlcher, Lamentin et St Joseph, fait assurer la gestion de l’eau potable par une Régie communautaire, ODYSSI, avec des agents de la fonction publique territoriale.
Les personnels d’ODYSSI ne veulent pas faire les frais de la nouvelle fusion, avec à la clé une uniformisation de la situation des agents par le bas pour faire plus de profits.
Dans le tract adressé au président et aux membres de la CACEM le 22 mars, ils ont rappelé que «la Régie est un mode de gestion qui a fait autant ses preuves que l’affermage ». Ils ont aussi expliqué qu’ils ont «un savoir faire reconnu » en matière de gestion de l’eau potable, et s’exprimaient ainsi : « Nous voulons des garanties de la part des décisionnaires sur notre futur ! Où allons-nous ? Quel avenir pour le personnel d’ODYSSI et son accord d’entreprise ? […] Nous exigeons que les représentants du personnel soient impliqués au projet, ce qui signifie qu’ils soient membres des comités décisionnels pour défendre nos intérêts (zéro licenciement et maintien de notre accord d’entreprise) ».
C’est bien la moindre des exigences face aux déclarations du président du SICSM qui, lui, se félicitait de ses bonnes relations avec son «fermier» (la SME-Suez et Veolia) et indiquait qu’il souhaitait les poursuivre. Quand on connait la politique vorace de recherche de profit maximum de ces grands groupes capitalistes, on peut se dire que les agents d’ODYSSI ont bien des raisons de faire connaître très tôt leurs exigences et de se préparer à les défendre.

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