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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1089 du 13 avril 2013/Première page

Première page

Editorial: Éditorial : Une crise politique révélatrice

Une odeur nauséabonde ressort parfois des égouts. C'est ce qui nous parvient périodiquement du monde politicien et capitaliste.
Ce scandale Cahuzac est la feuille de vigne ou... de bananier d'un système bien plus pourri encore dans son ensemble. Mais il est un révélateur du fonctionnement général d'un système et d'une société pourris. Cahuzac était le ministre du budget de Hollande et a été renvoyé par ce dernier au moment de l'ouverture de l'enquête judiciaire.
Cahuzac a effectivement menti en affirmant qu'il n'avait pas de compte en Suisse dissimulé au fisc ! Coincé, il a été obligé d'avouer, n'ayant plus de choix.
Mais ils nous font bien rire tous ces politiciens de gauche ou de droite qui aujourd'hui rivalisent de déclarations autour du thème de la moralisation de la vie politique. Certains ont publié leur patrimoine… ou du moins ce qu'ils ont bien voulu publier.
D'autres le cachent encore sous des prétextes divers ! Mais presque tous sont de fieffés receleurs, hypocrites et menteurs !
Cette affaire Cahuzac ne fait que montrer une fois de plus que la gauche est autant que la droite liée aux lobbys financiers, aux montages douteux, et autres affaires troubles. Car ces politiciens sont au fond du même monde. Ils ont leurs comptes dans les mêmes banques. Le nombre d'avocats d'affaires, d'ailleurs, parmi les dirigeants politiques qu'ils soient de gauche ou de droite est assez édifiant. Oui, ils sont du même monde que la bourgeoisie et son fonctionnement mafieux.
Ceux qui en Guadeloupe ou en Martinique ont choisi de voter pour Lurel ou Letchimy, membres du parti socialiste ou du PPM apparenté PS à l'assemblée nationale, doivent savoir qu'ils ont voté pour des gens de ce monde-là aussi. Bon nombre de travailleurs se sont encore nourris d'illusions sur ces politiciens, personnel politique de la bourgeoisie française et antillaise, dont les békés.
Ces derniers du reste bénéficient de toutes les attentions des dirigeants des assemblées locales ! Qu'ils protestent contre la suspension de l'épandage aérien de produits toxiques dans leurs plantations eh bien voilà Lurel volant à leur secours ! Qu'ils protestent contre quelque atteinte à leurs niches fiscales dont la défiscalisation, voilà les députés de droite ou socialistes volant encore à leur secours !
Il serait vraiment naïf de croire que ces békés et autres patrons obtiennent tant de facilités sans qu'en échange les politiciens au pouvoir ne soient pas, remerciés par eux d'une manière ou d'une autre… et d'une manière souvent "sonnante et trébuchante". Mais tout cela n'est ni plus ni moins que le fonctionnement normal du système capitaliste. Les capitalistes, les riches ont le moyen de tout acheter y compris de s'acheter des gouvernements. Les dirigeants de l'Etat, de gauche ou de droite, sont presque tous passés par les officines capitalistes, se faisant embaucher ou payer grassement avant leur élection et aussi une fois qu'ils ont quitté le pouvoir.
Se contenter de s'offusquer plus qu'hier des révélations de la presse ne sert à rien. Les travailleurs surtout ont intérêt à se préparer à des luttes d'ensemble contre le chômage, pour l'augmentation des salaires. Le temps presse, car la succession des scandales est souvent le signe d'une aggravation de la crise. La crise politique actuelle n'est que l'expression politicienne d'une crise plus profonde, la crise financière et économique qui plonge toujours plus la société dans la précarité, le chômage, la misère. Le côté fait divers et sensationnel vers lequel on tente de canaliser l'opinion de la population et des travailleurs est trompeur. Sous les scandales il y a des attaques en règle contre les travailleurs et les classes défavorisées. Il faut se préparer à une contre-offensive généralisée du monde du travail !

Guadeloupe : Les employés de Leader Price Gosier en grève contre l’attitude méprisante du chef du magasin

Depuis le mercredi 3 avril, les employés de Leader Price de Gosier-Montauban sont en grève pour, notamment, mettre le holà au harcèlement dont ils sont victimes de la part d’un «petit chef» du magasin.
En six mois, ce responsable a déjà «distribué» pas moins de 12 avertissements et une mise à pied au personnel, parce qu’il a décidé de mener la vie dure aux employés et surtout aux syndiqués de la CGTG. Ce petit chef vise tout particulièrement le délégué syndical de la CGTG. Le personnel demande aussi que les plannings soient revus pour plus d’équité entre les employés ; la fermeture du magasin à 13h le dimanche et les jours fériés, car actuellement la fermeture se fait à 15h, et surtout il demande le départ de ce petit chef qui se prend pour on ne sait qui.
La grève est suivie par une majorité du personnel, et il n’y a que 3 salariés non grévistes pour faire tourner le magasin. Ces derniers accumulent d’ailleurs des heures supplémentaires de façon illégale.
Dès le début de la grève, au lieu de discuter avec les travailleurs, la direction a fait venir des vigiles et même un maître-chien pour la nuit.
Le  samedi 6 avril une vingtaine de militants de la CGTG sont venus soutenir les grévistes. Et face à l’attitude des vigiles qui voulaient empêcher le délégué syndical d’accéder à son vestiaire, ils ont bloqué l’entrée du parking et ont fortement perturbé  l’activité du magasin durant toute la journée. Certains clients ont d’ailleurs accepté de ne pas entrer dans un magasin où les salariés sont en grève.
La direction générale a d’abord refusé toute discussion avec le personnel, et ce n’est que le lundi 8 avril en fin d’après-midi qu’elle a adressé un message au délégué syndical  indiquant qu’elle était prête à négocier. Par la suite le directeur, Norbert Trincot, a fixé un rendez-vous jusqu’au mardi 16 avril, sous prétexte qu’il est hors du département. En fait il joue la montre. Mais les grévistes restent déterminés et mobilisés et l’attendent de pied ferme. Si le directeur croit pouvoir les décourager en faisant traîner les choses, il se trompe.

Martinique : Accidents du travail en série ! Arrêtons ce massacre

Zoom Il y a une dizaine de jours, un jeune ouvrier haïtien âgé de 25 ans a trouvé la mort, sur un terrain privé au Marin, au quartier "Fonds Gens Libres". L’accident s’est produit au moment où l’ouvrier enlevant des tôles d'une camionnette, s’est retrouvé subitement coincé entre ces tôles et le mur de la maison. Cet ouvrier laisse accablés toute une famille, une veuve et un enfant de deux ans.
Ce jeune ouvrier est la neuvième victime en 6 mois d’accidents du travail dus au non respect de conditions de sécurité minimum par les employeurs, notamment sur les chantiers du bâtiment ou dans les plantations agricoles. Trois d’entre eux sont morts. Les autres ont été gravement blessés, tel cet ouvrier de 46 ans blessé au thorax avec une meule électrique, sans doute dépourvu de sécurité réglementaire.
A chaque fois, des commentaires absurdes ou pathétiques font la une des journaux. Mais, là où certains ne voient qu’une «triste loi des séries», ou encore «l’acharnement du mauvais sort», il s’agit en fait de comportements coupables, dictés par la loi du profit, qui étaient évitables et sont inacceptables.
Les démarches des syndicats qui interpellent les pouvoirs publics pour que des enquêtes soient diligentées sur les causes exactes de ces accidents sont bien sûr nécessaires. De même les réparations financières et les sanctions à l’encontre de ceux qui ont joué à la roulette russe avec la vie des ouvriers.
Mais au Marin, comme à chaque fois, ce qui tue c'est la recherche du profit maximum par les capitalistes et même par certains petits patrons qui méprisent les règles élémentaires de sécurité.
Il faut imposer des normes de sécurité bien plus strictes aux patrons. Mais cela seule une lutte décuplée des travailleurs pourra le faire.
C’est l'organisation de luttes d'ensemble et la révolte des travailleurs contre la légèreté avec laquelle les patrons traitent les questions de sécurité qui fera changer les choses et arrêtera cette véritable saignée.


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