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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1090 du 27 avril 2013/Première page

Première page

Éditorial : LES HYPOCRITES

La loi sur le mariage homosexuel a été votée définitivement par l'assemblée nationale mardi 23 avril. Les opposants ont une fois de plus manifesté en France. La droite UMP ainsi que l'extrême droite en profitent depuis plusieurs mois pour se refaire une santé face à la majorité qui a élu un gouvernement issu du Parti socialiste. Aussi n'hésitent-ils pas à mobiliser tout ce que la France compte d'homophobes, d'hypocrites religieux et de bien-pensants. Et si des groupes d'extrême droite, fascisants, racistes ont pu se glisser dans les manifestations avec leurs casseurs c'est qu'ils ont bénéficié de toute la complaisance de la droite classique, en particulier de l'UMP.
Ce sont ces mêmes milieux qui naguère s'opposaient à la contraception, à l'avortement libre et gratuit pour les femmes, ou encore au PACS.
Ce sont aussi des milieux bien-pensants et influencés par des groupes religieux qui ont manifesté plus timidement à Pointe-à-Pitre et à Fort de France le 12 janvier, le 23 mars. De même, le 17 avril dernier où la ministre du tourisme en tournée aux Antilles a été chahutée par des opposants au "mariage pour tous" lors de sa visite à la chambre de commerce et d'industrie de Fort de France.
En Martinique, l'archevêque M. Meranville, Fred Michel Tirault, candidat UMP aux dernières législatives, ont été rejoints par d'autres, par exemple R.Occolier, maire du Vauclin, ou N. Azérot député-maire de Sainte-Marie. Ces derniers, plutôt marqués à gauche ne sont pas non plus exempts des préjugés ambiants, ou alors ils sont d'avance effrayés à l'idée des retombées électorales possibles de cette questions aux municipales de 2014. En Guadeloupe, Ary Chalus, député-maire de Baie-Mahault, a déclaré à plusieurs reprises qu'il était opposé au mariage homosexuel parce que le mariage c'est "entre unhomme et une femme" mais qu'il n'avait rien contre les homosexuels… d'ailleurs ils ont déjà le PACS a-t-il ajouté.
La plupart des députés antillais ont voté contre La plupart des députés antillais ont voté contre la loi, sauf Letchimy et Jalton qui ont voté pour. Certains ont déclaré que cette loi allait contre les mœurs, les habitudes, la culture des peuples d'Outre-mer.
D’autres qu’ils étaient soucieux de la protection des enfants… Ces députés ont rivalisé de propos visant à soigner leur soi-disant respectabilité, et esprit vertueux, aux yeux de la population. Certes, ce faisant, ils ne font que surfer sur cette fraction de l'opinion de la population des Antilles qui est contre le « mariage pour tous » car les préjugés entretenus par l'éducation laïque ou religieuse sont tenaces.
Mais derrière le vote contre la loi et les explications de ces députés, il y a en fait toute une conception conservatrice de la société.
C'est un même corps d'idées passéistes, étriquées qui font de ces politiciens des gens qui admettent sans réagir le fonctionnement général de la société telle qu'elle est aujourd'hui, avec toutes ses tares. Cette société est faite d'exploitation de l'homme par l'homme, du quasi-esclavage des femmes dans bien des pays, de leur surexploitation dans les pays occidentaux. Il en est ainsi parce que le socle sur lequel repose cette société est celui de l'exploitation des travailleurs par les exploiteurs capitalistes. Toute la superstructure en découle, y compris la façon de penser.
Il ne faudrait pas croire pour autant que les "pro" mariage pour tous seraient si différents sur ces points que les "anti". Les deux camps ont voté des textes anti-ouvriers et favorables aux capitalistes.
Il n'en reste pas moins vrai que bien des opposants au mariage homosexuel ont tout simplement tenté soit d'utiliser ce débat politiquement pour se refaire une santé, soit de masquer leur homophobie derrière d'hypocrites considérations, ou les deux à la fois.

Faire du Premier mai une démonstration de force pour les luttes à venir !

Cette année, la plupart  des syndicats ont appelé à manifester à Gosier en Guadeloupe, à Fort de France en Martinique. Combat Ouvrier, ses militants et ses sympathisants, se joindront  aux manifestations syndicales.
Le Premier mai est la journée internationale de lutte des travailleurs du monde entier. C'est la seule journée où dans l'année des millions de travailleurs manifestent ensemble dans leurs pays respectifs dans un même état d'esprit  contre l'exploitation capitaliste. Cette journée est donc importante. Elle doit se perpétuer. Mais elle ne doit pas être qu'une journée traditionnelle où les travailleurs participent par habitude. Elle ne doit pas être non plus une journée à laquelle on participe seulement par discipline à l'appel de son syndicat.
Encore moins ne doit-elle pas être commémorée comme "la fête du travail". C'est le chef du gouvernement pro-nazi Pétain qui, en France, a voulu faire du Premier mai "la fête du travail". Comme si les travailleurs devaient fêter le travail, ce travail synonyme pour eux d'exploitation féroce.
Non, le Premier mai n'a de sens que s'il s'intègre dans un processus conscient de lutte contre le patronat capitaliste. Certes, la période historique que nous vivons n'est pas une période de luttes offensives du prolétariat mondial, mais une période de recul de ces luttes.
Mais au moins, si dans la conscience du plus grand nombre de travailleurs s'inscrit la nécessité impérieuse des luttes ouvrières de grande ampleur, des luttes d'ensemble, des luttes déterminées, c'est déjà un pas important qui sera franchi. Alors, profiter du Premier mai pour que les plus conscients l'expliquent aux autres, pour que les travailleurs soient le plus nombreux possible à défiler ce jour-là, c'est faire un pas en avant.
Il ne s'agit pas d'être très nombreux pour se balader ensemble mais pour que les travailleurs fassent une démonstration de force !
Et si de plus en plus de travailleurs inscrivent dans leur conscience que cette force il faudra l'organiser comme une arme contre les exploiteurs pour changer le sort des exploités, pour en finir un jour avec le système capitaliste, un autre pas en avant sera franchi. C'est avec cet état d'esprit-là que les travailleurs les plus combatifs, les militants du mouvement ouvrier, les militants communistes révolutionnaires ont intérêt à participer au Premier mai et à entraîner les autres.

Quand les prix augmentent les salaires doivent suivre aussi

Chaque fin de mois, plus d’un travailleur constate que son pouvoir d’achat n’arrête pas de diminuer. Et bon nombre d’entre eux disent que : «je ne  travaille que pour payer mes dettes, mais pas pour pouvoir vivre décemment».
Ainsi le journal France Antilles-Martinique du 18 avril publie un article à propos de la hausse des prix en mars 2013, et on peut lire : «l’indice des prix des produits alimentaires affiche + 4,3 % sur un an. Les produits manufacturés augmentent de 1,3 %». Ou encore «les prix de l’habillement + 5,8%. Ceux des produits de santé + 0,3 %. Les prix de l’énergie + 3,7% sur un an». Ce n’est pas fini : « Le prix de la bouteille de gaz augmente de 0,5%. Le prix du supercarburant et celui du gazole augmentent respectivement de 4,5% et 0,8% ». Etc.
Par contre, aucun travailleur ne peut affirmer que son salaire augmente au même rythme que la hausse des prix. Cela reflète bien que les injustices s’affichent au détriment des exploités et des plus démunis.
Pourtant, le seul remède à tout cela serait que tous les travailleurs exigent la revendication suivante : l’échelle mobile des salaires. Autrement dit que tous les salaires augmentent obligatoirement au même rythme que le coût de la vie. Et cela est possible si les travailleurs se donnent les moyens de l’exiger, par une lutte d’ensemble.
Il y a des travailleurs qui pensent que cela est une utopie. Mais la véritable utopie, c’est de croire que Victorin Lurel, le ministre des Outre-mers fera baisser les prix avec sa «loi contre la vie chère» et son «bouclier qualité/prix».
 

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