Site

Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1091 du 11 mai 2013/Troisième page

Troisième page

En Guadeloupe : une manifestation unitaire et dynamique

Plus de 3000 travailleurs ont manifesté dans les rues du Gosier à l’appel des  organisations syndicales suivantes : CFTC, CGTG, CTU, FO, FSU, SOLIDAIRES, SPEG, SUD PTT GWA, UGTG, UIR-CFDT, et UNSA.                                                                                                               Le  thème retenu pour cette manifestation unitaire était « travayè, jenn, chomè, rètrété, sé la lit ka péyé ; ansanm ansanm annou doubout douvan mépri a kapitalist pwofitan é politisyen japlod a yo » (travailleurs, jeunes, chômeurs, retraités, c’est la lutte qui paye ; ensemble levons-nous contre le mépris des capitalistes exploiteurs et des politiciens à leur service). On a noté la présence de travailleurs actuellement en grève comme ceux de Leader Price affiliés à la CGTG, ceux des auto-écoles qui veulent entrer en lutte. Les chômeurs, retraités, les travailleurs des différentes entreprises privées ou publiques étaient là. Une délégation des jeunes du journal Rebelle ! était présente également.
Combat Ouvrier a tenu un stand pendant toute la matinée, au lieu du rassemblement, autour duquel se sont rassemblées de nombreuses personnes pour discuter et acheter la presse de notre groupe.
Les principaux mots d’ordre lancés par les manifestants dénonçaient l’accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier dernier, réclamaient l’interdiction des licenciements, l’augmentation des salaires lorsque les prix augmentent, la création d’emplois dans les services publics utiles à la population, l’arrêt de la répression antisyndicale.                                                                                                                            Le Premier mai est le jour où les travailleurs doivent faire entendre leurs revendications, et malgré le temps maussade ceux qui ont participé étaient satisfaits de ce Premier mai unitaire où ils ont pu exprimer leur ras-le-bol de la politique d’austérité du gouvernement.                                                                                                                             Les syndicats enseignants ont réclamé l’arrêt des suppressions de postes et des emplois précaires dans l’éducation.                                                                                                                    Ce Premier mai se déroulait dans un contexte de crise où les travailleurs subissent les attaques provenant du patronat et du gouvernement qui veulent remettre en question les acquis sociaux, les conventions collectives, les 35 heures, et s’attaquer aux retraites et au pouvoir d’achat des retraités. Les raisons étaient donc nombreuses d’être dans la rue ce jour-là.                                                                                                                                                       Après la manifestation, les principaux leaders syndicaux ont pris la parole tour à tour pour dénoncer la dégradation de la situation des travailleurs et dire qu’il fallait passer à l’offensive. Certains syndicats avaient un stand pour ceux qui voulaient acheter leur repas. Les militants de la CGTG sont restés jusque dans l’après midi et ont passé un agréable moment au son du ka.

Guadeloupe : Affaire Jocelyn Leborgne de l’UGTG

Le 2 mai Jocelyn Leborgne, membre du conseil syndical de l’UGTG, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour avoir refusé un prélèvement ADN. Plus de 150 personnes dont des militants de l’UGTG, de la CGTG, de Combat Ouvrier, des militants politiques sont venus le soutenir. Une cinquantaine de personnes a pu pénétrer dans la salle d’audience. Le juge avait décidé de traiter plusieurs affaires avant celle de Leborgne.Les diverses plaidoiries ont duré de 14h30 jusqu’en début de soirée. Le juge espérait faire durer les audiences dans le but de décourager les militants pour qu’ils partent. Mais c’était sans compter avec leur détermination. Finalement le tribunal a requis contre J. Leborgne un mois d’emprisonnement avec sursis. Le délibéré a été fixé au 23 mai.
De nombreuses prises de paroles ont eu lieu devant le tribunal, celles des avocats, des responsables syndicaux, dont le secrétaire général de la CGTG Jean-Marie Nomertin, et militants politiques présents. À l’unanimité ils ont dénoncé le prélèvement ADN exigé des dirigeants syndicaux.
Le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) concernait au départ les auteurs des crimes et des délits sexuels commis sur des mineurs de moins de 15 ans. Aujourd’hui les pouvoirs publics cherchent à appliquer cette loi à tous ceux qui sont convoqués dans les locaux de la police. Les responsables syndicaux sont particulièrement visés ainsi que des militants politiques.
D’autres militants de l’UGTG ont déjà été condamnés à payer de lourdes amendes pour avoir refusé le prélèvement ADN. Des jeunes du journal Rebelle ! ont été également confrontés au prélèvement d’ADN dans les locaux de la police. En France, des militants syndicaux ont déjà été condamnés pour refus d’ADN.
Cette loi policière est une attaque contre le droit syndical, la liberté d’expression. S’agissant des délinquants en col blanc et des membres du gouvernement mis en examen ou convoqués par la justice, ils ne sont pas soumis au prélèvement d’ADN. Les militants politiques et syndicaux ont raison de ne pas accepter cette loi et de se battre jusqu’au bout pour faire reculer l’État et la Justice.

 

Martinique : 1er mai à Fort de France

Malgré les fortes pluies des premières heures de la matinée, environ 900 personnes ont manifesté à Fort de France, le Premier mai. En dehors de Force Ouvrière qui appelait ses membres à se retrouver dans la ville de Saint Pierre, toutes les organisations syndicales avaient appelé leurs adhérents à cette manifestation (CDMT, CGTM, CGTM-FSM, CSTM, UGTM, SASM, SMBEF (syndicat des banques), FSU). Il y avait également les sections locales de l’UNSA ou de la CFDT qui se démarquaient ainsi des syndicats français signataires de l’ANI (accord sur la sécurisation de l’emploi).
La plupart des délégations défilaient derrière leurs banderoles, ou encore celles des hôpitaux, de la CAF (caisse d’allocations familiales), du commerce, des municipaux. Elles ont été rejointes par les militants et militantes du collectif contre l’épandage aérien, de l’Union des Femmes et de plusieurs organisations politiques qui défilaient en fin de cortège. Nos camarades de Combat Ouvrier étaient présents avec leurs tracts et leurs journaux.
Après avoir écouté les interventions des représentants syndicaux dénonçant pour la plupart la politique de largesse en direction du patronat et d’austérité et de restrictions vis-à-vis des travailleurs et des couches populaires, la manifestation s’est ébranlée pour un long parcours dans les rues de Fort de France. Les participants, enthousiastes, ont repris des slogans ou des chansons dénonçant surtout la vie chère, les bas salaires, le chômage et la précarité. Les militants proches des organisations nationalistes y ajoutaient des slogans sur le développement du pays. Le slogan «Hollande, Sarkozy, menm bêt, menm pwel» fut entonné à plusieurs reprises.
Pour tous, c’était nécessaire de se retrouver en ce jour de commémoration de la journée internationale de luttes des travailleurs, et surtout de prendre date pour celles à venir.
.

Martinique : Stations-services : rester vigilants

À l’appel de la CGTM Produits Pétroliers, une réunion s’est tenue le vendredi 26 avril 2013 à la Maison des Syndicats à Fort de France. Il s'agissait de rendre compte aux employés de stations-services des termes de l’accord signé le vendredi 19 avril 2013 entre la CGTM PP, l’UGTM SS et le syndicat des gérants de stations-services sur le calcul des arriérés de salaires de mars 2004 à février 2009.
Cet accord intervient près de quatre ans après la grève de trois jours des employés de stations-services en août 2009. Cette grève s’était terminée par un protocole d’accord actant le paiement d’arriérés de salaires.
Alors que des négociations auraient dû se tenir pour régler les modalités de versement de ces arriérés, les gérants ont encaissé l’augmentation d’une marge substantielle en septembre 2009 et depuis, ils faisaient le mort. En février et mars 2012, les employés des stations durent faire 18 jours de grève pour contraindre les gérants à mettre en place un calendrier et acter le principe d’un accord-cadre destiné à fixer les règles de calcul des arriérés de salaires.
C’est cet accord-cadre qui a été signé le 19 avril 2013. Il constitue donc une nouvelle étape, le terme étant le règlement des sommes dues.
Les dispositions de cet accord s’appliqueront à tous ceux qui ont travaillé durant la période allant de février 2004 à février 2009, contrairement à ce que prévoyaient les patrons qui envisageaient de payer les arriérés aux seuls employés en activité au moment de la signature de l’accord. Pour cela, il aura fallu la détermination des employés et la vigilance de leurs représentants, notamment ceux de la CGTM Produits Pétroliers.
L’attitude des gérants dans ce dossier montre clairement la considération qu’ils portent à leurs salariés. Très peu ! Le principal pour eux comme pour tout capitaliste étant le profit qu’ils peuvent engranger. Les salariés ont intérêt à être intransigeants sur le paiement des salaires qui leur sont dus depuis des années.

Dans le monde : manifestations des travailleurs !

Inde, Cambodge, Espagne, Chili, Grèce, Égypte, États-Unis, Indonésie, Afrique du sud… partout dans le monde, des centaines de milliers de travailleurs sont descendus dans les rues pour célébrer le Premier mai. Dans tous les pays, ils exigent de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, et plus de droits pour les salariés.                                                                                                                                                  En Europe, les travailleurs ont surtout manifesté contre le chômage de masse et contre les politiques d’austérité imposées par tous les gouvernements. Au Bangladesh, les manifestants étaient très nombreux, pour protester contre la mort de près de 400 ouvriers du textile le 24 avril dernier (et le dénombrement macabre n’est pas terminé). À Taiwan, ils se sont surtout mobilisés contre un projet gouvernemental de casse des retraites.                                                                                     Certaines manifestations ont été durement réprimées. À Istanbul, en Turquie, le gouvernement avait interdit l’accès à la place principale, sous prétexte de travaux. Les transports avaient été suspendus, et les ponts fermés. Mais les manifestants tenaient absolument à passer sur cette place, où 34 personnes avaient été tuées par balles lors de la manifestation du 1 mai 1977. Il y a eu au moins 28 blessés lors d’affrontements avec la police anti-émeute.                                                                                 Malgré la répression, les travailleurs du monde entier ont illustré par leurs manifestations la phrase célèbre de Karl Marx : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! ». Lorsqu’ils uniront leurs forces pour renverser le système, rien ne pourra les arrêter !

Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN (Plantations en Lutte)

LE  GEIQ REFAIT  SURFACE
Le Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification dans le secteur agricole (GEIQ), cette association loi 1901 qui prétend former des demandeurs d’emploi du monde agricole, refait surface.                                                                             En fait de formation, cette association mettait des jeunes à la recherche d’un emploi à la disposition des planteurs, évitant ainsi à ces derniers d’avoir à embaucher des travailleurs en CDI. Mais leur permettant surtout de faire des économies car une partie des salaires versés à ces jeunes est prise en charge par les pouvoirs publics. Ce qui est illégal.
 
CONTRATS  DE  PROFESSIONNALISATION  BIDONS 
Et le soi-disant contrat de professionnalisation pour acquérir une «formation qualifiante avec diplôme» en fin de contrat (pouvant aller jusqu’à deux ans) se résume à travailler dans les plantations comme tous les autres travailleurs, mais avec parfois des contrats de quelques mois.  Car dans la banane, il n’y a pas de «diplôme» qui compte : tout le monde, anciens et nouveaux, conducteurs d’engins ou autres, «diplômé» ou pas, est payé au SMIC.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                
                                                                                                                                   .

Bookmark and Share