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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1091 du 11 mai 2013/Deuxième page

Deuxième page

Le sommet des États de la Caraïbe et les petits serviteurs de l'impérialisme français

Le 5 sommet de l'AEC (Association des États de la Caraïbe) s'est déroulé dans la capitale d'Haïti, Port-au- Prince, les 25 et 26 avril derniers.
À ce sommet, c'est Victorin Lurel qui représentait le président de la république française, et les présidents des Conseils Régionaux, Serge Letchimy et Josette Borel-Lincertin, représentaient chacun les deux régions françaises en Caraïbe, la Guadeloupe et la Martinique.
Il est question que la Martinique et la Guadeloupe deviennent officiellement des membres associés de l'AEC en leur nom propre, et non plus au nom de la France. Et voilà donc, la Guadeloupe et la Martinique déguisées en États, et nos deux présidents des Conseils  Régionaux déguisés en chefs d'État.
Le gouvernement français ne ferait pas mieux s'il voulait couper l'herbe sous les pieds des indépendantistes et en même temps démontrer que les Lurel, Borel-Lincertin et autres Letchimy sont de bons et loyaux auxiliaires de l'impérialisme français en Caraïbe.


Martinique : le déjeuner de soutien à Combat Ouvrier

Zoom D'abord prévu le 21 avril, et repoussé pour causes de conditions climatiques exécrables, le déjeuner de soutien à Combat Ouvrier en Martinique a eu lieu le dimanche 5 mai. Une soixantaine de camarades et amis de notre organisation se sont retrouvés à l'habitation « Malgré tout », à Trinité, dans une ambiance fraternelle.
Après l'apéritif et le repas, les participants ont pu assister à une intéressante présentation de C. Aubaud, du Centre de découverte des sciences de la Terre de la ville de Saint-Pierre, sur les coulées de boue volcaniques, ou lahars. Cette communication fut illustrée d'exemples récents de tels événements survenus au Prêcheur, à proximité de la montagne Pelée. Puis deux conteurs-slameurs, Christophe Rangoli (Papa-slam) et Patrick Mathelié-Guinlet, se donnèrent la réplique.
Ghislaine Joachim-Arnaud fit une courte allocution sur les perspectives défendues par Combat Ouvrier, au moment où, après un an de présidence Hollande, les travailleurs peuvent toucher du doigt le fait que la politique menée est toujours une politique favorable aux intérêts des possédants. Puis l'assistance entonna avec elle "l'Internationale". L'après-midi se termina en musique, et en dansant.

Guadeloupe : Manifestons samedi 1er juin contre l'épandage des produits toxiques !

C’est grâce à la mobilisation du Collectif qui regroupe des associations écologiques, des associations d’agriculteurs, des syndicats, des partis politiques, des scientifiques, que le tribunal administratif avait interdit l’épandage aérien en décembre 2012. Au cours de ces six mois d’arrêt de l’épandage, les planteurs de bananes, en particulier ceux qui en tirent le plus de profits et qui bénéficient de la manne de l’État et des fonds européens, n’ont cessé de se plaindre pour obtenir un nouvel arrêté.
Après le soutien du ministre des Outre-mers Victorin Lurel, ils ont finalement celui de la nouvelle préfète guadeloupéenne. Celle-ci est allée encore plus loin. Elle a accordé une dérogation d’un an au lieu de six mois. Elle laisse entendre que les mesures d’épandage sont plus restrictives car elles tiennent compte du contrôle par l’ARS (agence régionale de santé) des eaux des rivières, du périmètre un peu plus élevé des zones interdites, des conditions de l’orientation du vent, etc. Pourtant ces restrictions existaient déjà depuis plusieurs années d’épandage, mais les planteurs ne les ont jamais respectées. Ils ont même été soupçonnés d’avoir utilisé du banol pur alors que ce produit est un fongicide désastreux pour la santé de l’Homme et l’environnement. Les planteurs n’ont jamais respecté ces mesures et ont agi en véritables hors la loi sans le contrôle de l’État.
Dans son  arrêté, la préfète ne précise pas le nom des produits qui seront utilisés. Elle parle de produits phytosanitaires alors que la loi exige une précision sur le nom des différents produits et leur nocivité. Si le tribunal administratif a interdit l’épandage c’est parce que l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) n’avait pas donné son autorisation pour l’utilisation du banol.
Les planteurs de bananes, en particulier le gros lobby de la Martinique, qui a repris déjà l’épandage, se moquent éperdument de la santé de la population. Ils ont pollué les deux îles avec la chlordécone ce qui a entraîné des conséquences scandaleuses que nous connaissons, et ils veulent continuer à le faire avec l’épandage d'autres produits toxiques. Dans un article du  journal "Le Monde" à propos de ces pollutions  on parle «de bombe chimique en Guadeloupe».
Tous ces possédants qui reçoivent des aides financières importantes et le soutien de l’État sont de dangereux individus qui défendent avant tout leurs profits. Les déclarations hypocrites sur la mort de la banane, les menaces sur des emplois, visent à faire accepter l’épandage par la population.
Depuis plusieurs années des centaines d'ouvriers de la banane ont été licenciés dans les  plantations. On sait parfaitement que les gros planteurs réinvestissent dans le commerce. Ce sont eux qui ont diminué les surfaces plantées en banane. Ils emploient une importante main d’œuvre haïtienne pour avoir moins de charges. Sur certaines plantations les travailleurs sont obligés de travailler le dimanche, et les heures supplémentaires ne sont jamais payées.
Les travailleurs de la banane ont subi durant des années les effets de l’utilisation des pesticides puis de la chlordécone. Nombreux sont ceux qui ont perdu leur vie à cause de cancers, de maladies de la peau et de troubles respiratoires. Tous ces planteurs font croire à la population qu’il n’y a pas de danger avec l’épandage aérien et se moquent des scientifiques qui ont fait des recherches très précises sur la nocivité de ces produits. Des représentants de l’État tiennent aussi le même langage.
Ni les travailleurs de la banane ni la population ne doivent se laisser tromper par tous ces gens-là qui défendent avant tout le patronat avide de profits, quelles que soient les conséquences pour les travailleurs et la population.
 
Mobilisons nous massivement le 1 juin dans la rue pour exprimer notre mécontentement et faire arrêter définitivement l’épandage aérien !

La Jamaïque endettée : le FMI impose des conditions intolérables

Depuis des mois le gouvernement de la Jamaïque négocie un prêt du FMI, le Fonds monétaire international. Le pays a de plus en plus de mal à payer sa consommation d’énergie, et la crise mondiale aggrave sa situation : moins de touristes, chômage, misère. Ce prêt devrait l’aider à surmonter ses difficultés économiques.
Mais obtenir du FMI un prêt de 750 millions de dollars, une aide de 510 millions de la Banque interaméricaine de développement et autant de la Banque mondiale n’est pas aisé. Ces dernières discutent avec le FMI de l’intérêt ou non de financer le gouvernement jamaïcain et la date de ces «aides» est reportée chaque mois. Des représentants de cette institution puissante qu’est le FMI viennent régulièrement des États-Unis se réunir avec le gouvernement et imposer leurs conditions.
Mais surtout, depuis le début de 2013, le gouvernement reçoit les syndicats du secteur public pour tenter d’imposer le gel des salaires exigé par le FMI. Les syndicats des enseignants et des contrôleurs du trafic aérien, en particulier, ont manifesté leur hostilité à ce plan. Ils ont commencé par assurer qu’ils refuseraient toute baisse de salaire, menaçant de faire grève, protestant que depuis 2010 ils n’ont eu aucune augmentation de salaire. Puis, les uns après les autres, les responsables des syndicats ont annoncé qu’ils «comprennent les difficultés du pays» et donc qu’ils acceptent un gel des salaires pour 3 ans. Ils demandent des compensations, l’amélioration de leurs conditions de travail.
Un autre problème soulevé par ce prêt éventuel est une augmentation des taxes : de nouveaux impôts ont été créés et d’autres ont été augmentés.
Non ce prêt n’améliorera pas la vie de la population. Les grands banquiers du FMI et autres banques mondiales demandent aux pays en difficulté «de réduire leurs dépenses sociales, de prendre l’argent dans la poche des travailleurs, de pressurer la population». C’est aux plus pauvres qu’il est demandé de faire des sacrifices. Les possédants recevront des subventions et pourront aussi baisser les salaires de leurs ouvriers au nom de l’aide accordée. C’est à ces conditions que le FMI  accepte ce qu’il appelle «investir sans risque». Mais la population  de Jamaïque avait déjà subi les souffrances imposées par le FMI dans les années 1970 et 1980. Les protestations se multiplient dans la presse. Il n’est pas dit que dans quelques mois les travailleurs en colère ne viendront pas stopper ce plan d’austérité organisé par les exploiteurs.

Martinique : À propos du sauvetage de la SOCOPMA

Les capitalistes s’intéressent à tout ce qui rapporte ou peut rapporter de l’argent.
Un exemple en est la SOCOPMA. Cette coopérative a été mise en liquidation par le tribunal de commerce en première instance parce que ses clients, comme le CHU de Fort de France ou en encore la mairie de Fort de France, ne payaient pas leurs factures. Elle a été sauvée in extrémis par la PDG de la DATEX, Murielle Palandri, avec l’appui d’autres capitalistes locaux que certains appellent pudiquement des investisseurs.
En effet, le groupe dirigé par Murielle Palandri, DATEX, très connu dans la restauration scolaire en Martinique, a réorganisé la répartition de son capital pour bénéficier de l’apport et de l’appui de cinq nouveaux actionnaires : Pierre Marie-Joseph (Générale de menuiserie et Antilles Protection), Hervé Toussay (La Tivolienne), Willy Lancry (Caraïbes Agro), Hugues Jean-Louis (Star Traiteur) et Patrick Vial-Collet. Ces derniers détiendront ensemble 49% du capital de DATEX Martinique. En face, Monplaisir manœuvrait également. Mais là, il se serait fait damer le pion.
Beaucoup de personnes ont salué le sauvetage de la SOCOPMA en voyant en DATEX une bonne fée.
En fait, la réalité est tout autre. Quand ce petit monde s’est rencontré pour parler de la SOCOPMA, ce n’était surtout pas pour parler des emplois à sauver, et encore moins des petits maraîchers qui avaient été abandonnés à leur sort. Il s'agissait tout simplement de profiter d’une opportunité pour prendre le contrôle d’un secteur à des conditions qu’ils imposeraient, sous prétexte de vouloir sauver un pan important de l’économie, et pour leur profit.

Guadeloupe : L’ÉCHO DE JARRY

SGBA (Société Générale de Banques aux Antilles) : une journée d’avertissement
Le 22 avril, de nombreux salariés ont fait une journée de grève. Ils sont confrontés à une direction arrogante, particulièrement au siège de Jarry, où le harcèlement est monnaie courante. Depuis 2 ans, les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont quasiment au point mort. Le « coup de gueule » des employés a obligé la direction à promettre une amélioration cette année. Il n’y a vraiment que ce langage que les chefs comprennent.
 
SGBA : le harcèlement, une combine pour licencier gratuitement ?
La grève a eu lieu la veille de la venue en Guadeloupe du président du Conseil d’administration. Il a annoncé un possible plan de réduction des effectifs, basé sur des « départs volontaires ». Quand on connaît les méthodes de la direction locale, capable de s’acharner sur certains salariés, on peut craindre le pire ! Les grévistes ont eu raison de protester contre ces méthodes, qui visent à pousser dehors des travailleurs sans leur payer d’indemnités.
 
Chantier de la nouvelle centrale EDF : risque d’électrocution
Quand il pleut sur le chantier de la nouvelle centrale EDF, les travailleurs n’ont qu’un imperméable pour se protéger. Les « petits chefs » mettent la pression sur les ouvriers soudeurs, pour qu’ils travaillent même sous la pluie.  Si les chefs ne savent pas que l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage, ils devraient faire l’expérience.
 
Gaddarkhan (société d’enrobage) : pani respè !
À Gaddarkhan, les ouvriers travaillent durement : de jour comme de nuit, notamment sur le chantier de l’aéroport. Men a pa pou sa patwon-la ka respekté yo. La preuve, la paie arrive en retard, la direction invente  toujours des prétextes, et refuse toujours de commencer les négociations annuelles obligatoires.
 

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