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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1092 du 08 juin 2013/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Relaxe de Jocelyn Leborgne de l’UGTG.

Zoom Le  Jeudi 23 mai, Ie tribunal correctionnel de Pointe à Pitre s’est prononcé pour la relaxe de Jocelyn Leborgne qui était poursuivi  pour avoir refusé des prélèvements pour un test d’ADN. Il risquait un mois d’emprisonnement avec sursis.
Différentes organisations syndicales et politiques s’étaient mobilisées pour le soutenir dont la CGTG et Combat Ouvrier. Jean Marie Nomertin secrétaire général de la CGTG était convoqué comme témoin du syndicaliste de l’UGTG. Près de 200 personnes sont restées présentes devant le tribunal durant toute la journée car le juge avait décidé de faire passer en dernier l’affaire dans le but de décourager les militants et de les inciter à partir. Mais c’était sans compter avec la détermination des militants. Le prélèvement d’ADN pour les militants syndicaux est une attaque contre les syndicats. La loi impose ce prélèvement en particulier pour les criminels
 Mais il y a deux poids et deux mesures. Aucun prélèvement d’ADN n’est imposé aux criminels à col blanc. La famille Despointe dont une fille en Guadeloupe qui avait agressé des pompiers ont –ils subi des prélèvements d’ADN?
Dés le vendredi 24 mai le procureur a  fait appel de la décision du tribunal en remettant en cause la relaxe de Leborgne. Cet acharnement contre un syndicaliste montre  bien la volonté de la Justice et de l’Etat de réprimer en Guadeloupe tous ceux, militants politiques, syndicalistes, jeunes qui se battent, avec leurs moyens, contre ce système pourri. 
D’autres militants de l’UGTG sont poursuivis pour la même raison. En France aussi des militants syndicaux sont  poursuivis pour leur combat contre ce prélèvement.
 

Martinique : St Joseph : écrasé par une pelleteuse

Le 31 mai vers midi, un travailleur est mort à la tâche au quartier Belle-Étoile à Saint-Joseph. Il effectuait le nettoyage d'un terrain avec une pelleteuse lorsqu'elle a basculé, après être montée sur un talus, le terrain ayant été rendu très meuble par les pluies abondantes. Ejecté de son siège, cet employé d'une entreprise de BTP (Bâtiment et Travaux Publics) a été écrasé par une des chenilles de la machine.
La presse a signalé qu'il s'agit du quatrième accident mortel du travail en Martinique depuis le début de l'année. C'est aussi le dernier en date d'une série d'accidents mortels survenus ces dernier mois par renversement d'engins de chantier, de tracteurs ou de remorques.
Le 19 juin dernier, un ouvrier agricole avait été écrasé par un chariot à bananes sur l’habitation Beauregard au Carbet, le 8 octobre un autre travailleur fut écrasé par son tracteur à l'habitation Bochette, au Lamentin.
Sur les terres de Martinique, souvent en pente et détrempées, ces travaux sont dangereux. A cela s'ajoute que les engins sont souvent obsolètes ou mal entretenus. Et finalement les travailleurs y laissent leur peau. Il n'y a pas à considérer que c'est une fatalité. Les mesures de sécurité existantes doivent être respectées. Si elles sont insuffisantes elles doivent être renforcées, comme doivent être renforcés les contrôles de l'administration, eux aussi souvent inexistants. Et les salariés doivent vraiment pouvoir, et vouloir, refuser de se mettre en danger.
Les travailleurs travaillent pour gagner leur vie, pas pour la perdre !

Guadeloupe : Moutama Donat n’est plus.

Moutama Antoine plus connu, sous son surnom Donat est décédé cette semaine suite à une longue maladie.
Donat était ouvrier de la banane et a travaillé  jusqu’à son départ à la retraite sur les plantations de P. Buttel à Fonds-Cacao( Capesterre-B-E). Il a fait partie de ces  ouvrières  et ouvriers de la banane, comme C. Judor, K. Vidal, Amassin, O. Labanzine, Jeanne Porier, Christiane Sainte Luce et bien d'autres qui, au début des années 1970, ont entrepris de s’organiser, avec l’aide des jeunes militants de  Combat Ouvrier, dont Paul. Christophe faisait partie, pour mettre un frein à l’exploitation féroce et à l’arbitraire patronal sur les plantations.
A l’époque, le syndicat CGTG des ouvriers de la banane ne se distinguait pas particulièrement par sa combativité. Le syndicat SOB (syndicat des ouvriers de la banane) qui quelque temps auparavant avait impulsé quelques luttes, avait plus ou moins abandonné le terrain.
Donat a fait partie de ces travailleurs combatifs. Leur premier grand mouvement a été celui de l’année 1974. Les ouvriers de la banane touchaient aux environs de 29,50F par jour, alors qu’en Martinique ce salaire était d’environ 35,50F. La revendication d’une augmentation de salaire de 6F, pour permettre de toucher le même salaire qu’en Martinique a été popularisée pendant quelques mois. Finalement une grève a été lancée pour les 6F d’augmentation. La grève a été presque totale, car un piquet mobile de plus de 100 travailleurs passait de plantation en plantation pour arrêter le travail. Et les patrons ont été obligés de céder. Par la suite, la lutte a été engagée et gagnée pour que le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) en vigueur dans les autres secteurs de l’économie, soit étendue  à l’agriculture et remplace le SMAG (salaire agricole inférieur au SMIG).
L’autre grand mouvement des ouvriers de la banane auquel a participé Donat a été celui des occupations des terres de 1980-1981 à Capesterre-Belle-Eau, mouvement qui a mobilisé des centaines de travailleurs de la banane. Mais la préfecture et la municipalité avaient fait traîner les choses si bien que le mouvement a perdu de sa force de départ et a été dévoyé vers des achats de certaines parcelles de terre par ceux qui en avaient les moyens.
 Aujourd’hui, les militants qui animent le syndicat CGTG des ouvriers de la banane sont les dignes successeurs de Donat. Ils tiennent haut le flambeau qui a été allumé par Donat et ses camarades de lutte.

Martinique : Grand-Rivière, une situation qui pouvait être évitée

Depuis quelques mois, la Martinique est victime d’inondations à cause des pluies abondantes, occasionnant des glissements de terrain.
Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 mai, c’est la commune de Grand-Rivière dans le nord-atlantique qui a été coupée du reste de l'île. L’unique accès pour s’y rendre, la RD 10, s’est effondré, laissant sur toute la largeur de la chaussée une excavation d’une profondeur de 7 mètres et d'une longueur de plus de 5 mètres. Aucune voiture ne pouvait passer et les habitants ont dû se débrouiller avec les moyens du bord pour traverser ce trou béant. Certains ont même utilisé un tronc d’arbre. De plus, durant plusieurs jours, la population s’est retrouvée privée d’eau et d’électricité.
Les services départementaux ont dû s’activer pour entreprendre des travaux afin de rétablir l’électricité et ravitailler la commune en eau potable, mais aussi rétablir la circulation et les moyens de transport. D’autres habitants ont utilisé la voie maritime pour se déplacer. Plusieurs d’entre eux n’ont pas hésité à manifester leur mécontentement. Un habitant a déclaré sur les ondes que «cette situation était prévisible».  Il disait aussi : «On n'a rien fait, Grand-Rivière est une commune abandonnée». Un autre expliquait : «Il y a à peine un mois, nous avons déjà eu un éboulement sur cette route».
Une passerelle pour piétons a été mise en place et, quatre jours après le sinistre, une déviation provisoire a été ouverte pour permettre aux voitures légères de traverser, quelques heures par jour. Mais les riverains ne savent pas quels travaux définitifs seront engagés, pour permettre un désenclavement durable de leur commune.
Pourtant, aujourd’hui, il existe des techniques et du matériel modernes pour entreprendre de grands travaux de construction de ponts, afin d’éviter de se trouver dans une telle situation. Mais pour mener ce type de travaux nécessaires aux intérêts de la population, il faut s'en donner les moyens et il faut une volonté politique qui n'est pas celle qui anime le Conseil général.

Martinique : des gérants insatiables et menteurs

Les gérants de stations-service de Martinique se sont joints à leurs confrères de Guadeloupe pour soutenir ceux de Guyane qui sont en grève depuis plusieurs semaines. Tous réclament une revalorisation de leur marge sur les ventes de carburants. Et uniquement sur le carburant, mais pas la «Boutique». En Guyane, Guadeloupe et Martinique, les prix de vente des produits pétroliers sont des prix administrés, c’est-à-dire arrêtés par les préfets.
En Martinique leur prétention est orchestrée par la Chambre syndicale des gérants de stations-service qui répète, pour justifier la demande d’augmentation de leur marge,qu’ils ne gagnent que 10,25 centimes par litre vendu, qu’ils croulent sous les charges, notamment les salaires et les charges imposées par les compagnies pétrolières. S’ils venaient à obtenir cette augmentation réclamée, elle serait mécaniquement répercutée par la préfecture sur le prix de vente à la pompe.
En fait, en Martinique, les gérants gagnent 17,25 centimes par litre de carburant vendu… depuis le 8 septembre 2009. Simplement, ils refusent de considérer comme incluse dans leur marge une ristourne de 7 centimes par litre appelée Prime de Fin de Gérance (PFG) que leur concèdent les compagnies pétrolières suite à un accord signé le 2 avril 2008 (Accord Interprofessionnel Pétrolier). Cette ristourne ne coûte rien aux compagnies puisqu’elle est financée au moyen d’une taxe mise en place par le préfet et que paient tous ceux qui achètent des produits pétroliers.
De juin 2008 à décembre 2012, cette taxe aurait rapporté plus de 10 millions d’euros. Dans le même temps, les gérants doivent des milliers d’euros à leurs salariés et en demandant 1,7 centime d’augmentation du prix de vente des carburants, ils cherchent à gagner du temps pour ne pas payer sur leur fonds propres.
Lorsque les gérants se plaignent en disant qu’ils sont sur la paille ou risquent de l’être, ils ne font que mentir pour tenter de soutirer plus d’argent aux consommateurs avec la complicité des pouvoirs publics.
En fait, ils sont repus, mais réclament toujours plus. De vrais parasites, de plus en plus avides de profits et qui n’hésitent pas à agiter la menace de grève pour réaliser leur forfait.

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