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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1093 du 22 juin 2013/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe:Capesterre-B-E : Les ouvriers de la banane et leur syndicat CGTG réclament un local au maire

Le lundi 17 juin, vers 15h, le bureau du syndicat CGTG-Banane et une vingtaine d’adhérents sont allés à la mairie pour réclamer au maire la mise à leur disposition  d’un local convenable. Et après leur entrevue avec la Directrice Générale des Services, le maire ni aucun adjoint n’étant présent, ils ont tenu leur réunion dans la mairie.  
Il faut savoir qu’au début des années 1970, P. Lacavé, l’ancien maire communiste, avait attribué au syndicat CGTG-Banane un local alors situé à l’entrée du quartier Brest. Les maires suivants, A. De Lacroix, G. Lauriette et L. Andy ont toujours permis au syndicat de disposer d’un local convenable. Si bien qu’en 1996, à l’arrivée de J. Beaugendre, l’actuel maire, les ouvriers de la banane et leur syndicat se réunissaient dans une salle située dans l’actuelle annexe de la mairie (ancien collège), rue P. Lacavé. Par la suite, J. Beaugendre, ayant besoin de la salle située à la rue P. Lacavé a mis à la disposition du syndicat un local situé dans l’ancien logement des enseignants, rue Schœlcher. Mais depuis, ce local en bois est devenu insalubre et même dangereux. Le syndicat CGTG-Banane demande à J. Beaugendre l’attribution d’un autre local.    Au lieu de donner une suite favorable à cette demande, le maire exige que les ouvriers de la banane et leur syndicat évacuent le local de la rue Schœlcher. Il accepte toutefois de mettre ponctuellement une salle à leur disposition. Mais ces travailleurs se réunissent une fois par semaine et parfois plus ; ils doivent entreposer des dossiers et du matériel (ordinateur, photocopieuse etc.). Ils ont donc besoin d’un local pour organiser leur combat contre l’exploitation féroce des patrons de la banane.
 A moins que le maire J. Beaugendre ne soit complice des patrons du secteur, on ne comprend pas pourquoi il ne veut pas mettre un local à la disposition du syndicat CGTG-Banane et ses adhérents. Ces derniers entendent continuer leur action jusqu’à l’obtention d’un lieu convenable pour tenir leurs réunions.  

Crédit Moderne : La mobilisation des employés a été payante !

Lors des négociations annuelles obligatoires 2013, l’ensemble des employés de Guadeloupe, Martinique et Guyane ont débrayé à deux reprises les 11 et 12 juin pour que la direction accepte de signer un accord et améliore ses propositions.  
Au départ elle ne voulait rien lâcher mais s’est rendu compte que les employés n’avaient pas l’intention de se laisser faire. Une bonne partie a suivi le résultat des négociations tard dans la nuit (jusqu’à minuit et demi). La direction se souvenant certainement de la grève de l’année dernière a préféré faire marche arrière très rapidement.
Ainsi l’augmentation des salaires sera de 580€ brut pour l’année et pour tout le monde avec en plus un complément exceptionnel de la prime d’intéressement de 600 €. D’autres revendications ont été satisfaites également comme l’augmentation de la prime de transport qui passe de 72 à 76 € et les tickets restaurant de 8,81 à 9 €. La direction s’est engagée à ouvrir un audit sur l’égalité hommes/femmes au sein de l’entreprise et à renégocier l’accord d’intéressement pour la période 2013-2015. Les employés ont obtenu aussi l’ajout d’un jour pour enfant malade pour ceux qui ont deux enfants et deux jours pour ceux qui en ont trois ainsi que la sortie anticipée les 24 et 31 décembre.
Les employés du Crédit Moderne, qui fait partie du groupe BNP-Paribas, ont bien compris que c’est en se mobilisant tous ensemble qu’ils obtiennent un résultat. Un exemple à suivre.

Guadeloupe ECHO DES HOPITAUX

Le directeur général annonce la couleur
Selon le directeur général le rapport de l’IGAS n’a pas encore été publié. Il n’empêche qu’il annonce déjà quelques éléments du plan de retour à l’équilibre qu’il compte mettre en place : non-remplacement de 40 agents partis à la retraite, comblement d’un déficit de  50 millions sur 5 ans… Cela veut dire que les temps seront plus durs pour nous dans les mois et les années à venir. A moins que nous refusions ce régime-là.
 
Comité d’accueil pour les représentants de l’administration
Mardi après-midi, la préfète, le sous-préfet et l’ARS participaient à une réunion à la direction générale. Ils ont été accueillis par les  militants et des syndiqués de la CGTG avec banderole et pancartes à la main. A tour de rôle, directrice de l’ARS, sous-préfet, puis préfète ont écouté leurs revendications.
 

La grève des gérants de stations-service en Martinique et en Guadeloupe.

En Martinique. Ils pleurent le ventre plein
Les gérants de stations-service ont fermé, pour certains, le jeudi 13 juin 2013. C’est un mouvement qu’ils mènent en même temps que leurs homologues de Guadeloupe et de Guyane. Ils protestent pour réclamer, selon leurs dires, que la marge qu’ils perçoivent sur les ventes de carburants soit augmentée de 1,7 centime par litre. Autrement dit, ils demandent que les prix à la pompe soient relevés d’autant. Ils ont avancé comme raison, entre autres, le fait de devoir payer des arriérés de salaire à cause d’une convention collective non appliquée jusque là.
En fin de journée, ils ont été reçus par le préfet qui ne leur a pas donné satisfaction, mais qui leur a demandé de puiser dans une cagnotte dont les fonds proviennent justement… de la vente de carburants.
En effet, suite à un accord appelé «Accord Interprofessionnel Pétrolier» (AIP) d’une durée de 11 ans signé le 2 avril 2008 entre les compagnies pétrolières et le syndicat des gérants, et entré en application le 21 juin 2008, les gérants prélèvent sur leurs ventes un montant de moins de 1 centime par litre. Ce montant remonte jusqu’à la SARA qui le transfère ensuite sur un compte géré… par les gérants eux-mêmes.
D'après les quantités de carburant sortant de la SARA et communiquées par les services de l’État (la Répression des fraudes), entre le 21 juin 2008 et le 31 décembre 2012, c’est-à-dire en 4 ans et demi, le montant total prélevé s’élèverait à… 10 228 000 euros.
Les pouvoirs publics ont donc demandé aux gérants de basculer ces prélèvements dans leur comptabilité, «jusqu’à la parution du premier arrêté mensuel pris sur la base de la nouvelle réglementation ». Car, selon l’accord signé avec le préfet le 13 juin, il fallait «considérer le souhait de l’État de mettre en œuvre les orientations gouvernementales visant à lutter contre la vie chère et à préserver le pouvoir d’achat des consommateurs ». De belles paroles !
En fait, l’État, après la loi de V. Lurel sur la vie chère, se serait retrouvé dans une situation peu confortable en acceptant une augmentation des prix à la pompe venant d’une augmentation de marge des gérants de stations service. D’autant plus que l’existence des fonds AIP, véritable cagnotte constituée sur le dos des pompistes puisque proportionnels au nombre de litres de carburants vendus par eux,  est connue et dénoncée depuis des années, notamment par le syndicat CGTM Produits Pétroliers.
 
En Guadeloupe
Le jeudi 13 juin dernier les gérants des stations-service ont entamé un mouvement de grève. 97 stations sur les 107 que compte la Guadeloupe ont suivi le mouvement. Et après deux jours, ils ont annoncé le lendemain vendredi 14 juin qu’ils allaient rouvrir les stations le samedi matin.
Ce mouvement a été entrepris suite à l’échec des négociations qui se sont déroulées à Paris la semaine précédente sur les prix des carburants en Outre-Mer. Il s’agit pour le ministre des Outre-mer, V. Lurel, et son gouvernement, d’invalider le décret signé en novembre 2011 par Marie-Luce Penchard, alors ministre des Outre-mer, définissant les modalités de fixation du prix des carburants par arrêté préfectoral mensuel, garantissant des taux de marge constants à chacun des opérateurs de la filière. V. Lurel refuse ce décret lui préférant alors comme il dit, la "transparence des marges".
Pour Lurel, «le secteur des carburant a dégagé un bénéfice net après impôts d’environ 50 millions d’euros en 2011  dans la zone Antilles-Guyane et environ 40 millions d’euros  à la Réunion et Mayotte, sans compter les bénéfices des stations-service pour lesquelles un chiffre précis ne pourrait-être donné qu’en agrégeant des centaines de comptes».
Pour un secteur règlementé, ces sommes sont considérables, d’où la demande de transparence que réclame le ministre des DOM.
Pour les gérants des stations-service, cette réforme n’apporte rien car elle ne permet pas aux consommateurs de bénéficier d'un prix attractif.
Ainsi, voilà des patrons qui s’inquièteraient  des intérêts des consommateurs ! Il n'y a que des naïfs pour le croire.
 
Conclusion
En Guadeloupe et en Martinique, le fond de l'affaire c'est que l’État n'a surtout pas voulu se tourner vers les compagnies pétrolières. Ce sont donc les gérants qui ont dû faire des concessions.
Quant aux employés, ils n’ont à prendre partie, ni pour les gérants, qui n’appliquent pas les conventions collectives depuis des années, ni pour les pouvoirs publics qui cherchent à concilier compagnies pétrolières et gérants sur leur dos. Les travailleurs  doivent exiger leur dû et défendre leurs seuls et propres intérêts, y compris en saisissant les tribunaux, pour obtenir gain de cause.
 
Erratum
Dans un article du numéro précédent, il a été écrit que la marge par litre des gérants en Martinique était de 17,25 cts par litre. En fait, elle est de 10,241854 cts.

 

Martinique : Une action réussie des agents hospitaliers.

Le Samedi 15 juin, la CGTM-Santé avait décidé une nouvelle opération de sensibilisation de la population sur la situation catastrophique des hôpitaux en Martinique et sur les exigences des salariés.
Dès 7 H du matin, une vingtaine de militants se sont retrouvés au niveau du pont Californie. Postés aux différentes entrées de la zone commerciale de la Jambette,  ils ont distribué un tract tout en discutant avec les automobilistes. Après une courte prise de parole, ils ont décidé de remonter l’autoroute en opération "Molokoy" (escargot), passant par le rond point de Dillon, banderole et drapeaux en tête. Cette action était ponctuée de distribution de tracts et de prises de parole en direction de la population. A chaque fois, les responsables syndicaux expliquaient les difficultés de soigner la population à cause du manque de moyens, du manque de personnels. Ils expliquaient qu’il était nécessaire que l’État paie ses dettes immédiatement pour sortir de cette situation désastreuse. Et, disaient-ils aussi, pour obtenir des résultats, il faut que la population soit mobilisée également, et fasse entendre ses exigences, aux côtés des hospitaliers.
D’ores et déjà, les travailleurs, jeunes, retraités, chômeurs étaient invités à se joindre à une prochaine action, fixée au mercredi 26 juin,  pour exiger de l’État les moyens nécessaires aux hôpitaux.
 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                
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